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Archive for the ‘Guides pratiques’ Category

osez-le-sexe-ecoloJe me suis lancée dans cette lecture par curiosité, parce que je me demandais ce qu’il pourrait bien y avoir à dire sur le sujet, mis à part vanter les ébats champêtres ou les vibros fonctionnant à l’énergie solaire ou à l’huile de coude. Je savais d’autant moins à quoi m’attendre que les ouvrages de la collection Osez… sont de qualité très inégale, le meilleur côtoyant le pire. A la lecture de l’introduction, j’ai eu le sentiment d’être tombée sur un bon cru, mais j’ai rapidement déchanté.

Le postulat de base est que la planète va mal, que tout ce que nous faisons pollue, et qu’il est souhaitable que nous nous efforcions de polluer moins. L’auteur ambitionne de montrer que nous pouvons modifier nos habitudes sans y perdre en confort et clame haut et fort que, de nos jours, être écolo c’est sexy.

Les guides pratiques de la collection Osez… ayant pour point commun d’avoir un style léger et humoristique, c’est également ce que l’auteur a cherché à faire pour celui-ci. Et c’est là que le bât commence à blesser. Je trouve, en effet, que le guide n’est pas très réussi sur ce point. Non seulement il ne m’a pas paru drôle, mais il me semble que d’autres lecteurs aussi dépourvus d’humour que moi pourraient prendre au premier degré ce que Marc Dannam écrit, s’il ne prenait pas soin de préciser de temps à autre qu’il cherche à être amusant. De ce fait, il donne quasiment l’impression de tenir un double discours : d’un côté, il se tue à répéter qu’il veut montrer qu’être écolo c’est fun et sexy, et de l’autre il semble avoir voulu pondre un manuel de bonne conduite à l’usage des gens suffisamment masochistes pour vouloir tenter de séduire un hippie qui élève des chèvres dans le Larzac.

Sur le fond, je n’ai pas été plus convaincue. Il a beau dire, les propositions qu’il fait sont bien austères. Evidemment, ça consomme moins d’énergie de faire l’amour dans le noir qu’avec toutes les lumières allumées. Mais ses efforts pour convaincre les lecteurs que c’est beaucoup plus amusant dans le noir et les petits jeux qu’il propose pour pimenter la chose m’ont paru bien dérisoires. Dans d’autres cas, il n’a même pas de solution à proposer : il constate que baisser le chauffage fait, là encore, économiser de l’énergie, et que nu on risque d’avoir froid, et voilà… Enfin, il y a des passages où je me suis demandé s’il ne le faisait pas exprès. Ainsi, le chapitre consacré à l’alimentation propose un menu végétarien aphrodisiaque : salade de carottes, avocats farcis à la crème fraîche et au céleri et tiramisu!!! Il cherche à affamer et à faire fuir ses lecteurs ou quoi? N’importe quel livre/blog de cuisine végétarien ou bio propose des recettes bien plus alléchantes que ça!

Par ailleurs, au fil de la lecture, je me suis rendu compte qu’il n’y avait effectivement pas grand-chose à dire sur le sujet et j’ai eu l’impression que l’auteur faisait tout son possible pour délayer et faire du remplissage. Il s’attarde ainsi longuement sur les moyens de transport à emprunter pour se rendre à un rendez-vous galant, à la construction et à la décoration des maisons, ce qui s’éloigne tout de même pas mal du sujet du sexe. Et puis on trouve certains passages, comme tout un chapitre sur le Feng shui et un autre sur les positions du Kama sutra dont les noms évoquent la nature, et pour lesquels je me suis demandé ce qu’ils venaient faire là. A l’inverse, les thèmes qu’il aborde ne sont pas assez creusés. Ainsi, selon lui la peinture est à proscrire parce que toxique. Quid des peintures bios? Ou il consacre un chapitre qui pourrait être intéressant aux modes de contraception : la pilule aurait un impact néfaste sur les poissons. Mais il se borne à citer la pilule et les méthodes naturelles, comme s’il n’existait rien d’autre.

Les thèmes que j’attendais sont également abordés. Mais, là encore, je suis restée dubitative. Par exemple, il n’évoque que rapidement les lubrifiants bios et ne cite qu’une seule marque. Il explique que certains sex toys sont rechargeables mais, là encore, ne cite qu’un produit, alors qu’il en existe tout de même un large choix. Et, pour ce qui est des escapades crapuleuses dans la nature, il conseille de bien penser à se munir d’un matelas et d’une couverture. Je me suis sentie un peu déconcertée à la lecture de ce passage, n’ayant pas pour habitude de déménager quand je pars en rando pour la journée, et je me suis demandé si, dans un de ses autres ouvrages, Osez… faire l’amour partout sauf dans un lit, il explique en fait comment se faire un lit improvisé partout ailleurs que dans sa chambre… Dois-je préciser que je n’ai pas trop envie d’aller m’en rendre compte par moi-même?

