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Osez… faire l’amour à un homme – match retour !

Après avoir lu – et détesté – le Osez les conseils d’une experte…, il m’a semblé judicieux de lire son pendant à titre de comparaison.  Je me suis donc fait couler un bon bain chaud, j’ai pris mon courage et le livre à deux mains, et j’ai bravement attaqué la lecture dudit bouquin.

Sur la première page, je vois le titre « Les gays, maîtres ès sexualités ». Je me dis : « Voilà un gars qui a de l’humour. » Je lis la première page… Eh bah non, apparemment il y croit. Là j’ai senti l’affaire mal engagée et commencé à regretter. Malgré tout, j’ai consciencieusement attaqué l’introduction. L’auteur y déclare son livre féministe et souligne plus loin ce que les féministes ont apporté aux femmes et aux gays. Ouf ! Un tel homme ne peut pas être foncièrement mauvais ! J’ai donc poursuivi courageusement ma lecture et m’en suis bien trouvée. En effet, rien à voir avec le guide de Servane Vergy!

Déjà, sa bibliographie et son parcours sont beaucoup plus limpides. Diplômé en philosophie et en psychologie, journaliste, il a suivi une formation en sexologie et est l’auteur de plusieurs guides et romans… qui ont fait pas mal de bruit. Ainsi, son roman Serial fucker, journal d’un barebacker, paru en 2003, a créé une polémique et suscité l’indignation de l’association Act up qui l’a accusé de prôner la contamination volontaire.

Le ton est également radicalement différent. Là où Servane Vergy reste très terre à terre et propose une sorte de « Comment devenir une bombe en 10 leçons », Erik Rémès a une approche beaucoup plus théorique et idéologique. Par moments, j’aimais bien son discours, à d’autres il m’est arrivé de me demander s’il n’avait pas fumé la moquette. L’idée générale, c’est que la libération sexuelle a été un leurre, que les couples hétérosexuels, qui sont la norme, sont englués dans une sexualité monotone, traditionnelle et dépourvue d’imagination, et que tous devraient se libérer pour parvenir à l’épanouissement sexuel, le tout devant se faire dans une atmosphère de respect, de communication et d’amour entre les différents partenaires, même de passage. Un petit extrait vous donnera une idée de l’esprit du livre :

« L’acte sexuel ne se réduit pas, comme voudrait nous le faire croire la propagande nataliste, au simple coït vaginal et reproducteur. Libérés de l’injonction reproductive, nous pouvons mettre en place un grand nombre d’approches préliminaires et autres activités érotiques des plus originales : les caresses génitales, les excitations orogénitales, les relations anales, et patati et patata, mais aussi le fist-fucking, les jeux uros, sadomaso, etc. »

Le livre se lit facilement. La lecture en est plaisante et drôle mais, là encore, d’une façon totalement différente des Conseils d’une experte. Là où Servane Vergy utilisait des clichés pour faire rire, Erik Rémès joue sur les mots, joue avec les registres de langage. Et je préfère ça de très très loin !

Pour ce qui est du contenu, il couvre un peu tous les aspects de la sexualité. L’ouvrage est divisé en 5 chapitres :
– L’homme, cet inconnu
– Comment lui faire l’amour
– Anus dei
– Les jeux de l’amour (dans lequel il évoque des pratiques aussi diverses que le bondage, l’échangisme, le SM…)
– Safe sex

Plusieurs choses m’ont étonnée. Par exemple, le premier chapitre démarre par un sous-chapitre « Comment lui parler » dans lequel il évoque l’utilisation qui peut être faite des mots crus pendant l’amour. Je ne me serais pas du tout attendue à ce qu’un guide commence par ça ! Et puis, bien que le guide soit ouvertement à destination des femmes, il y a  à plusieurs endroits quelques pages de conseils « à glisser dans l’oreille » de son partenaire sur la façon de faire l’amour à une femme.

