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Archive for the ‘Expositions’ Category

Ceux qui me suivent sur l’autre blog ont dû remarquer que j’ai la fâcheuse manie de me précipiter en urgence pour voir les expositions juste avant qu’elles ne se terminent. Je n’ai malheureusement pas fait exception avec celle-ci. Donc, dans la série « ce que vous avez peut-être pu voir si vous avez été plus rapides que moi », je vais vous parler de l’exposition sur Casanova qui se tenait à la BNF, sur le site François Mitterrand, et qui s’est terminée… aujourd’hui!

Cette exposition tire son origine de l’acquisition qui a été faite en 2010 par la BNF des 3 700 pages du manuscrit de l’Histoire de ma vie de Casanova. Dans chacune des salles étaient présentés des extraits de ce manuscrit. L’exposition retraçait la vie de Casanova, selon un parcours tant chronologique que thématique. Elle était riche et intéressante car de nombreux objets et documents venaient illustrer les pages écrites par le célèbre aventurier. J’ai pu ainsi voir des documents écrits (lettres de personnes ayant cotoyé Casanova mais aussi manuscrit de Goldoni ou partition de Mozart), de nombreux tableaux, notamment de Nattier ou de Canaletto, montrant les lieux et personnes qu’il a connus ou des moments de la vie quotidienne au 18ème siècle. Mais il y avait également des extraits de films, de la musique d’un compositeur que Casanova appréciait et de nombreux objets : vêtements, cartes à jouer, armes, nécessaire de voyage, instruments de médecin… L’exposition était, de ce fait, très vivante.

 Le plus intéressant et le plus émouvant à mes yeux était cependant ces pages écrites de la main de Casanova. Autant que la lecture, j’aime les livres en tant qu’objets. Il y a quelque chose de sensuel dans un livre. Et j’éprouve une fascination particulière pour les vieux papiers. Bien évidemment, le plaisir de voir un manuscrit sous une vitrine n’est en rien comparable à celui de pouvoir le toucher et en tourner les pages, mais j’y trouve malgré tout quelque chose d’émouvant.

L’Histoire de ma vie, chose que je ne savais pas ou que j’avais oubliée, a été écrite en français, langue que Casanova a apprise dans les années 1750 avec Crébillon (le père, cette fois, pas l’auteur des Egarements du coeur et de l’esprit). J’ai été étonnée de la facilité avec laquelle le manuscrit se lit : l’écriture est belle, nette. Certains passages sont soulignés mais il y a relativement peu de ratures. L’une des premières salles montre des brouillons qu’il utilisait : listes ou anecdotes jetées sur des bouts de papier, des factures. Le manuscrit doit donc correspondre au jet final. J’ai néanmoins été étonnée de sa propreté.

S’il n’y a pas (plus?) de page consacrée à l’exposition sur le site de la BNF, une vidéo disponible sur le site donne néanmoins un bon aperçu du contenu de l’exposition. Ce qui m’étonne, c’est que cette vidéo insiste sur le seul trait caractéristique de Casanova que le grand public retient : sa réputation de séducteur. Evidemment, c’est plus vendeur, mais ce n’est pourtant pas ce que j’ai retenu de la lecture de l’Histoire de ma vie que j’ai faite il y a une quinzaine d’années, sans doute parce que ce n’est pas ce qui m’a le plus intéressée, et j’ai trouvé, au contraire, que cet aspect était relativement peu développé dans l’exposition, qui laisse la part belle à toute la richesse de la personnalité et de la vie du célèbre vénitien.

 Je perçois Casanova bien moins comme un don Juan que comme un perpétuel amoureux. S’il a accumulé, et même parfois cumulé, les aventures éphémères, il se décrit dans ses mémoires comme soucieux des femmes qu’il fréquentait, soucieux de leur venir en aide quand il le pouvait et de savoir ce qu’elles devenaient au fil des ans. Par ailleurs, il n’a pas toujours été gagnant aux jeux de l’amour et a connu des déconvenues et des chagrins amoureux, même dans sa jeunesse.

