Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘sex toys’

osez-le-sexe-ecoloJe me suis lancée dans cette lecture par curiosité, parce que je me demandais ce qu’il pourrait bien y avoir à dire sur le sujet, mis à part vanter les ébats champêtres ou les vibros fonctionnant à l’énergie solaire ou à l’huile de coude. Je savais d’autant moins à quoi m’attendre que les ouvrages de la collection Osez… sont de qualité très inégale, le meilleur côtoyant le pire. A la lecture de l’introduction, j’ai eu le sentiment d’être tombée sur un bon cru, mais j’ai rapidement déchanté.

Le postulat de base est que la planète va mal, que tout ce que nous faisons pollue, et qu’il est souhaitable que nous nous efforcions de polluer moins. L’auteur ambitionne de montrer que nous pouvons modifier nos habitudes sans y perdre en confort et clame haut et fort que, de nos jours, être écolo c’est sexy.

Les guides pratiques de la collection Osez… ayant pour point commun d’avoir un style léger et humoristique, c’est également ce que l’auteur a cherché à faire pour celui-ci. Et c’est là que le bât commence à blesser. Je trouve, en effet, que le guide n’est pas très réussi sur ce point. Non seulement il ne m’a pas paru drôle, mais il me semble que d’autres lecteurs aussi dépourvus d’humour que moi pourraient prendre au premier degré ce que Marc Dannam écrit, s’il ne prenait pas soin de préciser de temps à autre qu’il cherche à être amusant. De ce fait, il donne quasiment l’impression de tenir un double discours : d’un côté, il se tue à répéter qu’il veut montrer qu’être écolo c’est fun et sexy, et de l’autre il semble avoir voulu pondre un manuel de bonne conduite à l’usage des gens suffisamment masochistes pour vouloir tenter de séduire un hippie qui élève des chèvres dans le Larzac.

Sur le fond, je n’ai pas été plus convaincue. Il a beau dire, les propositions qu’il fait sont bien austères. Evidemment, ça consomme moins d’énergie de faire l’amour dans le noir qu’avec toutes les lumières allumées. Mais ses efforts pour convaincre les lecteurs que c’est beaucoup plus amusant dans le noir et les petits jeux qu’il propose pour pimenter la chose m’ont paru bien dérisoires. Dans d’autres cas, il n’a même pas de solution à proposer : il constate que baisser le chauffage fait, là encore, économiser de l’énergie, et que nu on risque d’avoir froid, et voilà… Enfin, il y a des passages où je me suis demandé s’il ne le faisait pas exprès. Ainsi, le chapitre consacré à l’alimentation propose un menu végétarien aphrodisiaque : salade de carottes, avocats farcis à la crème fraîche et au céleri et tiramisu!!! Il cherche à affamer et à faire fuir ses lecteurs ou quoi? N’importe quel livre/blog de cuisine végétarien ou bio propose des recettes bien plus alléchantes que ça!

Par ailleurs, au fil de la lecture, je me suis rendu compte qu’il n’y avait effectivement pas grand-chose à dire sur le sujet et j’ai eu l’impression que l’auteur faisait tout son possible pour délayer et faire du remplissage. Il s’attarde ainsi longuement sur les moyens de transport à emprunter pour se rendre à un rendez-vous galant, à la construction et à la décoration des maisons, ce qui s’éloigne tout de même pas mal du sujet du sexe. Et puis on trouve certains passages, comme tout un chapitre sur le Feng shui et un autre sur les positions du Kama sutra dont les noms évoquent la nature, et pour lesquels je me suis demandé ce qu’ils venaient faire là. A l’inverse, les thèmes qu’il aborde ne sont pas assez creusés. Ainsi, selon lui la peinture est à proscrire parce que toxique. Quid des peintures bios? Ou il consacre un chapitre qui pourrait être intéressant aux modes de contraception : la pilule aurait un impact néfaste sur les poissons. Mais il se borne à citer la pilule et les méthodes naturelles, comme s’il n’existait rien d’autre.

Les thèmes que j’attendais sont également abordés. Mais, là encore, je suis restée dubitative. Par exemple, il n’évoque que rapidement les lubrifiants bios et ne cite qu’une seule marque. Il explique que certains sex toys sont rechargeables mais, là encore, ne cite qu’un produit, alors qu’il en existe tout de même un large choix. Et, pour ce qui est des escapades crapuleuses dans la nature, il conseille de bien penser à se munir d’un matelas et d’une couverture. Je me suis sentie un peu déconcertée à la lecture de ce passage, n’ayant pas pour habitude de déménager quand je pars en rando pour la journée, et je me suis demandé si, dans un de ses autres ouvrages, Osez… faire l’amour partout sauf dans un lit, il explique en fait comment se faire un lit improvisé partout ailleurs que dans sa chambre… Dois-je préciser que je n’ai pas trop envie d’aller m’en rendre compte par moi-même?