C’est un guide Osez, donc il s’adresse aux débutants (il y a même quelques pages consacrées à la première fois !). Quelqu’un d’un tant soit peu expérimenté n’y apprendra pas grand-chose. Toutefois, par la richesse de son contenu et la variété des thèmes abordés, il m’a rappelé l’excellent Osez la sodomie. Erik Rémès ne prétend pas tout expliquer mais invite à la découverte et propose des pistes à explorer : il invite par exemple ses lectrices à se documenter sur la pratique du massage, les exercices de Kegel… Là où Servane Vergy imposait, lui propose et suggère à chaque fois tout un éventail dans lequel chacun peut piocher ce qui lui convient (il passe sans arrêt d’une page à l’autre de pratiques très soft à d’autres plus hard et inversement). Pour lui, l’essentiel est de se faire plaisir, s’amuser, explorer. J’en ai retenu beaucoup plus d’idées de petits trucs à essayer que dans le Servane Vergy.

En résumé, si vous hésitez entre le Osez les conseils d’une experte… et le Osez les conseils d’un gay, précipitez-vous sur celui qui est infiniment meilleur à tous égards!

(Pour vous les filles) osez… les conseils d’un gay pour faire l’amour à un homme
Erik Rémès
Editions La Musardine
Collection Osez

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Premières fois est un recueil de dix courtes histoires d’une dizaine de pages chacune, dix récits de premières fois. Tous écrits par Sybilline, ils sont illustrés par dix dessinateurs, aux styles très variés. En voici la liste :

Première fois – Alfred
Sex shop – Capucine
Fantasme – Jérôme d’Aviau
1 + 1 – Virginie Augustin
2 + 1 – Vince
Nulle – Rica
Club – Olivier Vatine
Soumission – Cyril Pedrosa
Sodomie – Dominique Bertail
X-rated – Dave McKean

Ces artistes, qui s’illustrent dans des domaines variés (tranches de vie, science fiction…), n’avaient pas encore eu l’occasion de s’aventurer dans le domaine de l’érotisme. C’est donc une première fois pour eux aussi, de même que pour la scénariste. J’ai envie de dire que ça se sent à la lecture de la BD, mais peut-être ai-je eu cette impression parce que je le savais.

Curieusement, aucun des différents styles de dessin ne me me plaît vraiment, chacun a quelque chose qui me dérange, qui m’empêche d’accrocher, mais malgré tout, j’ai bien aimé l’ensemble. A mes yeux, c’est une BD qui se prête plus à une lecture attentive qu’à une lecture à une main. En effet, j’ai pris plaisir à la relire plusieurs fois et à examiner les techniques de chaque auteur, comment ils rendaient les mouvements, comment le style pouvait changer radicalement en fonction des situations et de ce qu’ils voulaient exprimer. L’histoire la plus caractéristique à ce point de vue est pour moi la dernière, X Rated, dont le style est à la fois celui qui m’a le moins plu et le plus intéressée, de par son originalité et sa puissance. Son auteur, Dave Mc Kean (que je ne connaissais absolument pas), aime en effet mélanger dans ses oeuvres peinture, collages, infographie… et le résultat est assez détonnant.

Les scénarii sont simples, sans grande originalité, mais sont malgré tout frais et, pour certains, émouvants. J’étais restée un peu sur ma faim lors de ma première lecture, mais je les ai mieux appréciés en me replongeant dans la BD récemment. Leur banalité m’a justement poussée à me sentir plus impliquée.

Ce que j’ai le plus apprécié dans cette BD, c’est le message que j’en ai retiré, que je trouve très positif. On peut voir le sexe comme quelque chose de très répétitif, qui se résume à 2-3 préliminaires et 2-3 positions dont on a vite fait le tour. On peut aussi en avoir une vision radicalement différente.

Au-delà de la vraie première fois, il reste encore un tas d’autres premières fois, plein de découvertes possibles et toute une palette de pratiques très variées à expérimenter. Ce que je retiens de Premières fois, c’est l’épanouissement des personnages, dans Fantasme ou Soumission par exemple, et l’importance du partage et la satisfaction retirée du plaisir donné à autrui. Je pense notamment à Sodomie, que j’ai trouvé très romantique, ou à 2 + 1, dont la fin est très belle. Il n’y a pas une unique sexualité stéréotypée mais une multitude de sexualités possibles. A chacun d’essayer afin de trouver la ou les formules qui lui conviennent le mieux.

