Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Bandes dessinées’ Category

9782756027135_cgD’ordinaire, j’évite de chroniquer une série tome par tome. Je préfère de loin faire un seul billet pour l’ensemble, d’une part pour ne pas spoiler, et d’autre part parce qu’il n’y a pas forcément grand-chose à dire sur un seul tome. Je fais cependant exception à la règle aujourd’hui, parce que j’avais rédigé l’année dernière un billet sur le premier tome de Magasin sexuel, et qu’il me semble logique d’achever ce que j’ai commencé. Pour une fois, cependant, je vous livre un billet paresseux, parce que j’ai peu de chose à ajouter à ce que j’ai dit alors, et que j’aurais quasiment pu recopier ce que j’ai écrit à propos du premier tome.

Et d’ailleurs, je vais honteusement recopier la présentation que j’avais rédigée alors, étant donné que je ne me sens pas inspirée pour faire mieux et que je ne comptais de toute façon pas en révéler plus que ce que j’ai dit pour ce premier tome :

« Monsieur le maire des Bombinettes, « charmante bourgade de 234 âmes » et patrie de cette célèbre boisson, le Bombinou, avait déjà fort à faire entre ses soucis ménagers, les requêtes de ses administrés et une enquête d’envergure internationale : quelqu’un a volé le « i » de l’enseigne du « Bar du coin », sûrement un coup des anglais ou des belges! Il n’avait pas besoin que l’apparition d’un « sekchop » au marché hebdomadaire du village déclenche les foudres des habitants. La responsable du scandale est Amandine qui, obligée d’arrêter ses études pour gagner sa vie, vient de reprendre l’échoppe de son père en changeant d’activité, car elle trouve plus amusant de vendre des canards vibrants que des tuyaux. »

Je n’irai cependant pas jusqu’à recopier le commentaire que j’avais fait, car mon sentiment, à l’issue de ce second et dernier tome, est un peu plus tiède. J’ai encore apprécié les dessins, aux couleurs acidulés, et plutôt mignons. J’ai encore souri à plusieurs reprises en découvrant la suite des aventures d’Amandine et du maire. Toutefois, j’ai été plus frappée par les clichés sur les petits villages et leurs habitants et, de ce fait, j’ai trouvé l’humour un peu facile. Par ailleurs, ce second tome m’a paru un peu plat, même si le dénouement m’a surprise et, de ce fait, m’a plu. C’est divertissant, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, pour rester dans le thème de la couverture. Je sais, c’était facile… Mais j’avais prévenu que c’était un billet paresseux!

Je termine en rappelant, si besoin était, que la BD n’a rien d’érotique et que sa présence sur ce blog tient uniquement à la nature du commerce que tient Amandine.

Magasin sexuel
2 tomes (série finie)
Turf
Delcourt

Read Full Post »

Si le nom de Georges Lévis ne vous est pas familier, ses dessins vous rappelleront cependant forcément des souvenirs, pour peu que vous ayez grandi dans les années 70s. En effet, ce monsieur, de son vrai nom Jean Sidobre, fut l’illustrateur de la célèbre série le Club des cinq.

Cette édition regroupe l’intégralité des aventures de Liz et Beth, qui commencèrent à paraître dans la revue Multi en 1975 et dont la publication se poursuivit sur divers supports jusqu’en 1993. L’histoire peut se résumer en deux mots : Annie et Claude ont grandi, sont devenues nymphomanes et évoluent dans un monde où les gens qu’elles rencontrent ne pensent qu’au sexe! Du fait que leurs aventures étaient publiées en feuilletons, les différents épisodes sont très courts, et donc assez abracadabrants.

Néanmoins, alors que si Liz & Beth avait eu un autre auteur, j’aurais sans doute encore ronchonné contre la faiblesse du scénario… et accessoirement contre les tendres sentiments qui unissent Liz, la blonde, une douce divorcée, et Beth, la brune, dotée d’une forte personnalité et d’un mari ouvert d’esprit, j’ai, pour une fois, apprécié ma lecture de cette BD, pour plusieurs raisons.

Déjà, je suis fan de ses dessins depuis que je suis petite, et donc, son style pour ces aventures érotiques étant identique à celui des illustrations du Club des cinq, pas très objective. Et j’apprécie qu’il soigne autant ses dessins d’hommes que de femmes, chose trop rare à mon goût! D’autre part, si les intrigues sont peu crédibles, elles sont néanmoins construites et cohérentes. Par ailleurs, j’ai aisément pardonné leur rôle de prétexte à toutes sortes de situations sexuelles exotiques, parce que Georges Lévis y a instillé de l’humour, de l’esprit et des allusions amusantes. Ainsi, par exemple, Beth prête à Liz le journal intime de son aïeule Sophie, enfant souvent punie pour ses bêtises, dans lequel elle raconte son initiation sexuelle avec son cousin Paul.