Osez… le sexe écolo
Marc Dannam
La musardine

Read Full Post »

9782756027135_cgD’ordinaire, j’évite de chroniquer une série tome par tome. Je préfère de loin faire un seul billet pour l’ensemble, d’une part pour ne pas spoiler, et d’autre part parce qu’il n’y a pas forcément grand-chose à dire sur un seul tome. Je fais cependant exception à la règle aujourd’hui, parce que j’avais rédigé l’année dernière un billet sur le premier tome de Magasin sexuel, et qu’il me semble logique d’achever ce que j’ai commencé. Pour une fois, cependant, je vous livre un billet paresseux, parce que j’ai peu de chose à ajouter à ce que j’ai dit alors, et que j’aurais quasiment pu recopier ce que j’ai écrit à propos du premier tome.

Et d’ailleurs, je vais honteusement recopier la présentation que j’avais rédigée alors, étant donné que je ne me sens pas inspirée pour faire mieux et que je ne comptais de toute façon pas en révéler plus que ce que j’ai dit pour ce premier tome :

« Monsieur le maire des Bombinettes, « charmante bourgade de 234 âmes » et patrie de cette célèbre boisson, le Bombinou, avait déjà fort à faire entre ses soucis ménagers, les requêtes de ses administrés et une enquête d’envergure internationale : quelqu’un a volé le « i » de l’enseigne du « Bar du coin », sûrement un coup des anglais ou des belges! Il n’avait pas besoin que l’apparition d’un « sekchop » au marché hebdomadaire du village déclenche les foudres des habitants. La responsable du scandale est Amandine qui, obligée d’arrêter ses études pour gagner sa vie, vient de reprendre l’échoppe de son père en changeant d’activité, car elle trouve plus amusant de vendre des canards vibrants que des tuyaux. »

Je n’irai cependant pas jusqu’à recopier le commentaire que j’avais fait, car mon sentiment, à l’issue de ce second et dernier tome, est un peu plus tiède. J’ai encore apprécié les dessins, aux couleurs acidulés, et plutôt mignons. J’ai encore souri à plusieurs reprises en découvrant la suite des aventures d’Amandine et du maire. Toutefois, j’ai été plus frappée par les clichés sur les petits villages et leurs habitants et, de ce fait, j’ai trouvé l’humour un peu facile. Par ailleurs, ce second tome m’a paru un peu plat, même si le dénouement m’a surprise et, de ce fait, m’a plu. C’est divertissant, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, pour rester dans le thème de la couverture. Je sais, c’était facile… Mais j’avais prévenu que c’était un billet paresseux!

Je termine en rappelant, si besoin était, que la BD n’a rien d’érotique et que sa présence sur ce blog tient uniquement à la nature du commerce que tient Amandine.

Magasin sexuel
2 tomes (série finie)
Turf
Delcourt

Read Full Post »

Si le nom de Georges Lévis ne vous est pas familier, ses dessins vous rappelleront cependant forcément des souvenirs, pour peu que vous ayez grandi dans les années 70s. En effet, ce monsieur, de son vrai nom Jean Sidobre, fut l’illustrateur de la célèbre série le Club des cinq.

Cette édition regroupe l’intégralité des aventures de Liz et Beth, qui commencèrent à paraître dans la revue Multi en 1975 et dont la publication se poursuivit sur divers supports jusqu’en 1993. L’histoire peut se résumer en deux mots : Annie et Claude ont grandi, sont devenues nymphomanes et évoluent dans un monde où les gens qu’elles rencontrent ne pensent qu’au sexe! Du fait que leurs aventures étaient publiées en feuilletons, les différents épisodes sont très courts, et donc assez abracadabrants.

Néanmoins, alors que si Liz & Beth avait eu un autre auteur, j’aurais sans doute encore ronchonné contre la faiblesse du scénario… et accessoirement contre les tendres sentiments qui unissent Liz, la blonde, une douce divorcée, et Beth, la brune, dotée d’une forte personnalité et d’un mari ouvert d’esprit, j’ai, pour une fois, apprécié ma lecture de cette BD, pour plusieurs raisons.

