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RomansAprès Thérèse philosophe, Margot la ravaudeuse et Fanny Hill, voici encore un récit à la première personne. Je le trouve cependant différent, dans la mesure où l’héroïne a connu une existence beaucoup moins troublée et ne s’est jamais départie des principes qu’elle a adoptés dès son initiation à la sensualité.

Félicia, en effet, après une enfance passée dans un orphelinat, a été adoptée par un couple aisé et a, à partir de ce moment-là, mené une vie heureuse et facile. Bien que ses parents adoptifs, Sylvino et Sylvina, soient très amoureux, Sylvino est volage.

Le parfait amour est une chimère. Il n’y a de réel que l’amitié, qui est de tous les temps, et le désir, qui est du moment. L’amour est l’un et l’autre réunis dans un coeur pour le même objet, mais ils ne veulent jamais être liés.  Le désir est ordinairement inconstant et s’éteint quand il ne change pas d’objet. […] Défends-toi des sentiments violents ; ils rendent à coup sûr malheureux. Vis mollement dans un cercle de plaisirs tranquilles, que feront naître un luxe modéré, les arts, et des goûts réciproques que tu auras la liberté de satisfaire. […] Fais de bons choix, ne t’engage jamais au point d’avoir plus de peines qque de plaisirs. Préviens le dégoût ; et, puisqu’en galanterie, pour n’être pas malheureuse ou ennuyée, il faut se laisser tromper ou tromper les autres, ménage-toi des illusions flatteuses ; n’approfondis jamais rien de propre à te causer des mortifications et sauve adroitement les apparences, aux yeux de ceux dont l’éclat de tes changements pourrait occasionner le malheur.

Tels sont les conseils qu’il laisse à Félicia, avant de partir pour un long voyage à l’étranger. Très vite, aussi bien Félicia que Sylvina mettent en pratique la philosophie de Sylvino.

Félicia plaît aux hommes : elle se décrit à plusieurs reprises comme pourvue de toutes les grâces physiques et morales (et même de la modestie!) et de talents artistiques, notamment en chant. Je me serais crue dans un récit pornographique d’aujourd’hui, à ceci près que Nercia s’amuse visiblement. Bref, elle n’a que l’embarras du choix pour occuper ses nuits solitaires. Mais elle m’a semblé agir de façon plus raisonnée que Margot ou Fanny Hill : le désir, chez elle, semble moins instinctif que conditionné par la personnalité et le mérite de celui qu en est l’objet.

Le mode de vie adopté par Félicia est très moderne. Bien que Sylvina et elle prennent garde à ne fréquenter que la meilleure compagnie et à bien se différencier des demi-mondaines, elles se qualifient de femmes de plaisir et Félicia trouve normal qu’elles ne soient pas reçues partout, du fait de leurs moeurs. Elles passeraient en revanche sans doute inaperçues aujourd’hui et on prêterait sans doute plus attention à la bonté et à l’intégrité de Félicia qu’à la légèreté de ses moeurs.

Le choix de vie de Félicia reflète les idées d’André-Robert Andréa de Nerciat. Raymond Trousson écrit de lui :

Chez lui, l’érotisme procède d’une philosophie de vie, selon laquelle la satisfaction sexuelle est l’un des éléments essentiels du bonheur et de l’épanouissement de l’individu. Son univers ne connaît aucun prolongement métaphysique et ses personnages songent moins que jamais à l’au-delà ou aux récompenses futures.

Cependant, Félicia, publié anonymement en 1775, est le premier roman de Nerciat et, de loin, le plus chaste parmi ceux-ci, bien qu’il ait été constamment interdit pendant tout le XIXe siècle. En effet, Nerciat, né en 1739, qui a mené principalement une carrière militaire jusqu’à la Révolution, écrit, dans les années 1790, durant lesquelles il passe de l’armée d’émigrés du prince de Condé à la fonction d’espion au service des révolutionnaires, des romans pornographiques dans lesquelles il décrit les pratiques les plus extrêmes sans aucun tabou.

A côté, Félicia fait figure de bluette, bien que certains de ses personnages pratiquent l’inceste à leur insu, et ne semblent pas le moins du monde émus lorsqu’ils le découvrent, ce qui m’a un peu dérangée. J’ai même eu le sentiment que Nercia n’allait pas au bout de son système, car Félicia éprouve à plusieurs reprises des sentiments amoureux, bien que passagers, et connaît ou suscite à d’autres la jalousie. En dépit de la satisfaction qu’elle ressent à propos de sa philosophie de vie, cela me semble démontrer qu’elle ne parvient pas à appliquer parfaitement celle-ci.

J’ai apprécié l’écriture du roman, vive et enlevée, avec des traits humoristiques. Néanmoins, j’ai eu un peu de mal à progresser dedans et je ne l’ai lu que très lentement, à petites touches. Encore une fois, j’ai eu un sentiment de déjà vu à la lecture des premières parties : description des plaisirs de la bonne société, ridicule des dévôts et gens de province, tours joués à ceux-ci qui ne m’ont pas du tout amusée.

