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Nous nous sommes lancées avec Aaliz dans un projet de longue haleine : relire La recherche du temps perdu. Nous avons commencé au printemps dernier avec Du côté de chez Swann et poursuivons actuellement avec A l’ombre des jeunes filles en fleur.

Proust est un auteur qui fait peur et que, de ce fait, les gens appréhendent trop souvent d’aborder. Pourtant, si l’on fait abstraction de la beauté de son style, c’est un auteur qui peut séduire de par la finesse de ses analyses psychologiques et son humour. Comme je l’aime beaucoup, j’ai envie de faire un peu de propagande et de l’évoquer sur ce blog aussi, pour essayer de montrer qu’il est loin d’être aussi soporifique qu’il en a la réputation.

Voici donc un petit passage que j’ai relu cette semaine. Le narrateur est alors adolescent et décrit ses premiers émois :

[…] m’approchant de Gilberte qui, renversée sur sa chaise, me disait de prendre la lettre et ne me la tendait pas, je me sentis si attiré par son corps que je lui dis :

– Voyons, empêchez-moi de l’attraper, nous allons voir qui sera le plus fort.

Elle la mit dans son dos, je passai mes mains derrière son cou, en soulevant les nattes de cheveux qu’elle portait sur les épaules, soit que ce fût encore de son âge, soit que sa mère voulût la faire paraître plus longtemps enfant, afin de se rajeunir elle-même ; nous luttions, arc-boutés. Je tâchais de l’attirer, elle résistait ; ses pommettes enflammées par l’effort étaient rouges et rondes comme des cerises ; elle riait comme si je l’eusse chatouillée ; je la tenais serrée entre mes jambes comme un arbuste après lequel j’aurais voulu grimper ; et, au milieu de la gymnastique que je faisais, sans qu’en fût à peine augmenté l’essoufflement que me donnaient l’exercice musculaire et l’ardeur du jeu, je répandis, comme quelques gouttes de sueur arrachées par l’effort, mon plaisir auquel je ne pus pas même m’attarder le temps d’en connaître le goût ; aussitôt je pris la lettre. Alors Gilberte me dit avec bonté :

– Vous savez, si vous voulez, nous pouvons lutter encore un peu.

J’ai bien aimé ce passage qui est à l’image du narrateur à ce stade de l’oeuvre : à mi-chemin entre l’enfance et l’âge adulte. On trouve néanmoins bien plus scabreux dans les tomes suivants de La recherche. Je m’y arrêterai peut-être lorsque je tomberai dessus.

En parallèle, je suis dans un ouvrage d’Olivier Bessard-Banquy intitulé Sexe et littérature aujourd’hui que je trouve, pour le moment, très intéressant. Dans le premier chapitre, il déplore que, la littérature érotique ayant perdu beaucoup de son côté transgressif avec la libération sexuelle, les auteurs se livrent à une surenchère dans l’extrême, qui n’est pas synonyme de qualité littéraire. Bien au contraire, il se plaint de la grande médiocrité de la production érotique actuelle, de ce que les petits éditeurs, qui proposent parfois des titres intéressants, souffrent toujours du caractère honteux associé à ce style littéraire et sont peu visibles, tandis que les grands éditeurs généralistes n’hésitent plus à proposer des romans comportant une part plus ou moins importante de sexe – parce que le sexe, ça fait vendre – sans que leurs auteurs soient forcément doués pour ce genre. Il illustre ses propos en évoquant quelques auteurs, et notamment Philippe Djian, à travers son roman Vers chez les blancs. L’avis assez tiède d’alias ne m’avait pas particulièrement donné de le lire et ce qu’en dit Olivier Bessard-Banquy m’en ôte toute velléité. Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous ce passage, qui m’a beaucoup amusée :

Sans surprise on retrouve chez Djian tous les lieux communs de l’écriture gaillarde très grand public – la description risible du suréchauffement des sens (« elle feignit de tourner de l’oeil et manqua de s’étrangler »), la sacro-sainte gradation du récit qui impose de commencer par de tendre baisers avant de passer aux choses sérieuses, le recours au comique (« avec force bruits de bottes s’enfonçant dans la boue ») pour donner une touche sympa et décontractée à ce qui n’est au fond que le tableau d’un banal coït, la description d’une gestuelle agitée (« elle lacéra le dossier du canapé ») pour suggérer la puissance du plaisir. Même le jeu sur l’hypertrophie des corps pour suggérer l’ampleur du désir qui semble une bonne idée susceptible de donner un peu de caractère au récit ne mène à rien ici. A cela s’ajoutent les célèbres fautes de style de Philippe Djian, les lourdeurs d’expression (« Mais vous l’allez voir, ces distorsions morphologiques qui nous frappaient soudain »), les pléonasmes classiques (« un gros pamplemousse »), les remarques inutiles (à quoi bon préciser que le canapé est en peau de buffle? qui se soucie de décoration intérieure en pleine étreinte?) les phrases téméraires (comment une « giclée d’huile » peut-elle filer tout en sifflant?), les interjections improbables (de quelle langue inconnue relève ce « Huurboukkk » avec trois u et deux points d’exclamation?). Burlesque et nigaud, le récit de l’étreinte chez Djian évoque le mélange incongru de deux imaginaires bas de gamme, celui du X petit budget et celui du sitcom pour adolescents boutonneux.