Osez… le sexe écolo
Marc Dannam
La musardine

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Dans son Petit traité de l’érotisme, Michel Dorais faisait le constat que l’amour n’est pas facilement compatible avec le désir, car il repose sur la sécurité et l’intimité alors que le désir est alimenté par l’incertitude et le mystère. Esther Perel part du même constat, tout en faisant remarquer que cette sécurité est trompeuse : même si nous pensons tout connaître de notre conjoint, il peut cependant nous surprendre et rien ne garantit qu’il ne mettra jamais fin à la relation. L’objet de son livre est de donner des pistes pour tenter de remédier à cette création d’un terrain défavorable à la persistance du désir.

« Lorsque nous aimons, nous nous réjouissons à l’idée de tout savoir de l’autre. Or le désir a besoin de mystère. Alors que l’intimité croît avec la répétition et l’habitude, l’érotisme s’engourdit à leur contact. Il s’épanouit dans le mystérieux, le nouveau, l’inattendu. L’amour parle de posséder, le désir de vouloir. Expression d’une envie, le désir a besoin d’insaisissable. Ce qu’il a été nous intéresse moins que la façon dont il va encore pouvoir s’exprimer. Mais les couples, en s’installant dans le confort de l’amour, cessent trop souvent d’attiser la flamme du désir. Ils oublient que le feu a besoin d’air. »

 L’auteur, quoique belge, réside aux Etats-Unis où elle exerce en tant que thérapeute conjugale. Son livre est largement illustré d’exemples inspirés de ses patients et il m’a rappelé, en cela, celui de Catherine Blanc que j’ai lu il y a quelques mois, La vie sexuelle des femmes n’est pas celle des magazines. Si les deux sont intéressants, L’intelligence érotique me correspond néanmoins beaucoup plus. C’est dû à la fois au ton : j’avais trouvé Catherine Blanc un peu trop conservatrice, Esther Perel me semble plus ouverte d’esprit, et à la façon dont les problématiques sont abordées. J’avais déploré que Catherine Blanc ait une approche que j’avais qualifiée, de façon sans doute peu appropriée, de freudienne, car elle se focalisait trop à mon goût sur l’enfance et les rapports familiaux. Ceux-ci jouent nécessairement un rôle déterminant dont la façon dont nous nous construisons mais il me semblait réducteur d’analyser la sexualité d’une personne en se basant autant sur cet éclairage. Esther Perel évoque ce thème et lui consacre un chapitre, mais elle s’intéresse également beaucoup au couple, à son histoire et au jeu des relations entre les personnes qui le composent. C’est une approche qui me satisfait beaucoup plus. Autant je me suis senti étrangère aux propos de Catherine Blanc, autant j’ai retrouvé dans le livre d’Esther Perel des choses que j’avais pu expérimenter au cours de ma vie de couple, des questions que je m’étais posées ou sur lesquelles j’avais réfléchi.

Il ne faut pas s’attendre à trouver dans ce livre des solutions miracles, et c’est, à mes yeux, une qualité. Les solutions miracles, en effet, n’existent pas. Esther Perel nous invite à réfléchir sur nous-mêmes, à prendre du recul et à chercher à mieux nous connaître, afin de trouver en nous les pistes qui nous correspondent. Elle propose pour cela des axes de réflexion, incitant par la même occasion son lecteur à prendre conscience des idées reçues qui nous influencent (si elle s’adresse à un public américain, évoque largement la culture américaine et dresse par endroits un portrait idyllique et fantasmé des moeurs françaises, bien des aspects qu’elle évoque peuvent cependant tout aussi bien s’adresser à nous), à prendre du recul par rapport à elles et à réfléchir de façon objective.

Même si nous vivons une époque libérée sexuellement, où le sexe est étalé à loisir dans les médias, nous conservons cependant une part de malaise face à ce qui touche à la sexualité et le respect que nous pouvons éprouver à l’égard de notre conjoint ou la crainte de lui montrer une image de nous trop débridée peuvent constituer un frein à la sexualité.

