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Archive for mai 2012

Je suis tombée par hasard sur cet essai, lors d’une descente en librairie il y a quelques mois, et je n’ai pas pu résister à la curiosité de découvrir ce qu’il contenait.

L’auteur, indique le quatrième de couverture, est psychologue clinicienne, psychanalyste, docteur en psychopathologie et psychanalyse. Elle a également, dit-elle dans son introduction, vécu 3 ans au Japon. C’est en voyant, à son retour en France, les mangas pulluler dans les librairies qu’elle a eu l’idée d’allier ses deux centres d’intérêts en se penchant sur la question.

Ceux qui me lisent régulièrement se souviennent peut-être que, bien que n’y connaissant rien, j’ai un peu de mal avec ce qui touche à la psychanalyse. Tout en étant curieuse de savoir la façon dont Joëlle Nouhet-Roseman allait analyser les mangas, j’appréhendais un peu la lecture de cet ouvrage, et le fait est que je suis souvent restée assez perplexe. J’ai néanmoins pris plaisir à lire cet essai qui m’a beaucoup intéressée.

En effet, le livre contient plus d’informations sur les mangas que d’analyse de leur contenu à la lumière des théories freudiennes. Il se divise en deux parties. La première, qui vise à présenter les mangas, aborde leur apparition et leur réception en France, revient sur leur histoire, des origines au Moyen Age jusqu’à nos jours, et développe leurs principales caractéristiques. La seconde partie, consacrée à l’analyse des shôjo (mangas pour filles), comprend encore de nombreuses parties explicatives, sur des sujets variés allant de ce qui différencie, dans la forme, les shôjo des autres types de mangas à l’historique de la notion de kawaï, en passant par le théâtre traditionnel japonais.

Cet aspect culturel m’a passionnée. J’y ai appris pas mal de choses et j’ai relevé les références de plusieurs livres qui m’intéresseraient pour aller plus loin. Le seul reproche que j’aurais envie de faire à l’auteur, c’est que, lorsqu’elle parle d’un manga, elle ne peut s’empêcher d’en résumer toute l’histoire jusqu’au dénouement. Mieux vaut déjà le connaître ou ne pas avoir envie de le lire!

J’ai été surprise par le style du livre. En effet,  j’appréhendais de peiner et de ne pas y comprendre grand chose. Au contraire, mis à part quelques pages un peu techniques, il est d’un abord très facile. Son écriture vivante et quelques traits d’humour le rendent même agréable à lire. Pour toutes ces raisons, mon ressenti après lecture est largement positif.

Néanmoins, comme je m’y attendais, je n’ai pas accroché à l’aspect analyse des mangas. Je me suis même sentie par moments assez mal à l’aise, car l’auteur interprète tout selon les écrits de Freud : l’intérêt pour les langues étrangères relève du sexuel, une passion pour la couture exprime la volonté de maîtriser un attribut féminin… J’ai l’impression à la lire qu’il n’y a rien que nous puissions faire qui ne relève d’un aspect de la sexualité infantile, voire d’une pathologie qui nécessite une thérapie, et c’est un sentiment que je trouve effrayant!

Par ailleurs, elle cite souvent des témoignages de jeunes lecteurs et lectrices de shôjo, auprès desquels elle dit avoir « effectué des entretiens de recherche clinique ». Je regrette que l’on ne sache pas combien de jeunes gens elle a reçus, dans quelles conditions et comment ils ont été choisis. Les extraits qu’elle rapporte semblent en effet des cas d’école. Si bien que je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si elle a bâti ses théories autour de ce qu’elle a observé ou si elle a, au contraire, simplement retenu les témoignages qui allaient dans le sens de ce qu’elle voulait démontrer.

Pour autant, je ne rejette pas tout en bloc. Certains aspects m’ont intéressée, comme l’étude qu’elle fait des nombreux personnages androgynes ou qui changent de sexe au cours d’une série. Je serais par exemple curieuse de savoir quelle analyse elle fait de Princess Jellyfish, un manga dans lequel un garçon travesti en fille tente d’amener une bande de filles otakus à s’ouvrir au monde et à assumer leur féminité. Si le scénario d’un tel manga ne me semble pas innocent, passer automatiquement et exclusivement les mangas à la moulinette freudienne me semble excessif et réducteur, voire même pas nécessairement pertinent.

