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Posts Tagged ‘chantage’

Si le nom de Georges Lévis ne vous est pas familier, ses dessins vous rappelleront cependant forcément des souvenirs, pour peu que vous ayez grandi dans les années 70s. En effet, ce monsieur, de son vrai nom Jean Sidobre, fut l’illustrateur de la célèbre série le Club des cinq.

Cette édition regroupe l’intégralité des aventures de Liz et Beth, qui commencèrent à paraître dans la revue Multi en 1975 et dont la publication se poursuivit sur divers supports jusqu’en 1993. L’histoire peut se résumer en deux mots : Annie et Claude ont grandi, sont devenues nymphomanes et évoluent dans un monde où les gens qu’elles rencontrent ne pensent qu’au sexe! Du fait que leurs aventures étaient publiées en feuilletons, les différents épisodes sont très courts, et donc assez abracadabrants.

Néanmoins, alors que si Liz & Beth avait eu un autre auteur, j’aurais sans doute encore ronchonné contre la faiblesse du scénario… et accessoirement contre les tendres sentiments qui unissent Liz, la blonde, une douce divorcée, et Beth, la brune, dotée d’une forte personnalité et d’un mari ouvert d’esprit, j’ai, pour une fois, apprécié ma lecture de cette BD, pour plusieurs raisons.

Déjà, je suis fan de ses dessins depuis que je suis petite, et donc, son style pour ces aventures érotiques étant identique à celui des illustrations du Club des cinq, pas très objective. Et j’apprécie qu’il soigne autant ses dessins d’hommes que de femmes, chose trop rare à mon goût! D’autre part, si les intrigues sont peu crédibles, elles sont néanmoins construites et cohérentes. Par ailleurs, j’ai aisément pardonné leur rôle de prétexte à toutes sortes de situations sexuelles exotiques, parce que Georges Lévis y a instillé de l’humour, de l’esprit et des allusions amusantes. Ainsi, par exemple, Beth prête à Liz le journal intime de son aïeule Sophie, enfant souvent punie pour ses bêtises, dans lequel elle raconte son initiation sexuelle avec son cousin Paul.

Dans les différentes aventures que vivent Liz et Beth en ville, à la campagne ou dans des pays exotiques, il y a des éléments qui reviennent souvent, comme des marottes de l’auteur :

– le saphisme… et accessoirement le recours à des godes-ceintures

– les matrones à l’air sévère qui initient des adolescents aux choses du sexe, au besoin en recourant au chantage ou à la contrainte. Ce n’est pas l’aspect que j’ai préféré, même si l’auteur le traite d’une façon qui ne fait malsaine mais est, au contraire, plutôt attrayante.

– les héroïnes portent toujours de la lingerie sophistiquée. Elles me font, dans l’ensemble, penser à des élégantes des années 50s bien plutôt qu’à des femmes des années 80s, même s’il leur arrive de porter des strings. Porte-jarretelles et bas sont de rigueur. Soutien-gorges, guépières et petites culottes sont magnifiques. J’avais pratiquement envie de foncer dans un magasin de lingerie à chaque page!

– les fessées, nombreuses et variées, données et reçues par des hommes ou des femmes dans des circonstances diverses, mais souvent appétissantes!

Moi qui ai du mal à trouver mon bonheur en matière de BD, j’ai été charmée par ce gros album (plus de 300 pages), léger, plaisant et raffiné. J’ai bien envie de découvrir le reste de sa production et ai déjà rajouté un autre titre de lui à ma LAL.

Liz & Beth
G. Lévis
Editions Delcourt

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A l’origine, je comptais faire un billet par manga et puis, comme je n’ai pas forcément grand chose à dire sur certains, j’ai pensé que je pouvais aussi bien faire un tir groupé. Voici donc une partie de mes lectures de ces derniers mois.

Me and you… The naughty

L’entreprise de Narushima est au bord de la faillite. Celui-ci n’a donc d’autre choix que de solliciter l’aide d’un groupe financier. Il réalise avec surprise que son interlocuteur, Soushi Isami, n’est autre que son demi-frère, qui lui a servi de souffre-douleur dans leur enfance. Soushi accepte de l’aider mais chacun des versements que sa société effectuera en faveur de celle de  devra être la contrepartie d’un règlement en nature.

Les deux premiers chapitres proposent du sexe assez pimenté et pas franchement consenti, sur fond de chantage (grosso modo, les lectrices qui ont été choquées par le viol sur lequel s’ouvre la série Viewfinder seraient avisées de faire l’impasse sur ce manga). Mais ensuite le ton change complètement. On se retrouve dans une histoire romantique excessivement sirupeuse avec des péripéties abracadabrantes et une intrigue qui repose presque uniquement sur la jalousie des deux partenaires.

