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Posts Tagged ‘sexe oral’

Est-il besoin de présenter encore le célèbre Dr Leleu? Il a commencé sa carrière comme médecin, avant de se tourner, à 45 ans, vers la psychothérapie. Il s’est principalement consacré au couple et à la sexualité et est l’auteur de nombreux ouvrages, dont beaucoup sont devenus des best-sellers.

La caresse de Vénus est le premier livre que je lis de lui. Je n’étais pas extrêmement motivée, je voulais simplement ne pas mourir idiote et me rendre compte par moi-même de ce que c’était, à force d’entendre parler de ses ouvrages. Je dirais que c’est plutôt une bonne surprise pour moi : je pensais que j’allais détester et je n’ai simplement pas aimé! Gérard Leleu est pour moi un peu le même style d’auteur que Coelho : il y a ceux qui trouvent ça génial et qui disent qu’il a révolutionné leur vie, et ceux qui trouvent que c’est creux et que c’est beaucoup de bruit pour rien. Je me classe plutôt dans la deuxième catégorie.

Avant d’évoquer le fond, je vais commencer par la forme. J’avais cru comprendre que Gérard Leleu avait un style assez particulier et poétique qui ravit ses adeptes et j’en étais assez effrayée. Et j’ai effectivement détesté ce style fleuri et ampoulé qui me semble totalement dépourvu de naturel. De plus, le fait que la majeure partie du livre est écrite à la première personne (c’est le clitoris qui parle!) me paraît mièvre et infantilisant. Bref, je n’adhère pas du tout!

 Sur le fond, le plan adopté est logique et structuré : après quelques rappels anatomiques (malheureusement, le livre ne comporte en tout et pour tout que 2-3 schémas que j’aurais, en outre, préférés plus lisibles), l’auteur traite de la masturbation, aborde ensuite les caresses manuelles et buccales prodiguées par le partenaire, puis en vient à l’érotisation du vagin et termine par le thème de l’orgasme. Le livre s’ouvre et s’achève également sur quelques rappels historiques. Les conseils prodigués sont progressifs et sensés… bien que pas toujours d’une clarté limpide. Et j’étais contente car j’ai appris des choses sur le plan physiologique. Ce qui m’ennuie, c’est que je me demande quel crédit je peux leur accorder.

Bien sûr, je ne suis pas médecin et n’y connais rien. Mais je reste dubitative car certaines choses qu’il affirme avec beaucoup d’autorité, comme par exemple qu’il faut nécessairement avoir connu l’orgasme clitoridien pour pouvoir connaître l’orgasme vaginal, que le coït se doit, pour la femme, de durer le plus longtemps possible, ou que l’orgasme du point G s’accompagne nécessairement d’une éjaculation et que, inversement, l’éjaculation féminine est déclenchée par un orgasme du point G, contredisent ma propre expérience ou celles de femmes avec qui j’ai eu l’occasion de discuter. De plus, il tient pour acquis l’existence du point G et en décrit l’emplacement et le fonctionnement, alors que l’existence de celui-ci n’a toujours pas été prouvée scientifiquement et que l’anatomie féminine semble être encore mal connue et soulever beaucoup de questions. Ceux qui sont intéressés pourront trouver un petit historique du point G ici et une série de trois articles sur le sujet que j’avais trouvé intéressants  et .

Quant à son discours concernant les sex toys, il m’a fait sauter au plafond! Il en déconseille tout usage autre qu’occasionnel, parce qu’il pourrait y avoir accoutumance, que les sex toys pourraient rendre la femme moins sensible aux caresses de son compagnon (je ne l’avais jamais entendue, celle-là!), et que de toute façon Gérard Leleu préfère le naturel! De façon générale, il semble avoir des idées assez conservatrices : clairement son livre s’adresse aux personnes qui sont en couple hétérosexuel stable. Il ne semble pas envisager d’autre forme de relation.