Je reconnais toutefois que Nercia a fourni de gros efforts pour apporter de la variété dans son récit afin de ne pas lasser le lecteur : introduction de nouveaux personnages dont les aventures viennent s’enchâsser dans l’histoire principale, introduction d’un personnage triste que rien ne peut dérider dans un roman plutôt joyeux, récits d’aventures et rebondissements. A partir du moment où de nouveaux personnages au passé romanesque et mystérieux font leur apparition dans le roman, j’ai mieux réussi à m’intéresser au récit et j’ai bien accéléré le rythme sur la fin. Pourtant, j’avais vu venir le dénouement assez rapidement et avais l’impression de me trouver dans Les fourberies de Scapin, du fait de la quantité de coincidences tout aussi improbable que dans la pièce de Molière. Je reste donc malheureusement sur une impression assez tiède.

J’ai eu le plaisir, cette fois encore, de faire cette relecture en compagnie de Mina, qui a eu la patience et la gentillesse de m’attendre!

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romans-libertins-du-xviiie-siecle-jean-marie-chevrier-collectif-dorat-duclos-fougeret-de-montbron-chevrier-9782221070727Il était une fois un roi et une reine qui venaient d’avoir un enfant. Les fées des royaumes avoisinants vinrent se pencher sur son berceau et firent chacune un don au petit prince. Mais la méchante fée Mutine, qui estimait à tort avoir été offensée, s’approcha à son tour et dit :

Tu aimeras […] et ce qui fait le bonheur des autres fera tes plus cruels tourments ; les chagrins les plus cuisants te dévoreront, tu verras l’objet de ton amour passer entre les bras d’un autre, tu seras forcé d’y consentir ; les doutes les plus affreux te déchireront, et j’espère qu’une certitude plus cruelle encore achèvera ma vengeance.

Heureusement, la fée Lumineuse, qui aimait beaucoup le roi, n’avait pas encore parlé. Elle dit qu’elle ne pouvait annuler ce à quoi Mutine avait condamné l’enfant, mais qu’elle espérait pouvoir en atténuer les effets en venant chercher le prince, Angola, lorsqu’il aurait 15 ans, pour l’emmener dans son royaume, où il devrait trouver suffisamment de beautés de genres différents pour éviter de s’attacher trop profondément.

Les années passèrent. Angola, doté de toutes les qualités, gagna en beauté et en sagesse à mesure qu’il grandissait et, lorsqu’il atteint l’âge de 15 ans, Lumineuse, fidèle à sa promesse, vint le chercher. La cour de Lumineuse était la plus brillante des royaumes de cette partie du globe. Elle lançait les modes et décidait du bon ton, et les jeunes gens de la cour pouvaient passer leur temps à toutes sortes de plaisir. Angola tomba aussitôt sous le charme de sa bienfaitrice, et se lia en parallèle d’amitié avec Almaïr, qui se chargea de son éducation sentimentale en lui ménageant des bonnes fortunes parmi les dames de la cour. Angola échappa ainsi à la malédiction de Mutine, jusqu’à ce qu’arrive à la cour de Lumineuse, pour y parfaire son éducation, la princesse Luzéide, qui était convoitée par un mauvais génie.

Sous cette apparence de conte de fées, le chevalier de la Morlière dresse un tableau ironique de la bonne société de son temps. Il évoque ainsi les plaisirs en vogue : bals, spectacles, jeux, promenades à la mode, parties de campagne… et les liaisons qui se font et se défont, le désir tenant lieu de l’amour. C’est, pour mon point de vue personnel, le point faible du roman : du fait que j’ai un peu accumulé les romans libertins ces derniers mois, j’ai éprouvé une certaine lassitude à voir décrit une énième fois ce genre de vie qui, à la base, m’apparaît creux.

Cependant, c’est également son point fort, car la Morlière s’éloigne des poncifs du genre : ainsi, Almaïr, qui entraîne Angola sur la voie du libertinage, n’est pas un cynique dénué de tout sentiments et se révèle un ami fidèle, même lorsqu’Angola préfère suivre la voie de l’amour plutôt que celle des désirs éphémères. Par ailleurs, si la Morlière décrit des scènes largement rebattues, c’est pour s’en moquer. Il a beaucoup d’humour et son ton persifleur est un régal. Ce qui fait que son roman est tout de même très agréable à lire, tant dans les passages descriptifs dans lesquels il s’attaque aux écrivains de son temps, par exemple, que dans les dialogues qui sont vifs et enlevés. Il prend également un malin plaisir à utiliser les expressions en vogue, indiquées en italique dans l’oeuvre, si bien que la langue aussi est savoureuse.

