Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Revue de web’ Category

Vous avez sans doute appris que l’article de loi portant sur le harcèlement sexuel vient d’être abrogé, le conseil constitutionnel l’ayant jugé trop flou. Je voudrais simplement signaler à votre attention l’excellente et très claire (comme d’habitude!) analyse que fait Maître Eolas sur le sujet. Pour la lire, c’est ici.

Cette difficulté rencontrée par les législateurs à définir ce qui constitue ce délit me fait penser à la tout aussi excellente Histoire du viol de Georges Vigarello, dans laquelle l’historien relate la même difficulté à définir ce qui constitue un viol et l’élargissement progressif au fil du temps, là encore tout comme pour le harcèlement sexuel, de ce que le terme recouvre.

Il reste simplement à espérer que ce nouveau vide législatif sera rapidement comblé!

Read Full Post »

Petit rappel des faits si vous n’avez pas suivi l’affaire : en 2011, deux associations catholiques ont porté plainte contre la boutique 1969 située rue Saint Martin dans le 4ème arrondissement de Paris.

La boutique enfreint en effet une loi de 1987, qui a été renforcée en 2007, et qui interdit l’implantation de magasins vendant des objets à caractère pornographique dans un périmètre de 200 m autour d’une école.

Il est à noter que le sociologue Baptiste Coulmont, qui a travaillé sur les sex shops, a démontré que cette loi rend quasiment impossible l’installation des sex shops en centre ville.  Il semble par ailleurs assez illogique que seul 1969, dont la devanture est neutre et ne laisse rien voir de potentiellement choquant, ait été inquiété alors qu’il y a une boutique Passage du désir seulement quelques dizaines de mètres plus loin! La différence tient peut-être à ce que la boutique 1969 est située pile en face de l’entrée de la fort jolie église Saint Merri.

Il faut également souligner que la plainte a été déposée non pas par l’école dans le périmètre de laquelle la boutique est située, ni par les parents d’élèves, ni l’une ni les autres ne semblant être particulièrement dérangés par ce voisinage, mais par des associations catholiques dont l’une m’était connue pour avoir réclamé, heureusement en vain, l’interdiction pour les mineurs d’assister au festival musical Hellfest, sous le prétexte ridicule que les groupes qui y jouent sont satanistes.

Le procès s’est tenu aujourd’hui même. Le noeud des débats reposait sur la question suivante : les sextoys sont-ils ou non des objets à caractère pornographique, sachant qu’il y a un vide juridique sur ce sujet. Pour comprendre les enjeux du procès, je vous invite à aller lire l’analyse très intéressante de Baptiste Coulmont.

Le tribunal a, visiblement, décidé que oui, les sextoys sont des objets pornographiques, puisque le love shop a été condamné à verser 1 euro de dommages et intérêts aux plaignants. Plus grave est la menace de fermeture qui plane sur la boutique. 1969 a donc décidé de faire appel. Vous pouvez lire le communiqué de presse qu’ils ont publié ici et les soutenir sur leur page Facebook qui se trouve ici. 

Je précise que je ne suis pas une inconditionnelle de 1969. C’est ce que je recherche comme sextoys et les prix auxquels ils sont proposés qui déterminent dans quels sexshops j’effectue mes achats. C’est simplement pour moi une question de principe.

Read Full Post »

Si la nouvelle a fait parler d’elle dans les media anglo-saxons, suscitant satisfaction ou indignation incrédule, elle ne semble curieusement avoir été que peu relayée en France sur la toile, si ce n’est par Sexactu, grâce à qui j’en ai eu vent.

Il y avait déjà eu des études scientifiques sur la question et de nombreuses voix s’étaient élevées pour souligner l’absence de fondement scientifique de la croyance en l’existence du point G. Celle dirigée par le Dr Amichai Kilchevsky, urologue à l’hôpital de Yale – New Haven dans le Connecticut, dont les résultats ont publiées dans le Journal of Sexual Medicine le mois dernier est cependant importante de par son ampleur. Le Dr Kilchevsky et son équipe se sont, en effet, penchés sur toutes les publications qui ont été faites à propos du point G depuis les années 50s et les ont analysées. Leur conclusion est qu’il n’existe aucune preuve sérieuse de l’existence d’un endroit de l’anatomie féminine qui pourrait correspondre à un tel point. L’utilisation de l’imagerie n’a pu mettre en évidence l’existence d’aucune structure particulière sur la paroi antérieure du vagin.

L’article en question peut être consulté ici mais l’accès est payant. Un bref résumé (en anglais, évidemment) est cependant disponible ici.

Kilchevski espère que ses conclusions rassureront les femmes qui cherchaient désespérément leur point G sans le trouver. Et j’ajouterais que ça devrait rassurer aussi ces hommes qui s’escrimaient en vain dans cette quête du Graal.

Alors que certains scientifiques essaient déjà de se raccrocher aux branches en expliquant qu’il faudrait parler de zone G plutôt que de point G, Kilchevski pense que les sensations particulières qu’on considère comme résultant de la simulation du fameux point G proviendraient de l’extrêmité du clitoris, voisine de la paroi antérieure du vagin, ce qui expliquerait la non-universalité du « point G » :

“My view is that the G-spot is really just the extension of the clitoris on the inside of the vagina, analogous to the base of the male penis »

C’est une hypothèse que j’ai déjà croisée à de nombreuses reprises dans mes lectures et qui, de mon point de vue d’ignorante, me paraît nettement plus plausible. Il conviendrait également de s’interroger sur le rôle de l’urêtre, apparemment encore mal connu, qui pourrait être responsable des fameuses éjaculations féminines. L’anatomie féminine recèle donc encore pas mal de mystères. Il est dommage qu’on en soit encore à batailler sur des légendes plutôt que de mener des études sérieuses sur le sujet.

Maïa Mazaurette conclut son article en disant :

« Mes condoléances à tous les auteurs de livres de sexo, à tous les éditeurs web et à tous les maquettistes de films porno, qui doivent maintenant refaire leurs couvertures. Du coup, ce serait bien que ça n’arrive pas trop souvent, des histoires pareilles… »

J’ai malheureusement bien peur que, vu le marché juteux que doivent représenter les guides pour trouver ce fameux point G, les sextoys spécial point G et autres produits surfant sur le même créneau, le mythe n’ait encore de beaux jours devant lui… Et puis il est tellement plus confortable d’avoir un mode d’emploi qui indique où trouver un bouton miraculeux que de devoir partir à l’aveuglette explorer le corps féminin!

Read Full Post »