J’ai regretté également qu’il ne soit pas plus clair au niveau de ses sources. Il cite régulièrement des témoignages, mais on ne sait pas d’où ils sortent, et donne de temps à autre des statistiques mais, mis à part les classiques comme Kinsey, Master et Johnson et Hite, il ne dit pas d’où proviennent ces chiffres. Un exemple :

« 70% des femmes me font l’honneur de me caresser, chiffre qui est une moyenne entre différentes enquêtes. »

Pour moi, cette moyenne d’on ne sait pas quoi pourrait aussi bien sortir de son chapeau. Bien sûr, ce n’est qu’un point de détail, mais c’est pour moi une raison supplémentaire de douter de la rigueur de l’ensemble.

J’ai bien apprécié qu’il rappelle à plusieurs endroits qu’il n’y a pas une bonne technique, que chaque homme, chaque femme, est différent et apprécie des choses différentes, et qu’il faut pratiquement tout réapprendre à chaque nouveau partenaire. C’est un point de vue que je partage totalement. Mais j’aurais aimé qu’il se l’applique plus à lui-même, car je lui trouve, en de nombreux endroits, un ton très directif et péremptoire. Par exemple, dans le chapitre où il conseille les femmes qui ne se caressent pas pour démarrer dans cette pratique, s’il est très ouvert concernant la stimulation du clitoris proprement dite et se contente d’énumérer des manières possibles, il ne laisse pas d’options dans les « préliminaires », qu’il règle dans les moindres détails, allant jusqu’à préciser :

« Préparez aussi une théière ou une carafe de fruit de la passion. »!

J’ai également bien aimé qu’il insiste sur l’influence néfaste de Freud, qu’il s’élève contre la théorie de celui-ci comme quoi la stimulation clitoridienne est une forme de sexualité infantile et que la sexualité d’une vraie femme se doit d’être vaginale, l’orgasme vaginal en étant l’accomplissement, et qu’il défende le clitoris avec vigueur. C’est pourquoi j’ai regretté d’avoir parfois l’impression qu’il contredisait ce beau discours. Même s’il clame que la sexualité clitoridienne est tout à fait honorable, pour lui elle doit être au service de la sexualité de couple et a pour but principal l’érotisation du vagin. J’ai été un peu gênée que, lorsqu’il aborde le sujet des positions préférées des femmes pour se masturber, il incite les lectrices à privilégier non pas les positions qui leur semblent les plus confortables, mais celles qui sont les plus compatibles avec le coït, dans le but de se préparer à se caresser pendant les rapports sexuels. La femme est-elle indépendante sexuellement, comme il l’affirme haut et fort, ou doit-elle régir sa sexualité en fonction de partenaires éventuels? Et, dans le chapitre sur l’érotisation du vagin, il dit du premier orgasme vaginal :

« C’est l’événement le plus important de la carrière érotique d’une femme, celui qui la fait accéder à la majorité sexuelle, à la pleine féminité érotique. [… ] Elle accède alors à la maturité sexuelle. »

 Je veux croire que, sous une formulation maladroite, les intentions sont bonnes mais, au premier degré, on n’est pas si loin de Freud en fin de compte…

La caresse de Vénus
Gérard Leleu
Leduc.s Editions

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La mécanique des femmes

La mécanique des femmes est un recueil d’anecdotes, de petites phrases, de monologues, de dialogues de petites scènes écrit par Louis Calaferte et publié en 1992 deux ans avant sa mort. Il a été adapté au cinéma en 2000. Son titre m’a tout de suite interpellée. Le quatrième de couverture précise qu’il y est question, comme le dit précisément le titre des manifestations sexuelles et érotiques spécifiquement féminines. Je suis toujours très curieuse et sceptique lorsque ce genre de livre est écrit par un homme. J’ai l’impression de plus souvent lire leurs fantasmes que la réalité…

Difficile de vous donner un compte-rendu fidèle de ce livre tant les scènes se succèdent à une vitesse vertigineuse étourdissant la lectrice que je suis. Elles sont assez diversifiées quelques unes sont d’une lumineuse poésie et d’autres sombrent dans le sordide (inceste, pédophilie). Presque toutes parlent de sexe. Certaines sont très sensuelles, d’autres pornographiques mais très peu parlent d’amour d’où une certaine vacuité et un immense sentiment de solitude. La mort est souvent mis en parallèle avec le sexe , une certaine noirceur ressort donc de ce recueil.  Toutes les scènes ne fonctionnent pas.