 Les enfants représentent également souvent un bouleversement qui peut avoir des conséquences négatives sur la sexualité du couple. Ils renforcent en effet la nécessité de la sécurité et ne laissent pas de place à l’improvisation. Mais pas seulement :

« Au fil des années, j’ai remarqué que la place centrale accordée aux enfants n’était pas une simple question de mode de vie, mais parfois de configuration émotionnelle. Les enfants sont une vraie source d’enrichissement pour les adultes. Leur amour inconditionnel, leur dévouement total, insufflent du sens à nos existences. Le problème surgit lorsque nous faisons appel à eux pour obtenir ce que nous ne trouvons plus chez l’autre : l’impression que nous sommes spéciaux, que nous comptons, que nous ne sommes pas seuls. Transférer ces besoins affectifs d’adulte sur nos enfants représente pour ces derniers un fardeau trop lourd à porter. Pour se sentir en sécurité, ils ont besoin de savoir qu’il existe des limites à leur puissance et à ce qu’on leur demande de façon furtive. Ils ont besoin de nous voir vivre nos propres relations amoureuses, quelles que soient leur formes. Si nous sommes satisfaits sur le plan affectif et sexuel (disons, de façon raisonnable), nous permettons à nos enfants de développer leur propre indépendance, en toute liberté et en toute confiance. »

Par ailleurs, la mère se sent parfois le devoir de se sacrifier pour ses enfants et se consacre à faire des choses utiles, ne s’autorisant plus à penser à elle-même. De plus l’image que la femme a d’elle-même et le regard que son conjoint porte sur elle peuvent évoluer lorsqu’elle devient mère.

« La libération des femmes, qui a permis à leur sexualité de s’affirmer, doit encore franchir le seuil de la maternité, qui n’a rien perdu de son aura de moralité voire de sainteté. La désexualisation de la mère est un point d’appui des sociétés patriarcales traditionnelles, ce qui rend l’invisibilité sexuelle des mères occidentales mordernes particulièrement grave. Est-ce notre héritage puritain qui a privé la maternité de ses aspects sexuels? Sommes-nous convaincus que le désir sexuel est en conflit avec le devoir maternel? »

De nombreux couples sont confrontés à un moment ou à un autre à l’infidélité, les liaisons extra-conjugales étant propices à réveiller le désir émoussé par la vie en couple.

« Avoir une liaison implique un risque, un danger, une perturbation. Ce sont là des éléments qui alimentent l’excitation. dans l’univers retranché de l’amour adultère, on est à l’écart du reste du monde, et le lien se trouve renforcé par le secret qui l’entoure. Puisqu’elle n’est jamais exposée au grand jour, la magie de l’autre est préservée. Savoir si nos amis aiment ou non notre amant ou notre maîtresse ne nous inquiète pas, puisque personne ne les connaît. Les liaisons s’épanouissent aux marges de nos vies, merveilleusement loin des rendez-vous chez le dentiste, des impôts et des factures à payer. »

On peut contrôler les actes du conjoint, mais on n’a pas de prise sur ses sentiments, désirs, attirances. Plutôt que de chercher à priver le conjoint de sa liberté, Esther Perel nous invite à en prendre conscience et à l’accepter : respecter cette liberté, dans les limites qui conviennent à chaque couple de la simple acceptation que le conjoint puisse parfois être attiré par d’autres jusqu’au couple ouvert, la palette des possibles est très vaste), peut contribuer à rendre la relation plus forte.

L’auteur s’attarde également longuement sur les fantasmes. Nous avons souvent du mal à les accepter, parce qu’ils ne collent pas avec l’image que nous avons de nous-mêmes et de notre personnalité :

« Ce qui nous excite est bien souvent contraire à l’image que nous préférons donner de nous-mêmes, ou à nos convictions morales et idéologiques. »

Ils font néanmoins partie de nous-mêmes et consituent une facette de notre personnalité. Il est intéressant de les analyser pour mieux nous comprendre et savoir ce que nous recherchons et attendons de nos partenaires.

Dans le domaine des fantasmes, comme dans tous les autres, si Esther Perel invite beaucoup à l’introspection, elle ne juge cependant pas nécessaire et bénéfique de tout partager avec le conjoint : il est important de garder son jardin secret, et de se préserver un espace de liberté.