Déjà, je suis fan de ses dessins depuis que je suis petite, et donc, son style pour ces aventures érotiques étant identique à celui des illustrations du Club des cinq, pas très objective. Et j’apprécie qu’il soigne autant ses dessins d’hommes que de femmes, chose trop rare à mon goût! D’autre part, si les intrigues sont peu crédibles, elles sont néanmoins construites et cohérentes. Par ailleurs, j’ai aisément pardonné leur rôle de prétexte à toutes sortes de situations sexuelles exotiques, parce que Georges Lévis y a instillé de l’humour, de l’esprit et des allusions amusantes. Ainsi, par exemple, Beth prête à Liz le journal intime de son aïeule Sophie, enfant souvent punie pour ses bêtises, dans lequel elle raconte son initiation sexuelle avec son cousin Paul.

Dans les différentes aventures que vivent Liz et Beth en ville, à la campagne ou dans des pays exotiques, il y a des éléments qui reviennent souvent, comme des marottes de l’auteur :

– le saphisme… et accessoirement le recours à des godes-ceintures

– les matrones à l’air sévère qui initient des adolescents aux choses du sexe, au besoin en recourant au chantage ou à la contrainte. Ce n’est pas l’aspect que j’ai préféré, même si l’auteur le traite d’une façon qui ne fait malsaine mais est, au contraire, plutôt attrayante.

– les héroïnes portent toujours de la lingerie sophistiquée. Elles me font, dans l’ensemble, penser à des élégantes des années 50s bien plutôt qu’à des femmes des années 80s, même s’il leur arrive de porter des strings. Porte-jarretelles et bas sont de rigueur. Soutien-gorges, guépières et petites culottes sont magnifiques. J’avais pratiquement envie de foncer dans un magasin de lingerie à chaque page!

– les fessées, nombreuses et variées, données et reçues par des hommes ou des femmes dans des circonstances diverses, mais souvent appétissantes!

Moi qui ai du mal à trouver mon bonheur en matière de BD, j’ai été charmée par ce gros album (plus de 300 pages), léger, plaisant et raffiné. J’ai bien envie de découvrir le reste de sa production et ai déjà rajouté un autre titre de lui à ma LAL.

Liz & Beth
G. Lévis
Editions Delcourt

Read Full Post »

Jusqu’à présent, je ne connaissais Agnès Giard qu’à travers son blog, que je suis régulièrement. J’admire son érudition et j’apprécie de trouver à puiser chez elle des idées de lecture, mais, bien souvent, je ne la suis ni dans ses raisonnements, ni dans ses opinions, ce qui fait que ce que j’y lis m’intéresse et m’agace, voire parfois m’indigne, à la fois. C’est donc non sans une certaine appréhension que je me suis lancée dans ce livre.

J’ai bien retrouvé la blogueuse dans l’écrivain et ai, une fois de plus, été admirative devant l’étendue de ses connaissances mais, si j’ai ronchonné intérieurement au début parce que je craignais qu’elle n’aborde pas certains aspects, mes récriminations se sont faites de plus en plus rares au fur et à mesure que j’avançais, parce qu’elle dresse un panorama très complet et aborde son sujet dans son ensemble. De même, à plusieurs reprises, au début du livre, j’ai fulminé intérieurement parce que je la trouvais trop complaisante vis à vis de comportements que je trouvais choquant. Ce fut le cas par exemple lors d’un passage où elle évoque un réalisateur de films porno qui cherche à montrer la honte chez ses actrices et qui a poussé le perfectionnisme au point qu’une de ses actrices a fini dans un hôpital psychiatrique après un tournage. En avançant dans le livre et en réfléchissant, j’en suis arrivée à me dire que c’était ma propre indignation qui me faisait trouver son ton approbateur, et qu’elle a en fait adopté une attitude plutôt neutre qui est, au final, celle qui me semble la plus appropriée pour ce type d’ouvrage.

Toujours est-il qu’il m’a été impossible de rester indifférente à la lecture de ce livre. Grosse lectrice de mangas, je suis de plus en plus fascinée par la culture japonaise à mesure que j’apprends à la connaître et j’ai ressenti à la lecture de ce livre les sentiments que m’inspirent le Japon de façon générale : un mélange d’attirance et d’incompréhension, voire de répulsion.

