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Posts Tagged ‘littérature américaine’

Ambition

Je vous resitue le contexte : j’avais 18 ans, j’étais encore très innocente, et j’étais en prépa dans un lycée assez exigeant en langues étrangères. Je m’efforçais donc de lire des romans en anglais pour m’entraîner et améliorer mon niveau. A cet effet, j’effectuais régulièrement des descentes chez W.H. Smith (à l’époque, il n’y avait pas internet!), et c’est lors de l’une d’entre elles que je suis tombée sur ce roman de Julie Burchill. Le titre et le quatrième de couverture m’ont naïvement fait penser qu’il s’agissait d’un roman de réussite sociale à la Paul-Loup Sulitzer dont j’appréciais alors les livres (rappelez-vous, j’avais 18 ans!), avec une pointe d’histoire d’amour en plus. Je l’ai donc acheté.

Je me suis rapidement rendu compte que je m’étais fourvoyée sur le genre du roman. En effet, dès les premières pages, alors que l’héroïne, Susan, belle jeune femme ambitieuse qui travaille pour un journal, se rend à une réunion où elle doit rencontrer son nouveau patron, elle tombe dans les couloirs sur un riche jeune homme au comportement de bad boy, pour qui elle éprouve un vif coup de foudre qui se concrétise aussitôt dans les toilettes, en une baise aussi sauvage qu’exaltante. Le problème est que le jeune homme en question est le fils de son nouveau patron. Le second problème est que ledit patron impose à Susan 6 épreuves, comme condition pour la faire progresser dans la hiérarchie de la société. Prête à tout pour réussir, Susan accepte, au risque de mettre en péril son idylle avec le fougueux jeune homme. Bien évidemment, les épreuves en question sont à caractère sexuel et son patron emmènera Susan aux 4 coins du monde pour la regarder se faire prendre par des hommes et femmes de toutes races, avec parfois une pointe de BDSM.

Un peu gênée au départ, j’ai été rapidement ravie de ma méprise (je commençais alors à découvrir la littérature érotique) et j’ai dévoré ce livre que j’avais, à l’époque, trouvé diablement émoustillant. Il m’avait fait une forte impression et, si les noms de certains personnages ou les subtilités de l’intrigue m’ont depuis longtemps échappé, certaines scènes sont encore bien gravées dans ma mémoire. J’ai voulu le relire, il y a 4-5 ans, pour essayer de retrouver un peu de ces sensations, mais ça n’a pas marché. J’ai trouvé le roman assez médiocre et les scènes, plus gentilles que dans mon souvenir, m’ont malheureusement surtout fait sourire, en repensant à mes souvenirs de lecture de jeunesse. Visiblement, j’ai passé l’âge.

Si je vous parle d’Ambition aujourd’hui, ce n’est donc pas pour vous inciter à le lire, d’autant plus que je pense qu’il ne doit plus être très aisé à trouver, excepté sur des sites anglo-saxons. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi le résumé de 50 shades of Grey me fait beaucoup penser à ce roman, si ce n’est que le livre de Julie Burchill semble avoir une intrigue plus complexe et être plus pervers. J’ai donc énormément de mal à comprendre pourquoi ce roman suscite un tel engouement, alors qu’il y en a eu plein auparavant dans la même veine (j’ai évoqué Ambition parce qu’il est celui qui m’a le plus marquée, mais j’aurais pu sans problème exhumer de ma mémoire d’autres horreurs romantico-pornographiques aussi peu dignes de passer à la postérité!).

Je suppose que vous aurez compris que je n’ai aucune intention de lire 50 shades of Grey, à propos duquel la plupart des billets et articles que j’ai pu lire s’accordent à dire qu’il est niais et mal écrit. Ma curiosité ne confine pas au masochisme, et mes PAL et LAL sont trop grosses et trop pleines de titres que j’espère plus intéressants!

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Venus Erotica fait partie des grands classiques de la littérature érotique et il reste un de mes préférés.

J’ai découvert le nom d’Anaïs Nin alors que je venais à peine d’entrer au lycée en lisant un livre d’Henri Miller que j’avais choisi juste parce que son titre me plaisait (Tropique du cancer). Les parents devraient toujours jeter un coup d’oeil aux lectures de leurs enfants…. J’ai attendu quelques années avant de me procurer ce livre.

Anaïs Nin a écrit des nouvelles érotiques destinées à un collectionneur pour un dollard la page. Le mystérieux mécène demandait des récits dénués de toute poésie mais sexuellement explicites. Malgré toute sa bonne volonté et pour mon grand plaisir, la romancière n’a pas su dénuer ses lignes  d’un certain lyrisme toute en délicatesse. Il existe un deuxième volume de ces nouvelles : les petits oiseaux.

La majorité des nouvelles de ce recueil se déroulent dans un milieu où se cottoient prostitués, modèles, artistes. D’autres plus improbables ont une certaine dimension exotique.  De nombreux personnages se retrouvent au coeur de plusieurs nouvelles, ce qui leur donnent plus d’épaisseur rendant la lecture encore plus intéressante.

La narration concise est fluide, très plaisante à lire. Les pages de ce recueil se dévorent en quelques heures. Les descriptions sont impudiques et sans vulgarité aucune. Leur puissance évocatrice ne pâtit en rien de leur brièveté, bien au contraire, car celle-ci devient un atout  en laissant l’imaginaire de chacun flâner à sa guise dans des rêveries érotiques.

Certains récits vous refroidiront peut-être car les perversions évoquées ne sont pas des plus anodines (pédophilie, sadisme, viol, nécrophilie..) mais elles ne sont pas du tout révélatrices de la majorité des récits qui réjouiront le plus grand monde par la diversité des situations et par l’écriture limpide et lumineuse de l’auteure qui ne sombre jamais dans le sordide.

Venus Erotica d’Anaïs Nin
Lgp

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