Louis Calaferte aime les femmes, beaucoup des descriptions le démontrent mais en lisant cette oeuvre, j’ai eu l’impression d’avoir à faire qu’à un type de personnalité féminine, pas monolithique certes, mais que l’auteur résume très bien ici :

Elle écrit :

Je suis votre petite putain
enfantine
perverse
femme
fragile
salope
jeune fille
autoritaire
pute
tendre dévergondée
ignorante
naïve et pute.

Les femmes s’y montrent souvent avides de « bites et de foutre », assouvissant leur faim de sexe au détour d’une porte cochère. Le titre « La mécanique des femmes » m’a paru alors un peu présomptueux par rapport au contenu de l’oeuvre.

Le style de l’auteur m’a paru brut, fulgurant, sans concession mais d’une grande finesse dans sa brutalité. Les phrases sont concises, chaque mot a son utilité, son importance. Les formules sont souvent très belles même dans leur crudité. Les descriptions aussi avares soient elles, sont d’une très grande puissance évocatrice, l’ambiance est établie en quelques mots. Louis Calaferte va à l’essentiel. La mécanique des femmes m’a fortement impressionnée par son écriture et m’a donné l’envie de découvrir un peu plus cet auteur dans un format de livre un peu plus classique. Si je m’attaque à Septentrion  (livre écrit en 1956 a été interdit de publication car considéré comme pornographique), je vous en livrerai mes impressions ici.

Je ne suis pas entièrement enthousiasmée par ce recueil de plus de 400 (d’après Wikipédia, je ne les ai pas comptées !!!) petites anecdotes, scènes ou lettres. Je pense l’avoir lu trop vite, un sentiment de lassitude provoqué par la répétition de ces petites scènes naît alors rapidement et j’avoue parfois avoir été écoeurée par certaines d’entre elles (mais très peu). De plus la brièveté de chacune des scènes amoindrit leur potentiel érotique. Il faudrait certainement en lire une par jour à la manière des petits almanachs de citations, de recettes ou de blagues qui sont tant à la mode aujourd’hui. Oui, je crois qu’il faudrait lire la mécanique des femmes comme un almanach érotique, irrévérencieux et pornographique et je le relirai ainsi pour essayer d’en apprécier chacune des scènes à leur juste valeur…

La mécanique des femmes
Louis Calaferte
Ed Folio

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Ce « petit guide » de près de 600 pages (les auteures sont modestes) attire l’œil dans une librairie avec ses allures de bottin pour Barbie. Ne vous méprenez pas sur son rose très girly, ce guide écrit par des femmes s’adresse à tous quelque soit leur orientation sexuelle. Son but n’est pas des moindres puisqu’il s’agit de fournir les informations nécessaires pour profiter pleinement d’une sexualité désinhibée et épanouie.

Ce livre a été réalisé par Good Vibrations, une chaîne de sex-shops dont le premier magasin ouvert en 1977 s’adressait avant tout aux femmes (leur clientèle s’est étendue depuis) et outre la vente de sextoys  proposait un lieu agréable où les femmes pouvaient avoir des conseils sur le sexe.

Les auteurs abordent la sexualité dans son ensemble et toutes ses particularités sans hiérarchisation des différentes pratiques. De nombreux témoignages anonymes  que Good Vibrations a collectés via un sondage nous sont livrés. Ceux-ci sont souvent instructifs et donnent des petites astuces que j’ai eu envie parfois d’essayer et des ressentis dans lesquels je me suis parfois reconnue. Le livre est émaillé de « portraits du plaisir » -mini biographie de personnes qui ont communiqué sur la sexualité (en photographie, médecine, industrie, cinéma…)- et de quelques articles sur des sujets très ciblés (intersexe…).

