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51VVFmu6Y5L__SL500_AA300_Curieusement, plusieurs mangas portent, dans leur traduction française, le titre de Blue. C’est le cas, notamment, du très bon one-shot de Kiriko Nananan. Celui dont je vais vous parler aujourd’hui est un recueil de nouvelles de Naoki Yamamoto, l’auteur de Asatte dance, une série que je suis en train de lire et qui, pour le moment, m’emballe moyennement.

Blue comporte 7 nouvelles, de 20 à 40 pages, qui comptent quelques points communs. Les héros de toutes les histoires sont jeunes : lycéens, étudiants, parfois même collégiens. La plupart d’entre elles ont pour thème principal une histoire de sexe qui vire à l’amour pour l’un des protagonistes. Bien souvent, l’un des personnages semble être manipulé, voire apparaît comme une victime. Mais les faux-semblants sont nombreux et celui qui est manipulé n’est pas forcément le personnage que l’on pensait au départ.

Enfin, le principal point commun de toutes ces nouvelles est qu’elles sont glauques : parmi les thèmes abordés, on trouve la drogue, le chantage, la prostitution, la violence, les sectes, les dictatures, le fantastique. Quasiment toutes m’ont laissé un sentiment de malaise. Et pourtant, je les ai trouvées bien fichues d’un point de vue scénaristique, bien rythmées et conclues de façon percutante. Je reste donc sur des sentiments mêlés, et en cela ce manga m’a fait penser aux romans de Ryû Murakami. Au final, même avec plusieurs jours de recul, je ne saurais dire si j’ai aimé ou pas.

Le dessin fait un peu daté, et pour cause : le manga, quasiment contemporain d’Asatte dance, a déjà plus de 20 ans. Ce qui fait que, comme ce sont apparemment les deux seules oeuvres de Naoki Yamamoto qui ont été traduites en français à ce jour, je me demande comment son style a évolué depuis. Les scènes érotiques m’ont semblé très réussies. Les corps féminins sont particulièrement joliment dessinés. J’y ai trouvé beaucoup de sensualité, même quand les scènes virent à la pornographie.

Blue
Naoki Yamamoto
Editions imho
Pour 16 ans et plus

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Jusqu’à présent, je ne connaissais Agnès Giard qu’à travers son blog, que je suis régulièrement. J’admire son érudition et j’apprécie de trouver à puiser chez elle des idées de lecture, mais, bien souvent, je ne la suis ni dans ses raisonnements, ni dans ses opinions, ce qui fait que ce que j’y lis m’intéresse et m’agace, voire parfois m’indigne, à la fois. C’est donc non sans une certaine appréhension que je me suis lancée dans ce livre.

J’ai bien retrouvé la blogueuse dans l’écrivain et ai, une fois de plus, été admirative devant l’étendue de ses connaissances mais, si j’ai ronchonné intérieurement au début parce que je craignais qu’elle n’aborde pas certains aspects, mes récriminations se sont faites de plus en plus rares au fur et à mesure que j’avançais, parce qu’elle dresse un panorama très complet et aborde son sujet dans son ensemble. De même, à plusieurs reprises, au début du livre, j’ai fulminé intérieurement parce que je la trouvais trop complaisante vis à vis de comportements que je trouvais choquant. Ce fut le cas par exemple lors d’un passage où elle évoque un réalisateur de films porno qui cherche à montrer la honte chez ses actrices et qui a poussé le perfectionnisme au point qu’une de ses actrices a fini dans un hôpital psychiatrique après un tournage. En avançant dans le livre et en réfléchissant, j’en suis arrivée à me dire que c’était ma propre indignation qui me faisait trouver son ton approbateur, et qu’elle a en fait adopté une attitude plutôt neutre qui est, au final, celle qui me semble la plus appropriée pour ce type d’ouvrage.

Toujours est-il qu’il m’a été impossible de rester indifférente à la lecture de ce livre. Grosse lectrice de mangas, je suis de plus en plus fascinée par la culture japonaise à mesure que j’apprends à la connaître et j’ai ressenti à la lecture de ce livre les sentiments que m’inspirent le Japon de façon générale : un mélange d’attirance et d’incompréhension, voire de répulsion.