Dans les différentes aventures que vivent Liz et Beth en ville, à la campagne ou dans des pays exotiques, il y a des éléments qui reviennent souvent, comme des marottes de l’auteur :

– le saphisme… et accessoirement le recours à des godes-ceintures

– les matrones à l’air sévère qui initient des adolescents aux choses du sexe, au besoin en recourant au chantage ou à la contrainte. Ce n’est pas l’aspect que j’ai préféré, même si l’auteur le traite d’une façon qui ne fait malsaine mais est, au contraire, plutôt attrayante.

– les héroïnes portent toujours de la lingerie sophistiquée. Elles me font, dans l’ensemble, penser à des élégantes des années 50s bien plutôt qu’à des femmes des années 80s, même s’il leur arrive de porter des strings. Porte-jarretelles et bas sont de rigueur. Soutien-gorges, guépières et petites culottes sont magnifiques. J’avais pratiquement envie de foncer dans un magasin de lingerie à chaque page!

– les fessées, nombreuses et variées, données et reçues par des hommes ou des femmes dans des circonstances diverses, mais souvent appétissantes!

Moi qui ai du mal à trouver mon bonheur en matière de BD, j’ai été charmée par ce gros album (plus de 300 pages), léger, plaisant et raffiné. J’ai bien envie de découvrir le reste de sa production et ai déjà rajouté un autre titre de lui à ma LAL.

Liz & Beth
G. Lévis
Editions Delcourt

Read Full Post »

Riverstone est le pseudonyme d’un dessinateur, sculpteur et peintre français. Après avoir étudié l’architecture, c’est vers la bande dessinée qu’il s’est tourné pour gagner sa vie. De 1980 au milieu des années 90s, il a collaboré à plusieurs revues et a publié des albums, tels que Thamara et Juda ou Nagarya. Il s’est ensuite tourné vers l’animation 3D.

Judith et Holopherne est inspiré d’un épisode bien connu de la Bible. Je vous rappelle brièvement les faits : Nabuchodonosor, qui régnait sur les Assyriens, a demandé l’aide des peuples du Proche Orient pour combattre le roi des Mèdes. Comme ils n’ont pas répondu à son appel, une fois victorieux, Nabuchodonosor décide de les châtier. Il envoie son général Holopherne, à la tête d’une grande armée, conquérir la région, avec pour mission de massacrer tous ceux qui lui résisteraient. Holopherne accomplit sa mission et assiège la ville juive de Béthulie. Alors que tout le monde tremble de peur, une jeune veuve d’une grande beauté, Judith, se présente au camp d’Holopherne accompagnée d’une servante. Elle enjole celui-ci de belles paroles et, la nuit, restée seule avec lui dans sa tente, elle l’enivre et lui tranche la tête. L’armée d’Holopherne, privée de son chef, sombre dans la confusion et est aisément vaincue.

Riverstone nous en livre une adaptation… façon Conan le Barbare, si j’ose dire, que j’ai lue en anglais parce que c’était plus facile à trouver que la version française et que j’avais envie de découvrir cet auteur dont on m’avait dit du bien… Mais je sens que ce billet va encore me valoir un mail de Belgique agacé ou découragé!

La BD ne me semble pas à mettre entre toutes les mains, non pas en raison de son érotisme, mais parce que certaines pages sont assez gores (ceux d’entre vous qui me suivent sur l’autre blog savent que je suis une âme sensible!). Néanmoins, ce côté violent me semble assez conforme au récit original, Holopherne et son armée semblant visiblement ne pas être des enfants de choeur.

Riverstone a cependant pris quelques libertés avec sa source d’inspiration : tous les personnages, ou peu s’en faut, semblent vivre nus et Holopherne a la particularité d’être doté d’un sexe d’une taille monstrueuse dont il se sert, comme d’un glaive, pour transpercer les femmes. Il m’a évoqué un démon vengeur qui exigerait sans cesse des femmes en sacrifice. Mis à part des meurtres et du sexe, il ne se passe pas grand chose. Certains passages comportent des longueurs et il m’a semblé qu’ils auraient gagné à être plus condensés tandis que d’autres sont un peu rapides. Dans l’ensemble, je trouve que l’album aurait supporté d’être un peu plus court. L’auteur a glissé dans son récit un peu de suspense : l’attitude de Judith est assez ambiguë et je me suis surprise à me demander si elle n’était pas en train de succomber au charme de son étalon et d’oublier sa mission. Ca ne suffit toutefois pas à donner plus d’intérêt à l’histoire et on peut dire que, globalement, le scénario n’est pas le point fort de la BD, dont les dialogues sont assez plats.