Ce récit, paru en 1746, est pourtant seulement le second essai d’un jeune homme qui menait une vie très dissipée et à qui l’idée était venue sur le tard de s’essayer aux lettres. Ce fut son seul succès et, après quelques tentatives malheureuses, il abandonna la carrière des lettres pour se chercher d’autres moyens, plus ou moins malhonnêtes, de subsistance.

Angola est loin d’être à l’image de son auteur. C’est un roman qui fait triompher la morale, mais de façon divertissante, sans prêcher ni faire de retournement final qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Il est satyrique mais n’est pas que méchant : pour poursuivre avec l’exemple pris plus haut, tous les auteurs ne sont pas dénigrés, la Morlière encense Voltaire et rend hommage à Crébillon fils, qui l’a influencé. Et il y a également un petit détail que j’ai apprécié. Les femmes de la cour de Lumineuse ont beau accumuler les liaisons, elles ne sont pas peintes comme vaines, nymphomanes ou pleines de défauts. Elles sont au contraire toujours décrites de façon positive. Seule l’hypocrisie consistant à sauver les apparences en feignant de ne se rendre qu’à contrecoeur à des protestations d’un amour éternel est moquée. En celà j’ai trouvé le roman assez féministe.

Cette lecture, somme toute bien plaisante, s’inscrit encore dans le challenge Badinage et libertinage et a été faite en commun avec Mina, qui l’a appréciée sans réserves.

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romans-libertins-du-xviiie-siecle-jean-marie-chevrier-collectif-dorat-duclos-fougeret-de-montbron-chevrier-9782221070727Claude-Joseph Dorat (1734-1780), après un bref passage chez les mousquetaires, a embrassé la carrière d’homme de lettres. Son aisance financière lui a permis de s’y maintenir, même si toutes ses oeuvres n’ont pas connu le succès et si les critiques ont pu se montrer sévères à son égard. Il s’est essayé à tous les genres : théâtre, poésie et romans épistolaires, alors en vogue, avec Les sacrifices de l’amour, en 1771, et Les malheurs de l’inconstance en 1772, qui connurent tous deux de nombreuses éditions.

Je qualifierais volontiers Les malheurs de l’inconstance de roman moral. Il touche au libertinage essentiellement en raison de certains de ses personnages. L’auteur a pris soin, dans sa préface, d’exposer ses intentions :

En écrivant les lettres de Madame de Sénanges [Les sacrifices de l’amour] j’ai voulu prouver que l’amour et le devoir ne sont pas toujours incompatibles. Le but de celles-ci est tout à fait opposé et peut-être n’est-il pas moins intéressant. Les faiblesses d’un coeur honnête attirent des malheurs, choquent des préjugés mais ne détruisent point la vertu. J’espère que cette vérité qu’on peut attaquer, qu’on peut encore mieux défendre, paraîtra sensible après la lecture de cet ouvrage. La femme qui cède est souvent plus courageuse que celle qui résiste, elle s’immole, se condamne aux craintes, aux alarmes, cache des pleurs, dévore des soupçons, risque tout et ne jouit que du bonheur de son amant.

Le début du roman m’a évoqué Les liaisons dangereuses (parues une dizaine d’années après l’oeuvre de Dorat). La forme épistolaire y est sans doute pour beaucoup, mais pas seulement. Un duc, éconduit par la marquise de Syrcé, qu’il a poursuivie trois mois de ses assiduités, vexé de cet échec, fomente une machination pour avoir sa revanche. Il choisit le comte de Mirbelle, comme instrument de sa vengeance. Le duc a remarqué que le comte ne laissait pas la marquise indifférente et lui assigne pour mission de séduire la marquise, la quitter et publier partout leur relation, afin de perdre la réputation de la jeune femme. Le duc espère, de plus, profiter de ce que le comte sera occupé pour séduire l’amante de celui-ci, lady Sidley. Cette dernière, orpheline et veuve, ne vit que pour le comte, dans une retraite proche de Paris où elle ne veut voir personne que lui.

Si tout se passe au début conformément aux plans du duc, les choses prennent rapidement une tournure imprévue : le comte tombe amoureux de la marquise, qui l’aime aussi, et il se retrouve déchiré entre ses deux amantes, également pleines de qualités et de vertu. Le roman prend alors une tournure beaucoup plus sentimentale et tragique que j’ai modérément goûtée. J’ai d’ailleurs appris, en lisant la préface, qu’il peut s’inscrire dans un genre sentimentaliste, issu de l’influence des oeuvres de Rousseau, qui a succédé au libertinage. Il semble qu’on trouve chez Dorat des échos de La nouvelle Héloïse mais, n’ayant pas lu Rousseau, je ne m’aventurerais pas à développer le sujet!