Il faut dire que, si l’on synthétise ce qu’elle expose dans le livre, le résultat est assez glauque. En tentant de résumer ses propos en quelques lignes, je vais forcément caricaturer un peu mais, ce qu’il en ressort de façon générale, c’est que est considéré comme beau et attirant ce qui est éphémère (la floraison des arbres comme la fraîcheur des jeunes filles) et que, au Japon, on détruit ce qui est beau (fantasmes de viols, d’humiliation). Passant des fantasmes à la société japonaise, elle fait la description d’un peuple que j’ai ressenti comme étant en train de s’autodétruire : elle affirme que, selon une étude de 2005, 1/3 des couples mariés n’avait pas fait l’amour depuis plus d’un mois. Une étude de 2010 semblerait montrer que ce chiffre a encore augmenté, pour dépasser 40%. En parallèle le nombre d’hommes célibataires s’accroît de façon inquiétante, à tel point que le ministère de l’Education a débloqué des fonds en 2001 pour les éduquer.

Agnès Giard nous dresse le portrait d’une génération d’hommes qui ont grandi entre un père absent et une mère qui les chouchoutait et leur mettait la pression pour les études, qui ont tout consacré à leur vie professionnelle, qui attendent seulement d’une épouse qu’elle leur serve de boniche, qui ne savent pas que dire aux femmes ni comment les séduire, et qui n’ont pas envie de s’y atteler. Ces hommes, qui terminent leurs journées de travail avec leurs collègues dans les bars à hôtesses, préfèrent collectionner les petites culottes souillées ou les poupées sexuelles plutôt que de nouer des relations avec des femmes.

Face à eux, les jeunes femmes, qui n’ont pas connu la même pression, seraient des écervelées uniquement préoccupées de leur apparence et de posséder tous les produits à la mode. Parmi ces femmes harcelées dans les transports ou au travail, certaines n’hésitent pas à exploiter les désirs masculins pour augmenter leur pouvoir d’achat… tout en continuant à rêver au grand amour.

Personnellement je trouve ça flippant!

 Evidemment, la question que je me suis posée est : dans quelle mesure ce qu’elle décrit est-il digne de foi… et je suis bien incapable d’y répondre, puisqu’elle en sait infiniment plus que moi sur le sujet! Le seul point sur lequel je me permettrais d’émettre une opinion est le sujet des yaoi (comme j’en lis beaucoup et que j’ai lu quelques livres à leur sujet) qu’elle évoque en quelques lignes. J’ai trouvé ce qu’elle en disait caricatural et réducteur. C’était très bien écrit et ça sonnait très joliment, mais il m’a semblé que l’objectivité y perdait. Les légendes et anecdotiques historiques qu’elle évoque pour expliquer l’origine des yaoi m’ont intéressée et m’ont semblé bien éclairer certaines choses qu’on retrouve dedans, mais j’ai eu néanmoins le sentiment qu’elle passait à côté de quelque chose. Ce qui fait que je n’ai pas pu m’empêcher de considérer l’ensemble de l’ouvrage avec un peu de suspicion.

Cependant, j’ai retrouvé dans ce qu’elle décrit beaucoup de traits que j’avais pu croiser à maintes reprises dans des mangas, animes, romans ou articles, et qui semblent des éléments constitutifs importants de la culture érotique ou de la société japonaise. Ce que j’ai toutefois regretté, c’est qu’elle les place sur le même plan que des pratiques qui semble beaucoup plus marginales. Ainsi elle consacre tout un chapitre aux poupées qui, loin d’être simplement des jouets sexuels, sont des oeuvres d’art et quasiment des compagnes pour leurs propriétaires. A en croire Agnès Giard, les japonais préféreraient maintenant aux vraies femmes ces copies inanimées. Néanmoins, pour évoquer un magazine à gros succès traitant exclusivement de ces poupées, elle indique qu’il compte 8 000 lecteurs réguliers!

Je trouve donc difficile, à la lecture de cet ouvrage, de se faire une idée réelle de la culture érotique japonaise.

Néanmoins, il y a énormément de choses à en retirer et sa lecture vaut largement le coup, car elle est tout de même très instructive. Déjà, c’est un livre superbe, abondamment et très joliment illustré. D’autre part, ce gros livre de plus de 300 pages est une véritable mine pour qui s’intéresse à la culture japonaise et veut la découvrir. Comme je l’ai dit plus haut, l’érudition d’Agnès Giard est très vaste et éclectique. On découvre donc dans le livre nombre de légendes, récits historiques, artistes officiant dans le domaine de l’érotisme. J’y ai relevé beaucoup de références d’écrits littéraires et d’essais sur le Japon. Et c’est un livre que je garderai près de moi, car il me faudra énormément de temps pour approfondir et digérer les photographes, dessinateurs, peintres représentés dans le livre et dont les images m’ont plu ou m’ont interpellée. Je vous ferai sans doute part de ces approfondissements dans le futur, au fil des mois.