Il faut dire que, si l’on synthétise ce qu’elle expose dans le livre, le résultat est assez glauque. En tentant de résumer ses propos en quelques lignes, je vais forcément caricaturer un peu mais, ce qu’il en ressort de façon générale, c’est que est considéré comme beau et attirant ce qui est éphémère (la floraison des arbres comme la fraîcheur des jeunes filles) et que, au Japon, on détruit ce qui est beau (fantasmes de viols, d’humiliation). Passant des fantasmes à la société japonaise, elle fait la description d’un peuple que j’ai ressenti comme étant en train de s’autodétruire : elle affirme que, selon une étude de 2005, 1/3 des couples mariés n’avait pas fait l’amour depuis plus d’un mois. Une étude de 2010 semblerait montrer que ce chiffre a encore augmenté, pour dépasser 40%. En parallèle le nombre d’hommes célibataires s’accroît de façon inquiétante, à tel point que le ministère de l’Education a débloqué des fonds en 2001 pour les éduquer.

Agnès Giard nous dresse le portrait d’une génération d’hommes qui ont grandi entre un père absent et une mère qui les chouchoutait et leur mettait la pression pour les études, qui ont tout consacré à leur vie professionnelle, qui attendent seulement d’une épouse qu’elle leur serve de boniche, qui ne savent pas que dire aux femmes ni comment les séduire, et qui n’ont pas envie de s’y atteler. Ces hommes, qui terminent leurs journées de travail avec leurs collègues dans les bars à hôtesses, préfèrent collectionner les petites culottes souillées ou les poupées sexuelles plutôt que de nouer des relations avec des femmes.

Face à eux, les jeunes femmes, qui n’ont pas connu la même pression, seraient des écervelées uniquement préoccupées de leur apparence et de posséder tous les produits à la mode. Parmi ces femmes harcelées dans les transports ou au travail, certaines n’hésitent pas à exploiter les désirs masculins pour augmenter leur pouvoir d’achat… tout en continuant à rêver au grand amour.

Personnellement je trouve ça flippant!

 Evidemment, la question que je me suis posée est : dans quelle mesure ce qu’elle décrit est-il digne de foi… et je suis bien incapable d’y répondre, puisqu’elle en sait infiniment plus que moi sur le sujet! Le seul point sur lequel je me permettrais d’émettre une opinion est le sujet des yaoi (comme j’en lis beaucoup et que j’ai lu quelques livres à leur sujet) qu’elle évoque en quelques lignes. J’ai trouvé ce qu’elle en disait caricatural et réducteur. C’était très bien écrit et ça sonnait très joliment, mais il m’a semblé que l’objectivité y perdait. Les légendes et anecdotiques historiques qu’elle évoque pour expliquer l’origine des yaoi m’ont intéressée et m’ont semblé bien éclairer certaines choses qu’on retrouve dedans, mais j’ai eu néanmoins le sentiment qu’elle passait à côté de quelque chose. Ce qui fait que je n’ai pas pu m’empêcher de considérer l’ensemble de l’ouvrage avec un peu de suspicion.

Cependant, j’ai retrouvé dans ce qu’elle décrit beaucoup de traits que j’avais pu croiser à maintes reprises dans des mangas, animes, romans ou articles, et qui semblent des éléments constitutifs importants de la culture érotique ou de la société japonaise. Ce que j’ai toutefois regretté, c’est qu’elle les place sur le même plan que des pratiques qui semble beaucoup plus marginales. Ainsi elle consacre tout un chapitre aux poupées qui, loin d’être simplement des jouets sexuels, sont des oeuvres d’art et quasiment des compagnes pour leurs propriétaires. A en croire Agnès Giard, les japonais préféreraient maintenant aux vraies femmes ces copies inanimées. Néanmoins, pour évoquer un magazine à gros succès traitant exclusivement de ces poupées, elle indique qu’il compte 8 000 lecteurs réguliers!

Je trouve donc difficile, à la lecture de cet ouvrage, de se faire une idée réelle de la culture érotique japonaise.

Néanmoins, il y a énormément de choses à en retirer et sa lecture vaut largement le coup, car elle est tout de même très instructive. Déjà, c’est un livre superbe, abondamment et très joliment illustré. D’autre part, ce gros livre de plus de 300 pages est une véritable mine pour qui s’intéresse à la culture japonaise et veut la découvrir. Comme je l’ai dit plus haut, l’érudition d’Agnès Giard est très vaste et éclectique. On découvre donc dans le livre nombre de légendes, récits historiques, artistes officiant dans le domaine de l’érotisme. J’y ai relevé beaucoup de références d’écrits littéraires et d’essais sur le Japon. Et c’est un livre que je garderai près de moi, car il me faudra énormément de temps pour approfondir et digérer les photographes, dessinateurs, peintres représentés dans le livre et dont les images m’ont plu ou m’ont interpellée. Je vous ferai sans doute part de ces approfondissements dans le futur, au fil des mois.