J’avoue, en revanche, que j’aurais préféré avoir affaire à un roman plus léger ou alors, au contraire, plus cynique. Lady Sidley, si parfaite et si vertueuse, m’a semblé bien ennuyeuse. Je lui ai préféré de loin le personnage de la marquise, dont le persiflage, dans ses premières lettres, m’avait amusée et séduite. Néanmoins, l’ironie et l’esprit disparaissent rapidement, pour laisser la place aux plaintes de la femme inquiète. Quant au duc, d’une part, lui aussi disparaît progressivement au fil du roman, et, d’autre part, il n’a pas la profondeur d’une marquise de Merteuil. Dorat le décrit ainsi :

J’ai peint dans le duc cette espèce d’hommes qui ont érigé le vice en système, la frivolité en principe, qui méprisent les femmes, sont à la fois leurs délices et leur fléau, amusent leur tête, ne croient point à leur coeur, les prennent avec projet, les quittent par air et masquent leur corruption profonde d’une sorte de gaieté factice qui fait des dupes parce que la société est pleine de sots qu’on subjugue et de folles qu’on éblouit. Le marquis, dans Les Sacrifices de l’amour, n’a aucun plan, c’est un étourdi sans moeurs ; le duc raisonne, combine, agit en conséquence, il est consommé dans l’art où l’autre s’essaie. L’un est un fat inconséquent, l’autre un scélérat méthodique, les modèles ne m’ont pas manqué.

Certes le duc raisonne et combine, mais pour des raisons bien vaines. Seules l’apparence, la réputation, la société semblent compter à ses yeux. Il m’a donc semblé bien creux et pas très intéressant.

Je dois sembler bien sévère vis à vis de ce roman, qui est par ailleurs d’une écriture agréable, mais les premiers échanges m’en faisaient attendre autre chose et plus. Des joutes verbales comme celles qu’on peut trouver chez Crébillon fils, par exemple. J’aurais dû prêter plus d’attention à la préface… et je devrais sans doute relire Les liaisons dangereuses!

Cette lecture faite en commun – avec un peu de retard de mon côté – avec Mina, dont je vous invite à lire le billet passionnant, s’inscrit dans son challenge Badinage et libertinage, qu’elle a heureusement prolongé jusqu’au 31 décembre 2013.

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313WZ8C2F9L__SY445_Patrick Wald Lasowski est un spécialiste de la littérature libertine du XVIIIe siècle ainsi que de la littérature du XIXe siècle. Il enseigne à Paris VIII. Lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de lui et de son style si particulier, et que j’ai vu la liste de ses ouvrages, je me suis dit : « Il me les faut tous! ».

J’ai commencé il y a 2 ans avec Le traité des mouches secrètes, et je poursuis donc avec celui-ci. Je pense que je continuerai ma découverte de sa bibliographie tout doucement, pour que, pendant longtemps, je puisse me dire qu’il m’en reste encore à lire.

Au temps des libertins, lorsqu’un homme cherchait à séduire une femme et que celle-ci considérait sa démarche d’un oeil favorable, elle ne cédait pas d’un coup mais lui accordait, plus ou moins lentement ou rapidement, ce qu’on appelait des faveurs, c’est à dire essentiellement la permission de se livrer sur sa personne à des baîsers ou des caresses, de plus en plus intimes. Le jeu de la séduction se couplait ainsi à des sortes de préliminaires. Très logiquement, l’ultime faveur est l’acte sexuel. C’est une expression que j’ai toujours trouvé très jolie (comme beaucoup de circonlocutions de cette époque) et c’est ce qui a motivé mon choix de ce livre, dans cette bibliographie où tout me fait envie.

Comme Le traité des mouches secrètes, c’est un petit essai totalement atypique. D’ailleurs, en relisant ce que j’ai écrit sur celui-là, je me rends compte que, sur beaucoup de points, je pourrais dire la même chose à propos de celui-ci. Il se lit très vite, d’une part parce qu’il compte à peine une centaine de pages, et d’autre part parce qu’il est d’un accès très facile.

L’auteur y disserte tour à tour des pratiques amoureuses, souvent à travers l’évocation de romans, et des différentes acceptions du mot faveur : celle évoquée plus haut, évidemment, mais aussi les rubans, les nombreux écrits du temps « en faveur de » quelqu’un ou quelque chose, le fait d’être en faveur ou en défaveur. Il soulève des interrogations telles que quel est le délai pour obtenir l’ultime faveur ou celle-ci est-elle un gage d’amour? Il va même au-delà de l’ultime faveur, s’intéressant aux pratiques en vogue parmi les libertins du XVIIIe siècle : le fouet et la sodomie, qu’il qualifie joliment d’extrême faveur.

Du fait de cette multitude d’aspects abordés et de la façon dont il passe de l’un à l’autre, l’ouvrage est assez étourdissant. Je n’ai pas eu le sentiment d’y apprendre grand-chose, mais je suis bien contente de l’avoir abordé avec justement suffisamment de connaissances de base pour ne pas avoir eu à attendre d’y apprendre quelque chose, car je crois qu’alors je me serais sentie complètement perdue.