Publicités

couv-products-87608Cette fois encore, Josselin Manoury m’a très gentiment envoyé son nouvel ouvrage. Après une incursion dans le domaine du roman avec le précédent, celui-ci renoue avec les nouvelles. Dans ce recueil, les nouvelles ont la particularité originale d’être reliées par un fil rouge : une chaussette orpheline joue un rôle dans chacune d’entre elles.

Si j’ai, une fois de plus, apprécié l’écriture de Josselin Manoury, j’ai néanmoins été un peu moins séduite par cet opuscule que par les précédents. Cela peut tenir à plusieurs raisons. D’une part, je connaissais déjà une partie des nouvelles, et notamment celles que j’ai préférées dans le volume. D’autre part, dans certaines d’entre elles, les situations et les personnages ne m’ont pas « parlé » : je n’ai pas cru aux premières et suis restée indifférente aux seconds.

Il y a néanmoins quatre nouvelles sur lesquelles j’ai envie de revenir, car elle m’ont particulièrement plu, pour des raisons très diverses.

Poissine raconte simplement une soirée d’un homme dont le couple va mal, et qui finit par se masturber dans le lit conjugal. En dépit du sujet très simple et banal, j’ai été touchée par cette homme et le ton de la nouvelle m’a semblé très juste. Peut-être parce qu’elle m’a évoqué des souvenirs.

L’intrigue de Valet de nuit est plus étonnante : une femme, entraînée par son amant dans un club libertin, y partage des moments d’intimité avec un homme. Une fois son couple détruit, elle se souvient de cet homme et le recontacte. Cette fois encore, j’ai trouvé émouvante cette histoire qui aborde les difficultés du couple et de la vie, les difficultés qu’il y a à se reconstruire, mais dans une optique positive. Et j’ai bien aimé le mode de narration original, qui mêle journal de bord et billets et commentaires de blogs.

J’ai retrouvé dans Shibari une particularité que j’apprécie dans les écrits de Josselin Manoury : l’histoire est centrée autour d’un univers spécifique, ici le shibari, qui est donné à connaître au lecteur. Une jeune femme s’initie à cet art en s’entraînant sur elle-même en secret, lorsqu’elle est seule chez elle, avec l’aide d’un « conseiller virtuel ».  Elle apprend à créer des noeuds et à pratiquer des façons de s’attacher de plus en plus élaborées… jusqu’au jour où elle n’arrive pas à se délier seule. Cette histoire est peut-être ma préférée du recueil, pour plusieurs raisons : le thème, que je trouve fascinant, l’humour, et le fait que l’auteur y soit plus audacieux que d’ordinaire dans la nature des scènes érotiques décrites.

Le narrateur de Hors-charte participe à un site d’histoires érotiques. Il y lit un jour un récit qui semble inspiré d’un décès suspect duquel il a eu vent de par sa profession. L’auteur du récit paraît posséder bien plus d’informations sur l’affaire que ce qui en a été dit dans les media. Aussi, le narrateur, qui a appris que certains piliers du site se retrouvent de temps à autre IRL dans des parties fines, décide de mener son enquête. Cette nouvelle se démarque également à mes yeux par son originalité et son humour. J’ai bien aimé le côté enquête policière et, si je n’ai pas fréquenté assez assidument le site dont l’auteur s’est inspiré pour savoir si les personnages qu’il a créés font allusion à des auteurs précis, j’ai néanmoins souri en reconnaissant le site sur lequel cette histoire avait été initialement postée, dont le créateur est très attaché à sa charte, un peu trop restrictive à mon goût.

Les ouvrages de Josselin Manoury sont disponible en fomat électronique ou papier ici.

Après s’être livrée elle-même à cet exercice, Ombres et caresses a souhaité savoir quels sont les dix livres qui ont le plus marqué certains de ses lecteurs. Le choix m’a d’abord semblé très difficile, mais certains titres se sont néanmoins imposés rapidement. En effet, si j’ai, depuis quelques années, de plus en plus l’envie de relire, essentiellement des classiques, je ne relisais auparavant quasiment jamais (trop de livres à découvrir et trop peu de temps!), mis à part quelques rares exceptions, des livres fétiches que je garde toujours auprès de moi et que je relis régulièrement. Ce qui fait que j’ai ainsi réussi à chroniquer pas mal d’entre eux. J’indiquerai donc le lien sur le titre quand ce sera le cas.

Comme Ombres et caresses a dépassé les 10, je me permets de tricher un peu moi aussi. Et, comme je suis naturellement bavarde, je vais l’être encore cette fois, donc accrochez-vous!… Ce billet m’aura d’ailleurs tenu occupée plusieurs jours!