En refermant ce livre, la réflexion qui m’est venu à l’esprit est que le titre en est un peu mensonger. Ce que j’ai trouvé dedans de plus frappant, c’est qu’il y est seulement question de l’imaginaire érotique de la moitié de la population japonaise : les hommes. Ils ont des critères de beauté, des fantasmes, des envies. Dans tout cela, qu’elles soient vénérées ou maltraitées, les femmes ne sont que des objets de plaisir, pas des partenaires. Bien sûr, Agnès Giard évoque les femmes, mais uniquement par rapport à l’imaginaire érotique masculin. Elles semblent avoir le choix entre trois options : se soumettre aux désirs masculins, les utiliser pour tirer profit des hommes et prendre une revanche sur eux, ou s’en tenir à l’écart. Mais ces femmes ont-elles des désirs, des fantasmes? Quelqu’un s’y intéresse-t-il? Le livre ne nous l’apprend pas!

Cette lecture constitue ma quatrième participation au défi Images du Japon de Kaeru.

Read Full Post »

Chenda, partie au Japon dans le cadre d’un échange entre dessinateurs, est tombée amoureuse de Frédéric (Boilet –  auteur de Love hotel, Elles, L’épinard de Yukiko…). Fraise et Chocolat est une sorte de journal tenu par Chenda (Aurélia Aurita est un pseudonyme) de leur passion. Le deuxième tome reprend là où le premier – qu’il vaut mieux avoir lu d’abord – s’est arrêté : le premier tome couvrait la période d’octobre 2004 à janvier 2005, le second commence en janvier 2005 et va jusqu’en septembre de la même année. Il démarre en Europe, où Chenda accompagne Frédéric et la mangaka Kan Takahama dans leur tournée de dédicace pour l’album Mariko parade, avant de se poursuivre au Japon.

J’avais bien aimé le premier tome. Si ce n’était pas le chef d’oeuvre du siècle, sa fraîcheur m’avait plu et j’avais trouvé l’histoire jolie et romantique. Néanmoins j’ai traîné plus de 3 ans avant de lire le deuxième tome, les échos que j’avais eus à son propos m’inquiétant un peu. Et je l’ai nettement moins aimé… même si je me suis demandé si ces avis négatifs dont j’avais eu connaissance ne m’avaient pas influencée dans une certaine mesure.

Si, après avoir été quelque peu déroutée, j’avais fini par bien aimer le style de dessin dans le premier tome, je n’ai pas réussi à accrocher cette fois. Est-ce de l’autopersuasion? Est-ce que je deviens un peu plus exigeante à mesure que je lis des BDs? Est-ce parce que l’histoire ne me passionnait pas démesurément?

En effet, le fond est quelque peu différent. Le premier tome était uniquement centré sur le couple et parlait principalement de sexe. Ces nombreux passages érotiques illustraient et engendraient les nombreuses interrogations de Chenda à propos d’elle-même, de Frédéric, de l’amour, de leur relation, du possible avenir de celle-ci… Il est nettement moins question de sexe dans ce deuxième album, du moins dans la première moitié, et le couple s’ouvre sur l’extérieur : on voit Frédéric Boilet en tournée de dédicace pour un album qu’il a réellement écrit. Ainsi, si le premier tome avait une portée relativement universelle du fait des questions que se posait son auteur et des anecdotes qu’elle décrivait dans lesquelles les lecteurs pouvait se reconnaître, le deuxième tome parle d’un couple bien précis qui vit des choses que ne vivent pas forcément ses voisins. Je me suis donc sentie un peu voyeuse, comme si je regardais une émission de téléréalité, et ça m’a mis un peu mal à l’aise.

Par ailleurs, si elle aborde des thèmes qui auraient pu être intéressants, tels que sa position ambigue alors qu’elle accompagne Frédéric en Europe incognito ou le racisme d’un voisin japonais, elle se contente de décrire et de raconter les souvenirs que ça lui évoque, et reste dans un registre qui m’a semblé trop superficiel.