Au début, mon esprit cartésien a souffert de peiner à trouver une ligne directrice et de cette sensation d’étourdissement. Puis, peu à peu, j’ai eu le sentiment d’être transportée dans un salon de l’Ancien Régime, où les propos, même sérieux, se devaient d’être légers, où les traits d’esprits et le sens de la répartie étaient hautement prisés et où la conversation était un art. A partir de ce moment, j’ai progressivement réussi à lâcher priser et à cesser de chercher une progression logique, j’ai admiré le talent de l’auteur de parvenir à faire revivre ainsi un temps révolu, et j’ai savouré cette langue et cette atmosphère dont j’aime tant à percevoir un petit quelque chose dans mes lectures… et j’ai regretté que le livre soit si court!

Il me permet d’enregistrer in extremis une participation dans la catégorie « Les instituteurs immoraux » du challenge Badinage et libertinage de Mina… que j’espère vivement qu’elle va prolonger parce que je suis loin d’avoir épuisé tout ce que j’ai envie de lire sur le sujet!

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romans-libertins-du-xviiie-siecle-jean-marie-chevrier-collectif-dorat-duclos-fougeret-de-montbron-chevrier-9782221070727Thérèse philosophe fut publié pour la première fois en Belgique en 1748. La police s’en saisit aussitôt et emprisonna le propriétaire du manuscrit publié, Arles de Montigny. Le roman n’en connut pas moins une vingtaine d’éditions au XVIIIe siècle et de nombreuses autres depuis, en dépit des interdictions dont il a pu faire l’objet. Bien qu’étant en possession du manuscrit, Arles de Montigny affirmait ignorer qui en était l’auteur. Il est possible qu’il circulait des copies de ce manuscrit, et que l’une d’elle soit simplement parvenue entre ses mains. Son auteur est donc resté inconnu et l’est encore à ce jour. Plusieurs noms ont été avancés, dont celui de Diderot. Il est le plus couramment attribué à Boyer d’Argens, mais nous ne disposons pas d’éléments suffisamment probant pour l’affirmer avec certitude.

Comme dans mes deux précédentes lectures d’auteurs de cette époque, il s’agit d’un récit à la première personne, dont la narratrice est une jeune femme qui retrace son parcours initiatique, de sa découverte de la sexualité jusqu’au moment où elle parvient à atteindre le bonheur et l’équilibre, loin du monde. Cependant, alors que Fanny Hill et Margot la ravaudeuse sont actrices des nombreuses aventures sexuelles qu’elles narrent, Thérèse est simplement, comme le lecteur, spectatrice des faits et propos qu’elle rapporte.

Le récit se découpe, de façon chronologique, en trois parties bien distinctes, auxquelles s’ajoute l’heureuse conclusion :

-> Thérèse, jeune fille tiraillée entre son amour de Dieu et son tempérament sensuel, doit quitter le couvent car ses efforts pour s’abstenir de se masturber et ses remords quand elle cède à la tentation de le faire ont gravement mis sa santé en péril. Elle prend pour directeur de conscience le père Dirrag, et se lie avec une de ses jeunes pénitentes, Eradice. Alors que ces deux personnages ne reparaîtront plus dans la suite du roman, ils ont été mis en avant dans le titre de l’oeuvre, dont l’intitulé complet est Thérèse philosophe ou Mémoires pour servir à l’histoire du père Dirrag et de mademoiselle Eradice, car ils font référence de manière transparente à un scandale bien connu des lecteurs contemporains de l’écriture du roman.

En effet, en 1731 a éclaté un procès opposant une demoiselle Cadière, jeune fille extrêmement dévote, qui accusait son ancien directeur de conscience, le père Girard, de l’avoir ensorcelée et séduite. L’affaire fit grand bruit. Le père Girard étant jésuite et le nouveau confesseur de Marie-Catherine Cadière étant janséniste, le fait divers évolua très vite en querelle religieuse.

L’auteur de Thérèse philosophe fait de son héroïne un témoin des faits et, présentant Eradice comme une jeune fille vaine, désirant pouvoir arborer des stigmates pour se glorifier de sa grande piété, et d’une incroyable naïveté, et le père Dirrag comme un vil séducteur hypocrie, a rédigé une scène à la fois érotique et amusante.

 -> Après cet épisode auquel elle a assisté, Thérèse échappe à l’influence du père Dirrag pour tomber sous celle de Madame C***, une amie de sa mère, et du directeur de conscience de celle-ci, l’abbé T***. On change ici totalement de registre puisque l’auteur s’y livre à un cours de philosophie, entrecoupé de quelques passages sensuels. Pour aider à faire passer la pilule, peut-être?

La théorie exposée ici est déterministe : nous ne sommes pas libres de nos actes. La faculté de raisonner que nous avons nous permet de nous en rendre compte, mais pas de faire des choix :

Toutes les actions de notre vie sont dirigées par ces deux principes : se procurer plus ou moins de plaisir, éviter plus ou moins de peine.

