Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘rêve’

J’ai enfin réussi à m’astreindre à terminer cette bande dessinée, que j’avais commencée il y a déjà plusieurs mois! Premier volume de la série centrée autour de Giuseppe Bergman, Aventures vénitiennes est né dans un contexte bien précis, comme l’explique son auteur dans l’avant-propos de mon édition :

« A cette époque, au début des années soixante-dix, le mot « Aventure » inspirait une certaine gêne, quand ce n’était pas ouvertement du mépris. Pour être considérés comme respectables, la littérature, le cinéma et la bande dessinée devaient alors traiter de thèmes existentiels, sociaux ou politiques, en évitant soigneusement ne serait-ce qu’un soupçon d' »évasion ». »

Admirateur et disciple d’Hugo Pratt, dont les oeuvres étaient pour lui synonymes d’aventure (l’un des personnages d’Aventures vénitiennes se nomme HP), Manara s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles la littérature d’aventure était devenue si mal considérée. C’est de ces réflexions qu’est né Giuseppe Bergman.

Concrètement, Giuseppe Bergman est un homme qui mène une vie à ses yeux banale jusqu’au jour où il répond à une annonce et où sa candidature est retenue. L’annonce émane d’un groupe de production qui lui demande de vivre une aventure :

« C’est vous qui choisirez ce que nous appellerons le théâtre de vos exploits et l’orientation de vos activités. N’ayez aucun frein de type économique, c’est notre problème. Tout ce que nous vous demandons… c’est que l’aventure que vous vivrez soit vraiment captivante, mirobolante. Elle doit permettre à ceux qui la suivront de s’évader complètement des problèmes quotidiens, de se détendre les nerfs, de se passionner pour quelque chose qui ne soit pas la grise réalité. C’est une véritable mission que la nôtre… »

Giuseppe Bergman quitte rapidement Venise pour aller vivre son aventure en Amérique du Sud mais, arrivé là, il passe son temps à chercher comment cette fameuse aventure pourrait commencer sans se rendre compte qu’il est en train de la vivre.

Comme le suggère la couverture, Manara a parsemé l’album de moments où l’on croise de très jolies jeunes femmes fort dévêtues qui se trouvent dans des situations scabreuses. Néanmoins, ce n’est pas son propos principal, ce qui fait que je ne qualifierais pas la BD d’érotique.

Manara s’interroge, apostrophe ses lecteurs par l’intermédiaire de son héros qui s’adresse aux spectateurs qui suivent son aventure, et aborde des thèmes sombres tels que la guerre civile.

Néanmoins, son histoire est complètement délirante, part dans tous les sens, a la consistance et l’absurdité des rêves. Le héros  lui-même, à la fin de l’album, est perdu et ne sait plus s’il rêve ou est éveillé. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, j’ai énormément de mal avec ce genre d’histoire qui perd le lecteur entre rêve et réalité. J’ai eu l’impression de ne rien comprendre à l’album et ça m’énerve. Et, ce qui m’énerve encore plus, c’est que je ne suis pas sûre qu’il y ait grand chose à comprendre au-delà de ce que Manara expose dans l’avant-propos. Je n’ai pas été attirée par l’univers qu’il met en scène et suis restée complètement en dehors de l’histoire. Je crois que Manara n’est pas un auteur qui me convient et qu’il ne sert à rien que je m’obstine.

Cette lecture me permet néanmoins d’ajouter une deuxième participation au challenge Il viaggio de Nathalie, auquel je suis inscrite sur l’autre blog.

 

Read Full Post »

Cette BD est composée de cinq petites histoires qui constituent en fait cinq chapitres d’un tout. Pendant qu’Alma dort, elle rêve (mais est-ce bien un rêve?) que des extra-terrestres débarquent sur Terre et échangent son esprit avec celui de son chien. Lorsque son ami se réveille au matin, il est quelque peu étonné du comportement d’Alma…

On suit ainsi les aventures d’Alma, à mi chemin entre rêve et réalité, dans cinq univers différents, qui correspondent aux cinq histoires, de longueur croissante, en lesquelles l’album est découpé : elle se transforme en femme-chienne, apprend le judo avec un professeur personnage de manga, au sexe flouté, se fait embaucher sur un chantier et s’y révèle très maladroite, part à la recherche de son chien qui, transformé en homme par les extra-terrestres (toujours eux!), s’octroie un peu de bon temps avec une femme qu’il fait chanter, et teste un fauteuil vibrant aux effets aussi imprévus qu’étonnants.

Que dire…? Je n’ai été convaincue ni par le fond ni par la forme. C’est complètement déjanté (ce qui en soit n’est pas forcément un mal – tout dépend comment c’est fait) et ça saute du coq à l’âne. Pendant toute la BD, on ne sait pas trop si Alma rêve ou si elle est éveillée et cette impression est renforcée par le fait que ses aventures semblent aussi absurdes et irréelles que les rêves. Par exemple, Alma enchaîne les maladresses et se retrouve chaque fois nue, de façon souvent totalement improbable. Le fait que l’histoire soit sans queue ni tête permet d’en faire une succession de situations scabreuses sans avoir à s’embarrasser de les justifier d’une façon quelconque. L’humour est omniprésent dans l’album. Mais ce n’est pas un humour fin et, personnellement, ce n’est pas le genre d’humour qui me fait sourire.

Je n’ai pas plus aimé le dessin. J’ai lu beaucoup de bien de Marco Nizzoli, qui a également dessiné Les délices du démon et Un bel été, pour ne citer que ses oeuvres érotiques, et j’avoue que je cherche ce qui lui vaut tant d’éloges. Il faut dire que Simbaby date de 1993 et est l’une des premières oeuvres dessinées par Nizzoli. Peut-être son trait a-t-il évolué depuis? L’impression que j’ai eue en lisant Simbaby est assez bizarre. Si les corps sont très jolis et certaines positions très alléchantes, au niveau des visages, j’ai trouvé que ce n’était pas ça. Sous certains angles, de profil notamment, l’héroïne était très jolie. Sous d’autres, le dessin était totalement différent et le résultat me semblait assez affreux. Comme je suis très loin d’être une experte en matière de BD, vous trouverez en bas de ce billet une planche pour vous permettre de vous faire votre propre opinion.

Pour ma part, je n’ai vraiment pas été emballée par cette BD. Si certaines situations m’ont paru intéressantes, je n’ai pas trouvé d’atout venant les mettre en valeur et ai été, au contraire, rebutée par l’humour lourdingue et le dessin qui ne me plaisait pas.

Simbaby
Giorgio Lavagna et Marco Nizzoli
Editions Blanche

Read Full Post »