J’ai beaucoup de souvenirs de lecture de l’école primaire, des Clubs des Cinq et des Alice surtout, des oeuvres de la comtesse de Ségur aussi, et de plusieurs albums et romans dont j’ai oublié les titres mais dont j’ai encore les histoires bien en tête, mais les premiers livres qui ont vraiment compté pour moi sont des découvertes de l’époque du collège.

Les trois mousquetaires – Alexandre Dumas

couv57191880Je suis restée une grande enfant qui aime qu’on lui raconte de belles histoires et qu’on la fasse rêver. Peu d’histoires m’ont fait autant rêver que Les trois mousquetaires et Vingt ans après (je n’aime pas Le vicomte de Bragelonne, trop triste à mon goût). C’est un régal d’action et d’humour dont je ne me lasse pas, un merveilleux voyage dans le temps dont j’ai gardé une fascination pour les épées… et pour Richelieu.

 

 

 

 

 

 

Catherine de Médicis – Jean Orieux

51J51FPFTHL__SL500_AA300_Quelques livres ont une histoire, et c’est le cas de celui-ci. C’était l’été de mes 14 ans. J’avais épuisé plus vite que prévu le stock de livres que j’avais emporté en vacances. J’ai donc eu l’autorisation d’aller acheter un livre à la « librairie » du village où nous résidions. C’est ainsi que, en farfouillant, je suis tombée sur cet énorme pavé, qui venait de paraître. Depuis l’école primaire, il m’était régulièrement arrivé de passer des après-midis à parcourir la partie Noms propres du dictionnaire, m’arrêter sur les noms des rois et des reines, essayer de reconstituer leur généalogie et m’interroger sur ce qu’ils avaient fait. Le nom de Catherine de Médicis faisait évidemment partie de ceux que j’avais croisés, mais j’ignorais tout d’elle, comme de la plupart de ces personnages historiques. En voyant cette biographie, je me suis dit qu’avec au moins je saurais qui elle était.

J’ai ramé pour venir à bout des huit cent et quelques pages du livre! Il m’a tenu occupée jusqu’aux vacances de la Toussaint, pendant lesquelles je l’ai terminé assise par terre dans ma chambre, le dos au radiateur (l’un de mes endroits favoris pour lire pendant ma jeunesse!). J’en suis sortie fascinée par cette femme d’une grande intelligence et d’un optimisme à toute épreuve, partisane de la paix et négociatrice infatigable, qui s’est dévouée à ses fils et à la France. Ce fut mon premier essai historique mais pas le dernier, bien loin de là! Si je n’ai malheureusement presque plus le temps d’en lire aujourd’hui, j’ai, pendant des années, lu tout ce que je pouvais trouver de sérieux sur elle et sur son temps. Et c’est également elle qui m’a donné envie de commencer des études d’histoire, parce que la légende noire qu’on lui a faite, et dont elle n’est malheureusement toujours pas débarrassée, m’horripile et que j’espérais, très naïvement, pouvoir un jour apporter ma petite pierre à l’édifice de sa réhabilitation.

 

 E = mc², mon amour – Patrick Cauvin

e4f1012912a035420d15f110_l__sx120_La première histoire d’amour qui m’ait émue. Je suis tombée sous le charme de ces deux gamins que je trouvais touchants et drôles et j’étais admirative devant leur imagination et leur détermination. Aujourd’hui je vois ce que ces personnages ont de caricatural, mais j’ai toujours le sourire aux lèvres en relisant leur histoire.

 

 

 

 

Lettres à Mme Hanska – Honoré de Balzac

51lhcesdxl__sl160_aa115_1Le lycée a été le temps de ma rencontre avec Balzac. A cette époque, France Loisirs a sorti une édition en 28 tomes de la Comédie humaine, que mes parents m’ont achetée, au fur et à mesure de la parution des volumes. Je me suis lancée dans cette entreprise parce que je gardais un bon souvenir de mon premier contact avec lui, l’étude d’Eugénie Grandet en classe de quatrième, et que je voulais me constituer une culture de classiques. Cette fois encore, ce fut le coup de foudre. Comme j’ai une mémoire de poisson rouge et que j’oublie aussitôt ce que je lis, je relis de temps à autre l’un ou l’autre de ses romans et je me suis, au fil des années, efforcée d’acquérir ce qu’il avait écrit d’autre : oeuvres de jeunesse, Contes drôlatiques, pièces de théâtre, articles pour la presse…

Il m’est difficile d’en dégager une oeuvre que j’ai préférée, mais les écrits qui m’ont le plus marquée sont sans doutes ceux-ci, avec lesquels j’ai découvert l’homme derrière l’écrivain, son génie, son énergie et sa puissance de travail formidables, mais aussi des côtés assez enfantins qui le rendent attachant ou qui m’amusent. J’ai d’ailleurs récemment assez bien retrouvé mes impressions dans la BD Vivre avec Balzac de Joris Clerté.