Je me suis contentée d’esquisser en quelques (!) lignes les prémices des principaux thèmes développés dans l’ouvrage. Je n’ai pas été d’accord avec tout ce qu’elle dit, forcément, mais j’ai trouvé dans l’ensemble ses propos pertinents et constructifs. Qui se lancerait dans la lecture du livre dans l’espoir d’y trouver des solutions toutes faites serait déçu et aurait l’impression qu’il n’apporte rien. Mais je l’ai trouvé au contraire très intéressant parce qu’il nous invite à considérer des évidences avec un oeil nouveau, à porter sur nous-mêmes un regard plus approfondi et plus objectif. Les solutions à nos problèmes sont propres à nous-mêmes et sont en nous, Esther Perel nous indique des pistes pour les chercher, en nous incitant à réfléchir et à nous questionner. Peut-être est-ce de là que vient le choix du titre?

L’intelligence érotique
Esther Perel
Editions Robert Laffont
Collection Réponses

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Est-il besoin de présenter encore le célèbre Dr Leleu? Il a commencé sa carrière comme médecin, avant de se tourner, à 45 ans, vers la psychothérapie. Il s’est principalement consacré au couple et à la sexualité et est l’auteur de nombreux ouvrages, dont beaucoup sont devenus des best-sellers.

La caresse de Vénus est le premier livre que je lis de lui. Je n’étais pas extrêmement motivée, je voulais simplement ne pas mourir idiote et me rendre compte par moi-même de ce que c’était, à force d’entendre parler de ses ouvrages. Je dirais que c’est plutôt une bonne surprise pour moi : je pensais que j’allais détester et je n’ai simplement pas aimé! Gérard Leleu est pour moi un peu le même style d’auteur que Coelho : il y a ceux qui trouvent ça génial et qui disent qu’il a révolutionné leur vie, et ceux qui trouvent que c’est creux et que c’est beaucoup de bruit pour rien. Je me classe plutôt dans la deuxième catégorie.

Avant d’évoquer le fond, je vais commencer par la forme. J’avais cru comprendre que Gérard Leleu avait un style assez particulier et poétique qui ravit ses adeptes et j’en étais assez effrayée. Et j’ai effectivement détesté ce style fleuri et ampoulé qui me semble totalement dépourvu de naturel. De plus, le fait que la majeure partie du livre est écrite à la première personne (c’est le clitoris qui parle!) me paraît mièvre et infantilisant. Bref, je n’adhère pas du tout!

 Sur le fond, le plan adopté est logique et structuré : après quelques rappels anatomiques (malheureusement, le livre ne comporte en tout et pour tout que 2-3 schémas que j’aurais, en outre, préférés plus lisibles), l’auteur traite de la masturbation, aborde ensuite les caresses manuelles et buccales prodiguées par le partenaire, puis en vient à l’érotisation du vagin et termine par le thème de l’orgasme. Le livre s’ouvre et s’achève également sur quelques rappels historiques. Les conseils prodigués sont progressifs et sensés… bien que pas toujours d’une clarté limpide. Et j’étais contente car j’ai appris des choses sur le plan physiologique. Ce qui m’ennuie, c’est que je me demande quel crédit je peux leur accorder.

Bien sûr, je ne suis pas médecin et n’y connais rien. Mais je reste dubitative car certaines choses qu’il affirme avec beaucoup d’autorité, comme par exemple qu’il faut nécessairement avoir connu l’orgasme clitoridien pour pouvoir connaître l’orgasme vaginal, que le coït se doit, pour la femme, de durer le plus longtemps possible, ou que l’orgasme du point G s’accompagne nécessairement d’une éjaculation et que, inversement, l’éjaculation féminine est déclenchée par un orgasme du point G, contredisent ma propre expérience ou celles de femmes avec qui j’ai eu l’occasion de discuter. De plus, il tient pour acquis l’existence du point G et en décrit l’emplacement et le fonctionnement, alors que l’existence de celui-ci n’a toujours pas été prouvée scientifiquement et que l’anatomie féminine semble être encore mal connue et soulever beaucoup de questions. Ceux qui sont intéressés pourront trouver un petit historique du point G ici et une série de trois articles sur le sujet que j’avais trouvé intéressants  et .

Quant à son discours concernant les sex toys, il m’a fait sauter au plafond! Il en déconseille tout usage autre qu’occasionnel, parce qu’il pourrait y avoir accoutumance, que les sex toys pourraient rendre la femme moins sensible aux caresses de son compagnon (je ne l’avais jamais entendue, celle-là!), et que de toute façon Gérard Leleu préfère le naturel! De façon générale, il semble avoir des idées assez conservatrices : clairement son livre s’adresse aux personnes qui sont en couple hétérosexuel stable. Il ne semble pas envisager d’autre forme de relation.