Pour conclure, je voudrais citer une phrase extraite de la postface rédigée par Sybilline et qui, je trouve, résume bien l’esprit du recueil :

« J’avais envie de raconter des histoires qui rappellent que le cul c’est beau, et de dire que les excès de certains sont pour d’autres une normalité tendre. »

Premières fois
Sybilline
Editions Delcourt
Collection Mirages

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Ce « petit guide » de près de 600 pages (les auteures sont modestes) attire l’œil dans une librairie avec ses allures de bottin pour Barbie. Ne vous méprenez pas sur son rose très girly, ce guide écrit par des femmes s’adresse à tous quelque soit leur orientation sexuelle. Son but n’est pas des moindres puisqu’il s’agit de fournir les informations nécessaires pour profiter pleinement d’une sexualité désinhibée et épanouie.

Ce livre a été réalisé par Good Vibrations, une chaîne de sex-shops dont le premier magasin ouvert en 1977 s’adressait avant tout aux femmes (leur clientèle s’est étendue depuis) et outre la vente de sextoys  proposait un lieu agréable où les femmes pouvaient avoir des conseils sur le sexe.

Les auteurs abordent la sexualité dans son ensemble et toutes ses particularités sans hiérarchisation des différentes pratiques. De nombreux témoignages anonymes  que Good Vibrations a collectés via un sondage nous sont livrés. Ceux-ci sont souvent instructifs et donnent des petites astuces que j’ai eu envie parfois d’essayer et des ressentis dans lesquels je me suis parfois reconnue. Le livre est émaillé de « portraits du plaisir » -mini biographie de personnes qui ont communiqué sur la sexualité (en photographie, médecine, industrie, cinéma…)- et de quelques articles sur des sujets très ciblés (intersexe…).

L’écriture est plaisante et l’humour parfois présent mais par contre les illustrations sont de piètre qualité.

Ce guide est tellement complet qu’il est difficile de vous en livrer un compte-rendu. Je me contenterai de vous en livrer quelques grandes lignes. Le ton est assez différent des autres guides qu’il m’a été donnés de lire. Il ne présente pas de méthode miracle pour parvenir au plaisir mais juste des pistes aux lecteurs qu’ils auront ou non l’envie d’explorer. Les conseils sont parfois d’ordre très pragmatique.

 Les premiers chapitres sont consacrés à l’image et l’estime de soi, à l’anatomie sexuelle, à l’évolution du sexe dans la vie et à l’importance de la communication. Ces points qui semblent très généraux abordent également des points très particuliers tels que l’incidence d’un viol sur la sexualité ou de la dépression…

Une large place est faite ensuite à la masturbation. Comme dans de nombreux guides, la masturbation est prônée comme le meilleur moyen de se connaître pour pouvoir accéder à un plaisir accru avec ses partenaires.

 La lubrification est ensuite abordée avec pleins d’aspects pratiques sur les meilleurs lubrifiants : quels sont ceux à privilégier en cas de tendance allergique ou aux mycoses, les composés à éviter. Saviez-vous par exemple que lorsqu’un lubrifiant à base d’eau sèche et devient collant il est souvent inutile d’en rajouter mais qu’un peu d’eau ou de salive permettront de le réactiver ?

Un chapitre consacré au massage nous donne quelques idées (« toucher créatif »)

Les diverses types de pénétration (sexe oral, pénétration anale et vaginale, »fist » y compris) sont abordés de manière très complète et sans jugement aucun. La majorité des pratiques sexuelles sont replacées dans l’histoire et des raisons historiques sont souvent données si elles font l’objet en général d’inhibition. Il n’y pas de « protocoles » à suivre comme dans certains guides très directifs. Des astuces pratiques sont livrées. Les avantages et inconvénients des positions (et ici pas d’abracadabrantesques hélicoptère tournoyant ou de poiriers et autres acrobaties périlleuses) sont décrits.