L’écriture est plaisante et l’humour parfois présent mais par contre les illustrations sont de piètre qualité.

Ce guide est tellement complet qu’il est difficile de vous en livrer un compte-rendu. Je me contenterai de vous en livrer quelques grandes lignes. Le ton est assez différent des autres guides qu’il m’a été donnés de lire. Il ne présente pas de méthode miracle pour parvenir au plaisir mais juste des pistes aux lecteurs qu’ils auront ou non l’envie d’explorer. Les conseils sont parfois d’ordre très pragmatique.

 Les premiers chapitres sont consacrés à l’image et l’estime de soi, à l’anatomie sexuelle, à l’évolution du sexe dans la vie et à l’importance de la communication. Ces points qui semblent très généraux abordent également des points très particuliers tels que l’incidence d’un viol sur la sexualité ou de la dépression…

Une large place est faite ensuite à la masturbation. Comme dans de nombreux guides, la masturbation est prônée comme le meilleur moyen de se connaître pour pouvoir accéder à un plaisir accru avec ses partenaires.

 La lubrification est ensuite abordée avec pleins d’aspects pratiques sur les meilleurs lubrifiants : quels sont ceux à privilégier en cas de tendance allergique ou aux mycoses, les composés à éviter. Saviez-vous par exemple que lorsqu’un lubrifiant à base d’eau sèche et devient collant il est souvent inutile d’en rajouter mais qu’un peu d’eau ou de salive permettront de le réactiver ?

Un chapitre consacré au massage nous donne quelques idées (« toucher créatif »)

Les diverses types de pénétration (sexe oral, pénétration anale et vaginale, »fist » y compris) sont abordés de manière très complète et sans jugement aucun. La majorité des pratiques sexuelles sont replacées dans l’histoire et des raisons historiques sont souvent données si elles font l’objet en général d’inhibition. Il n’y pas de « protocoles » à suivre comme dans certains guides très directifs. Des astuces pratiques sont livrées. Les avantages et inconvénients des positions (et ici pas d’abracadabrantesques hélicoptère tournoyant ou de poiriers et autres acrobaties périlleuses) sont décrits.

De larges chapitres sont consacrés aux sextoys (il ne faut tout de même pas oublier que c’est une chaîne de sextoys qui l’a réalisé). Ils sont très détaillés. Les auteurs nous donnent des critères, des conseils pour aider au choix, des scenarii  d’utilisation.

Les fantasmes et les jeux de pouvoir SM sont ensuite abordés de manière non négligeable. Le BDSM n’est pas résumé à dix lignes comme dans la plupart des ouvrages généralistes.

Le « safer sex » est ensuite évoqué de manière très détaillée et précise. Là où beaucoup de guide s’arrête aux préservatifs ici, les doigtiers et les digues dentaires sont évoquées. L’importance de gérer le risque selon les pratiques est abordée.

Ce guide va  souvent plus loin que les autres en démarginalisant certaines pratiques  en donnant quelques clefs pour les réussir. Ce livre a réussi à me faire perdre les quelques derniers a priori que j’avais. Le ton fédérateur et militant est parfois un peu lassant. Malheureusement  beaucoup de produits ou livres mentionnés sont difficilement trouvables en France.

Ce livre est réellement très complet, c’est un guide que j’aurai aimé avoir pu lire plus tôt ! J’ai un gros regret : ne pas avoir mis un post-it sur toutes les pages qui me donnaient envie d’essayer de nouvelles choses ! Si je devais garder un seul guide sur la sexualité qu’il m’a été donné de lire : ce serait sans aucun doute celui-là.

Le petit guide de la sexualité épanouie

Cathy Winks & Anne Semans

Tabou

 

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