Puisque j’ai commencé, en me plaignant de l’intrigue, à repartir dans mes doléances habituelles, je vais continuer : l’auteur s’est visiblement fait plaisir en dessinant des femmes superbes et en faisant en sorte de mettre leur corps en valeur, ce qui fait que, dans certaines cases, les héroïnes, et en particulier la servante, se retrouvent dans des positions totalement improbables et assez ridicules. Je dois toutefois reconnaître une chose : si les personnages masculins m’ont paru, comme chez d’autres auteurs, moins soignés que les personnages féminins, ceux-ci ont néanmoins le mérite d’être un tant soit peu appétissants, pour peu qu’on aime les cheveux longs, ce qui est heureusement mon cas! En revanche, l’anatomie d’Holopherne n’a suscité en moi que des interrogations quant aux significations freudiennes qu’il faudrait y voir.

Si je regrette que l’album soit de ceux qu’il faut lire en mettant ses neurones en veilleuse (ce qui, pour moi, est bloquant), celui-ci n’est cependant pas dénué de qualités. Ses atouts résident dans les talents de dessinateur de l’auteur. Bien souvent, j’ai eu l’impression de regarder un tableau et non un dessin. Les corps m’ont parus remarquablement réussis et les très nombreuses scènes de sexe, bien qu’elle soient relativement dépourvues d’originalité, dégagent néanmoins quelque chose, une force, une sensualité, auxquelles je me suis parfois laissée prendre et qui font que, en dépit de mon ressenti plutôt mitigé, je comprends qu’on puisse apprécier l’album, et qu’il puisse ne pas laisser indifférent.

Read Full Post »

Louis a réalisé un film volontairement idiot mais très commercial, qui lui a rapporté plein d’argent. Avec ses gains, il achète un hôtel abandonné dans un endroit isolé au bord de la mer. L’y rejoignent pour les vacances sa petite amie, Corrine, et un couple d’amis. Corrine et lui forment un couple peu conventionnel : elle souhaiterait l’épouser, alors qu’il veut garder un espace de solitude. En même temps, Corrine, bi, continue à fréquenter d’autres femmes et a des jeux ambigus avec Muriel, l’amie en visite.

En parallèle, on suit Annie, une ex de Corrine, et Martin, amoureux de Annie pour qui il est un simple ami, et écrivain à succès que Louis et Corrine apprécient. Chaque chapitre s’ouvre sur une citation de ce qui est supposé être un livre de Martin. Ce dernier a pour confident Simone, qui semble, sans l’avouer, aussi amoureuse de lui qu’il l’est d’Annie, et tout aussi vainement.

On suit ces différents personnages le temps d’un été. On a donc affaire à une tranche de vie qui mêle réflexions sérieuses et passages plus légers où l’auteur laisse libre cours à ses fantaisies. Dans ce roman graphique qui n’a de pornographique que le nom, le dessin comme le fond sont à la fois pudiques et osés, et tout en douceur et en délicatesse.

J’ai beaucoup aimé les dessins, dont le style varie en fonction des pages. A certains moments, les couleurs sont fondues et, à d’autres, que j’ai particulièrement aimés, les traits de crayons sont très présents et visibles, ce qui donne à l’album un aspect que je qualifierais, sans doute maladroitement, d’artisanal, qui m’a beaucoup plu.

Pour le fond, nous accompagnons les personnages dans leur vie quotidienne, et dans leurs interrogations sur le monde et sur eux-mêmes. Néanmoins, je n’ai pas réussi à cerner ce que Jimmy Beaulieu a voulu faire. Il décrit quelques mois de la vie de ses personnages. L’album s’arrête sans qu’il y ait vraiment de fin. Je me demande s’il a voulu faire passer quelque chose et, si oui, quoi? Je n’ai pas eu l’impression que l’album allait quelque part et j’ai eu la sensation, en le lisant, qu’il ne m’en resterait pas grand-chose dans quelques mois. Ca m’a gênée et, de ce fait, je suis un peu déçue.