En refermant ce livre, la réflexion qui m’est venu à l’esprit est que le titre en est un peu mensonger. Ce que j’ai trouvé dedans de plus frappant, c’est qu’il y est seulement question de l’imaginaire érotique de la moitié de la population japonaise : les hommes. Ils ont des critères de beauté, des fantasmes, des envies. Dans tout cela, qu’elles soient vénérées ou maltraitées, les femmes ne sont que des objets de plaisir, pas des partenaires. Bien sûr, Agnès Giard évoque les femmes, mais uniquement par rapport à l’imaginaire érotique masculin. Elles semblent avoir le choix entre trois options : se soumettre aux désirs masculins, les utiliser pour tirer profit des hommes et prendre une revanche sur eux, ou s’en tenir à l’écart. Mais ces femmes ont-elles des désirs, des fantasmes? Quelqu’un s’y intéresse-t-il? Le livre ne nous l’apprend pas!

Cette lecture constitue ma quatrième participation au défi Images du Japon de Kaeru.

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« Le point d’orgue » ou « l’Enclos » est le nom que donne Arno à son étrange pouvoir. A l’aide de divers mécanismes, il peut arrêter le temps et le faire redémarrer à loisir : tandis que tout l’univers se met sur pause autour de lui, lui seul continue à vivre normalement. Il utilise essentiellement son pouvoir à des fins sexuelles, déshabillant des femmes ou faisant en sorte que d’autres découvrent des sex toys qu’il leur a laissés en cadeau ou des histoires érotiques rédigées pour elles. Si certains chapitres du roman relèvent purement de la littérature érotique, le livre est bien plus que ça : c’est l’autobiographie de Arno, or celui-ci se pose plein de questions. Et, de ce fait, moi aussi je m’en suis posé et je suis toujours contente quand un livre m’amène à réfléchir.

Le temps qu’Arno passe dans l’Enclos n’est pas un bonus : s’il y reste une journée, il sera vieux d’un jour de plus lorsqu’il fera redémarrer le temps. Puisque mettre le monde qui l’entoure en pause ne rallonge pas sa vie, la problématique est la meilleure façon pour lui de gérer la répartition entre ce qu’il nomme le « temps réel » et le « temps Arno ». Se pose également la question de l’utilisation de ces moments passés dans l’Enclos, et de la solitude qui en découle. Bien que satisfait de ses activités voyeuristes et masturbatoires, qui sont essentielles pour lui, Arno s’interroge et soumet l’hypothèse à certaines personnes de son entourage : et si tu avais le pouvoir d’arrêter le temps? A la base, j’ai trouvé le sujet super intéressant et je me suis dit qu’il y aurait matière à faire toutes sortes de romans développant l’idée de façons différentes. Et j’ai trouvé bien futiles les activités érotiques du narrateur. Mais qu’est-ce qui est prioritaire dans la vie? Et je me reproche souvent intérieurement de faire un mauvais usage de mon temps. Que ferais-je si j’avais la même possibilité que lui? En ferais-je un usage qui me semblerait moins futile?

Arno se pose également beaucoup de questions sur l'(im)moralité de ses actes et c’est une autre dimension que j’ai trouvé intéressante. Lorsqu’il évoque la possibilité d’arrêter le temps, les réponses de certains hommes le choquent. Il se sent à part, et plus digne de son pouvoir qu’eux, car ses intentions sont bonnes… et c’est vrai que je lui ai trouvé un petit côté Amélie Poulain du sexe. Pour autant, lorsqu’il dévoile, là encore en le présentant comme un sujet de réflexion purement rhétorique, ce qu’il fait dans l’Enclos aux femmes, certaines de ses interlocutrices sont choquées. Les bonnes intentions suffisent-elles à excuser un acte? Est-ce que ça change quelque chose que la personne, en quelque sorte, victime d’un acte n’ait pas conscience de celui-ci? N’est-ce pas une attitude bien humaine et bien naïve de se croire à part et meilleur que le voisin?