Ce scénario très faible et quasi-inexistant n’est qu’un prétexte pour lier entre elles un enchaînement de scènes de sexe, qui sont très chaudes. Ce qui m’a étonnée et qui, à mes yeux, constitue la principale originalité du manga (je n’irais pas jusqu’à dire l’intérêt), c’est que la partie de l’anatomie des personnages qui est d’ordinaire floutée… l’est assez peu, ce qui fait que les images laissent peu de place à l’imagination. Je ne recommanderais donc le manga que pour qui cherche une histoire érotique entre garçons… et encore, le manga serait plus émoustillant s’il montrait moins et suggérait plus. A mon goût, tout du moins.

Me and you… The naughty
Piyoko Chitose
Tonkam
One shot
Réservé aux plus de 18 ans

I.D.

Un jeune policier est envoyé en guise de bizutage pour son premier jour porter un paquet à un scientifique de l’institut médico-légal. Ce dernier, plutôt dragueur, tombe aussitôt sous le charme du jeune homme, se lance dans un jeu du chat et de la souris avec lui et s’incruste dans les enquêtes auxquelles il participe.

On change ici totalement de registre avec une sympathique bluette très soft. Le scénario n’est cependant là encore pas excessivement palpitant. Les enquêtes policières ne servent que de décor à l’histoire amoureuse et sont plutôt bâclées. Il s’agit d’un manga plutôt humoristique dont l’humour repose essentiellement sur le personnage du scientifique. Si le premier tome m’a fait quelque fois sourire, le deuxième tome m’a paru assez plat et je me suis un peu ennuyée en le lisant. A mon avis, un one shot aurait été suffisant. C’est un manga sympathique mais pas franchement indispensable.

I.D.
Akira Kanbe
Taifu Comics
Collection yaoi
2 tomes (série finie)

Aijin incubus

Fujimaru est un lycéen ordinaire, qui fantasme sur les idoles et rêve de sortir avec une fille. Soudain un démon, un incube, Rei, débarque dans sa vie, ou plutôt dans ses rêves. Il se nourrit du plaisir des humains et a besoin de Fujimaru pour pouvoir à nouveau s’incarner. Le garçon tente de lutter mais ne fait pas le poids. Peu après, deux autres lycéens lui proposent de rejoindre leur club de l’occulte et lui proposent leur aide pour tenter un exorcisme.

 Je vais tout de même pouvoir terminer sur une note positive! Même si j’aurais préféré que le héros soit un poil plus âgé, j’ai beaucoup aimé ce manga qui est plein d’humour. Les fantasmes que Rei suscite à Fujimaru et les relations plus charnelles entre le démon et sa victime sont aussi émoustillantes qu’amusantes. Le cocktail des deux est plutôt réussi.

Le seul souci, c’est que, alors que la série comporte un troisième tome, Taifu Comics n’en a publié que deux et annonce la série comme finie. J’ai bien peur de devoir être contrainte de chercher le troisième tome en lecture sur le net…

Aijin Incubus
Rize Shinba
Taifu Comics
Collection yaoi
2 tomes (3 tomes parus au Japon)
Réservé à un public averti

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L’histoire des Malheurs de Janice est assez étonnante. Selon le récit fait par son auteur, le projet aurait pour origine une commande passée par un italien. Celui-ci, qui appréciait les publications d’Erich von Götha dans la revue érotique anglaise Torrid, lui écrivit afin de demander à l’artiste d’illustrer un scénario qu’il comptait écrire et publier. L’entreprise s’étendit sur un certain laps de temps, les pages de scénario et le règlement correspondant arrivant au gré des possibilités du commanditaire. Ce dernier, ayant connu de sérieux problèmes financiers au début des années 80s, abandonna l’idée de publier la bande dessinée issue de cette collaboration, et laissa Erich von Götha libre de trouver un éditeur, et de garder pour lui les droits d’auteur. Erich von Götha n’entendit plus jamais parler de lui, et ne parvint pas à le retrouver, en dépit de ses recherches.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais l’intervention d’un éditeur français qui s’intéressait au travail du britannique permit à Janice de sortir des cartons. C’est ainsi que la première partie des Malheurs de Janice fut publiée en 1987. Erich von Götha écrivit la seconde partie seul. Comme il traînait un peu pour s’atteler à l’écriture de la troisième partie, s’étant lancé entre temps dans l’écriture de Prison très spéciale, son éditeur lui adjoignit Bernard Joubert comme scénariste. Les troisième et quatrième parties sont donc le fruit de la collaboration des deux hommes.

L’ensemble des quatre parties a fait l’objet d’une nouvelle édition, avec une nouvelle traduction, l’année dernière. Cette intégrale est divisée en deux albums, regroupant l’un les deux premières parties, et l’autre les deux dernières. C’est donc le premier de ces deux albums que j’ai.

