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La mécanique des femmes

La mécanique des femmes est un recueil d’anecdotes, de petites phrases, de monologues, de dialogues de petites scènes écrit par Louis Calaferte et publié en 1992 deux ans avant sa mort. Il a été adapté au cinéma en 2000. Son titre m’a tout de suite interpellée. Le quatrième de couverture précise qu’il y est question, comme le dit précisément le titre des manifestations sexuelles et érotiques spécifiquement féminines. Je suis toujours très curieuse et sceptique lorsque ce genre de livre est écrit par un homme. J’ai l’impression de plus souvent lire leurs fantasmes que la réalité…

Difficile de vous donner un compte-rendu fidèle de ce livre tant les scènes se succèdent à une vitesse vertigineuse étourdissant la lectrice que je suis. Elles sont assez diversifiées quelques unes sont d’une lumineuse poésie et d’autres sombrent dans le sordide (inceste, pédophilie). Presque toutes parlent de sexe. Certaines sont très sensuelles, d’autres pornographiques mais très peu parlent d’amour d’où une certaine vacuité et un immense sentiment de solitude. La mort est souvent mis en parallèle avec le sexe , une certaine noirceur ressort donc de ce recueil.  Toutes les scènes ne fonctionnent pas.

Louis Calaferte aime les femmes, beaucoup des descriptions le démontrent mais en lisant cette oeuvre, j’ai eu l’impression d’avoir à faire qu’à un type de personnalité féminine, pas monolithique certes, mais que l’auteur résume très bien ici :

Elle écrit :

Je suis votre petite putain
enfantine
perverse
femme
fragile
salope
jeune fille
autoritaire
pute
tendre dévergondée
ignorante
naïve et pute.

Les femmes s’y montrent souvent avides de « bites et de foutre », assouvissant leur faim de sexe au détour d’une porte cochère. Le titre « La mécanique des femmes » m’a paru alors un peu présomptueux par rapport au contenu de l’oeuvre.

Le style de l’auteur m’a paru brut, fulgurant, sans concession mais d’une grande finesse dans sa brutalité. Les phrases sont concises, chaque mot a son utilité, son importance. Les formules sont souvent très belles même dans leur crudité. Les descriptions aussi avares soient elles, sont d’une très grande puissance évocatrice, l’ambiance est établie en quelques mots. Louis Calaferte va à l’essentiel. La mécanique des femmes m’a fortement impressionnée par son écriture et m’a donné l’envie de découvrir un peu plus cet auteur dans un format de livre un peu plus classique. Si je m’attaque à Septentrion  (livre écrit en 1956 a été interdit de publication car considéré comme pornographique), je vous en livrerai mes impressions ici.

Je ne suis pas entièrement enthousiasmée par ce recueil de plus de 400 (d’après Wikipédia, je ne les ai pas comptées !!!) petites anecdotes, scènes ou lettres. Je pense l’avoir lu trop vite, un sentiment de lassitude provoqué par la répétition de ces petites scènes naît alors rapidement et j’avoue parfois avoir été écoeurée par certaines d’entre elles (mais très peu). De plus la brièveté de chacune des scènes amoindrit leur potentiel érotique. Il faudrait certainement en lire une par jour à la manière des petits almanachs de citations, de recettes ou de blagues qui sont tant à la mode aujourd’hui. Oui, je crois qu’il faudrait lire la mécanique des femmes comme un almanach érotique, irrévérencieux et pornographique et je le relirai ainsi pour essayer d’en apprécier chacune des scènes à leur juste valeur…

La mécanique des femmes
Louis Calaferte
Ed Folio

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