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Chenda, partie au Japon dans le cadre d’un échange entre dessinateurs, est tombée amoureuse de Frédéric (Boilet –  auteur de Love hotel, Elles, L’épinard de Yukiko…). Fraise et Chocolat est une sorte de journal tenu par Chenda (Aurélia Aurita est un pseudonyme) de leur passion. Le deuxième tome reprend là où le premier – qu’il vaut mieux avoir lu d’abord – s’est arrêté : le premier tome couvrait la période d’octobre 2004 à janvier 2005, le second commence en janvier 2005 et va jusqu’en septembre de la même année. Il démarre en Europe, où Chenda accompagne Frédéric et la mangaka Kan Takahama dans leur tournée de dédicace pour l’album Mariko parade, avant de se poursuivre au Japon.

J’avais bien aimé le premier tome. Si ce n’était pas le chef d’oeuvre du siècle, sa fraîcheur m’avait plu et j’avais trouvé l’histoire jolie et romantique. Néanmoins j’ai traîné plus de 3 ans avant de lire le deuxième tome, les échos que j’avais eus à son propos m’inquiétant un peu. Et je l’ai nettement moins aimé… même si je me suis demandé si ces avis négatifs dont j’avais eu connaissance ne m’avaient pas influencée dans une certaine mesure.

Si, après avoir été quelque peu déroutée, j’avais fini par bien aimer le style de dessin dans le premier tome, je n’ai pas réussi à accrocher cette fois. Est-ce de l’autopersuasion? Est-ce que je deviens un peu plus exigeante à mesure que je lis des BDs? Est-ce parce que l’histoire ne me passionnait pas démesurément?

En effet, le fond est quelque peu différent. Le premier tome était uniquement centré sur le couple et parlait principalement de sexe. Ces nombreux passages érotiques illustraient et engendraient les nombreuses interrogations de Chenda à propos d’elle-même, de Frédéric, de l’amour, de leur relation, du possible avenir de celle-ci… Il est nettement moins question de sexe dans ce deuxième album, du moins dans la première moitié, et le couple s’ouvre sur l’extérieur : on voit Frédéric Boilet en tournée de dédicace pour un album qu’il a réellement écrit. Ainsi, si le premier tome avait une portée relativement universelle du fait des questions que se posait son auteur et des anecdotes qu’elle décrivait dans lesquelles les lecteurs pouvait se reconnaître, le deuxième tome parle d’un couple bien précis qui vit des choses que ne vivent pas forcément ses voisins. Je me suis donc sentie un peu voyeuse, comme si je regardais une émission de téléréalité, et ça m’a mis un peu mal à l’aise.

Par ailleurs, si elle aborde des thèmes qui auraient pu être intéressants, tels que sa position ambigue alors qu’elle accompagne Frédéric en Europe incognito ou le racisme d’un voisin japonais, elle se contente de décrire et de raconter les souvenirs que ça lui évoque, et reste dans un registre qui m’a semblé trop superficiel.

De la même façon, si les scènes érotiques du premier tome accompagnaient l’évolution de la relation et le questionnement intérieur de Chenda, celles du deuxième (qui risquent de laisser sur le carreau les lecteurs qui avaient été un peu effarouchés à la lecture du premier) me semblent relever beaucoup plus de l’anecdotique. Elles semblent plus s’apparenter à un catalogue des pratiques et fantasmes de la jeune femme qu’être le reflet de la façon dont leur relation vit, évolue et s’approfondit. De ce fait, l’intérêt m’a paru moindre. Ainsi, ses expériences pour tailler les légumes de manière à obtenir des plugs du diamètre adéquat ne m’ont pas particulièrement passionnée.

Je dirais que la lecture de ce deuxième tome est sympathique mais pas franchement indispensable, le premier étant plus percutant et plus universel.

Vous trouverez ma chronique du premier tome ici.

Fraise et chocolat
Aurélia Aurita
Les Impressions nouvelles
ou, en poche, chez
Pocket

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