De la même façon, si les scènes érotiques du premier tome accompagnaient l’évolution de la relation et le questionnement intérieur de Chenda, celles du deuxième (qui risquent de laisser sur le carreau les lecteurs qui avaient été un peu effarouchés à la lecture du premier) me semblent relever beaucoup plus de l’anecdotique. Elles semblent plus s’apparenter à un catalogue des pratiques et fantasmes de la jeune femme qu’être le reflet de la façon dont leur relation vit, évolue et s’approfondit. De ce fait, l’intérêt m’a paru moindre. Ainsi, ses expériences pour tailler les légumes de manière à obtenir des plugs du diamètre adéquat ne m’ont pas particulièrement passionnée.

Je dirais que la lecture de ce deuxième tome est sympathique mais pas franchement indispensable, le premier étant plus percutant et plus universel.

Vous trouverez ma chronique du premier tome ici.

Fraise et chocolat
Aurélia Aurita
Les Impressions nouvelles
ou, en poche, chez
Pocket

Read Full Post »

L’arbre des plaisirs

Depuis l’hospitalisation de mon père, j’ai dû aller régulièrement chercher mon fils à l’école à sa place, et je me suis donc retrouvée à emprunter ma voiture à des heures inhabituelles pour moi. L’un de ces après-midis, en zappant sur la bande FM, j’ai capté le mot « sex toy » qui m’a fait m’arrêter sur une station que je n’écoute jamais. Et c’est ainsi que j’ai pu écouter l’interview que je n’aurais jamais dû entendre du gérant d’une boutique de sex toys en ligne.

L’interview en elle-même n’était pas impérissable. L’animateur, visiblement pas hyper à l’aise avec le sujet, ne cessait de glousser et de faire des blagues vaseuses. On aurait dit un collégien assistant à un cours d’éducation sexuelle, et c’était assez pénible. L’interviewé m’a un peu soufflée quand, répondant à l’animateur qui lui demandait s’il testait lui-même ses produits, il a dit qu’on pouvait trouver de nombreux tests sur internet, et en particulier ceux d’une fille très connue « Mia… euh, non… Maia »… Si j’aime bien suivre son blog, j’avoue que ce n’est pas le nom qui me serait venu spontanément à l’esprit… Néanmoins, l’esprit que ce monsieur revendiquait pour sa boutique m’a paru intéressant, si bien que j’ai soigneusement retenu le nom de celle-ci, pour voir ce qui y était proposé.

Ce qui fait l’originalité de la boutique, et qui a retenu mon attention, c’est qu’elle est tournée vers le respect de la santé des clients et de l’environnement. Cela se décline en trois points :

– Tous les jouets vendus sont sans phtalates et le site propose des informations sur ce sujet. C’est quelque chose qui ne m’avait jamais tellement perturbée. Je sais qu’on trouve des phtalates dans certains sex toys, notamment ceux en jelly, je crois, mais comme je pioche plutôt en général dans des marques qui indiquent que leurs produits sont sans phtalates, je pensais naïvement que c’était un argument de vente et que, pour peu qu’on soit un peu exigeant sur la qualité, on était plus ou moins tranquille. J’ai donc été plus sensible aux deux autres initiatives du site.

– L’arbre des plaisirs s’engage à ce qu’un arbre soit planté en Amazonie pour chaque sextoy acheté parmi une liste assez longue. J’imagine que l’impact de l’opération ne sera que purement anecdotique, mais j’aime bien l’idée.

– Et surtout, on peut leur renvoyer nos vieux sex toys pour qu’ils les donnent à recycler. Un sex toy vibrant recyclé donne doit à 50% sur l’achat d’un nouveau sex toy. L’idée me semble largement perfectible : quand j’ai fait du ménage, il y a quelques mois, ce n’est pas d’un sex toy dont je me suis débarassée, mais d’au moins 5 ou 6! Par ailleurs, le choix du jouet à 50% doit se faire dans une liste… qui n’en comporte que 3. De plus, celui parmi les 3 qui aurait été éventuellement susceptible de m’intéresser, l’Iconic rabbit de Jimmy Jane, étant proposé à un prix beaucoup moins élevé sur d’autres sites, la réduction devient tout de suite nettement moins intéressante! Néanmoins, j’aime beaucoup l’idée et j’espère qu’elle sera appelée à se développer car, lorsque j’ai fait mon ménage, je me suis trouvée bien embêtée : je me voyais très mal débarquer à la déchetterie de ma ville avec tout mon bazar. Du coup tout a fini à la poubelle, ce qui m’a fait beaucoup culpabiliser.

