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Cet ouvrage est la biographie d’une geisha, Kinu Yamaguchi, née en 1892. Elle a été écrite par Yuki Inoué qui a rencontré Kinu alors qu’elle avait 84 ans et comprend quelques photographies de Kinu.

A travers ces mémoires, nous suivons le parcours de Kinu depuis sa plus tendre enfance dans un village de pécheur d’Uedo jusqu’à sa vieillesse.

Le témoignage emprunt de pudeur, de dignité et de modestie tord quelques idées reçues sur le milieu des Geisha qui fascine tant l’occident.

Peu de temps après le déménagement de son village de pêcheur à la ville de Kanazawa, le père de Kinu ne parvenant pas à subvenir aux besoins de la famille, Kinu est vendue à l’âge de 8 ans à une okiya (établissement de geisha), sa jeune sœur le sera également quelques années plus tard. Elle devient une taaboo au service des geishas et étudie parallèlement les arts et rudiments pour devenir geisha. Les conditions de vie sont strictes et les arts à maîtriser nombreux (cérémonie du thé, musique avec notamment la pratique du shamisen et du chant, la danse…). Il ne faut pas oublier que les geishas doivent être expertes dans l’art de divertir. La prostitution n’est qu’un à côté nécessaire, le plus lucratif peut-être, mais ce n’est pas la vocation première des Geisha. Kinu se révélera experte dans l’art de la musique.

A douze ans, elle devient une furoside geisha (geisha aux manches longues) et commence à exercer son art aux zashiki (banquets) dans les ochaya (les maisons de thé). Son mizuage (dépucelage) a eu lieu à ses quinze ans, elle ne choisit évidemment pas son partenaire, l’honneur de dépuceler une future geisha était monnayé très cher, elle devient alors une tomesode geisha (geisha aux manches de taille normale), une geisha adulte. Lors des premières années où exerce une geisha, elle doit rembourser le coût de son apprentissage à son okiya, il en faudra quinze à Kinu pour rembourser sa dette. Ensuite, elle gagne peu car elle doit reverser des commissions. Avoir un protecteur (une geisha est censée avoir des rapports sexuels uniquement avec son protecteur) lui assure une certaine stabilité. Les geishas ne sont pas libres et doivent signaler aux authorités leurs sorties hors de l’hanamachi, quartier des plaisirs. Kinu a le sens du devoir et aide sa famille dès qu’elle le peut. Elle écoutera ses désirs de femme une seule fois dans sa vie et s’enfuira de son okiya pour suivre son amant. Elle deviendra ensuite professeur de musique et enfin patronne d’une maison de geisha.

Les mémoires mêlent récits et citations de Kinu de façon très naturelle. Ils fourmillent de détails sur les fêtes ponctuant l’année, sur les vêtements (les descriptions des kimono, obi sont fréquentes), sur les mets japonais, sur les fleurs et les arbres révélant  la coquetterie, la gourmandise et l’amour de la nature de Kinu. Cela rend le témoignage encore plus authentique et touchant. A travers cette biographie, nous sommes témoins de l’influence des progrès techniques et sociaux, du contexte historique sur la vie des geishas.

J’ai adoré ce livre pour son authenticité, sa modestie, ses descriptions précises. Ne me demandez pas de le comparer au livre d’Arthur Golden, je ne l’ai pas lu. Je conseille très, très chaudement ce livre qui m’a réellement enthousiasmé à tous ceux qui veulent découvrir l’univers des geisha ou encore à ceux qui aiment la culture japonaise.

Mémoires d’une geisha
d’Yuki INOUE
Ed Picquier Poche

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