 

A la recherche du temps perdu – Marcel Proust

img296Proust a été l’une des découvertes de mes années fac… Je me revois encore, au fond d’un amphi, lors d’un cours ennuyeux, essayer tant bien que mal d’avancer dans mon livre. Ce qui m’a séduite chez lui, c’est l’écriture, qui rebute malheureusement trop souvent, et que j’ai trouvé merveilleusement belle. J’ai récemment entrepris de relire A la recherche du temps perdu et j’apprécie cette fois plus encore ma lecture, car, si j’apprécie toujours autant son style, je suis maintenant plus sensible à l’humour et à la finesse de l’analyse des choses et de la psychologie des gens. Il est d’ailleurs possible que j’en poste des extraits ici dans le futur, certains personnages s’adonnant à des pratiques sexuelles peu conventionnelles!

 

 

 

 – Le pendule de Foucault – Umberto Eco

41xM2cYESzL__SL500_AA300_C’est, de loin, le roman que j’ai préféré chez cet auteur que j’aime beaucoup et dont l’érudition me fascine. Depuis mon adolescence, je dévore régulièrement avec délectation romans et « essais » autour des Templiers et autres mystères historiques du même genre. C’est un de mes péchés mignons, même si je ne crois pas un mot de ce que je lis. Umberto Eco a réussi avec ce roman à ficeler une intrigue jubilatoire et passionnante, utilisant ces thèmes et une multitude d’autres. Alors, évidemment, ma culture est bien insuffisante pour tout comprendre, mais qu’importe? Je n’en ai pas moins dévoré l’histoire. Ma deuxième lecture du roman (oui, pour celui-là aussi, il y en a eu plusieurs) a été suivie d’une visite de Provins. On a eu la chance ce jour-là d’être les seuls à visiter les souterrains et d’être accompagnés d’une guide qui avait, peu de temps auparavant, fait le même parcours avec Umberto Eco, profitant de l’occasion pour lui montrer où il s’était trompé dans son roman! J’en garde un souvenir formidable. Je me suis promis d’attendre pour le relire, afin d’avoir plus d’éléments de compréhension, d’avoir fini de lire la Bible et lu le Coran et la Kabbale. Autant dire que ce n’est pas gagné! Peut-être quand je serai à la retraite?

 

– Louis XI – Paul Murray Kendall

41jWwkHumUL__SL500_AA300_Encore un personnage historique qui a été pas mal malmené, injustement là encore, par la postérité et que j’aime beaucoup. Il n’était pas très glamour, car peu dépensier pour lui-même et peu fastueux, mais j’apprécie son intelligence et le fait qu’il ait cherché, quand c’était possible, à aggrandir la France par des achats de domaines et par des mariages plutôt que par les guerres.

J’apprécie cette biographie parce qu’elle est accessible. Trop souvent les essais historiques d’auteurs français sont bien arides. Ceux d’auteurs anglo-saxons que j’ai pu lire sont d’un accès beaucoup plus simple et beaucoup plus plaisant, et ils n’en sont pas moins sérieux. J’aimerais que les historiens français prennent modèle sur eux!

 

 – Harry Potter – J.K. Rowling

51fk8ndqvzl__sl500_aa300_Parce que je n’avais pas été autant captivée par un livre depuis Les trois mousquetaires ou Le pendule de Foucault! A la base, j’avais acheté le premier tome pour faire un cadeau, et, avant de le donner, j’ai voulu le lire un peu pour voir ce qui causait un tel engouement autour de la série. Un peu dubitative au début, j’ai vite été captivée… au point d’enchaîner les 4 premiers tomes qui étaient déjà sortis… puis de précommander des mois à l’avance les 3 suivants… en anglais, évidemment, pour ne pas perdre un jour!… et de les dévorer dans les heures suivant leur réception, ne faisant quasiment rien d’autre que lire jusqu’à arriver à la dernière page.

La série m’a également incitée à porter un regard différent sur la littérature jeunesse et à m’y intéresser. Même si je suis maintenant à fond dedans grâce à mon fils, il m’arrive de temps à autre de me lancer seule dans des séries pour ados juste pour le plaisir.

Et ça a été, ces derniers mois, un grand plaisir de partager la relecture des premiers tomes de Harry Potter avec mon fils.

 

Mémoires – Henri II, duc de Guise

img_1793-e1350428454667Si je me suis bien calmée depuis une dizaine d’années (mais j’ai découvert récemment des blogs de bibliophiles qui pourraient bien me faire replonger), j’ai, pendant quelques années, écumé les brocantes, salons et, parfois, libraires spécialisés, à la recherche de vieux livres. Ne connaissant rien aux questions de reliure et d’édition, c’est à cause du contenu des livres que je me laissais tenter. Celui-ci s’est imposé de lui-même : je connais bien les Guise qui dirigeaient le parti catholique lors des Guerres de religion, puisque ma chère Catherine de Médicis a eu énormément de fil à retordre avec eux (il semble même probable qu’ils soient responsables d’une bonne partie des crimes qui lui ont été imputés pendant des siècles), mais je ne connaissais pas la génération de leurs petits-enfants, dont fait partie Henri II. Evidemment, j’avais envie de comber cette lacune, et ce livre m’a semblé idéal pour cela. Il s’est avéré qu’il ne racontait en fait que quelques mois de la vie de son auteur, les 5 mois durant lesquels il a pris la tête de l’insurrection napolitaine contre l’occupant espagnol, mais j’ai découvert en lui un personnage digne des héros de romans de cape et d’épée. C’est à cause de ce livre que j’ai choisi, parmi les sujets qui m’ont été proposés lors de mes études d’histoire avortées, de travailler sur la fortune de sa soeur. Et, ce faisant, j’ai encore appris à mieux le connaître, notamment grâce au livre qui contenait la liste de ses créanciers!