J’ai regretté également qu’il ne soit pas plus clair au niveau de ses sources. Il cite régulièrement des témoignages, mais on ne sait pas d’où ils sortent, et donne de temps à autre des statistiques mais, mis à part les classiques comme Kinsey, Master et Johnson et Hite, il ne dit pas d’où proviennent ces chiffres. Un exemple :

« 70% des femmes me font l’honneur de me caresser, chiffre qui est une moyenne entre différentes enquêtes. »

Pour moi, cette moyenne d’on ne sait pas quoi pourrait aussi bien sortir de son chapeau. Bien sûr, ce n’est qu’un point de détail, mais c’est pour moi une raison supplémentaire de douter de la rigueur de l’ensemble.

J’ai bien apprécié qu’il rappelle à plusieurs endroits qu’il n’y a pas une bonne technique, que chaque homme, chaque femme, est différent et apprécie des choses différentes, et qu’il faut pratiquement tout réapprendre à chaque nouveau partenaire. C’est un point de vue que je partage totalement. Mais j’aurais aimé qu’il se l’applique plus à lui-même, car je lui trouve, en de nombreux endroits, un ton très directif et péremptoire. Par exemple, dans le chapitre où il conseille les femmes qui ne se caressent pas pour démarrer dans cette pratique, s’il est très ouvert concernant la stimulation du clitoris proprement dite et se contente d’énumérer des manières possibles, il ne laisse pas d’options dans les « préliminaires », qu’il règle dans les moindres détails, allant jusqu’à préciser :

« Préparez aussi une théière ou une carafe de fruit de la passion. »!

J’ai également bien aimé qu’il insiste sur l’influence néfaste de Freud, qu’il s’élève contre la théorie de celui-ci comme quoi la stimulation clitoridienne est une forme de sexualité infantile et que la sexualité d’une vraie femme se doit d’être vaginale, l’orgasme vaginal en étant l’accomplissement, et qu’il défende le clitoris avec vigueur. C’est pourquoi j’ai regretté d’avoir parfois l’impression qu’il contredisait ce beau discours. Même s’il clame que la sexualité clitoridienne est tout à fait honorable, pour lui elle doit être au service de la sexualité de couple et a pour but principal l’érotisation du vagin. J’ai été un peu gênée que, lorsqu’il aborde le sujet des positions préférées des femmes pour se masturber, il incite les lectrices à privilégier non pas les positions qui leur semblent les plus confortables, mais celles qui sont les plus compatibles avec le coït, dans le but de se préparer à se caresser pendant les rapports sexuels. La femme est-elle indépendante sexuellement, comme il l’affirme haut et fort, ou doit-elle régir sa sexualité en fonction de partenaires éventuels? Et, dans le chapitre sur l’érotisation du vagin, il dit du premier orgasme vaginal :

« C’est l’événement le plus important de la carrière érotique d’une femme, celui qui la fait accéder à la majorité sexuelle, à la pleine féminité érotique. [… ] Elle accède alors à la maturité sexuelle. »

 Je veux croire que, sous une formulation maladroite, les intentions sont bonnes mais, au premier degré, on n’est pas si loin de Freud en fin de compte…

La caresse de Vénus
Gérard Leleu
Leduc.s Editions

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Osez… faire l’amour à un homme – match retour !

Après avoir lu – et détesté – le Osez les conseils d’une experte…, il m’a semblé judicieux de lire son pendant à titre de comparaison.  Je me suis donc fait couler un bon bain chaud, j’ai pris mon courage et le livre à deux mains, et j’ai bravement attaqué la lecture dudit bouquin.

Sur la première page, je vois le titre « Les gays, maîtres ès sexualités ». Je me dis : « Voilà un gars qui a de l’humour. » Je lis la première page… Eh bah non, apparemment il y croit. Là j’ai senti l’affaire mal engagée et commencé à regretter. Malgré tout, j’ai consciencieusement attaqué l’introduction. L’auteur y déclare son livre féministe et souligne plus loin ce que les féministes ont apporté aux femmes et aux gays. Ouf ! Un tel homme ne peut pas être foncièrement mauvais ! J’ai donc poursuivi courageusement ma lecture et m’en suis bien trouvée. En effet, rien à voir avec le guide de Servane Vergy!

Déjà, sa bibliographie et son parcours sont beaucoup plus limpides. Diplômé en philosophie et en psychologie, journaliste, il a suivi une formation en sexologie et est l’auteur de plusieurs guides et romans… qui ont fait pas mal de bruit. Ainsi, son roman Serial fucker, journal d’un barebacker, paru en 2003, a créé une polémique et suscité l’indignation de l’association Act up qui l’a accusé de prôner la contamination volontaire.