Au fil de l’album, l’auteur s’est également fait plaisir en inventant toutes sortes de mises en scène fantasmatiques dans lesquelles il place ses personnages féminins. Il s’en justifie en faisant dire à Louis, qui dessine aussi, en quatrième de couverture : « Et t’sais, pour moi, dessiner une femme, c’est déguster une crème brûlée. Dessiner un homme, c’est remplir un formulaire. » et, dans l’album :

Boaf. Les gens vont bien finir par se rendre compte que d’avilir systématiquement le désir masculin, c’est absurde…
Ca peut rien donner de bon.
Et c’est pas parce que la bande dessinée a l’habitude d’aborder la chose sexuelle d’une manière un peu tarte que je vais m’empêcher de parler de ce qui occupe la majorité de mon activité cérébrale.
C’est pas que je revendique un art amoral ou irresponsable, mais j’ai pas l’impression de mettre en scène des idioties, et j’ai jamais vu le sexe comme quelque chose de réducteur.

Et je trouve qu’il a entièrement raison. Néanmoins, la remarque de Corrine en quatrième de couverture exprime assez bien mon ressenti après lecture : « Des filles qui couchent ensemble? Franchement, Louis, tes fantasmes me déçoivent. C’est d’un banal. »

Même si je trouve tout naturel qu’un auteur dessine ce dont il a envie, je me sens lassée des BDs qui mettent en scène des fantasmes masculins qui me sont étrangers et qui visent surtout à montrer des corps féminins que je trouve beaux mais qui m’indiffèrent. Je crois qu’il faut vraiment que j’essaie les quelques auteurs féminins de bandes dessinées pour voir si mon ressenti sera différent.

Au final, j’attendais plus de cet album à propos duquel je n’avais lu que des éloges. Et c’est peut-être ce qui fait que j’en ressors un peu déçue. J’ai passé des heures agréables à le lire, j’ai apprécié les dessins, l’histoire et les personnages, mais je l’ai refermé avec une impression de « et alors? ».
Ne pouvant m’empêcher de penser que je suis passée à côté de quelque chose (ce qui fait que j’ai traîné un certain nombre de jours avant de rédiger ce billet), je vous renvoie vers celui de Mo’, qui est nettement plus positif.

Comédie sentimentale pornographique
Jimmy Beaulieu
Delcourt
Collection Shampooing

Read Full Post »

Bon. Il serait temps de ramener un peu de vie sur ce blog que j’ai honteusement délaissé ces dernières semaines. Ayant, à travers le livre de Jean-Jacques Pauvert, rapporté le récit de la publication d’Histoire d’O dans mon dernier billet, il m’a semblé judicieux d’enchaîner avec cette bande dessinée qui croupissait dans ma PAL depuis déjà quelques mois. J’avoue humblement que, d’une part, le livre de Pauline Réage m’est tombé des mains et que, d’autre part, ma seule expérience de Crepax se limitait à une BD en ligne à laquelle je n’avais pas compris grand chose. De ce fait, si je tenais à lire la BD pour ne pas mourir idiote, je ne peux pas dire que la motivation m’étouffait et, si j’avais initialement prévu de la lire juste après la publication de mon dernier billet, j’ai fait passer pas mal de livres et de mangas avant elle.

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par aborder le fond. Bien que l’album se compose d’une multitude de chapitres, on peut dire qu’il se subdivise en deux parties principales. La première, qui correspond au souvenir que j’avais du roman, démarre à l’arrivée de O au château de Roissy où, pour plaire à son amant, René, elle consent à être fouettée et abusée par de nombreux hommes. A sa sortie de Roissy, René la partage avec un parent, sir Stephen. En parallèle, elle éprouve une attirance pour une femme que René et sir Stephen lui demandent de pervertir.

La seconde partie, qui ne correspond à rien dont je me rappelle (il faut dire que mon souvenir du roman est assez flou) semble se dérouler plus tard. O y est cette fois en position dominante et manoeuvre pour semer la zizanie dans une famille. Cette partie m’a semblé très inférieure à la première, notamment parce que la narration y est très confuse.

Pour ce qui est de la première partie, si j’y suis encore restée étrangère, cette adaptation m’a toutefois beaucoup mieux plu que le roman, sans doute parce que j’ai été absorbée dans une admiration pour le dessin. Je l’ai trouvée néanmoins très froide. O est d’une dignité glaciale et René et sir Stephen sont impénétrables, si bien que les quelques paroles de tendresse et les sentiments exposés dans les dialogues me donnent l’impression de n’être que de surface, et que les motivations des personnages me semblent encore plus incompréhensibles.