Janice est une jeune femme anglaise vivant au 18ème siècle, qui a été condamnée à la prison à perpétuité pour avoir avorté. Elle est choisie pour être confiée au vicomte Vauxhall qui a obtenu du ministère de la Justice l’autorisation d’ « expérimenter la réhabilitation de criminelles ». Sous couvert de réhabilitation, Vauxhall se procure en fait des esclaves sexuelles qu’il soumet à ses désirs et ceux de ses ami(e)s. Voilà grosso modo le résumé de la première partie. Je me bornerai à dire que la deuxième (et apparemment les deux suivantes) sont remplies de péripéties abracadabrantes et que la pauvre Janice est loin d’être au bout de ses peines! Se rendant à Venise, elle rencontrera même Sade, dont les romans semblent avoir inspiré les mésaventures de Janice.

 Si Janice ressemble à s’y méprendre à Twenty, le style de dessin m’a néanmoins paru assez différent entre les deux BDs, à l’avantage des Malheurs de Janice. Cela tient d’une part au fait qu’il y a très peu de couleurs, ce qu’Erich von Götha explique ainsi :

« J’ai dessiné ce Janice pour le noir et blanc, mais en utilisant des gris qui n’avaient pas le noir pour base. Quand M. Roc qui présenta l’histoire aux éditions CAP a vu mes planches, il a immédiatement décidé qu’elles devaient être réimprimées en couleurs. Pour l’album suivant [donc Janice 2], j’ai ajouté une teinte supplémentaire afin que les peaux soient plus sensuelles et mettent en évidence la brillance de la sueur et des sécrétions sexuelles… et cela, je le sais, m’a gagné des lectrices. »

Les deux premières parties sont à dominante sépia. Les quelques autres couleurs sont assez neutres et discrètes, mis à part un rouge éclatant utilisé en certaines occasions. Ce choix de couleurs, très joli, m’évoque les dessins du 18e siècle et s’harmonise, je trouve, plutôt bien avec l’histoire. Par ailleurs les dessins m’ont semblé plus soignés que ceux de Twenty. Les décors sont souvent riches et travaillés et je n’ai pas eu ce sentiment de bâclage que j’avais ressenti à certaines pages de Twenty. Toutefois, mon oeil a encore été attiré par quelques jambes à la morphologie étrange et certains costumes m’ont paru assez délirants, tout comme les dimensions des attributs de beaucoup de personnages masculins…

Là où je coince, comme pour Twenty, c’est sur le fond. Erich von Götha, dans une interview figurant dans l’album Twenty 1+2, s’exprime ainsi à propos du scénario de la première partie .

« Mon rôle s’est borné à l’illustrer et j’ai moi aussi été surpris, la première fois que j’ai lu l’histoire, par la soudaineté de sa conclusion. »

Et, un peu plus loin :

« Pendant la réalisation du tome 1, j’avais discuté par courrier avec mon commanditaire et lui avais fait part de mes doutes concernant l’histoire. Mais, finalement, cet album a été un grand succès public et je reconnais que j’avais tort. Cependant, pour le tome 2, j’ai voulu élaborer une histoire plus complexe. J’aime à penser que j’ai réussi… »

Certes, la fin de la première partie est plutôt abrupte (peut-être est-ce dû aux circonstances de la rédaction du scénario). Cependant, dans son ensemble, ce tome 1 se tient à peu près… alors que le suivant est une suite de rebondissements qui ne tiennent pas debout. La psychologie des personnages est inexistante. On n’y croit pas une seconde. Bon… c’est vrai qu’on n’y croit pas trop dans le premier tome non plus. Les compagnes de Janice chez Vauxhall me donnent l’impression d’une bande de pensionnaires en vacances. De temps en temps, l’auteur semble se rappeler que son héroïne n’a pas tout à fait choisi son sort et qu’elle aurait peut-être pu en espérer un plus enviable. Il lui prête alors un visage ou des propos horrifiés, que son corps dément dans le même temps. Personnellement, ça me donne plus envie de rire que quoi que ce soit d’autre.

Il y a des pages intéressantes, c’est indéniable, mais je déplore encore qu’une bonne partie de l’album se résume à des scènes d’orgies et des enchaînements de positions sans grande originalité. Pire, l’histoire semble souvent n’être qu’un prétexte et certaines pages pourraient quasiment être interchangeables avec des pages de Twenty. J’ai préféré de loin la première partie, plus cohérente, et dans laquelle le scénario prend le temps de laisser les scènes se développer (même si je me serais très volontiers passée de celle avec le chien…). Je qualifierais la seconde de plus fouillis plutôt que plus complexe : les événements et scènes de sexe s’y enchaînent à un rythme échevelé. C’est beaucoup trop rapide pour moi. Et puis, comme je l’ai dit dans mon billet sur Twenty, si je ne crois pas à l’histoire, je n’arrive pas à rentrer dedans. Ce qui fait que, en dépit des sujets plutôt inspirants et de la beauté des dessins, je reste mitigée à propos d’Erich von Götha, du fait de la faiblesse du scénario et de l’absence de dimension psychologique. Même s’il n’a fait qu’illustrer les troisième et quatrième parties de Janice, je ne me sens pas motivée pour lire la suite. Je pense plutôt que je vais en rester là avec cet auteur.

Les malheurs de Janice 1+2
Erich von Götha
Dynamite
Réservé aux adultes

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