Le ton est également radicalement différent. Là où Servane Vergy reste très terre à terre et propose une sorte de « Comment devenir une bombe en 10 leçons », Erik Rémès a une approche beaucoup plus théorique et idéologique. Par moments, j’aimais bien son discours, à d’autres il m’est arrivé de me demander s’il n’avait pas fumé la moquette. L’idée générale, c’est que la libération sexuelle a été un leurre, que les couples hétérosexuels, qui sont la norme, sont englués dans une sexualité monotone, traditionnelle et dépourvue d’imagination, et que tous devraient se libérer pour parvenir à l’épanouissement sexuel, le tout devant se faire dans une atmosphère de respect, de communication et d’amour entre les différents partenaires, même de passage. Un petit extrait vous donnera une idée de l’esprit du livre :

« L’acte sexuel ne se réduit pas, comme voudrait nous le faire croire la propagande nataliste, au simple coït vaginal et reproducteur. Libérés de l’injonction reproductive, nous pouvons mettre en place un grand nombre d’approches préliminaires et autres activités érotiques des plus originales : les caresses génitales, les excitations orogénitales, les relations anales, et patati et patata, mais aussi le fist-fucking, les jeux uros, sadomaso, etc. »

Le livre se lit facilement. La lecture en est plaisante et drôle mais, là encore, d’une façon totalement différente des Conseils d’une experte. Là où Servane Vergy utilisait des clichés pour faire rire, Erik Rémès joue sur les mots, joue avec les registres de langage. Et je préfère ça de très très loin !

Pour ce qui est du contenu, il couvre un peu tous les aspects de la sexualité. L’ouvrage est divisé en 5 chapitres :
– L’homme, cet inconnu
– Comment lui faire l’amour
– Anus dei
– Les jeux de l’amour (dans lequel il évoque des pratiques aussi diverses que le bondage, l’échangisme, le SM…)
– Safe sex

Plusieurs choses m’ont étonnée. Par exemple, le premier chapitre démarre par un sous-chapitre « Comment lui parler » dans lequel il évoque l’utilisation qui peut être faite des mots crus pendant l’amour. Je ne me serais pas du tout attendue à ce qu’un guide commence par ça ! Et puis, bien que le guide soit ouvertement à destination des femmes, il y a  à plusieurs endroits quelques pages de conseils « à glisser dans l’oreille » de son partenaire sur la façon de faire l’amour à une femme.

C’est un guide Osez, donc il s’adresse aux débutants (il y a même quelques pages consacrées à la première fois !). Quelqu’un d’un tant soit peu expérimenté n’y apprendra pas grand-chose. Toutefois, par la richesse de son contenu et la variété des thèmes abordés, il m’a rappelé l’excellent Osez la sodomie. Erik Rémès ne prétend pas tout expliquer mais invite à la découverte et propose des pistes à explorer : il invite par exemple ses lectrices à se documenter sur la pratique du massage, les exercices de Kegel… Là où Servane Vergy imposait, lui propose et suggère à chaque fois tout un éventail dans lequel chacun peut piocher ce qui lui convient (il passe sans arrêt d’une page à l’autre de pratiques très soft à d’autres plus hard et inversement). Pour lui, l’essentiel est de se faire plaisir, s’amuser, explorer. J’en ai retenu beaucoup plus d’idées de petits trucs à essayer que dans le Servane Vergy.

En résumé, si vous hésitez entre le Osez les conseils d’une experte… et le Osez les conseils d’un gay, précipitez-vous sur celui qui est infiniment meilleur à tous égards!

(Pour vous les filles) osez… les conseils d’un gay pour faire l’amour à un homme
Erik Rémès
Editions La Musardine
Collection Osez

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Satisfaction , l’art de l’orgasme féminin est un livre qui a pour projet ambitieux de donner les clés aux couples pour un meilleur épanouissement sexuel de la femme.

Les deux auteurs Mark Levinson et Kim Catrall sont en couple dans la vie. J’ai lu ce livre sans a priori aucun puisque je n’ai jamais vu un seul épisode de la série TV Sex & the City dans laquelle joue Kim Catrall.

Le livre est beau en soi, la couverture est souple et satinée, le papier de grande qualité. L’éditeur a produit un joli travail.

