Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘peinture’

Voici un très beau livre qui nous invite à une promenade dans « un musée érotique imaginaire » à travers 69 œuvres. L’auteur et son éditrice ont souvent fait un choix d’œuvres qui manquent très souvent singulièrement d’originalité. Jugez plutôt : représentation d’Aphrodite, déesse de l’amour,  de Priape, la divinité au membre démesuré à jouissant d’une éternelle vigueur, de Pan, le jardin des Délices de Jérôme Boch, le déjeuner dur l’herbe d’Edouard Manet, l’Origine du Monde de Gustave de Courbet, le bain Turc d’le bain Turc d’Ingres, le baiser de Rodin, mais aussi des œuvres de Klimt, de Rembrandt, de Modigliani, de Leonor Fini, de David Hamilton, de Manara… J’ai quand même fait quelques jolies découvertes mais bien trop peu nombreuses à mon goût.  Soixante-neuf œuvres, même si le nombre est emblématique, je trouve vela un peu court pour traiter du sujet de l’érotisme dans l’art.

Les œuvres sont en écrasante majorité picturale. Une très faible place est laissée à la sculpture et à la photographie et je le regrette vraiment car je suis persuadée qu’il y avait matière à trouver dans ses disciplines de très belles oeuvres. Les sujets choisis sont très souvent puisés dans la mythologie, l’Antiquité, la Bible.

Il n’y a pas vraiment de fil conducteur puisque les œuvres sont classées presque par ordre chronologique ce qui aurait présenté un intérêt si l’auteur nous avait présenté les œuvres sous l’angle de l’évolution dans le temps de la représentation des corps, des désirs ce qui n’est pas du tout le cas. Il n’y a pas de classement thématique non plus. Je juge cette démarche un peu paresseuse.

J’ai trouvé souvent les textes accompagnant les œuvres de qualité très variables, certains sont vraiment intéressants et d’autres beaucoup trop superficiels. Certains replacent le tableau dans le contexte de la société de l’époque ou de la vie de l’artiste, d’autres évoquent les références de l’œuvre mais beaucoup se contentent d’une brève description en quelques mots ou encore de citations.

Malheureusement, je n’ai pas grand-chose à dire de plus sur cet ouvrage hormis que son très grand format et la qualité d’impression permet de jouir pleinement de la qualité des œuvres. J’ai apprécié ce livre mais sans être convaincue de son grand intérêt.

69 histoires de désir- Un musée érotique imaginaire
De Jean-Manuel Traimond
Ed Aubanel

Read Full Post »

Les nus chez Hilaire sont le plus souvent accessoirisés : une paire de bas, un chapeau à voilette, un éventail ou un boa suffisent à les habiller et à leur ôter la fragililité que la nudité confère parfois.

Les femmes sont le plus souvent très girondes. Les cuisses, les fesses, les seins : tout exhale une immense sensualité et féminité. Les formes esquissées en quelques traits n’ont pas une mollesse paresseuse : elles sont le plus souvent sculpturales, ils se dégagent d’elles une grande force qui contraste étonnement avec un regard quasiment absent.

Cette absence confère une certaine lascivité provocatrice ainsi qu’une certaine distance : nous apercevons ses femmes dans leur nudité sans jamais atteindre leur intériorité. La peau se fait souvent miroir : elle prend souvent les teintes de leur environnement. Les jeux d’ombre et de lumière ajoutent au relief de leur corps.

 Les femmes chez Hilaire semblent parfois attendre leur amant ou leur client. Leurs poses sont alors provocantes, et assez érotiques.

Parfois, elles sont surprises dans leur quotidien, en train de se déshabiller devant un miroir, ou indolentes en train de se reposer et elles semblent alors plus vulnérables. Certaines oeuvres représentent deux femmes nues dans une ambiance quasi saphique.

De manière générale je suis assez sensible aux oeuvres de ce peintre que ne s’est pas exercé uniquement aux nus. Certains d’entre eux me touchent beaucoup.

« Je n’aime pas le Nu pour le Nu, je ne veux pas qu’il soit le seul sujet d’une toile. C’est pourquoi j’habille les modèles, je fais place à un décor, à des accessoires de leur féminité, des miroirs, des foulards, des gants, des rubans, des bracelets et parfois je les pare de plumes. Cela crée une atmosphère, une harmonie sensuelle. Et aussi parce que ces »ruptures » crées un cheminement optique qui casse le sujet dans ce qu’il pourrait avoir d’académique » Camille HILAIRE

Ils ont dit des nus de Hilaire :

« Qu’on ne s’y trompe pas, les formes sont bien nées de la réalité chaude et vivace, non du fantasme des rêves. Ici de l’ardente sensualité qu’éveille un beau corps épanouî dans un climat de « luxe, calme et volupté » » Raymond CHARMET (écrivain d’art 1906-1973)

« Chacun vit les femmes à sa manière depuis qu’elles ont été créées pour troubler le sommeil de l’homme et motiver sa conduite. Hilaire les voit en interlocuteur valable, habilité à les comprendre et à les traduire, il les glorifie dans la puissance et la majesté, et nous les offre, tel le roi Midas » Mario BRUN journaliste

Camille Hilaire (1916-2004) peintre français a illustré par ses lithographies des ouvrages d’auteurs comme Pierre Louys ou Armand Lanoux. Il s’est intéressé à différentes techniques (peinture, aquarelle, lithographie, tapisserie, vitrail…) et est particulièrement reconnu pour son usage des couleurs et son traitement de la lumière. Dans ces tableaux, l’influence du cubisme est souvent perceptible. Le figuratif tend parfois à l’abstrait. Il a affectionné peindre les paysages de Normandie, de la Côte d’Azur et des villes emblématiques comme Venise et Rome.

Pour visualiser d’autres oeuvres de ce peintre vous pouvez aller sur le site suivant et sur cette page facebook

Read Full Post »