Mais, au-delà du contenu, ce livre est aussi important pour moi en tant qu’objet : c’est le premier livre que j’ai acquis qui était antérieur à la révolution française, et si j’en ai par la suite acheté d’autres des XVIIe et XVIIIe siècles, le plus souvent pour une bouchée de pain, je ne peux jamais l’ouvrir et voir sa date de publication sans émotion.

De façon générale, je suis très attachée aux livres en tant qu’objets. Je trouve un plaisir sensuel à les regarder, les sentir, les toucher. Ce qui fait que les liseuses ne m’intéressent pas du tout.

 

– GTO – Tôru Fujisawa

517TXD4WEML__SL500_AA300_Ce n’est certainement pas le meilleur manga que j’ai lu… et d’ailleurs, vu le mal que j’ai à venir à bout des autres séries de l’auteur, je me demande quelles seraient mes impressions si je le relisais aujourd’hui. Ce n’est pas le meilleur manga que j’ai lu, disais-je donc, mais c’est le premier, ce qui fait qu’il occupe pour moi une place à part.

Enfant, mes dessins animés préférés étaient japonais (La bataille des planètes, Albator, Goldorak…). Plus tard, je me précipitais au cinéma chaque fois que sortait un film d’animation japonais. Mais je n’avais pas l’idée d’aller creuser plus loin et je n’aurais jamais imaginé, par exemple, qu’Akira puisse être quelque chose de plus qu’un film. Ce n’est qu’avec GTO, le manga et l’anime, il y a seulement une dizaine d’années, que j’ai réalisé qu’il existait tout un univers, qui n’était pas réservé qu’aux enfants et aux adulescents nostalgiques, qui recelait plein de choses intéressantes et qui risquait de beaucoup me plaire. Je dois à GTO d’avoir découvert un monde que, depuis, je ne me lasse pas d’explorer.

 

Et, pour en revenir, enfin, au thème de ce blog, il faudrait citer aussi :

– Le rapport Hite – Shere Hite

41W5EHSVMJL__SL500_AA300_Je l’ai lu à la fin du lycée, dans une période où j’avais à coeur de découvrir les grands classiques du féminisme. J’y ai appris beaucoup sur cet aspect-là, mais je ne m’attendais pas à y trouver beaucoup plus encore, grâce à son côté très pratique. C’est, en effet, grâce à lui que j’ai fait mon éducation sexuelle et que j’ai appris à aller au delà des tâtonnements intuitifs, en matière de masturbation notamment. J’y ai acquis des connaissances théoriques, y ai trouvé des techniques à expérimenter et ai, au final, beaucoup progressé grâcé à ces expérimentations. Voilà bien longtemps que j’ai envie de le relire, mais je n’ai pas encore pris le temps de le refaire.

 

 

Derrière la porte – Alina Reyes

41WPbkMr-RL__SL500_AA300_J’ai lu celui-ci un peu plus tard, attirée par le côté « histoire dont vous êtes le héros », qui me rappelait les volumes de fantasy que j’avais dévorés adolescente. Ce « catalogue de fantasmes » m’a appris à mieux connaître ce qui m’attire et ce qui ne m’attire pas. Et j’ai beaucoup aimé l’écriture d’Alina Reyes. Je n’ai lu depuis qu’une autre de ses oeuvres, il faudrait que j’y remédie.

 

 

 

 

 

Ombres et lumière – Parris Quinn

9782915101652_cgCes dernières années, mes lectures érotiques ont malheureusement bien plus souvent été des déceptions que des coups de foudre, surtout en matière de BDs. Parmi les quelques lectures que j’ai néanmoins appréciées, il en est une qui se détache incontestablement du lot. Il s’agit du premier tome de cette intégrale, le second (qui comprend les volumes 3 et 4)  étant malheureusement moins bon. Je pense que si cette lecture m’a autant parlé et m’a autant inspirée, cela touche en partie à des raisons personnelles, ce qui fait qu’il m’est difficile d’écrire dessus. Néanmoins, alors que dans tant de BDs, le scénario, inexistant ou complètement tiré par les cheveux, me désole, j’ai aimé la simplicité et le réalisme des histoires de D/s racontées dans ce roman graphique, le réalisme et la beauté du dessin, et la lenteur du rythme qui me convient parfaitement. Je l’ai déjà dit et je le redis : ne manquez pas de la découvrir, si ce n’est pas déjà fait!

osez-le-sexe-ecoloJe me suis lancée dans cette lecture par curiosité, parce que je me demandais ce qu’il pourrait bien y avoir à dire sur le sujet, mis à part vanter les ébats champêtres ou les vibros fonctionnant à l’énergie solaire ou à l’huile de coude. Je savais d’autant moins à quoi m’attendre que les ouvrages de la collection Osez… sont de qualité très inégale, le meilleur côtoyant le pire. A la lecture de l’introduction, j’ai eu le sentiment d’être tombée sur un bon cru, mais j’ai rapidement déchanté.