Les dessins, en revanche, m’ont éblouie. J’ai admiré leur finesse, leur précision et le luxe de détails. J’ai été frappée par les détails architecturaux, le mobilier. La bande dessinée a une tonalité très Art nouveau avec, par moments, des touches de styles plus modernes. J’ai beaucoup aimé la composition, la taille et la répartition des cases variant d’une page à l’autre au gré des besoins du récit, les juxtapositions de scènes ou les découpages en petites touches, focalisés sur des parties du corps, ou des expressions du visage.  Ces procédés, qui contribuent à rendre les scènes vivantes et leur ambiance tangible, sont, je crois, responsables du fait que je me suis sentie moins indifférente au récit que je ne m’y attendais, et que j’ai même été touchée à quelques moments.

Au final, je ressors de cette lecture toujours relativement fâchée avec Histoire d’O, mais avec l’envie de découvrir l’oeuvre de Crepax, ce qui n’est déjà pas si mal!

Histoire d’O
Guido Crepax
Editions Delcourt
Collection Erotix

Read Full Post »

Mon adolescence a été marquée par la lecture (et la relecture régulière de certains passages) des Trois mousquetaires et de Vingt ans après. C’est donc tout naturellement que je me suis inscrite, il y a un an et demi, au challenge Alexandre Dumas, sur l’autre blog. J’en ai profité pour relire mon roman fétiche, et c’est là que j’ai eu envie de voir un peu comme il a été adapté en bande dessinée. J’ai donc lu des adaptations plus ou moins réussies, françaises ou japonaise, pour enfants, adolescents ou adultes et, quand je suis tombée par hasard sur cette version érotique, j’ai eu envie de l’inclure dans mon tour d’horizon.

J’avoue que je m’attendais au pire, d’autant plus que, connaissant Les trois mousquetaires sur le bout des doigts et ayant un fort rapport affectif avec l’oeuvre, je suis assez chatouilleuse sur la façon dont elle peut être (mal)traitée par les auteurs qui s’en inspirent. Aussi je dois dire que j’ai été agréablement surprise.

En effet, la trame du roman est rigoureusement suivie et les personnages sont interprétés de façon classique. Les seuls changements qui ont été apportés par rapport au roman, et qui sont non négligeables mais nécessaires au projet des auteurs, c’est que l’intrigue est essentiellement résumée, seuls quelques événements sont un peu développés. En revanche, les auteurs ont soit largement développé ce que Dumas nous a laissé soupçonné de la vie sexuelle de ses personnages, soit – le plus souvent – ils leur en ont inventé une, qui est parfois étonnante!

Néanmoins, à aucun moment, l’histoire n’est charcutée ni ne bascule dans le grotesque, comme je le craignais. Tout en laissant largement cours à leur fantaisie, les auteurs ont visiblement essayé de coller à l’atmosphère du 17e siècle de Dumas, et ils y ont relativement bien réussi. Le seul reproche que je ferais quant au fond est que les dialogues, durant les scènes de sexe, sont assez pathétiques. J’imagine qu’il est difficile de faire original en la matière, et j’aurais simplement préféré que les personnages soient moins bavards dans ces moments-là. Il est peut-être utile de préciser qu’on est ici dans l’érotisme et non dans la pornographie. L’ensemble est gentiment paillard et, à mon sens, essentiellement divertissant.

Pour ce qui est de la forme, j’ai été séduite par la finesse et la beauté du dessin de Mancini. Derrière ce pseudonyme se cache Robert Hugues, dessinateur prolifique de bandes dessinées érotiques, qui a également publié sous les pseudonymes de W.G. Colber ou de Trébor. Henri Filippini et lui ont déjà collaboré à maintes reprises, et se sont, entre autres, également attaqués à un autre roman de Dumas, La reine Margot. Je n’ai pas trop envie de lire celui-ci, car il touche à une période et des personnages qui me sont encore plus familiers que ceux des Trois mousquetaires, mais j’aimerais refaire un essai, avec une oeuvre issue de leur imagination, afin de voir les dessins de Mancini dans un autre contexte. Il y a plusieurs titres qui me tentent mais je n’ai pas encore arrêté mon choix. Si vous en avez un en particulier à me conseiller, je suis preneuse!