La religion réprime ce qui est naturel en nous, comme l’appétit sexuel. Dieu étant omnipotent et omniscient, il est absurde de penser que ce que nous dicte la nature, qui est une de ses créations, est contraire à ses désirs, comme il est absurde de l’imaginer en lutte avec le diable pour gouverner l’esprit des hommes. Il existe un Dieu, infiniment bon, mais ce n’est pas celui des religions humaines, qui ont toutes été inventées par les hommes.

Il est donc licite de suivre ses instincts et de céder à ses passions, dans la mesure où l’on ne nuit pas à la société et où l’on respecte ses règles. Quelqu’un qui, par ses agissements, trouble le bien public, doit être puni, non parce qu’il est responsable de ce qu’il a fait puisque, nous l’avons vu, nous ne sommes pas libres de nos actes, mais pour servir d’exemple et décourager d’autres personnes d’aller à l’encontre des lois de la société.

Dans mon édition, Raymond Trousson, dans l’introduction du texte, fait un parallèle entre celui-ci et les écrits de Sade. On y retrouve en effet une alternance de passages érotiques et de préceptes philosophiques comme dans l’Histoire de Juliette, par exemple. Cependant, l’auteur de Thérèse philosophe va beaucoup moins loin puisque si, en bon libertin, il attaque les religions et défend la liberté sexuelle, il borne la liberté individuelle au respect des règles de la société.

De ce fait, vu du XXIe siècle, il me semble assez conservateur : il ne s’interroge pas sur le bien-fondé des lois et ne porte pas de jugement sur le fonctionnement de la société. Il ne remet pas plus en question l’inégalité entre les sexes et entre les classes sociales qui y règnent. Ainsi, on peut y lire ce passage qui m’a choquée :

dès que je sentais l’aiguillon de la chair me tracasser, j’avais une petite fille ad hoc comme on a un pot de chambre pour pisser, à qui je faisais une ou deux fois la grosse besogne, […] Alors l’esprit tranquille, les idées nettes, je me remettais au travail. […] je prétends que tout honnête homme qui connaît les devoirs de la société devrait en faire usage, afin de s’assurer de n’être point excité trop vivement à s’écarter de ces devoirs en débauchant la femme ou la fille de ses amis, ou de ses voisins.

En parallèle, il ajoute un peu plus loin :

Eh bien, madame, continua T***, que les femmes et les filles fassent comme Thérèse et vous [c’est à dire usent de leurs doigts pour se donner du plaisir]. Si ce jeu ne leur plaît pas assez […], qu’elles se servent de ces ingénieux instruments nommés godemichés : c’est une imitation assez naturelle de la réalité. Joignez à cela que l’on peut s’aider de l’imagination. Au bout du compte, je le répète, les hommes et les femmes ne doivent se procurer que les plaisirs qui ne peuvent pas troubler l’intérieur de la société établie. Les femmes ne doivent donc jouir que de ceux qui leur conviennent, eu égard aux devoirs que cet établissement leur impose. Vous aurez beau vous récrier à l’injustice, ce que vous regardez comme injustice particulière assure le bien général, que personne ne doit tenter d’enfreindre.

En même temps, ce discours est-il vraiment totalement dépassé aujourd’hui?

Par ailleurs, l’abbé T*** (et l’auteur à travers lui?) ne vise pas à faire connaître largement ses idées. Celles-ci doivent être réservées à une petite élite capable de penser et de réfléchir, que ce mérite autorise à se placer en quelque sorte au-dessus des lois. La masse n’est pas digne d’être éclairée et affranchie des superstitions. La religion reste l’opium du peuple.

-> Thérèse devient, dans un troisième temps, la protégée d’une ancienne prostituée, Madame Bois-Laurier, qui, pour son édification, lui fait le récit de sa vie. On change encore une fois de ton puisque cette partie est un recueil d’anecdotes et de bizarreries que les clients aux goûts particuliers peuvent demander aux prostituées. Une large place y est accordée à l’humour. C’est néanmoins la partie qui m’a le moins plu, l’humour scato n’ayant jamais été ma tasse de thé.

Si j’ai été un peu grinçante par endroits, cette relecture, dans son ensemble, a été très plaisante. D’une part, elle s’écarte un peu des schémas rencontrés dans mes dernières lectures et le fond est autant intéressant (pourtant je suis allergique à la philosophie!) que la forme plaisante.

Cette nouvelle relecture pour le challenge  Badinage et libertinage a été faite en compagnie de Minou, qui a autant apprécié que moi.