Le postulat de base est que la planète va mal, que tout ce que nous faisons pollue, et qu’il est souhaitable que nous nous efforcions de polluer moins. L’auteur ambitionne de montrer que nous pouvons modifier nos habitudes sans y perdre en confort et clame haut et fort que, de nos jours, être écolo c’est sexy.

Les guides pratiques de la collection Osez… ayant pour point commun d’avoir un style léger et humoristique, c’est également ce que l’auteur a cherché à faire pour celui-ci. Et c’est là que le bât commence à blesser. Je trouve, en effet, que le guide n’est pas très réussi sur ce point. Non seulement il ne m’a pas paru drôle, mais il me semble que d’autres lecteurs aussi dépourvus d’humour que moi pourraient prendre au premier degré ce que Marc Dannam écrit, s’il ne prenait pas soin de préciser de temps à autre qu’il cherche à être amusant. De ce fait, il donne quasiment l’impression de tenir un double discours : d’un côté, il se tue à répéter qu’il veut montrer qu’être écolo c’est fun et sexy, et de l’autre il semble avoir voulu pondre un manuel de bonne conduite à l’usage des gens suffisamment masochistes pour vouloir tenter de séduire un hippie qui élève des chèvres dans le Larzac.

Sur le fond, je n’ai pas été plus convaincue. Il a beau dire, les propositions qu’il fait sont bien austères. Evidemment, ça consomme moins d’énergie de faire l’amour dans le noir qu’avec toutes les lumières allumées. Mais ses efforts pour convaincre les lecteurs que c’est beaucoup plus amusant dans le noir et les petits jeux qu’il propose pour pimenter la chose m’ont paru bien dérisoires. Dans d’autres cas, il n’a même pas de solution à proposer : il constate que baisser le chauffage fait, là encore, économiser de l’énergie, et que nu on risque d’avoir froid, et voilà… Enfin, il y a des passages où je me suis demandé s’il ne le faisait pas exprès. Ainsi, le chapitre consacré à l’alimentation propose un menu végétarien aphrodisiaque : salade de carottes, avocats farcis à la crème fraîche et au céleri et tiramisu!!! Il cherche à affamer et à faire fuir ses lecteurs ou quoi? N’importe quel livre/blog de cuisine végétarien ou bio propose des recettes bien plus alléchantes que ça!

Par ailleurs, au fil de la lecture, je me suis rendu compte qu’il n’y avait effectivement pas grand-chose à dire sur le sujet et j’ai eu l’impression que l’auteur faisait tout son possible pour délayer et faire du remplissage. Il s’attarde ainsi longuement sur les moyens de transport à emprunter pour se rendre à un rendez-vous galant, à la construction et à la décoration des maisons, ce qui s’éloigne tout de même pas mal du sujet du sexe. Et puis on trouve certains passages, comme tout un chapitre sur le Feng shui et un autre sur les positions du Kama sutra dont les noms évoquent la nature, et pour lesquels je me suis demandé ce qu’ils venaient faire là. A l’inverse, les thèmes qu’il aborde ne sont pas assez creusés. Ainsi, selon lui la peinture est à proscrire parce que toxique. Quid des peintures bios? Ou il consacre un chapitre qui pourrait être intéressant aux modes de contraception : la pilule aurait un impact néfaste sur les poissons. Mais il se borne à citer la pilule et les méthodes naturelles, comme s’il n’existait rien d’autre.

Les thèmes que j’attendais sont également abordés. Mais, là encore, je suis restée dubitative. Par exemple, il n’évoque que rapidement les lubrifiants bios et ne cite qu’une seule marque. Il explique que certains sex toys sont rechargeables mais, là encore, ne cite qu’un produit, alors qu’il en existe tout de même un large choix. Et, pour ce qui est des escapades crapuleuses dans la nature, il conseille de bien penser à se munir d’un matelas et d’une couverture. Je me suis sentie un peu déconcertée à la lecture de ce passage, n’ayant pas pour habitude de déménager quand je pars en rando pour la journée, et je me suis demandé si, dans un de ses autres ouvrages, Osez… faire l’amour partout sauf dans un lit, il explique en fait comment se faire un lit improvisé partout ailleurs que dans sa chambre… Dois-je préciser que je n’ai pas trop envie d’aller m’en rendre compte par moi-même?

Osez… le sexe écolo
Marc Dannam
La musardine

Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2013, et la réalisation de tous vos souhaits.