Les trois mousquetaires
Edition intégrale
Henri Filippini – Mancini
Editions Ange
Collection Sexy bulles

Read Full Post »

Chenda, partie au Japon dans le cadre d’un échange entre dessinateurs, est tombée amoureuse de Frédéric (Boilet –  auteur de Love hotel, Elles, L’épinard de Yukiko…). Fraise et Chocolat est une sorte de journal tenu par Chenda (Aurélia Aurita est un pseudonyme) de leur passion. Le deuxième tome reprend là où le premier – qu’il vaut mieux avoir lu d’abord – s’est arrêté : le premier tome couvrait la période d’octobre 2004 à janvier 2005, le second commence en janvier 2005 et va jusqu’en septembre de la même année. Il démarre en Europe, où Chenda accompagne Frédéric et la mangaka Kan Takahama dans leur tournée de dédicace pour l’album Mariko parade, avant de se poursuivre au Japon.

J’avais bien aimé le premier tome. Si ce n’était pas le chef d’oeuvre du siècle, sa fraîcheur m’avait plu et j’avais trouvé l’histoire jolie et romantique. Néanmoins j’ai traîné plus de 3 ans avant de lire le deuxième tome, les échos que j’avais eus à son propos m’inquiétant un peu. Et je l’ai nettement moins aimé… même si je me suis demandé si ces avis négatifs dont j’avais eu connaissance ne m’avaient pas influencée dans une certaine mesure.

Si, après avoir été quelque peu déroutée, j’avais fini par bien aimer le style de dessin dans le premier tome, je n’ai pas réussi à accrocher cette fois. Est-ce de l’autopersuasion? Est-ce que je deviens un peu plus exigeante à mesure que je lis des BDs? Est-ce parce que l’histoire ne me passionnait pas démesurément?

En effet, le fond est quelque peu différent. Le premier tome était uniquement centré sur le couple et parlait principalement de sexe. Ces nombreux passages érotiques illustraient et engendraient les nombreuses interrogations de Chenda à propos d’elle-même, de Frédéric, de l’amour, de leur relation, du possible avenir de celle-ci… Il est nettement moins question de sexe dans ce deuxième album, du moins dans la première moitié, et le couple s’ouvre sur l’extérieur : on voit Frédéric Boilet en tournée de dédicace pour un album qu’il a réellement écrit. Ainsi, si le premier tome avait une portée relativement universelle du fait des questions que se posait son auteur et des anecdotes qu’elle décrivait dans lesquelles les lecteurs pouvait se reconnaître, le deuxième tome parle d’un couple bien précis qui vit des choses que ne vivent pas forcément ses voisins. Je me suis donc sentie un peu voyeuse, comme si je regardais une émission de téléréalité, et ça m’a mis un peu mal à l’aise.

Par ailleurs, si elle aborde des thèmes qui auraient pu être intéressants, tels que sa position ambigue alors qu’elle accompagne Frédéric en Europe incognito ou le racisme d’un voisin japonais, elle se contente de décrire et de raconter les souvenirs que ça lui évoque, et reste dans un registre qui m’a semblé trop superficiel.

De la même façon, si les scènes érotiques du premier tome accompagnaient l’évolution de la relation et le questionnement intérieur de Chenda, celles du deuxième (qui risquent de laisser sur le carreau les lecteurs qui avaient été un peu effarouchés à la lecture du premier) me semblent relever beaucoup plus de l’anecdotique. Elles semblent plus s’apparenter à un catalogue des pratiques et fantasmes de la jeune femme qu’être le reflet de la façon dont leur relation vit, évolue et s’approfondit. De ce fait, l’intérêt m’a paru moindre. Ainsi, ses expériences pour tailler les légumes de manière à obtenir des plugs du diamètre adéquat ne m’ont pas particulièrement passionnée.

Je dirais que la lecture de ce deuxième tome est sympathique mais pas franchement indispensable, le premier étant plus percutant et plus universel.

Vous trouverez ma chronique du premier tome ici.

Fraise et chocolat
Aurélia Aurita
Les Impressions nouvelles
ou, en poche, chez
Pocket

Read Full Post »

J’ai enfin réussi à m’astreindre à terminer cette bande dessinée, que j’avais commencée il y a déjà plusieurs mois! Premier volume de la série centrée autour de Giuseppe Bergman, Aventures vénitiennes est né dans un contexte bien précis, comme l’explique son auteur dans l’avant-propos de mon édition :

« A cette époque, au début des années soixante-dix, le mot « Aventure » inspirait une certaine gêne, quand ce n’était pas ouvertement du mépris. Pour être considérés comme respectables, la littérature, le cinéma et la bande dessinée devaient alors traiter de thèmes existentiels, sociaux ou politiques, en évitant soigneusement ne serait-ce qu’un soupçon d' »évasion ». »

Admirateur et disciple d’Hugo Pratt, dont les oeuvres étaient pour lui synonymes d’aventure (l’un des personnages d’Aventures vénitiennes se nomme HP), Manara s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles la littérature d’aventure était devenue si mal considérée. C’est de ces réflexions qu’est né Giuseppe Bergman.