En dehors de ces questions directement liées au sujet du roman, Arno s’interroge sur tout ce qui l’entoure et digresse beaucoup, ce que j’ai personnellement trouvé assez réjouissant. Il travaille comme intérimaire et tape des documents ou des bandes magnétiques, ce qui l’amène à de jolies réflexions sur son métier, les mots et la voix. A force de déshabiller les femmes, il a développé beaucoup de tendresse pour elles, et est devenu très observateur, ce qui donne lieu également à de jolis passages.

Le livre est bourré d »humour. Les passages érotiques qui oscillent entre clichés et imagination débridée, sont tout aussi drôles, mais n’en perdent pas en efficacité pour autant. Après les 2-3 premiers chapitres, j’ai éprouvé une certaine appréhension. J’ai eu peur d’avoir entre les mains un roman assez superficiel, aux idées convenues, qui aurait tourné en rond et dont je me serais vite lassée. Il n’en est rien car, en dépit de son air improvisé, le récit progresse vers un but et s’approfondit bien plus qu’il ne se répète. Et j’ai été tout étonnée de me laisser emporter par les élucubrations du narrateur et de « Encore un chapitre! » en « Encore un chapitre! » lire le roman quasiment d’une traite.

Le seul point sur lequel j’ai tiqué est l’écriture, qui m’a semblé par moments lourde et maladroite. Est-ce volontaire, le narrateur n’étant qu’un écrivain débutant? Est-ce le style de l’auteur ou est-ce dû à la traduction? Pour en avoir le coeur net, la prochaine fois – car il y aura forcément une prochaine fois! – je lirai Nicholson Baker en VO.

Je remercie Comme une image, qui m’a conseillé le livre, pour cette découverte!

Le point d’orgue
Nicholson Baker
Editions Christian Bourgeois
(Il existe également en Folio, mais a l’air difficile à trouver dans cette édition)

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J’ai enfin réussi à m’astreindre à terminer cette bande dessinée, que j’avais commencée il y a déjà plusieurs mois! Premier volume de la série centrée autour de Giuseppe Bergman, Aventures vénitiennes est né dans un contexte bien précis, comme l’explique son auteur dans l’avant-propos de mon édition :

« A cette époque, au début des années soixante-dix, le mot « Aventure » inspirait une certaine gêne, quand ce n’était pas ouvertement du mépris. Pour être considérés comme respectables, la littérature, le cinéma et la bande dessinée devaient alors traiter de thèmes existentiels, sociaux ou politiques, en évitant soigneusement ne serait-ce qu’un soupçon d' »évasion ». »

Admirateur et disciple d’Hugo Pratt, dont les oeuvres étaient pour lui synonymes d’aventure (l’un des personnages d’Aventures vénitiennes se nomme HP), Manara s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles la littérature d’aventure était devenue si mal considérée. C’est de ces réflexions qu’est né Giuseppe Bergman.

Concrètement, Giuseppe Bergman est un homme qui mène une vie à ses yeux banale jusqu’au jour où il répond à une annonce et où sa candidature est retenue. L’annonce émane d’un groupe de production qui lui demande de vivre une aventure :

« C’est vous qui choisirez ce que nous appellerons le théâtre de vos exploits et l’orientation de vos activités. N’ayez aucun frein de type économique, c’est notre problème. Tout ce que nous vous demandons… c’est que l’aventure que vous vivrez soit vraiment captivante, mirobolante. Elle doit permettre à ceux qui la suivront de s’évader complètement des problèmes quotidiens, de se détendre les nerfs, de se passionner pour quelque chose qui ne soit pas la grise réalité. C’est une véritable mission que la nôtre… »

Giuseppe Bergman quitte rapidement Venise pour aller vivre son aventure en Amérique du Sud mais, arrivé là, il passe son temps à chercher comment cette fameuse aventure pourrait commencer sans se rendre compte qu’il est en train de la vivre.

Comme le suggère la couverture, Manara a parsemé l’album de moments où l’on croise de très jolies jeunes femmes fort dévêtues qui se trouvent dans des situations scabreuses. Néanmoins, ce n’est pas son propos principal, ce qui fait que je ne qualifierais pas la BD d’érotique.

Manara s’interroge, apostrophe ses lecteurs par l’intermédiaire de son héros qui s’adresse aux spectateurs qui suivent son aventure, et aborde des thèmes sombres tels que la guerre civile.

