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Posts Tagged ‘sodomie’

Quand Cupidon s’emmêle est le dernier d’une série de trois volumes, intitulée Les cinq sens d’Eros, regroupant l’oeuvre érotique de Giuseppe Manunta. Cette série publiée récemment aux éditions Tabou regroupe des histoires qui avaient initialement paru à la fin des années 90s.

Le volume qui m’occupe aujourd’hui regroupe 7 histoires courtes :

 – Cinéma maison : Une femme rentre chez elle en retard et se fait rabrouer par son mari, affalé devant la télé à attendre son dîner. Enervé par la tenue trop suggestive qu’elle porte, il la violente  jusqu’à ce que la scène soit interrompue par un « Coupez! »

La dernière séance : Une femme retrouve tous les mercredis son amant au cinéma. Celui-ci la pousse à se livrer dans la salle à des actes de plus en plus poussés avec d’autres spectateurs.

La journée extraordinaire : Une jeune femme sur le point de se marier veut vivre une journée extraordinaire, « de celles qui changent une vie » et satisfait toutes ses envies.

La loi de Murphy : Deux femmes s’aiment. Chacune décide de l’annoncer à son copain.

Génération avenir : Cette histoire futuriste se passe dans un monde dominé par les femmes, où les hommes ne sont laissés en vie que pour servir de reproducteurs.

Par le petit bout de la lorgnette : Pour sa nuit de noce, un jeune marié veut sodomiser sa femme, qui s’y refuse. Furieux, il part chercher ailleurs de quoi satisfaire ses envies, pendant que la jeune femme réfléchit et remet ses préjugés en question. Mais ce n’est pas un bon jour pour le mari…

Un verre de trop : A une fête, l’organisateur tente de faire une déclaration à une amie mais celle-ci ne l’écoute pas et choisit un autre homme. L’amoureux éconduit fait boire son rival pour le neutraliser.

Les dessins de Giuseppe Manunta sont très doux, tant dans le trait que dans les couleurs, ce qui leur donne un côté naïf. De ce fait… euh… j’aurais envie de dire que ça dédramatise le propos, mais l’expression n’est pas très appropriée. Disons simplement que c’est un mélange très réussi d’un fond plutôt pimenté et d’une forme soft, qui fait que le fond me semble plus accessible qu’il pourrait l’être avec un style de dessin différent.

Pour rester sur le fond, les thèmes des histoires ne sont pas d’une originalité renversante et les intrigues ne sont pas très fouillées. Il faut reconnaître néanmoins qu’il n’est pas facile de faire quelque chose de fouillé en 7 pages (la durée de chacune des histoires). De plus, il y a très clairement une volonté de l’auteur de raconter quelque chose qui se tienne, ce qui est louable. Giuseppe Manunta semble notamment avoir attaché de l’attention à ses chutes, y ménageant des rebondissements souvent humoristiques. Du fait de cette bonne volonté évidente, je suis d’autant plus incline à l’indulgence que certaines histoires m’ont amusée, en particulier Cinéma maison et Par le petit bout de la lorgnette.

L’album ne repose pas uniquement sur le sexe et sur l’humour. Il y est aussi beaucoup question de sentiments. L’auteur parle d’amour et de tendresse, à travers la mise en scène de différentes configurations de rapports homme-femme, de fantasmes et d’envies.

C’est pour moi une découverte sympathique et je compte bien poursuivre ma lecture de cette trilogie.

Giuseppe Manunta
Quand Cupidon s’emmêle
Editions Tabou

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Il n’est pas évident de trouver des informations biographiques à propos de Servane Vergy. Les quelques bribes que j’ai pu glaner proviennent de son blog, qu’elle a créé à peu près au moment de la sortie de ce petit livre. Elle s’y décrit comme « auteur de guides pratiques et d’essais sexy ».

Elle dit avoir écrit pour la collection Marabout, est donc l’auteur de ce petit livre paru chez La Musardine, et a depuis publié aux Editions Blanche Le petit livre rose de la serial loveuse qui, si j’en crois la présentation de l’éditeur, doit ressembler pas mal à celui-ci, si ce n’est qu’il s’adresse à un public différent : les femmes qui veulent séduire un homme (ou plusieurs) et non pas celles qui veulent garder le leur. Elle se définit également comme « une féministe qui s’épile » ce qui, au vu du choix de la formule, m’inciterait à penser qu’elle n’est justement pas féministe pour un sou.

Ce petit fascicule Osez a beaucoup en commun avec les magazines féminins : rapide et plaisant à lire, plein d’humour, il a le même ton péremptoire et la même vacuité. Voilà résumé en quelques mots tout le bien que j’en pense…  Je vais essayer d’expliquer un peu pourquoi je suis aussi négative.