Concrètement, Giuseppe Bergman est un homme qui mène une vie à ses yeux banale jusqu’au jour où il répond à une annonce et où sa candidature est retenue. L’annonce émane d’un groupe de production qui lui demande de vivre une aventure :

« C’est vous qui choisirez ce que nous appellerons le théâtre de vos exploits et l’orientation de vos activités. N’ayez aucun frein de type économique, c’est notre problème. Tout ce que nous vous demandons… c’est que l’aventure que vous vivrez soit vraiment captivante, mirobolante. Elle doit permettre à ceux qui la suivront de s’évader complètement des problèmes quotidiens, de se détendre les nerfs, de se passionner pour quelque chose qui ne soit pas la grise réalité. C’est une véritable mission que la nôtre… »

Giuseppe Bergman quitte rapidement Venise pour aller vivre son aventure en Amérique du Sud mais, arrivé là, il passe son temps à chercher comment cette fameuse aventure pourrait commencer sans se rendre compte qu’il est en train de la vivre.

Comme le suggère la couverture, Manara a parsemé l’album de moments où l’on croise de très jolies jeunes femmes fort dévêtues qui se trouvent dans des situations scabreuses. Néanmoins, ce n’est pas son propos principal, ce qui fait que je ne qualifierais pas la BD d’érotique.

Manara s’interroge, apostrophe ses lecteurs par l’intermédiaire de son héros qui s’adresse aux spectateurs qui suivent son aventure, et aborde des thèmes sombres tels que la guerre civile.

Néanmoins, son histoire est complètement délirante, part dans tous les sens, a la consistance et l’absurdité des rêves. Le héros  lui-même, à la fin de l’album, est perdu et ne sait plus s’il rêve ou est éveillé. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, j’ai énormément de mal avec ce genre d’histoire qui perd le lecteur entre rêve et réalité. J’ai eu l’impression de ne rien comprendre à l’album et ça m’énerve. Et, ce qui m’énerve encore plus, c’est que je ne suis pas sûre qu’il y ait grand chose à comprendre au-delà de ce que Manara expose dans l’avant-propos. Je n’ai pas été attirée par l’univers qu’il met en scène et suis restée complètement en dehors de l’histoire. Je crois que Manara n’est pas un auteur qui me convient et qu’il ne sert à rien que je m’obstine.

Cette lecture me permet néanmoins d’ajouter une deuxième participation au challenge Il viaggio de Nathalie, auquel je suis inscrite sur l’autre blog.

 

Read Full Post »

Après Quand Cupidon s’emmêle, j’ai poursuivi ma découverte de la série en trois volumes Les 5 sens d’Eros par la lecture de l’album du même nom.

Le volume s’ouvre sur cinq courtes nouvelles illustrant chacune un des sens. La couverture de l’album est composée d’éléments de chacune de ces cinq histoires. L’odorat a pour héros un homme qui aime l’odeur des femmes, La vue met en scène un voyeur, Le toucher et Le goût évoquent l’enfance : dans la première, une jeune femme étend le goût qu’elle a pour ses jouets en peluche aux toisons humaines et, dans la seconde, une autre jeune femme ne se sépare jamais de sa tétine. L’ouie, enfin, est centrée sur la musique.

L’album est complété par quatre histoires indépendantes :

Eros, Thanatos et les autres : Eros est mort et Thanatos règne sur le monde, en proie à la violence et au chaos. Gaïa, Aphrodite, Déméter, Athéna, Hébé et Hermaphrodite décident de ressusciter Eros et se mettent en quête des sept éléments indispensables à cette résurrection… avec plus ou moins de bonheur.

La cure de miel : Une femme déprime parce qu’elle se trouve trop grosse. Un ami conseille à son mari de lui faire essayer une cure de miel. La cure s’avère très originale et très efficace, mais pas forcément de la façon attendue.

