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Archive for janvier 2013

osez-le-sexe-ecoloJe me suis lancée dans cette lecture par curiosité, parce que je me demandais ce qu’il pourrait bien y avoir à dire sur le sujet, mis à part vanter les ébats champêtres ou les vibros fonctionnant à l’énergie solaire ou à l’huile de coude. Je savais d’autant moins à quoi m’attendre que les ouvrages de la collection Osez… sont de qualité très inégale, le meilleur côtoyant le pire. A la lecture de l’introduction, j’ai eu le sentiment d’être tombée sur un bon cru, mais j’ai rapidement déchanté.

Le postulat de base est que la planète va mal, que tout ce que nous faisons pollue, et qu’il est souhaitable que nous nous efforcions de polluer moins. L’auteur ambitionne de montrer que nous pouvons modifier nos habitudes sans y perdre en confort et clame haut et fort que, de nos jours, être écolo c’est sexy.

Les guides pratiques de la collection Osez… ayant pour point commun d’avoir un style léger et humoristique, c’est également ce que l’auteur a cherché à faire pour celui-ci. Et c’est là que le bât commence à blesser. Je trouve, en effet, que le guide n’est pas très réussi sur ce point. Non seulement il ne m’a pas paru drôle, mais il me semble que d’autres lecteurs aussi dépourvus d’humour que moi pourraient prendre au premier degré ce que Marc Dannam écrit, s’il ne prenait pas soin de préciser de temps à autre qu’il cherche à être amusant. De ce fait, il donne quasiment l’impression de tenir un double discours : d’un côté, il se tue à répéter qu’il veut montrer qu’être écolo c’est fun et sexy, et de l’autre il semble avoir voulu pondre un manuel de bonne conduite à l’usage des gens suffisamment masochistes pour vouloir tenter de séduire un hippie qui élève des chèvres dans le Larzac.

Sur le fond, je n’ai pas été plus convaincue. Il a beau dire, les propositions qu’il fait sont bien austères. Evidemment, ça consomme moins d’énergie de faire l’amour dans le noir qu’avec toutes les lumières allumées. Mais ses efforts pour convaincre les lecteurs que c’est beaucoup plus amusant dans le noir et les petits jeux qu’il propose pour pimenter la chose m’ont paru bien dérisoires. Dans d’autres cas, il n’a même pas de solution à proposer : il constate que baisser le chauffage fait, là encore, économiser de l’énergie, et que nu on risque d’avoir froid, et voilà… Enfin, il y a des passages où je me suis demandé s’il ne le faisait pas exprès. Ainsi, le chapitre consacré à l’alimentation propose un menu végétarien aphrodisiaque : salade de carottes, avocats farcis à la crème fraîche et au céleri et tiramisu!!! Il cherche à affamer et à faire fuir ses lecteurs ou quoi? N’importe quel livre/blog de cuisine végétarien ou bio propose des recettes bien plus alléchantes que ça!

Par ailleurs, au fil de la lecture, je me suis rendu compte qu’il n’y avait effectivement pas grand-chose à dire sur le sujet et j’ai eu l’impression que l’auteur faisait tout son possible pour délayer et faire du remplissage. Il s’attarde ainsi longuement sur les moyens de transport à emprunter pour se rendre à un rendez-vous galant, à la construction et à la décoration des maisons, ce qui s’éloigne tout de même pas mal du sujet du sexe. Et puis on trouve certains passages, comme tout un chapitre sur le Feng shui et un autre sur les positions du Kama sutra dont les noms évoquent la nature, et pour lesquels je me suis demandé ce qu’ils venaient faire là. A l’inverse, les thèmes qu’il aborde ne sont pas assez creusés. Ainsi, selon lui la peinture est à proscrire parce que toxique. Quid des peintures bios? Ou il consacre un chapitre qui pourrait être intéressant aux modes de contraception : la pilule aurait un impact néfaste sur les poissons. Mais il se borne à citer la pilule et les méthodes naturelles, comme s’il n’existait rien d’autre.

Les thèmes que j’attendais sont également abordés. Mais, là encore, je suis restée dubitative. Par exemple, il n’évoque que rapidement les lubrifiants bios et ne cite qu’une seule marque. Il explique que certains sex toys sont rechargeables mais, là encore, ne cite qu’un produit, alors qu’il en existe tout de même un large choix. Et, pour ce qui est des escapades crapuleuses dans la nature, il conseille de bien penser à se munir d’un matelas et d’une couverture. Je me suis sentie un peu déconcertée à la lecture de ce passage, n’ayant pas pour habitude de déménager quand je pars en rando pour la journée, et je me suis demandé si, dans un de ses autres ouvrages, Osez… faire l’amour partout sauf dans un lit, il explique en fait comment se faire un lit improvisé partout ailleurs que dans sa chambre… Dois-je préciser que je n’ai pas trop envie d’aller m’en rendre compte par moi-même?

Osez… le sexe écolo
Marc Dannam
La musardine

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Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2013, et la réalisation de tous vos souhaits.

J’ai encore ralenti le rythme sur le blog ces dernières semaines pour deux raisons. La première est que je m’efforce de terminer en catastrophe sur l’autre blog avant leur échéance les challenges auxquelles j’étais inscrite. J’ai presque fini et presque réussi.

La seconde est que je suis en train de lire en parallèle un gros manga (environ 500 pages, tout de même!), Le coeur de Thomas, que je pensais chroniquer ici, et que je vais finalement réserver pour l’autre blog, car il est très chaste. Je voudrais néanmoins attirer un peu votre attention dessus.

9782820305343_cgSon auteur, Moto Hagio, est l’une des femmes mangakas qui ont révolutionné le shojô dans les années 70s. Cet auteur majeur, qui n’avait jusque-là pas été traduit en français, a touché à différents genres, tels que la science fiction.

Elle est considérée comme l’inventeur du genre yaoi, ayant ouvert la voie avec Le coeur de Thomas, qui vient enfin d’être traduit en français.

Ce manga a pour cadre un pensionnat allemand dans les années 30s. Il s’ouvre sur le suicide de Thomas, qui a décidé de mourir parce que son amour pour un de ses condisciples, Juli, n’était pas partagé. L’arrivée au pensionnat d’un nouvel élève qui ressemble beaucoup à Thomas va perturber Juli. On y trouve déjà de futurs ingrédients des histoires de boy’s love, notamment avec des personnages très androgynes. Mais ce gros manga ne se résume pas à un enchevêtrement d’intrigues sentimentales, il évoque également les difficultés familiales de certains pensionnaires et le sentiment d’abandon éprouvé par quelques-uns d’entre eux. Elle fait aussi un peu allusion au contexte historique, à travers des problèmes de racisme. C’est donc une oeuvre qui mérite d’être découverte par qui s’intéresse aux mangas.

Je reprendrai mes lectures douteuses dès que je me serai sortie de mes challenges, dans quelques jours tout au plus. Je pense trouver matière à rédiger un nouveau billet dans le courant de la semaine prochaine!

 

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