La présentation du site est très jolie. Le catalogue est réduit, mais les marques proposées sont des valeurs sûres : Lelo, Fun Factory, Njoy, Shunga, Maison Close… En dépit de ce positionnement plutôt haut de gamme, les prix proposés sont raisonnables et se situent plutôt dans une moyenne basse par rapport aux boutiques en ligne que je connais. Le Pure wand de Njoy était même proposé il y a quelques temps à un prix particulièrement avantageux, qui a été revu à la hausse depuis.

La répartition des produits dans les différents menus est un peu étonnante. Les boules de geishas et jouets destinés à une utilisation anale sont regroupés dans le menu « Godemichet ». Par ailleurs, on retrouve pratiquement les mêmes produits dans quasiment toutes les catégories des sous-menus. J’imagine que ça doit contribuer à donner l’impression que le catalogue est plus étoffé qu’il ne l’est mais, en fin de compte, ça fait un peu fouillis, je trouve.

Pour les sex toys, le choix est, comme je l’ai indiqué, restreint mais de qualité. Il y a donc matière à trouver son bonheur. Néanmoins, si on trouve, dans le menu « Godemichet », quelques produits en acier, je me serais attendu, compte tenu de la politique affichée par le site, à y trouver des jouets en matières « naturelles » : pyrex, céramique, ou même bois ou pierre.

J’ai eu une autre déception en explorant les pages des lubrifiants et produits cosmétiques. Je m’attendais, en effet, à ce que cette rubrique soit le reflet du souci de la santé du consommateur affiché par le site. Or il n’en est rien. Déjà, tout comme sur tous les autres sites en ligne que j’ai eu l’occasion de visiter, il n’y a aucune indication fournie quant à la composition des produits. Ayant une peau très sensible et étant sujette aux allergies, je suis très attentive à la composition des produits cosmétiques que j’achète et m’efforce de choisir les plus naturels possibles. Il serait totalement irrationnel de ma part de pinailler sur ce dont je me tartine la figure et de me mettre n’importe quoi sur les parties intimes. Je trouve donc totalement hallucinant de ne pas avoir d’indications sur les ingrédients des produits proposés en ligne et d’avoir dû aller dans des boutiques physiques pour tout regarder et me rendre compte que seulement très peu d’entre eux trouvent grâce à mes yeux. Je vous parlerai un jour de ma quête du Graal des produits cosmétiques naturels. Et je compte profiter de mes prochaines vacances pour trouver des recettes de peintures chocolatées et poudres comestibles, car j’imagine qu’il ne doit pas être très difficile de trouver des alternatives moins chimiques et bien moins onéreuses à celles qu’on trouve dans le commerce. Mais je digresse… Si l’Arbre des plaisirs, donc,  ne se démarque pas des autres boutiques par cette absence d’informations, j’ai été en revanche étonnée de ne pas y trouver le moindre produit bio, alors que Mix Gliss et Shunga, dont le site propose une partie de la gamme, en ont, ni même de produits à la composition naturelle, comme les huiles et bougies de massage de Bijoux indiscrets, marque également représentée sur le site.

 Le site propose aussi une rubrique « Accessoires », dans laquelle on peut trouver quelques jeux parmi les plus célèbres et les plus basiques qui, personnellement, ne m’inspirent pas particulièrement, ainsi que divers objets comme des nippies, bandeaux ou menottes. Là encore, le choix proposé mise plutôt sur la qualité. J’ai donc été surprise d’y trouver une paire de menottes en fourrure qui a plutôt mauvaise presse du fait de sa piètre qualité.

Je précise que l’ensemble du catalogue m’a paru intéressant et que mes remarques se veulent bien moins des critiques que le reflet de mes attentes et souhaits de consommatrice. La boutique semble jeune et j’ai noté des évolutions dans le catalogue depuis ma première visite. J’imagine donc que celui-ci est appelé à s’étoffer et à changer avec le temps.

Pour me faire une opinion du sérieux de la boutique, j’ai passé une commande. J’ai été très étonnée de ne pas recevoir de mail de confirmation. Et j’ai même commencé à avoir des sueurs froides quand, au bout de 3 ou 4 jours, j’étais toujours sans nouvelles : pas de mail de suivi et aucune indication sur l’état du traitement de ma commande sur le site. J’ai donc été très soulagée lorsque j’ai enfin reçu un mail m’avertissant que je serais livrée le lendemain. Au final, j’ai reçu mon paquet moins d’une semaine après le passage de ma commande.