Le virage : Une jeune femme a décidé de quitter sa ville natale pour démarrer une nouvelle vie ailleurs. Elle monte dans un car et trouve une place libre à côté d’un jeune homme. Alors que tout les passagers dorment, un virage brutal va rapprocher la jeune femme de son voisin de façon inattendue.

Jour de chance : Un homme rêve qu’il est dans un sérail, en possession de sept énormes diamants et de sept superbes femmes aux petits soins pour lui. A son réveil, il est persuadé que c’est son jour de chance et décide de tenter le tout pour le tout.

Neuf histoires en à peine plus de 60 pages, c’est très court et ça ne laisse pas beaucoup le temps de développer. Néanmoins, comme dans Quand Cupidon s’emmêle, j’ai apprécié le soin apporté aux histoires. Si elles ne sont pas hautement intellectuelles, elles sont néanmoins pourvues d’une certaine originalité (j’ai notamment été amusée par Le goût et tous les usages que l’héroine y fait de sa têtine) et la chute est souvent amusante ou surprenante. Le ton est également varié. Si, dans Quand Cupidon s’emmêle, toutes les histoires étaient humoristiques, certaines, ici, sont plus sombres. Eros, Thanatos et les autres a pour cadre un monde violent et La vue et, surtout, L’ouie, ont des fins assez tristes.

Néanmoins, l’impression que je garde de l’ensemble est, cette fois encore, assez souriante. L’humour est malgré tout encore très présent dans cet album et, comme je l’avais dit dans mon précédent billet, les dessins, aux traits et aux couleurs très doux, et qui ont quelque chose d’assez naïf, font passer comme une lettre à la poste les images un peu dures que l’auteur peut glisser ça et là au fil des pages.

Pour moi qui suis trop souvent déçue par les BDs que je lis, Manunta constitue donc décidément une découverte sympathique.

Les cinq sens d’Eros
Giuseppe Manunta
Editions Tabou

Read Full Post »

Un professeur a inventé une pommade lui permettant de se rendre invisible. Il veut en faire usage pour pouvoir être auprès de son amour d’enfance, une danseuse étoile, et la regarder. Mais il tombe sur l’assistante de celle-ci, Miel, une jeune femme délurée qui s’emploie à lui ouvrir les yeux sur le véritable caractère de sa patronne, et dont le charme ne le laisse pas indifférent.

Dans le second des deux tomes que compte la BD et qui sont réunis dans cette intégrale, une autre jeune femme tente de dérober au professeur sa potion. Elle va cependant s’attirer, ce faisant, pas mal de mésaventures.

Alors, en fait, j’avais commencé par lire Aventures vénitiennes. Mais comme j’avais beaucoup de mal à me motiver pour avancer dans ma lecture, et que je suis restée bloquée aux deux tiers de l’album, j’ai pensé que faire une pause pour lire l’autre Manara que j’avais dans ma PAL, qui me semblait d’une facture plus classique, pourrait m’aider à trouver la motivation nécessaire pour venir à bout du tiers restant. Bilan : je compte bien reprendre Aventures vénitiennes et ne pas rester coincée sur une BD mais, il me faut me rendre à l’évidence, Manara n’est visiblement pas un auteur pour moi. Je suis, en effet, passée complètement à côté de ce grand classique qu’est Le parfum de l’invisible.

Je dois reconnaître, comme tout le monde, qu’il dessine les femmes de façon absolument superbe, tout en grâce et en sensualité. J’imagine sans peine l’attrait qu’un tel album peut présenter pour des lecteurs masculins, les rebondissements de l’histoire amenant les héroïnes à enchaîner les poses les plus suggestives et le fait qu’elles semblent seules, le professeur restant invisible, plaçant le lecteur en position de voyeur. Je déplore, en revanche, que les personnages masculins, sauf rares exceptions, soient loin d’être appétissants.

Mais là où je coince vraiment, sans doute parce que je suis trop terre à terre, c’est sur le fond. Le scénario m’a paru bien pauvre et totalement abracadabrant. Les scènes les plus absurdes et les moins crédibles s’enchaînent. Je vois bien que c’est supposé être humoristique, mais ce n’est pas du tout mon style d’humour et ça ne m’a pas amusée. Je suis donc restée totalement hermétique à la BD et je pense que je devais avoir un air assez désolé en tournant les pages.

Je vous renvoie à l’avis de BD Erotique, qui est infiniment plus enthousiaste que le mien!

 Mon édition est déjà un peu ancienne mais l’intégrale du Parfum de l’invisible a été rééditée par Drugstore en 2010.

Read Full Post »

Older Posts »