Ce livre s’adresse avant tout à des hétérosexuels en couple stable. Outre la sexualité, il aborde la thématique du couple en général. Des notions triviales telles que l’écoute, la communication et la confiance, le respect qui sont les fondements de la réussite d’un couple sont évoquées. Même si une piqûre de rappel est parfois nécessaire, le côté très convenu et bien pensant de ces considérations m’ a légèrement lassée.

Les conseils techniques sont très précis et plutôt efficaces : caresses, positions favorables à l’orgasme, jeux de doigts et de langue variés sont décrits en détail. De multiples illustrations étayent le propos. Leur mise en pratique en est facilitée.

Les illustrations de Fritz Dury m’ont d’ailleurs paru particulièrement réussies. Sobres mais sans fausse pudeur et sans voyeurisme, elles dégagent pour beaucoup une puissante sensualité. Les corps sont représentés dans toute leur beauté sans céder aux stéréotypes physiques en général délivrés par l’industrie pornographique.

En dépit d’un avertissement qui m’ a surprise « Certains des actes décrits dans ce livre sont illégaux dans certains états américains », le livre n’est pas vraiment révolutionnaire dans son contenu mais beaucoup plus sur la forme qui est vraiment attrayante. Il se dégage beaucoup de douceur, de respect et de plaisir. Il est pour moi un livre à lire à deux qui constitue une excellente base de discussion et d’expression de ses désirs.


Satisfaction, l’art de l’orgasme féminin
De Kim Catrall et Mark Levinson
Illustré par Fritz Drury
Les Presses Libres

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Il n’est pas évident de trouver des informations biographiques à propos de Servane Vergy. Les quelques bribes que j’ai pu glaner proviennent de son blog, qu’elle a créé à peu près au moment de la sortie de ce petit livre. Elle s’y décrit comme « auteur de guides pratiques et d’essais sexy ».

Elle dit avoir écrit pour la collection Marabout, est donc l’auteur de ce petit livre paru chez La Musardine, et a depuis publié aux Editions Blanche Le petit livre rose de la serial loveuse qui, si j’en crois la présentation de l’éditeur, doit ressembler pas mal à celui-ci, si ce n’est qu’il s’adresse à un public différent : les femmes qui veulent séduire un homme (ou plusieurs) et non pas celles qui veulent garder le leur. Elle se définit également comme « une féministe qui s’épile » ce qui, au vu du choix de la formule, m’inciterait à penser qu’elle n’est justement pas féministe pour un sou.

Ce petit fascicule Osez a beaucoup en commun avec les magazines féminins : rapide et plaisant à lire, plein d’humour, il a le même ton péremptoire et la même vacuité. Voilà résumé en quelques mots tout le bien que j’en pense…  Je vais essayer d’expliquer un peu pourquoi je suis aussi négative.

Je n’ai pas aimé le ton familier qu’elle emploie pour s’adresser aux lectrices. Je n’ai pas aimé les stéréotypes dont son ouvrage est bourré. Pour reprendre les propos d’Alias, qui pense à peu près autant de bien que moi de ce guide, ces stéréotypes ne sont  flatteurs ni pour les femmes ni pour les hommes.

D’ailleurs, l’auteur reconnait elle-même ne pas avoir fait dans la dentelle, puisqu’elle décrit son guide sur son blog comme

« à mi-chemin entre le manifeste antiféministe et le guide de la femme soumise par choix devant son mâle dominant (au lit seulement, hein, faut pas exagérer) »

Si son but était de faire de l’humour, je pense qu’un petit peu plus de subtilité n’aurait pas fait de mal.

En ce qui concerne le contenu, il y a quelques astuces intéressantes, notamment au niveau des techniques de masturbation, mais je n’y ai globalement pas appris grand-chose, et je suis loin de me considérer comme une experte. Les conseils un peu techniques me paraissent assez légers et manquent cruellement de figures explicatives. L’idée de base, à laquelle je souscris tout à fait, est que ça ne sert à rien de se forcer si on n’est pas tentée par une pratique et qu’on ne fera vraiment bien que ce qu’on a plaisir à faire. Elle incite donc les femmes à prendre du plaisir au sexe et, pour cela, à explorer leur propre corps pour apprendre à se donner elles-mêmes du plaisir. Jusque-là, tout va bien. Sauf que très vite elle passe à un discours du type « de toute façon, si vous ne faites pas ça, votre homme ira voir ailleurs », et là je ne la suis plus du tout.