Néanmoins, son histoire est complètement délirante, part dans tous les sens, a la consistance et l’absurdité des rêves. Le héros  lui-même, à la fin de l’album, est perdu et ne sait plus s’il rêve ou est éveillé. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, j’ai énormément de mal avec ce genre d’histoire qui perd le lecteur entre rêve et réalité. J’ai eu l’impression de ne rien comprendre à l’album et ça m’énerve. Et, ce qui m’énerve encore plus, c’est que je ne suis pas sûre qu’il y ait grand chose à comprendre au-delà de ce que Manara expose dans l’avant-propos. Je n’ai pas été attirée par l’univers qu’il met en scène et suis restée complètement en dehors de l’histoire. Je crois que Manara n’est pas un auteur qui me convient et qu’il ne sert à rien que je m’obstine.

Cette lecture me permet néanmoins d’ajouter une deuxième participation au challenge Il viaggio de Nathalie, auquel je suis inscrite sur l’autre blog.

 

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Cet anime m’a tentée dès que je suis tombée par hasard sur l’image qui orne la jaquette du DVD (je ne sais plus si j’ai déjà eu l’occasion de vous dire que j’ai un gros faible pour les histoires de tentacules!). Je ne l’aurais pas acheté à son prix normal (prohibitif!), car je ne m’attendais pas à quelque chose d’extraordinaire mais, quand je l’ai trouvé à moins de 5€ en farfouillant sur un site, je n’ai pas pu résister!

Le DVD comporte deux épisodes d’un peu moins de 30 minutes chacun et offre le choix entre une version française et une version originale sous titrée en français. Craignant un peu le doublage français, j’ai lâchement opté pour la VO. De toute façon, étant donné que l’anime comporte peu de dialogues constructifs, le choix de la langue n’est pas bien gênant!

Les auteurs ne se sont, en effet, pas beaucoup foulés pour l’intrigue, qui n’est pas originale et qui n’est qu’esquissée! L’histoire se passe dans un genre de lycée pour filles dédié à la musique, dans lequel sont gardés plusieurs instruments de musique maléfiques. Un professeur s’est emparé d’un violon qui, lorsqu’on en joue, fait apparaître un démon, sous forme de tentacules donc, et qui suscite l’excitation sexuelle chez ceux qui l’entendent. Evidemment, le professeur utilise son violon pour faire subir toutes sortes de sévices à ses élèves, de jolies jeunes filles aux seins complètement disproportionnés (forcément). Au début du second épisode, on apprend l’existence d’un violon angélique. Mais les gentilles n’ont pas le temps d’en faire usage. Il faut comprendre : c’est bien plus intéressant qu’elles tombent au pouvoir du professeur plutôt qu’elles essaient de l’empêcher de nuire. Le scénario m’a donc paru fort maigre! Là, je me dis que je dois être vraiment casse-pieds : j’avais, au contraire, trouvé en regardant Le retour de la blue girl qu’il y avait trop de scénario et pas assez de tentacules. Mais, tout de même, un minimum de scénario qui tienne deux secondes la route n’aurait pas nui à l’affaire!

Sur le fond, on voit essentiellement des jeunes filles se faire violer par tous les orifices, par des tentacules ainsi que par certaines de leurs camarades munies de divers instruments. Il faut donc aimer le genre! L’ensemble est agrémenté par diverses pratiques, du style lavements, flagellations, bondage, promenades en laisse, mais ça reste assez classique et plutôt répétitif.

La particularité, si je puis dire, de l’anime, qui m’a beaucoup gênée, c’est qu’il est très orienté scatophilie et que pratiquement toutes les scènes de sexe se terminent sur la vision de jeunes filles en train de se soulager et de tentacules soudain munis de bouches (le reste du temps, ils ont plutôt comme plein de petits doigts!) se précipitant sur leurs excréments pour les engloutir. Je trouve ça dégoûtant et je m’en serais fort bien passée! L’autre reproche que je ferais au dessin animé, par goût personnel, c’est qu’il y a beaucoup trop de filles dans cette histoire et qu’un seul homme qui, en plus, fait tout le temps la tronche, ça fait bien peu! Autre point ennuyeux : l’animation est un peu inégale. Par exemple, dans les scènes où des élèves prodiguent des caresses intimes à une de leurs condisciples, la position et le mouvement des doigts m’ont paru ratés et pas naturels. Les fellations ne sont pas non plus des plus réussies.

