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Oh my god!

Mortimer Granville est un jeune médecin idéaliste qui se fait chasser de tous les hôpitaux de Londres parce qu’il veut bousculer les traditions pour mettre en pratique les connaissances médicales modernes, dans le but de sauver des vies. En désespoir de cause, il est recruté par un médecin spécialisé dans le traitement des femmes diagnostiquées hystériques, qui est débordé. Mortimer se met à la tâche avec tellement de zèle pour soulager ses patientes, qui sont en fait en manque de plaisir, qu’il commence rapidement à ressentir des douleurs handicapantes à la main. Une invention de son ami d’enfance lui donne l’idée de fabriquer un instrument susceptible de remplacer la main : c’est ainsi que naît le vibromasseur.

Bien que le sujet soit tout à fait scabreux, Oh my god est une comédie tout public, et même très chaste! Ce n’est pas un grand film et il est malheureusement beaucoup trop prévisible. Après les 5 premières minutes, j’aurais déjà pu dire comment ça allait se terminer et j’ai regretté que les personnages soient très archétypaux et dépourvus de nuances si bien que, s’ils sont sympathiques, ils ne sont pas très intéressants. Cependant, c’est un film de détente agréable et je me suis bien amusée.

Pour le fond, en dépit de l’indication au début du film comme quoi celui-ci est basé sur des faits réels, il est visiblement très romancé et je vous renvoie à l’excellent article d’Agnès Giard pour plus de détails.

Shame

Dans ce film infiniment plus sombre que le précédent, il est question d’addiction au sexe. Brandon mène une vie en apparence normale, mais il est en constante recherche de plaisir sexuel, qu’il prend où il le trouve : masturbation, prostituées, rencontres éphémères, pornographie. L’arrivée de sa soeur, fragile et qui cherche désespérément à être aimée, va chambouler son existence bien réglée.

Beaucoup de sexe mais pas de sensualité dans ce film très froid, très clinique. Peu de dialogues. Pas de tendresse : Brandon en semble incapable. Et pourtant, malgré toute la froideur dont fait preuve le personnage joué par Michael Fassbender (qui a eu le prix d’interprétation masculine à la Mostra de Venise pour ce rôle), son vernis craque souvent et le laisse en proie à ses émotions. De même, dans ce sexe aseptisé, j’ai trouvé certains passages émouvants, comme celui où Brandon s’emploie à séduire une de ses collègues, parce qu’on y retrouve les petites maladresses caractéristiques des débuts de relation. L’ambiance est cependant plutôt glauque et certains passages font froid dans le dos.

Bien que les deux héros soient perdus dans une solitude évidente, je n’ai pas eu l’impression que le film était porteur d’un message mais plutôt qu’il montrait. Ce sentiment est sans doute renforcé par le fait que je n’ai pas pu m’attacher au frère et à la soeur (Carey Mulligan est également très bien mais son personnage était trop larmoyant à mon goût pour que je puisse ressentir de l’empathie).

Esthétiquement, c’est un film très réussi, très beau. Tout y est soigné, tant sur le plan visuel que sur celui de la musique, l’interprétation est impeccable, beaucoup de soin est apporté aux petits détails et j’ai bien aimé le jeu ambigu sur les faux semblants qu’il y a à certains moments. Il m’a semblé cependant qu’il manquait un petit quelque chose : j’aurais aimé que, au-delà de cette ambition esthétique, le film creuse un peu plus, et en apprendre davantage sur les personnages et notamment sur leur passé.

C’est néanmoins un film qui mérite très largement le détour et dont on ressort secoué.

Céline en parle très joliment.

 

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Matt, un glaciologue anglais se remémore sa relation avec une étudiante anglaise Lisa. Des bribes de leur histoire nous parviennent à travers son regard.
Ce film est extrêmement découpé, les scènes se succèdent dans un contraste saisissant :
– la solitude actuelle de Matt dans l’immensité blanche et silencieuse de l’antarctique.
– L’intimité du couple sur fond de mélodies aériennes d’un piano
– Concerts de rock bruyant et peuplés.
Les 9 chansons des concerts qui égrènent ce film sont comme un compte à rebours inéluctable jusqu’à la fin annoncée de leur relation.

Nous ne savons que peu sur ce couple, nous les connaissons uniquement qu’à travers leurs relations physiques : sont-elles le reflet exact de ce qu’est leur couple ? Là est ma frustration, j’aime profondément les caractères humains mais là nous ne pouvons que deviner qui ils sont. Elle : égoïste, insouciante qui livre d’elle que ce qu’elle veut et prend des autres ce qu’elle peut. Lui, respectueux, patient et compréhensif. S’aiment-ils ? Autant que le peuvent deux personnes qui n’ont pas les mêmes attentes et qui ne communiquent que difficilement en dehors du domaine sensuel.

L’intimité est filmée sans artifices. Il ne s’agit ni de faire joli, ni de verser dans la performance mais d’essayer de s’approcher au plus près d’une réalité sensuelle. De ce point de vue, le réalisateur a réussi son pari. Les peaux sont filmées sans maquillage, sans éclairage embellissant : nous pouvons distinguer leurs pores et toutes leurs petites imperfections. C’est magnifique. Les acteurs sont d’une jolie banalité qui ne les rend que plus charmants et touchants ainsi que plus proches de nous.

Les scènes de concert sont loin d’être toutes réussies. J’ai trouvé la plupart du temps leur qualité sonore insuffisante.

Les scènes de sexe variées paraissent naturelles et sont joliment filmées. J’ai souvent aimé la lumière et l’ambiance de ces scènes qui offrent pour beaucoup de jolis moments de complicités. Les acteurs sont vraiment confondants dans leur rôle. Le réalisateur a laissé une grande place à l’improvisation des acteurs.

Au fur et à mesure du film, les scènes se font plus explicites. Nulle fausse pudeur, les sexes sont montrés mais sans gros plans clinique. Le réalisateur a choisi comme scène sexuelle finale une pénétration « classique » très explicite et finalement je trouve que cela est un très mauvais choix. Non seulement, il s’agit certainement de la scène la moins réussie, mais aussi parce que la placer en toute fin revient à la présenter comme un but en soit, une sorte de zénith de ce film. Finalement, non, filmer le sexe ne se résume pas à montrer une simple pénétration quelle qu’elle soit : cela dessert toutes les autres scènes qui, elles, étaient réussies. Et c’est vraiment dommage…

Au delà de tout ça, ce film m’a invité à me poser pas mal de questions. Je ne suis pas amatrice de films érotiques ou pornographiques. Le peu que j’ai pu en voir, m’a généralement ennuyée voire agacée. Mais finalement, ce film  banalise le sexe et le considère comme une activité comme les autres pouvant être l’objet de jeux d’acteurs…

9 Songs de Michael Winterbottom (2004)
Avec  Kieran O’Brien, Margo Stilley
Durée : 69 min
Interdit au moins de 18 ans

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