De larges chapitres sont consacrés aux sextoys (il ne faut tout de même pas oublier que c’est une chaîne de sextoys qui l’a réalisé). Ils sont très détaillés. Les auteurs nous donnent des critères, des conseils pour aider au choix, des scenarii  d’utilisation.

Les fantasmes et les jeux de pouvoir SM sont ensuite abordés de manière non négligeable. Le BDSM n’est pas résumé à dix lignes comme dans la plupart des ouvrages généralistes.

Le « safer sex » est ensuite évoqué de manière très détaillée et précise. Là où beaucoup de guide s’arrête aux préservatifs ici, les doigtiers et les digues dentaires sont évoquées. L’importance de gérer le risque selon les pratiques est abordée.

Ce guide va  souvent plus loin que les autres en démarginalisant certaines pratiques  en donnant quelques clefs pour les réussir. Ce livre a réussi à me faire perdre les quelques derniers a priori que j’avais. Le ton fédérateur et militant est parfois un peu lassant. Malheureusement  beaucoup de produits ou livres mentionnés sont difficilement trouvables en France.

Ce livre est réellement très complet, c’est un guide que j’aurai aimé avoir pu lire plus tôt ! J’ai un gros regret : ne pas avoir mis un post-it sur toutes les pages qui me donnaient envie d’essayer de nouvelles choses ! Si je devais garder un seul guide sur la sexualité qu’il m’a été donné de lire : ce serait sans aucun doute celui-là.

Le petit guide de la sexualité épanouie

Cathy Winks & Anne Semans

Tabou

 

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J’ai acheté ce livre, il n’y a pas loin d’une vingtaine d’années, à l’époque de mes premières lectures douteuses, alors qu’il figurait au catalogue de France Loisirs. Heureusement que mes parents se contentaient de payer sans s’inquiéter de ce que je commandais, ils seraient devenus fous ! Bref, passons…

Ceux qui ont grandi dans les années 80 se rappellent certainement de ces livres « Une aventure dont vous êtes le héros ». Ils étaient divisés en courts chapitres à la fin de chacun desquels le lecteur avait le choix entre plusieurs options. Chaque option renvoyait à un nouveau chapitre dans lequel le héros soit progressait dans sa quête soit se faisait éliminer, de façon souvent assez cruelle. C’est exactement le principe de ces livres qu’Alina Reyes, principalement connue pour son roman Le boucher, a utilisé dans Derrière la porte, en corsant encore les choses puisque l’ouvrage peut se lire dans les 2 sens : un côté pour les hommes, un pour les femmes.

Un court chapitre introductif amène un homme et une femme à rentrer dans un cirque dans lequel ils vont vivre des aventures érotiques. Chaque chapitre correspond à une rencontre ou d’une situation. Le but à atteindre est que l’homme et la femme se rencontrent. Les chapitres sont très variés et illustrent toutes sortes de fantasmes, classiques ou plus originaux. Ca va du très soft et même assez romantique jusqu’à certains chapitres vraiment chauds. Je me souviens par exemple qu’un épisode implique le marsupilami, un autre toute une caserne de pompiers, et, du côté des hommes, je me rappelle d’une joueuse de tennis amatrice de fessée. Aline Reyes semble avoir anticipé la curiosité de ses lecteurs, car on ne peut comprendre complètement les circonstances dans lesquelles l’homme et la femme se croisent qu’en lisant les deux parties. Par ailleurs, si certains chapitres diffèrent complètement entre le côté homme et le côté femme, d’autres se répondent ou sont, dans une certaine mesure, parallèles. Il serait donc dommage de se limiter à un seul sens.

Bien sûr le nombre des chapitres n’est pas infini, mais il faut un certain temps pour tester toutes les options jusqu’à parvenir au bout de la quête. Et puis il serait dommage de ne pas tout lire.

J’ai adoré ce livre : il est original, ludique, l’écriture est agréable, il y en a pour tous les goûts et, à l’époque de ma première lecture, il m’avait permis d’apprendre pas mal de choses sur moi. C’est l’un des rares livres que j’ai relus plusieurs fois.

Derrière la porte
Alina Reyes
Robert Laffont
ou, en poche, chez
Pocket

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