Petite déception à l’ouverture : c’était la première fois que je recevais un colis d’un sexshop en ligne qui ne comportait pas le moindre petit cadeau, pas même un échantillon de lubrifiant. Vous me direz que, casse-pieds comme je suis, ledit échantillon n’aurait sans doute pas trouvé grâce à mes yeux et que je n’en aurais pas fait usage, et vous aurez raison… mais c’est l’attention qui compte!

Autre déception : l’un des articles que j’avais commandés m’a été livré dans une couleur autre que celle qui apparaissait à l’écran et que je pensais donc recevoir. J’ai donc eu l’occasion de tester également le service après-vente! Il est extrêmement simple de contacter les vendeurs et j’ai eu la satisfaction de recevoir très vite une réponse au message que j’avais laissé. Là encore, j’ai été étonnée, cette fois très favorablement, par le professionnalisme et l’amabilité de la réponse : j’ai pu garder le produit qui ne me convenait pas, j’ai été remboursée du prix que j’avais déboursé pour l’obtenir et, en plus, on m’a proposé une réduction pour un éventuel futur achat.

Comme je l’avais indiqué dans un précédent billet, je n’ai pas de fournisseur de sex toys attitré : je choisis la boutique où effectuer mes achats en fonction de ce que je recherche et du prix auquel je le trouve. Je me suis donc constitué un petit panel de sex shops en ligne auquel je vais ajouter L’arbre des plaisirs. Je suivrai avec intérêt l’évolution de cette boutique au fil du temps.

Pour vous faire votre propre opinion sur le site, c’est ici : http://www.arbredesplaisirs.com

(Non, je n’ai pas déserté le blog. Je croule simplement une fois de plus sous le boulot, parce que je suis trop bête pour lever le pied alors que je quitte l’entreprise dans quelques semaines… J’espère pouvoir être plus présente prochainement.)

Read Full Post »

Petit rappel des faits si vous n’avez pas suivi l’affaire : en 2011, deux associations catholiques ont porté plainte contre la boutique 1969 située rue Saint Martin dans le 4ème arrondissement de Paris.

La boutique enfreint en effet une loi de 1987, qui a été renforcée en 2007, et qui interdit l’implantation de magasins vendant des objets à caractère pornographique dans un périmètre de 200 m autour d’une école.

Il est à noter que le sociologue Baptiste Coulmont, qui a travaillé sur les sex shops, a démontré que cette loi rend quasiment impossible l’installation des sex shops en centre ville.  Il semble par ailleurs assez illogique que seul 1969, dont la devanture est neutre et ne laisse rien voir de potentiellement choquant, ait été inquiété alors qu’il y a une boutique Passage du désir seulement quelques dizaines de mètres plus loin! La différence tient peut-être à ce que la boutique 1969 est située pile en face de l’entrée de la fort jolie église Saint Merri.

Il faut également souligner que la plainte a été déposée non pas par l’école dans le périmètre de laquelle la boutique est située, ni par les parents d’élèves, ni l’une ni les autres ne semblant être particulièrement dérangés par ce voisinage, mais par des associations catholiques dont l’une m’était connue pour avoir réclamé, heureusement en vain, l’interdiction pour les mineurs d’assister au festival musical Hellfest, sous le prétexte ridicule que les groupes qui y jouent sont satanistes.

Le procès s’est tenu aujourd’hui même. Le noeud des débats reposait sur la question suivante : les sextoys sont-ils ou non des objets à caractère pornographique, sachant qu’il y a un vide juridique sur ce sujet. Pour comprendre les enjeux du procès, je vous invite à aller lire l’analyse très intéressante de Baptiste Coulmont.

Le tribunal a, visiblement, décidé que oui, les sextoys sont des objets pornographiques, puisque le love shop a été condamné à verser 1 euro de dommages et intérêts aux plaignants. Plus grave est la menace de fermeture qui plane sur la boutique. 1969 a donc décidé de faire appel. Vous pouvez lire le communiqué de presse qu’ils ont publié ici et les soutenir sur leur page Facebook qui se trouve ici. 

Je précise que je ne suis pas une inconditionnelle de 1969. C’est ce que je recherche comme sextoys et les prix auxquels ils sont proposés qui déterminent dans quels sexshops j’effectue mes achats. C’est simplement pour moi une question de principe.

Read Full Post »

Older Posts »