Elle me paraît à des années lumières de l’excellent Osez la sodomie. Alors que Coralie Trinh Thi fait preuve de beaucoup de respect vis-à-vis de ses lecteurs, n’imposant rien, respectant les idées possibles de chacun, proposant toujours plusieurs voies alternatives, Servane Vergy impose sa vision de l’amante idéale, de la façon dont elle doit s’habiller, se comporter, des pratiques qu’elle se doit de maîtriser, et va jusqu’à exposer sa propre conception de la façon de réagir à une infidélité, ce que je trouve assez cavalier. Là où Coralie Trinh Thi accomplit le tour de force d’aborder une multitude de sujets très variés et, malgré le petit format du livre, de proposer pourtant des idées intéressantes parmi lesquelles même ceux qui ne souhaitent pas pratiquer la sodomie peuvent trouver des choses à glaner, celui de Servane Vergy me paraît creux et frivole : il effleure tout, n’approfondit rien, et, au final, n’apporte pas grand-chose.

A moins que vous ne cherchiez une lecture humoristique pour vous détendre une heure, je vous conseille de passer votre chemin et de choisir un autre guide, tel que le Hot sex de Tracey Cox qui, dans le même genre, se lit tout aussi facilement et a un contenu beaucoup plus riche ou Le petit guide de la sexualité épanouie  qu’Alias a beaucoup apprécié.

Osez… les secrets d’une experte du sexe pour rendre un homme fou de plaisir
Servane Vergy
Editions La Musardine
Collection Osez

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Pour mon premier essai avec un petit guide de la collection Osez, j’ai eu la chance de tomber sur un bon cru. En effet, j’ai trouvé ce petit guide très complet et j’ai beaucoup aimé le ton, à la fois humoristique et léger mais aussi sérieux et bien documenté. J’ai aussi été étonnée de la richesse du contenu, compte tenu du format. Coralie Trinh Thi traite, en effet, de la sodomie sous tous ses aspects et aborde même pas mal de sujets connexes.

Néanmoins, du fait des contraintes liées au format, qui ne permettent pas d’approfondir énormément, ce petit livre n’apportera pas grand-chose à ceux qui sont déjà expérimentés dans la pratique. Comme les autres guides de la collection Osez, celui-ci s’adresse aux débutants. Mais aussi à ceux qui, sans être décidés à pratiquer, hésitent à franchir le pas ou sont simplement curieux de s’informer sur le sujet. En effet, l’auteur prend soin de toujours laisser libre son lecteur. Elle se contente de présenter les différentes options afin que chacun choisisse la voie qui lui convient le mieux en toute connaissance de cause. Et j’ai beaucoup aimé cet état d’esprit. De même, elle insiste énormément sur l’importance du respect, de la confiance et de l’écoute entre les partenaires. Même liberté dans le choix des configurations possibles : elle aborde tous les cas de figures, le « donneur » comme le « receveur » pouvant indifféremment être un homme ou une femme.  

Pour ce qui est du contenu, elle commence par faire des rappels historiques afin d’expliquer notamment d’où vient cette mauvaise presse qu’a la sodomie, avant de passer en revue tous les préjugés qui existent contre cette pratique. Sans chercher à convaincre le lecteur réfractaire de changer d’opinion, elle s’attache à démonter les préjugés erronés afin que ledit lecteur puisse choisir si cette pratique est pour lui ou non selon des critères objectifs.

Elle en vient ensuite aux choses sérieuses : elle rappelle quelques notions d’anatomie, s’arrête le temps d’un chapitre sur l’hygiène, fondamentale pour cette pratique, et aborde des thèmes tels que l’épilation ou la lubrification. Elle prend soin de démentir cette idée reçue qui veut que la sodomie soit fatalement douloureuse. Au contraire, si ça fait mal, c’est qu’il y a un problème et qu’il faut arrêter tout de suite, d’où le danger qu’il peut y avoir à utiliser des gels à effet anesthésiant.

Après une brève introduction aux sex toys, elle  développe longuement les préliminaires et explique comment érotiser la zone, que ce soit sur soi-même ou sur autrui. Enfin, elle s’intéresse à l’acte en lui-même et dresse un tableau des différentes positions qui peuvent être adoptées, à deux ou plus. L’ouvrage s’achève sur un très court chapitre sur le tantrisme, qui en dit juste assez pour donner envie au lecteur d’aller plus loin.

A mon sens, la variété des thèmes abordés en fait un livre qui n’est pas forcément à lire de la première à la dernière page, mais peut-être plutôt à picorer en fonction des besoins de chacun.

Osez la sodomie
Coralie Trinh Thi
La Musardine

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