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Liberty liberty

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire ici, Hinako Takanaga est ma mangaka préférée dans le domaine des yaoi. C’est dire si j’attendais avec impatience ce nouveau manga (enfin, tout est relatif, puisqu’il a été publié au Japon en 2005), d’autant plus qu’il s’agit d’un one shot. J’étais contente qu’un nouveau manga vienne m’aider à patienter en attendant la sortie des nouveaux volumes des séries que j’ai en cours, sans que j’aie à m’embarquer dans une série de plus.

Itaru se réveille dans des poubelles avec une affreuse gueule de bois. Kôki, cameraman pour une chaîne de télévision locale, est en train de le filmer. De colère, Itaru casse sa caméra. Lorsque le jeune homme s’éveille à nouveau, il est au domicile de Kôki, qui a pris soin de lui, mais qui lui demande de rembourser le prix de la caméra cassée. Itaru, qui a abandonné ses études à la suite d’une déception et n’ose plus se présenter chez ses parents, n’a ni logement ni travail. Il s’accroche donc à Kôki qui cache sa gentillesse sous des airs bourrus. Peu à peu, Itaru se sent de plus en plus attiré par son hôte, et s’inquiète des sentiments que celui-ci peut encore nourrir envers son ex, Kurumi, qui, sous l’apparence d’une jeune femme ravissante et à l’enthousiasme communicatif, s’avère en fait être un homme.

Comme vous l’aurez deviné à la lecture de cette présentation, on se retrouve ici avec le classique triangle amoureux. Hinako Takanaga s’efforce cependant d’apporter un peu d’originalité à l’affaire. Si Itaru est un uke assez typique (je vous renvoie, pour la définition des termes barbares,  à mon billet sur l’essai Homosexualité et manga : le yaoi) : naïf, serviable et plutôt cruche, il s’avère cependant également courageux et volontaire. De plus, il n’hésite pas à prendre des initiatives face à Kôki qui est un seme étonnamment passif. Par ailleurs, la mangaka essaie de développer le contexte autour de l’histoire d’amour qu’elle nous raconte. Il est, en effet, question dans le manga des difficultés économiques rencontrées par les personnages qui font vivre la petite chaîne de télévision locale pour laquelle travaillent Kôki et Kurumi. Quant à Itaru, il ne se contente pas de tomber amoureux mais retrouve peu à peu le courage et la motivation de remonter la pente et reprendre confiance en lui. Malgré tout, ça reste assez léger. Je pense que le manga aurait gagné à être en plusieurs tomes. Hinako Takanaga aurait eu ainsi plus de temps pour développer le contexte et donner plus de profondeur psychologique à ses personnages, alors qu’elle ne fait qu’esquisser. Le fait que j’ai lu ce manga juste après le tome 10 de Bakuman, volume qui m’a semblé particulièrement passionnant d’une série très riche, n’a pas joué en sa faveur. Néanmoins, j’ai été déçue car j’ai trouvé dans Liberty liberty moins de substance et d’originalité que dans d’autres séries du même auteur.

L’autre facteur qui a certainement joué est que l’un des points forts, à mes yeux, de Hinako Takanaga est la charge érotique qu’elle arrive à insuffler dans les scènes de sexe, même lorsque celles-ci restent relativement sages. Or, en dépit de la mention « Pour public averti » qui figure sur la couverture, Liberty liberty est une histoire purement fleur bleue, totalement dépourvue de sexe. Ceci rend,  à mon goût, le manga bien moins intéressant. Cette lecture est donc pour moi une relative déception. Heureusement, je viens d’apprendre que le huitième et avant-dernier tome de ma série favorite, The tyrant who fall in love, sortira fin juillet, ce qui m’a instantanément remonté le moral!

Liberty liberty
Hinako Takanaga
Taifu comics
Collection Yaoi

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