S’il n’a pas connu le destin brillant auquel son ambition aspirait, et si son existence a connu plus de bas que de hauts, il a néanmoins mené une vie extraordinaire, qui suffirait largement à remplir plusieurs existences. Il a voyagé partout en Europe, de Londres à Saint-Pétersbourg et de Madrid à Constantinople. Il a exercé toutes sortes de métiers : tenté par la médecine, il faillit devenir ecclésiastique, fut brièvement musicien et se fit au cours de ses voyages homme d’affaires, espion, diplomate… Il a rencontré nombre de célébrités de son temps, souverains, penseurs et artistes, alchimistes, aventuriers. Et, surtout, il s’est intéressé à tout et a écrit sur beaucoup de sujets : agriculture, économie, mathématiques, sciences humaines…

Casanova est, à mes yeux, ce qu’on appelait au temps de la Renaissance un honnête homme : quelqu’un qui a une vaste culture sur tous les sujets. Le moteur de sa vie semble être cet appétit insatiable, cette curiosité dévorante qui le caractérisent. Autant que le goût des plaisirs, Casanova a le goût et la soif du savoir, il est en apprentissage permanent. S’il semble que cette curiosité se soit naturellement étendue au sexe féminin, c’est cette qualité que je trouve la plus fascinante chez Casanova et qui est, à mes yeux ce qui est le plus intéressant chez lui et ce qui le caractérise le mieux, bien plus que ses conquêtes.

 L’acquisition de ce manuscrit par la BNF rend possible la réalisation d’une nouvelle édition de l’oeuvre de Casanova dans la Pléiade, dont le premier tome paraîtra dès cette année. Je crois bien que je vais me laisser tenter. Je ruminais une possible relecture de cette autobiographie monumentale et l’édition de la Pléiade sera sans doute en tous points supérieure à la mienne, tant du fait de la beauté du livre que de la richesse de son contenu et, surtout, de son appareil de notes.

D’ici là, je compte me lancer dans une oeuvre plus courte et dont j’espère venir à bout plus rapidement. J’ai, en effet,  appris sur le blog de La muse galante qu’était publiée la correspondance du prince de Ligne, ami de Casanova et l’un de ses premiers lecteurs, avec le mémorialiste, et je me suis empressée d’ajouter ledit livre à ma LAL!

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Les habitués de Solidays sont a priori familiers de cette exposition, qui se veut pédagogique sur un mode ludique, puisqu’on peut l’y voir tous les ans. Pour ma part, n’ayant jamais été à Solidays, je n’en avais jamais entendu parler. L’affiche m’a sauté aux yeux un matin de la semaine dernière alors que je m’engageais sur la place de la Bastille (heureusement pour le cycliste qui traversait la place un peu à la hussarde à ce moment là qu’il s’est rendu compte que je n’étais plus tout à fait attentive à ce qui se passait sur la route…) et je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir ça.

Au niveau des informations pratiques, ça pêche un peu ! Il est bien indiqué que cette exposition, organisée par Solidarité Sida, se tient du 19 novembre au 4 décembre, et qu’elle est gratuite, mais aucune des nombreuses affiches placardées dans le quartier ne mentionne les horaires d’ouverture! J’ai enfin avisé un petit papier à l’entrée qui indiquait que ladite exposition était ouverte de 15h à 20h et, comme j’avais pu lire sur différents sites qu’il fallait compter 45 minutes de visite, j’ai quitté hier mon travail plus tôt que d’ordinaire afin d’y arriver pour 19h… et je me suis fait refouler! Un vigile m’a indiqué qu’ils fermaient en fait vers 19h-19h30… Fallait le savoir! Je comptais faire une nouvelle tentative aujourd’hui mais j’étais plongée dans des simulations de budget que je voulais terminer, si bien que j’ai laissé passer l’heure sans m’en rendre compte. Comme je vais être occupée ce week-end par mon petit monstre… et ce satané budget, je ne retenterai pas l’aventure avant la semaine prochaine.

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