J’ai encore ralenti le rythme sur le blog ces dernières semaines pour deux raisons. La première est que je m’efforce de terminer en catastrophe sur l’autre blog avant leur échéance les challenges auxquelles j’étais inscrite. J’ai presque fini et presque réussi.

La seconde est que je suis en train de lire en parallèle un gros manga (environ 500 pages, tout de même!), Le coeur de Thomas, que je pensais chroniquer ici, et que je vais finalement réserver pour l’autre blog, car il est très chaste. Je voudrais néanmoins attirer un peu votre attention dessus.

9782820305343_cgSon auteur, Moto Hagio, est l’une des femmes mangakas qui ont révolutionné le shojô dans les années 70s. Cet auteur majeur, qui n’avait jusque-là pas été traduit en français, a touché à différents genres, tels que la science fiction.

Elle est considérée comme l’inventeur du genre yaoi, ayant ouvert la voie avec Le coeur de Thomas, qui vient enfin d’être traduit en français.

Ce manga a pour cadre un pensionnat allemand dans les années 30s. Il s’ouvre sur le suicide de Thomas, qui a décidé de mourir parce que son amour pour un de ses condisciples, Juli, n’était pas partagé. L’arrivée au pensionnat d’un nouvel élève qui ressemble beaucoup à Thomas va perturber Juli. On y trouve déjà de futurs ingrédients des histoires de boy’s love, notamment avec des personnages très androgynes. Mais ce gros manga ne se résume pas à un enchevêtrement d’intrigues sentimentales, il évoque également les difficultés familiales de certains pensionnaires et le sentiment d’abandon éprouvé par quelques-uns d’entre eux. Elle fait aussi un peu allusion au contexte historique, à travers des problèmes de racisme. C’est donc une oeuvre qui mérite d’être découverte par qui s’intéresse aux mangas.

Je reprendrai mes lectures douteuses dès que je me serai sortie de mes challenges, dans quelques jours tout au plus. Je pense trouver matière à rédiger un nouveau billet dans le courant de la semaine prochaine!

 

Margot la ravaudeuse

romans-libertins-du-xviiie-siecle-jean-marie-chevrier-collectif-dorat-duclos-fougeret-de-montbron-chevrier-9782221070727Louis-Charles Fougeret de Montbron (1706-1760) a mené une existence aisée grâce à l’héritage touché de son père. Il fréquenta la bohème littéraire, les mauvais lieux, voyagea et écrivit. Il est l’auteur, entre autres, du Cosmopomolite ou le Citoyen du monde, écrit en Angleterre en 1750. Il y parle de lui-même et y montre sa vision négative de l’homme. Fougeret de Montbron ne croit à aucun sentiment, et pense que le moteur de l’homme est l’égoisme. Il fut régulièrement expulsé des endroits où il a séjourné à cause de son mauvais caractère et ses propos anticléricaux. Il fut accusé d’attaquer, dans Margot la ravaudeuse, qui parut en 1748, « la religion et le gouvernement », ce qui lui valut un mois de prison et l’interdiction de séjourner à moins de 50 lieues de Paris.

Margot la ravaudeuse m’a beaucoup rappelé Fanny Hill, publié à peu près à la même époque et que Fougeret de Montbron a traduit et adapté en français en 1751 : une adolescente pauvre fuit son foyer, rencontre une maquerelle qui lui propose de la prendre sous son aile. Naïve, elle se retrouve dans un bordel sans s’en rendre compte, puis passe de protecteur en protecteur.

Il existe cependant de nombreuses différences entre les deux récits. Si, comme Fanny, Margot est une jeune fille qui sait ce qu’elle veut et choisit son destin, elle a néanmoins nettement moins de personnalité que Fanny. Alors que Fanny Hill (dans la version que j’ai lue) dresse un beau portrait de femme, le propos ici est tout autre. Fougeret de Montbron livre à ses lecteurs un catalogue de types d’hommes, un peu à la façon dont Les confessions du comte de *** de Duclos étaient une énumération de femmes : on y croise des ecclésiastiques, des financiers, un anglais, un allemand, un ambassadeur…

Margot est plus proche que Fanny du fantasme traditionnel de la prostituée : elle se jette dans la profession par luxure et, contrairement à Fanny Hill, elle ne connait pas l’amour et n’est motivée que par l’appât du gain. Margot la ravaudeuse raconte une ascension sociale, celle d’une jeune fille qui, par degrés, parvient à échapper à la pauvreté pour aboutir à l’aisance. Pour autant, la prostitution n’est pas du tout idéalisée. Margot la ravaudeuse est un roman beaucoup plus noir que Fanny Hill. Les hommes, tous grotesques, y jouent un encore plus mauvais rôle, et la prostitution y est décrite de façon crue :

Quand je fais réflexion aux épreuves cruelles et bizarres où se trouve réduite une fille du monde, je ne saurais m’imaginer qu’il y ait de condition plus rebutante et plus misérable. Je n’en excepte point celle de forçat ni de courtisan. En effet, qu’y a-t-il de plus insupportable que d’être obligée d’essuyer les caprices du premier venu; que de sourire à un faquin que nous méprisons dans l’âme; de caresser l’objet de l’aversion universelle; de nous prêter incessamment à des goûts aussi singuliers que monstrueux, en un mot, d’être éternellement couvertes du masque de l’artifice et de la dissimulation, de rire, de chanter, de boire, de nous livrer à toute sorte d’excès et de débauche, le plus souvent à contre-coeur et avec une répugnance extrême?