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romans-libertins-du-xviiie-siecle-jean-marie-chevrier-collectif-dorat-duclos-fougeret-de-montbron-chevrier-9782221070727Louis-Charles Fougeret de Montbron (1706-1760) a mené une existence aisée grâce à l’héritage touché de son père. Il fréquenta la bohème littéraire, les mauvais lieux, voyagea et écrivit. Il est l’auteur, entre autres, du Cosmopomolite ou le Citoyen du monde, écrit en Angleterre en 1750. Il y parle de lui-même et y montre sa vision négative de l’homme. Fougeret de Montbron ne croit à aucun sentiment, et pense que le moteur de l’homme est l’égoisme. Il fut régulièrement expulsé des endroits où il a séjourné à cause de son mauvais caractère et ses propos anticléricaux. Il fut accusé d’attaquer, dans Margot la ravaudeuse, qui parut en 1748, « la religion et le gouvernement », ce qui lui valut un mois de prison et l’interdiction de séjourner à moins de 50 lieues de Paris.

Margot la ravaudeuse m’a beaucoup rappelé Fanny Hill, publié à peu près à la même époque et que Fougeret de Montbron a traduit et adapté en français en 1751 : une adolescente pauvre fuit son foyer, rencontre une maquerelle qui lui propose de la prendre sous son aile. Naïve, elle se retrouve dans un bordel sans s’en rendre compte, puis passe de protecteur en protecteur.

Il existe cependant de nombreuses différences entre les deux récits. Si, comme Fanny, Margot est une jeune fille qui sait ce qu’elle veut et choisit son destin, elle a néanmoins nettement moins de personnalité que Fanny. Alors que Fanny Hill (dans la version que j’ai lue) dresse un beau portrait de femme, le propos ici est tout autre. Fougeret de Montbron livre à ses lecteurs un catalogue de types d’hommes, un peu à la façon dont Les confessions du comte de *** de Duclos étaient une énumération de femmes : on y croise des ecclésiastiques, des financiers, un anglais, un allemand, un ambassadeur…

Margot est plus proche que Fanny du fantasme traditionnel de la prostituée : elle se jette dans la profession par luxure et, contrairement à Fanny Hill, elle ne connait pas l’amour et n’est motivée que par l’appât du gain. Margot la ravaudeuse raconte une ascension sociale, celle d’une jeune fille qui, par degrés, parvient à échapper à la pauvreté pour aboutir à l’aisance. Pour autant, la prostitution n’est pas du tout idéalisée. Margot la ravaudeuse est un roman beaucoup plus noir que Fanny Hill. Les hommes, tous grotesques, y jouent un encore plus mauvais rôle, et la prostitution y est décrite de façon crue :

Quand je fais réflexion aux épreuves cruelles et bizarres où se trouve réduite une fille du monde, je ne saurais m’imaginer qu’il y ait de condition plus rebutante et plus misérable. Je n’en excepte point celle de forçat ni de courtisan. En effet, qu’y a-t-il de plus insupportable que d’être obligée d’essuyer les caprices du premier venu; que de sourire à un faquin que nous méprisons dans l’âme; de caresser l’objet de l’aversion universelle; de nous prêter incessamment à des goûts aussi singuliers que monstrueux, en un mot, d’être éternellement couvertes du masque de l’artifice et de la dissimulation, de rire, de chanter, de boire, de nous livrer à toute sorte d’excès et de débauche, le plus souvent à contre-coeur et avec une répugnance extrême?

La typologie que nous livre Fougeret de Montbron lui permet de s’adonner à la critique : violemment anticlérical, son roman égratigne l’opéra ou les salons littéraires, et plus généralement la société, où quelqu’uns s’enrichissent sur le dos des pauvres.

On y trouve en revanche très peu de descriptions d’ébats. Je l’ai perçu comme plus humoristique qu’érotique. Les anecdotes rapportées, souvent grotesques, ne m’ont pas amusée. Cependant j’ai apprécié le ton ironique et mordant du roman :

Un mylord, ou plutôt un mylourd, vint me présenter ses hommages sterling et ses vapeurs. C’était une sorte d’individu court et ramassé, qui ressemblait parfaitement à un gros orteil, marchant comme un canard, et traversé d’une épée à la catalane, où pendait un gros gland qui lui flottait sur la cheville. Les qualités de son esprit répondaient si bien à celles du corps que l’un semblait fait pour l’autre, et que l’on eût été fort embarrassé auquel donner la préférence. On sera, peut-être, surpris que je n’aie jamais eu sous mes lois que des animaux indécrottables; mais il faut observer que les gens de mérite ne sont pas toujours les plus opulents, ni ceux qui recherchent le plus notre commerce; et qu’il n’y a guère que des sots et de maussades figures embarrassés de leur argent qui s’adressent à nous.

La fin du roman m’a un peu surprise : bien que Margot ne se repente pas de sa vie dissolue, son histoire s’achève néanmoins par son renoncement à la débauche et le retour à une vie respectable, au prétexte de raisons de santé.

J’ai lu ce court roman rapidement et sans déplaisir, ayant trouvé le style plutôt agréable, mais je ne peux pas dire que je suis enthousiasmée et je crois que ce n’est pas une oeuvre qui me marquera.