Je n’ai pas aimé le ton familier qu’elle emploie pour s’adresser aux lectrices. Je n’ai pas aimé les stéréotypes dont son ouvrage est bourré. Pour reprendre les propos d’Alias, qui pense à peu près autant de bien que moi de ce guide, ces stéréotypes ne sont  flatteurs ni pour les femmes ni pour les hommes.

D’ailleurs, l’auteur reconnait elle-même ne pas avoir fait dans la dentelle, puisqu’elle décrit son guide sur son blog comme

« à mi-chemin entre le manifeste antiféministe et le guide de la femme soumise par choix devant son mâle dominant (au lit seulement, hein, faut pas exagérer) »

Si son but était de faire de l’humour, je pense qu’un petit peu plus de subtilité n’aurait pas fait de mal.

En ce qui concerne le contenu, il y a quelques astuces intéressantes, notamment au niveau des techniques de masturbation, mais je n’y ai globalement pas appris grand-chose, et je suis loin de me considérer comme une experte. Les conseils un peu techniques me paraissent assez légers et manquent cruellement de figures explicatives. L’idée de base, à laquelle je souscris tout à fait, est que ça ne sert à rien de se forcer si on n’est pas tentée par une pratique et qu’on ne fera vraiment bien que ce qu’on a plaisir à faire. Elle incite donc les femmes à prendre du plaisir au sexe et, pour cela, à explorer leur propre corps pour apprendre à se donner elles-mêmes du plaisir. Jusque-là, tout va bien. Sauf que très vite elle passe à un discours du type « de toute façon, si vous ne faites pas ça, votre homme ira voir ailleurs », et là je ne la suis plus du tout.

Elle me paraît à des années lumières de l’excellent Osez la sodomie. Alors que Coralie Trinh Thi fait preuve de beaucoup de respect vis-à-vis de ses lecteurs, n’imposant rien, respectant les idées possibles de chacun, proposant toujours plusieurs voies alternatives, Servane Vergy impose sa vision de l’amante idéale, de la façon dont elle doit s’habiller, se comporter, des pratiques qu’elle se doit de maîtriser, et va jusqu’à exposer sa propre conception de la façon de réagir à une infidélité, ce que je trouve assez cavalier. Là où Coralie Trinh Thi accomplit le tour de force d’aborder une multitude de sujets très variés et, malgré le petit format du livre, de proposer pourtant des idées intéressantes parmi lesquelles même ceux qui ne souhaitent pas pratiquer la sodomie peuvent trouver des choses à glaner, celui de Servane Vergy me paraît creux et frivole : il effleure tout, n’approfondit rien, et, au final, n’apporte pas grand-chose.

A moins que vous ne cherchiez une lecture humoristique pour vous détendre une heure, je vous conseille de passer votre chemin et de choisir un autre guide, tel que le Hot sex de Tracey Cox qui, dans le même genre, se lit tout aussi facilement et a un contenu beaucoup plus riche ou Le petit guide de la sexualité épanouie  qu’Alias a beaucoup apprécié.

Osez… les secrets d’une experte du sexe pour rendre un homme fou de plaisir
Servane Vergy
Editions La Musardine
Collection Osez

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Premières fois est un recueil de dix courtes histoires d’une dizaine de pages chacune, dix récits de premières fois. Tous écrits par Sybilline, ils sont illustrés par dix dessinateurs, aux styles très variés. En voici la liste :

Première fois – Alfred
Sex shop – Capucine
Fantasme – Jérôme d’Aviau
1 + 1 – Virginie Augustin
2 + 1 – Vince
Nulle – Rica
Club – Olivier Vatine
Soumission – Cyril Pedrosa
Sodomie – Dominique Bertail
X-rated – Dave McKean

Ces artistes, qui s’illustrent dans des domaines variés (tranches de vie, science fiction…), n’avaient pas encore eu l’occasion de s’aventurer dans le domaine de l’érotisme. C’est donc une première fois pour eux aussi, de même que pour la scénariste. J’ai envie de dire que ça se sent à la lecture de la BD, mais peut-être ai-je eu cette impression parce que je le savais.

Curieusement, aucun des différents styles de dessin ne me me plaît vraiment, chacun a quelque chose qui me dérange, qui m’empêche d’accrocher, mais malgré tout, j’ai bien aimé l’ensemble. A mes yeux, c’est une BD qui se prête plus à une lecture attentive qu’à une lecture à une main. En effet, j’ai pris plaisir à la relire plusieurs fois et à examiner les techniques de chaque auteur, comment ils rendaient les mouvements, comment le style pouvait changer radicalement en fonction des situations et de ce qu’ils voulaient exprimer. L’histoire la plus caractéristique à ce point de vue est pour moi la dernière, X Rated, dont le style est à la fois celui qui m’a le moins plu et le plus intéressée, de par son originalité et sa puissance. Son auteur, Dave Mc Kean (que je ne connaissais absolument pas), aime en effet mélanger dans ses oeuvres peinture, collages, infographie… et le résultat est assez détonnant.