En dépit de tous ces défauts, l’anime s’est néanmoins révélé d’une certaine efficacité, comme quoi il faut croire que, même si je ronchonne, je suis malgré tout bon public! Les quelques euros que le DVD (qui, vous l’aurez compris, n’est pas impérissable) m’a coûtés n’ont donc pas été totalement gaspillés!

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Un professeur a inventé une pommade lui permettant de se rendre invisible. Il veut en faire usage pour pouvoir être auprès de son amour d’enfance, une danseuse étoile, et la regarder. Mais il tombe sur l’assistante de celle-ci, Miel, une jeune femme délurée qui s’emploie à lui ouvrir les yeux sur le véritable caractère de sa patronne, et dont le charme ne le laisse pas indifférent.

Dans le second des deux tomes que compte la BD et qui sont réunis dans cette intégrale, une autre jeune femme tente de dérober au professeur sa potion. Elle va cependant s’attirer, ce faisant, pas mal de mésaventures.

Alors, en fait, j’avais commencé par lire Aventures vénitiennes. Mais comme j’avais beaucoup de mal à me motiver pour avancer dans ma lecture, et que je suis restée bloquée aux deux tiers de l’album, j’ai pensé que faire une pause pour lire l’autre Manara que j’avais dans ma PAL, qui me semblait d’une facture plus classique, pourrait m’aider à trouver la motivation nécessaire pour venir à bout du tiers restant. Bilan : je compte bien reprendre Aventures vénitiennes et ne pas rester coincée sur une BD mais, il me faut me rendre à l’évidence, Manara n’est visiblement pas un auteur pour moi. Je suis, en effet, passée complètement à côté de ce grand classique qu’est Le parfum de l’invisible.

Je dois reconnaître, comme tout le monde, qu’il dessine les femmes de façon absolument superbe, tout en grâce et en sensualité. J’imagine sans peine l’attrait qu’un tel album peut présenter pour des lecteurs masculins, les rebondissements de l’histoire amenant les héroïnes à enchaîner les poses les plus suggestives et le fait qu’elles semblent seules, le professeur restant invisible, plaçant le lecteur en position de voyeur. Je déplore, en revanche, que les personnages masculins, sauf rares exceptions, soient loin d’être appétissants.

Mais là où je coince vraiment, sans doute parce que je suis trop terre à terre, c’est sur le fond. Le scénario m’a paru bien pauvre et totalement abracadabrant. Les scènes les plus absurdes et les moins crédibles s’enchaînent. Je vois bien que c’est supposé être humoristique, mais ce n’est pas du tout mon style d’humour et ça ne m’a pas amusée. Je suis donc restée totalement hermétique à la BD et je pense que je devais avoir un air assez désolé en tournant les pages.

Je vous renvoie à l’avis de BD Erotique, qui est infiniment plus enthousiaste que le mien!

 Mon édition est déjà un peu ancienne mais l’intégrale du Parfum de l’invisible a été rééditée par Drugstore en 2010.

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Bible Black était à l’origine un jeu vidéo eroge sur PC sorti en 2000. Le jeu a ensuite été adaptée, de 2001 à 2005, en une série animée hentai devenue très célèbre, qui se décompose de la façon suivante :

– Bible Black : La noche de Walpurgis (en français Bible Black) : 6 épisodes de 30 minutes
– Bible Black : Origins (en français Bible Black – Les origines) : 2 épisodes qui expliquent ce qui s’est passé 12 ans avant les événements racontés dans Bible Black
– Bible Black : New testament (en français Shin Bible Black) : 6 épisodes dont l’histoire se déroule quelques années après celle de Bible Black
– Bible Black only : qui consiste en 7 scènes de sexe autour de quelques-uns des principaux personnages de Bible Black

Le jeu n’est pas disponible en France, mais on peut le trouver sur la version américaine d’Amazon… et il n’est pas impossible que je me laisse tenter un jour ou l’autre. L’anime est distribué en France par EVA, en 6 DVDs. On peut trouver l’ensemble regroupé en un seul coffret. EVA propose également une version « édulcorée » en 2 DVDs (qui est celle qu’on trouve le plus couramment à la Fnac, par exemple), qui n’est interdite « que » aux moins de 16 ans, alors que la version originale est interdite aux moins de 18 ans.

J’en viens enfin à l’histoire et au contenu, après avoir encore précisé que je ne parlerai aujourd’hui que de Bible Black. Il y aura sûrement un autre billet ultérieurement sur Origins et Shin Bible Black.