La typologie que nous livre Fougeret de Montbron lui permet de s’adonner à la critique : violemment anticlérical, son roman égratigne l’opéra ou les salons littéraires, et plus généralement la société, où quelqu’uns s’enrichissent sur le dos des pauvres.

On y trouve en revanche très peu de descriptions d’ébats. Je l’ai perçu comme plus humoristique qu’érotique. Les anecdotes rapportées, souvent grotesques, ne m’ont pas amusée. Cependant j’ai apprécié le ton ironique et mordant du roman :

Un mylord, ou plutôt un mylourd, vint me présenter ses hommages sterling et ses vapeurs. C’était une sorte d’individu court et ramassé, qui ressemblait parfaitement à un gros orteil, marchant comme un canard, et traversé d’une épée à la catalane, où pendait un gros gland qui lui flottait sur la cheville. Les qualités de son esprit répondaient si bien à celles du corps que l’un semblait fait pour l’autre, et que l’on eût été fort embarrassé auquel donner la préférence. On sera, peut-être, surpris que je n’aie jamais eu sous mes lois que des animaux indécrottables; mais il faut observer que les gens de mérite ne sont pas toujours les plus opulents, ni ceux qui recherchent le plus notre commerce; et qu’il n’y a guère que des sots et de maussades figures embarrassés de leur argent qui s’adressent à nous.

La fin du roman m’a un peu surprise : bien que Margot ne se repente pas de sa vie dissolue, son histoire s’achève néanmoins par son renoncement à la débauche et le retour à une vie respectable, au prétexte de raisons de santé.

J’ai lu ce court roman rapidement et sans déplaisir, ayant trouvé le style plutôt agréable, mais je ne peux pas dire que je suis enthousiasmée et je crois que ce n’est pas une oeuvre qui me marquera.

Je compte avec lui une troisième participation au challenge Badinage et libertinage de Minou.

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Magasin sexuel tome 2

9782756027135_cgD’ordinaire, j’évite de chroniquer une série tome par tome. Je préfère de loin faire un seul billet pour l’ensemble, d’une part pour ne pas spoiler, et d’autre part parce qu’il n’y a pas forcément grand-chose à dire sur un seul tome. Je fais cependant exception à la règle aujourd’hui, parce que j’avais rédigé l’année dernière un billet sur le premier tome de Magasin sexuel, et qu’il me semble logique d’achever ce que j’ai commencé. Pour une fois, cependant, je vous livre un billet paresseux, parce que j’ai peu de chose à ajouter à ce que j’ai dit alors, et que j’aurais quasiment pu recopier ce que j’ai écrit à propos du premier tome.

Et d’ailleurs, je vais honteusement recopier la présentation que j’avais rédigée alors, étant donné que je ne me sens pas inspirée pour faire mieux et que je ne comptais de toute façon pas en révéler plus que ce que j’ai dit pour ce premier tome :

« Monsieur le maire des Bombinettes, « charmante bourgade de 234 âmes » et patrie de cette célèbre boisson, le Bombinou, avait déjà fort à faire entre ses soucis ménagers, les requêtes de ses administrés et une enquête d’envergure internationale : quelqu’un a volé le « i » de l’enseigne du « Bar du coin », sûrement un coup des anglais ou des belges! Il n’avait pas besoin que l’apparition d’un « sekchop » au marché hebdomadaire du village déclenche les foudres des habitants. La responsable du scandale est Amandine qui, obligée d’arrêter ses études pour gagner sa vie, vient de reprendre l’échoppe de son père en changeant d’activité, car elle trouve plus amusant de vendre des canards vibrants que des tuyaux. »

Je n’irai cependant pas jusqu’à recopier le commentaire que j’avais fait, car mon sentiment, à l’issue de ce second et dernier tome, est un peu plus tiède. J’ai encore apprécié les dessins, aux couleurs acidulés, et plutôt mignons. J’ai encore souri à plusieurs reprises en découvrant la suite des aventures d’Amandine et du maire. Toutefois, j’ai été plus frappée par les clichés sur les petits villages et leurs habitants et, de ce fait, j’ai trouvé l’humour un peu facile. Par ailleurs, ce second tome m’a paru un peu plat, même si le dénouement m’a surprise et, de ce fait, m’a plu. C’est divertissant, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, pour rester dans le thème de la couverture. Je sais, c’était facile… Mais j’avais prévenu que c’était un billet paresseux!

Je termine en rappelant, si besoin était, que la BD n’a rien d’érotique et que sa présence sur ce blog tient uniquement à la nature du commerce que tient Amandine.

Magasin sexuel
2 tomes (série finie)
Turf
Delcourt