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Posts Tagged ‘soubrette’

Pierre Fournier vient d’être quitté par sa femme, qui l’avait abondamment trompé avec tous ses amis, dont Hugo, le patron de l’écurie du roman La jument. Le mari délaissé se console donc avec sa bonne, une jeune femme qui se prête de plus ou moins bonne grâce à ses exigences les plus diverses, moyennant une généreuse rétribution.

Après avoir, des années durant, croisé le nom d’Esparbec sur les étalages de mon libraire préféré, c’est avec ce roman que je me suis enfin décidée à assouvir ma curiosité.

Avant de vous dire ce que j’en ai pensé, je vais me permettre une de ces digressions dont j’ai parfois la fâcheuse habitude. A peu près la moitié des billets que j’ai postés ici jusqu’à présent ont été écrits à l’origine pour un forum que j’ai fréquenté assidûment durant une longue période de temps (il m’en reste encore 5 ou 6 à poster, après quoi mon rythme de publication devrait se trouver quelque peu ralenti). Pour quelques-uns d’entre eux, je me suis contentée d’un simple copier-coller, en ne changeant quasiment aucun mot. Mais la majeure partie a subi des modifications, s’échelonnant du simple toilettage au remaniement en profondeur. Je constate en effet que les lectures que j’ai pu faire depuis modifient rétrospectivement mon opinion à propos de ce que j’ai lu avant. Par ailleurs, certains ouvrages gagnent à être relus et d’autres y perdent. J’ai donc été, pour certains ouvrages, moins tendre que je n’avais eu envie de l’être au moment de leur première lecture, et plus indulgente pour d’autres.

Si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est bien évidemment parce que Monsieur est servi est concerné. La chronique que j’avais rédigée, il y a maintenant 1 an 1/2, sans être franchement négative, était tout de même assez tiède. Si je maintiens toutes les réserves que j’avais pu émettre à l’époque à son sujet, le fait que je n’ai pas lu depuis de romans ou de nouvelles qui soient réellement parvenus à m’enthousiasmer ou à m’inspirer m’incite à nuancer mes propos. Voici donc ce que j’ai envie de dire à propos de ce roman aujourd’hui.

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, je commencerai par rappeler qu’Esparbec revendique l’étiquette de pornographe. Et le fait est que c’est cru, pornographique, assez hard par moments, et que ça ne s’adresse pas à tout le monde. Ceci étant posé, même si ses romans ont visiblement pour principale destination d’être propices à la lecture d’une seule main, Esparbec écrit bien et manie la plume avec une aisance indéniable. Ce que je lui reprocherais, c’est que l’intrigue est maigre et l’ensemble sans grande originalité. Mais j’ai été agréablement surprise du soin qu’il met à créer une dimension psychologique à ses personnages, ce qui l’amène parfois à narrer des épisodes presque romantiques.

En revanche, j’ai été un peu déçue par les scènes de sexe, bien décrites mais, je me répète, pas excessivement originales et, somme toute, assez répétitives. Je me suis d’ailleurs demandé si l’auteur ne s’en était pas rendu compte lui-même, et n’avait pas essayé d’y remédier, car il propose parfois des changements de perspective, soit en introduisant un intermède pour raconter des épisodes de l’initiation à la débauche de l’ex-femme, soit en changeant de narrateur le temps d’un chapitre. A mon humble avis, le roman aurait gagné en efficacité à être plus court.

De ce fait, j’avais bien accroché avec le début qui me plaisait bien mais, au fur et à mesure que j’ai progressé dans le livre, je me suis mis à avoir la sensation de tourner en rond, et mon intérêt a diminué. J’ai fini par avaler la dernière centaine de pages d’un coup, plus ou moins  pour en être débarrassée.

Néanmoins, en dépit de ces réserves relatives aux longueurs, non seulement ce roman remplit globalement bien son office, mais ça a été une bonne surprise pour moi d’un point de vue littéraire, car je m’attendais à ce que la forme soit négligée au profit du fond. Je le recommanderais donc pour une bonne lecture de détente. Pour ma part, j’ai lu depuis un autre de ses romans et je n’exclus pas d’en lire d’autres dans le futur.

Monsieur est servi
Esparbec
La Musardine

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