Les scénarii sont simples, sans grande originalité, mais sont malgré tout frais et, pour certains, émouvants. J’étais restée un peu sur ma faim lors de ma première lecture, mais je les ai mieux appréciés en me replongeant dans la BD récemment. Leur banalité m’a justement poussée à me sentir plus impliquée.

Ce que j’ai le plus apprécié dans cette BD, c’est le message que j’en ai retiré, que je trouve très positif. On peut voir le sexe comme quelque chose de très répétitif, qui se résume à 2-3 préliminaires et 2-3 positions dont on a vite fait le tour. On peut aussi en avoir une vision radicalement différente.

Au-delà de la vraie première fois, il reste encore un tas d’autres premières fois, plein de découvertes possibles et toute une palette de pratiques très variées à expérimenter. Ce que je retiens de Premières fois, c’est l’épanouissement des personnages, dans Fantasme ou Soumission par exemple, et l’importance du partage et la satisfaction retirée du plaisir donné à autrui. Je pense notamment à Sodomie, que j’ai trouvé très romantique, ou à 2 + 1, dont la fin est très belle. Il n’y a pas une unique sexualité stéréotypée mais une multitude de sexualités possibles. A chacun d’essayer afin de trouver la ou les formules qui lui conviennent le mieux.

Pour conclure, je voudrais citer une phrase extraite de la postface rédigée par Sybilline et qui, je trouve, résume bien l’esprit du recueil :

« J’avais envie de raconter des histoires qui rappellent que le cul c’est beau, et de dire que les excès de certains sont pour d’autres une normalité tendre. »

Premières fois
Sybilline
Editions Delcourt
Collection Mirages

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Pour mon premier essai avec un petit guide de la collection Osez, j’ai eu la chance de tomber sur un bon cru. En effet, j’ai trouvé ce petit guide très complet et j’ai beaucoup aimé le ton, à la fois humoristique et léger mais aussi sérieux et bien documenté. J’ai aussi été étonnée de la richesse du contenu, compte tenu du format. Coralie Trinh Thi traite, en effet, de la sodomie sous tous ses aspects et aborde même pas mal de sujets connexes.

Néanmoins, du fait des contraintes liées au format, qui ne permettent pas d’approfondir énormément, ce petit livre n’apportera pas grand-chose à ceux qui sont déjà expérimentés dans la pratique. Comme les autres guides de la collection Osez, celui-ci s’adresse aux débutants. Mais aussi à ceux qui, sans être décidés à pratiquer, hésitent à franchir le pas ou sont simplement curieux de s’informer sur le sujet. En effet, l’auteur prend soin de toujours laisser libre son lecteur. Elle se contente de présenter les différentes options afin que chacun choisisse la voie qui lui convient le mieux en toute connaissance de cause. Et j’ai beaucoup aimé cet état d’esprit. De même, elle insiste énormément sur l’importance du respect, de la confiance et de l’écoute entre les partenaires. Même liberté dans le choix des configurations possibles : elle aborde tous les cas de figures, le « donneur » comme le « receveur » pouvant indifféremment être un homme ou une femme.  

Pour ce qui est du contenu, elle commence par faire des rappels historiques afin d’expliquer notamment d’où vient cette mauvaise presse qu’a la sodomie, avant de passer en revue tous les préjugés qui existent contre cette pratique. Sans chercher à convaincre le lecteur réfractaire de changer d’opinion, elle s’attache à démonter les préjugés erronés afin que ledit lecteur puisse choisir si cette pratique est pour lui ou non selon des critères objectifs.

Elle en vient ensuite aux choses sérieuses : elle rappelle quelques notions d’anatomie, s’arrête le temps d’un chapitre sur l’hygiène, fondamentale pour cette pratique, et aborde des thèmes tels que l’épilation ou la lubrification. Elle prend soin de démentir cette idée reçue qui veut que la sodomie soit fatalement douloureuse. Au contraire, si ça fait mal, c’est qu’il y a un problème et qu’il faut arrêter tout de suite, d’où le danger qu’il peut y avoir à utiliser des gels à effet anesthésiant.

Après une brève introduction aux sex toys, elle  développe longuement les préliminaires et explique comment érotiser la zone, que ce soit sur soi-même ou sur autrui. Enfin, elle s’intéresse à l’acte en lui-même et dresse un tableau des différentes positions qui peuvent être adoptées, à deux ou plus. L’ouvrage s’achève sur un très court chapitre sur le tantrisme, qui en dit juste assez pour donner envie au lecteur d’aller plus loin.

A mon sens, la variété des thèmes abordés en fait un livre qui n’est pas forcément à lire de la première à la dernière page, mais peut-être plutôt à picorer en fonction des besoins de chacun.

Osez la sodomie
Coralie Trinh Thi
La Musardine

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