L’histoire, donc! Le premier épisode s’ouvre sur une messe noire, dite au cours de la nuit de Walpurgis, propice à ces saines activités, par 4 jeunes filles qui veulent en sacrifier une cinquième (oui, c’est un peu sanglant, par moments). Mais les événements ne prennent pas la tournure qu’elles escomptaient. Le spectateur est ensuite projeté 12 ans plus tard, dans le lycée (Oh pardon ! Je voulais dire université !…) où cette messe noire a été dite. L’infirmière hermaphrodite de l’établissement cherche, d’une façon assez particulière, à trouver une vierge, dont elle a besoin pour mener à bien d’obscurs desseins encore inconnus du spectateur. Pendant ce temps, un élève, Minase, découvre un mystérieux livre qui lui confère le pouvoir de déclencher le désir sexuel des personnes de son choix. Il teste ses pouvoirs de façon tellement discrète que Kaori, une élève passionnée d’occultisme, s’en aperçoit et cherche à obtenir qu’il lui révèle son secret. Ces événements rendent inquiète et jalouse Kurumi, une pure jeune fille amoureuse de Minase, à qui l’on sent bien qu’il va arriver quelques bricoles…

Je vais commencer par aborder les défauts de l’anime. Même si je ne peux pas m’empêcher d’être critique et sarcastique, c’est une série que j’aime bien, et à laquelle je dois d’agréables moments, solitaires ou en compagnie, et c’est pourquoi je préfère terminer sur une note positive.

Comme je l’ai laissé entendre, la version française est un peu adaptée, pour tenir compte des différences entre la France et le Japon. Ainsi, ce qui est visiblement un lycée est qualifié avec insistance dans le troisième DVD d’université, et il est bien précisé sur les jaquettes que tous les personnages sont majeurs. Par ailleurs, la jeune fille que je prenais naïvement pour la sœur de Minase serait en fait sa cousine, d’après la version américaine de Wikipedia. Il va sans dire que je suis tout à fait d’accord avec ces adaptations dans le principe, mais je les trouve drôles car elles font artificielles et pas crédibles.

J’ai tiqué à plusieurs endroits parce que certaines choses (représentations des objets, mouvements, attitudes des personnages) ne me paraissaient pas cohérentes. Certaines scènes également m’ont semblé incohérentes… mais comme j’ai tiqué sur une scène du même type, se produisant dans les mêmes circonstances, dans le roman Sans âme de Gail Carriger, j’aurais tendance à être encline à l’indulgence.

Ce qui m’a le plus gênée, c’est le doublage. Déjà parce que celui du troisième DVD est différent des deux premiers : ça fait drôle que la voix de Minase devienne beaucoup plus adulte et plus rauque d’un épisode à l’autre, d’autant plus que cette deuxième voix ne m’a pas paru très bien coller au personnage. Il me faisait l’effet d’un bûcheron en train d’agoniser. Et surtout parce que le doublage m’a souvent paru sonner faux dans les scènes de sexe, ce qui est d’autant plus gênant que les personnages n’arrêtent pas de parler, commentant les moindres de leurs gestes, ce qui donne des dialogues d’une niaiserie désespérante. J’aurais préféré qu’ils soient moins bavards.

Néanmoins, il y a tout de même plein de choses qui m’ont plu. J’ai beaucoup aimé les dessins, que j’ai trouvés fins et très jolis. J’aurais juste préféré que les personnages féminins aient des seins d’une taille normale, mais je crois que je demande l’impossible, là ! Point de détail, mais qui a son importance : j’ai aussi aimé la musique, qui colle bien à l’atmosphère de l’anime.

Le point essentiel à mes yeux est qu’il y a une histoire et qu’elle tient la route. Si certains détails m’ont paru incohérents comme je l’ai dit plus tôt, la trame d’ensemble est consistante. Elle ne sert pas seulement de décor aux scènes de sexes, ce sont elles qui, dans leur grande majorité, s’insèrent au contraire naturellement dans l’intrigue. Et la fin, qui est plus amusante et moins convenue que le dénouement que j’escomptais, me plaît bien et m’a heureusement surprise la première fois que j’ai regardé le dernier épisode.

Enfin, j’aime beaucoup cette atmosphère glauque et cette alliance entre sexe et magie noire. La série mélange le démoniaque et le sacré, le sexe et la mort, avec une touche de surnaturel et de romantisme, et cette recette est au final une belle réussite.

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