Je compte avec lui une troisième participation au challenge Badinage et libertinage de Minou.

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Elevée à la campagne dans une famille pauvre, Fanny Hill se retrouve orpheline alors qu’elle n’a pas encore 15 ans. Sur les conseils d’une femme du village, elle se rend à Londres pour tenter d’y trouver la fortune. Aussitôt arrivée, elle se rend dans un bureau de placement afin de trouver du travail et s’y laisse prendre aux beaux discours d’une maquerelle, qui s’est présentée comme une femme honorable cherchant de la compagnie. Ce sera le début d’une suite d’aventures que, s’étant rangée, Fanny raconte dans une longue lettre à une amie qui nous est inconnue.

 J’étais à la fois curieuse depuis longtemps de lire ce classique qui est sans doute l’oeuvre érotique anglaise la plus connue, et un peu réticente, m’attendant à y trouver, une fois de plus, les fantasmes masculins d’idéalisation de la prostitution. Lorsque Jérôme m’a annoncé qu’il avait trouvé le livre dans une brocante, j’ai pensé que c’était une bonne occasion et lui ai proposé une lecture commune. J’y suis néanmoins allée sur la pointe des pieds, en choisissant cette version écourtée, me réservant la possibilité d’en lire l’intégralité en VO si jamais ça me plaisait. Le fait que la traduction soit de Fougeret de Montbron m’intriguait également, puisque l’un de ses romans, Margot la ravaudeuse, figure dans mon recueil de récits libertins du 18ème siècle (je pense d’ailleurs que je vais déroger à l’ordre du livre et que ce sera ma prochaine relecture).

Cette traduction de Fougeret de Montbron, paru en 1751, est la première traduction française de Fanny Hill. Il fallut attendre 1887 pour pouvoir lire en français la traduction intégrale du roman de John Cleland. Fougeret de Montbron a effectué cette traduction alors qu’il séjournait à Londres, très peu de temps après la première publication de Fanny Hill, que John Cleland a rédigé en 1748, alors qu’il était en prison pour dettes. Fougeret de Montbron ne s’est pas contenté de traduire, il a également adapté : le texte que j’ai eu entre les mains compte à peu près 80 pages, soit environ un tiers de la longueur originale du roman, d’après ce que j’ai pu comprendre. Je ne peux donc pas juger du texte de John Cleland, bien que « l’introduction » (qui est très intelligemment située à la fin du livre, plutôt qu’au début, et ne gâche donc pas la lecture en dévoilant toute l’histoire avant qu’on ait commencé à lire) affirme que Fougeret de Montbron a été fidèle à l’esprit original, mais j’ai, du moins, bien envie de le découvrir.

J’ai, en effet, bien plus apprécié ma lecture que ce que à quoi je m’attendais. Je crois que cela tient au personnage de Fanny et à sa personnalité. Celle-ci est pleine de fraîcheur, naturelle, et garde toujours une part d’ingénuité jusque dans la débauche. Echappant aux stéréotypes des prostituées dans les romans libertins, elle n’est ni vénale, ni nymphomane. Lorsqu’elle se donne, c’est par amour, reconnaissance, estime, désir. Elle agit de façon spontanée, saisissant les occasions qui passent. J’ai perçu une certaine candeur dans sa façon de se laisser aller à ses envies. De ce fait, j’ai trouvé son personnage attachant.

De plus, elle est entière. Contrairement aux narrateurs des romans libertins que j’ai pu lire dernièrement qui se laissent entraîner ou se jettent dans la débauche jusqu’à en être écoeurés et finir par se repentir, Fanny trace sa route et reste fidèle à elle-même. Excepté dans les moments où elle est victime de méchants (telle que l’odieuse maquerelle rencontrée à son arrivée à Londres), elle prend son destin en main et choisit sa vie. De ce fait, Cleland et Fougeret de Montbron ont dressé un beau portrait de femme, avec une écriture qui est, de surcroît, fort agréable.

Le roman n’est pour autant pas exempt de clichés, tant dans les personnages que dans la description des scènes érotiques : douleur des dépucelages exagérément outrée, suivie aussitôt de plaisirs d’une intensité assez peu crédible. On retrouve d’ailleurs à plusieurs reprises d’abjects adeptes des dépucelages violents. Bien qu’on soit loin du réalisme montré dans la BD Chimère (s) 1887, par exemple, j’ai un peu de mal à lire ce genre de passages avec sérénité.

Hormis ce petit bémol, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce « résumé » de Fanny Hill et je me suis empressée d’ajouter la version intégrale à ma LAL. Il sera intéressant de comparer les deux versions.

J’ai donc fait cette lecture en compagnie de Jérôme, qui a lu la v ersion intégrale et a, lui aussi, bien aimé, et apporte d’autres précisions sur les traductions françaises du roman.

Je vous renvoie également à l’intéressant billet de Monsieur de C.

Et c’est une deuxième participation au challenge Badinage et libertinage.

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