Ainsi, elle rappelle bien que l’engouement pour les yaoi (histoires d’amour entre garçons écrites par des filles et pour des filles) est souvent expliqué, tant par les mangakas que par les fans et par ceux qui ont étudié le sujet, par le fait que les lectrices sont tentées de s’identifier aux personnages féminins dans les shôjo, ce qui n’est pas forcément très satisfaisant, du fait des codes auxquels ceux-ci obéissent, alors que le yaoi leur permet de garder une certaine distance avec les personnages. Cependant, Joëlle Nouhet-Roseman en fait immédiatement abstraction pour développer le thème de l’hésitation bisexuelle des adolescentes, leur attirance pour la féminité, et la nécessité de dépasser cette phase pour assumer son sexe. Elle va encore plus loin, à l’occasion d’une évocation du manga Gravitation, dans lequel l’un des personnages principaux a tendance à rufoyer l’autre, et qu’elle interprète en termes de sadisme/masochisme. Les rêveries à caractère masochiste relevant, selon Freud, d’un refus de la sexualité génitale, la lecture de yaoi pourrait représenter une étape transitoire pour accéder à la sexualité génitale.

Néanmoins, cette codification de la relation amoureuse dans les yaoi en dominant/dominé (seme/uke) n’est qu’une transposition des shôjo classiques, le personnage féminin étant simplement remplacé par un personnage masculin. De plus, bien souvent, le personnage féminin des shôjo ne semble devoir aspirer à rien d’autre qu’à rencontrer l’amour et à se réaliser en devenant une bonne épouse et une bonne mère. Les personnages qui échappent le mieux aux codes du shôjo sont ceux, comme Princesse Saphir ou Lady Oscar qui, sous des vêtements masculins, peuvent connaître une existence bien plus intéressante. Mais l’auteur ne dit rien de ces codes, pourtant tout aussi stricts que ceux du yaoi, et ne semble pas s’y intéresser.  Par ailleurs, elle rappelle combien le marché des mangas est segmenté, chaque série s’adressant à une catégorie de public précise. Aussi je m’étonne qu’elle mentionne simplement que les jeunes filles sont également très friandes de shônen (mangas pour garçons) sans chercher à aller plus loin, à comprendre cet attrait et à déterminer exactement ce qu’elles lisent.

Dans le même ordre d’idée, j’ai été un peu surprise qu’elle s’arrête au fait que la culture japonaise attire les français et que les mangas trouvent un écho en eux et soient compris par eux, sans s’interroger sur d’éventuelles différences culturelles et disparités de goûts et de réception. Il me semble étonnant que, pour analyser la psychologie des adolescentes françaises, elle s’appuie sur des mangas qui ne sont pas traduits en France. Ainsi, elle consacre tout un chapitre aux mangas d’horreur qui, dit-elle, attirent beaucoup les jeunes japonaises. Or, à ma connaissance, les mangas d’horreur qu’on peut trouver en France rentrent très majoritairement dans les catégories shônen ou seinen (mangas pour hommes adultes), je ne crois pas en avoir rencontré parmi les shôjo (mais ça peut être une lacune de ma part, étant donné que je m’intéresse peu aux shôjo). De la même façon, elle évoque l’attrait pour les relations plus ou moins incestueuses, notamment à travers un manga des Clamp. Néanmoins, je me demande là encore si ce qu’elle dit peut s’appliquer aux lecteurs français de mangas autant qu’aux lecteurs japonais. Les remous provoqués auprès des lecteurs français par la fin de la série Un drôle de père, qui flirte avec l’inceste avant de s’en débarrasser par une pirouette, m’incitent à me demander si ce dénouement a reçu une réception identique au Japon ou si la réaction du public français est propre à nos moeurs occidentales, et, plus largement, si l’inceste est si acceptable que ça en France.

Pour toutes ces raisons, j’ai eu le sentiment que ses recherches auraient pu être plus creusées et je me suis demandée si elle s’était appuyée sur des lectures de mangas et témoignages pour illustrer ses théories ou si elle avait construit ces dernières à partir de l’analyse des données qu’elle a pu rassembler. La lecture de cet essai, bien construit et d’un accès facile, est néanmoins intéressante et instructive pour qui s’intéresse aux mangas.

Les mangas pour jeunes filles, figures du sexuel à l’adolescence
Joëlle Nouhet-Roseman
Editions érès
Collection La vie devant eux

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J’ai enfin réussi à m’astreindre à terminer cette bande dessinée, que j’avais commencée il y a déjà plusieurs mois! Premier volume de la série centrée autour de Giuseppe Bergman, Aventures vénitiennes est né dans un contexte bien précis, comme l’explique son auteur dans l’avant-propos de mon édition :

« A cette époque, au début des années soixante-dix, le mot « Aventure » inspirait une certaine gêne, quand ce n’était pas ouvertement du mépris. Pour être considérés comme respectables, la littérature, le cinéma et la bande dessinée devaient alors traiter de thèmes existentiels, sociaux ou politiques, en évitant soigneusement ne serait-ce qu’un soupçon d' »évasion ». »

Admirateur et disciple d’Hugo Pratt, dont les oeuvres étaient pour lui synonymes d’aventure (l’un des personnages d’Aventures vénitiennes se nomme HP), Manara s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles la littérature d’aventure était devenue si mal considérée. C’est de ces réflexions qu’est né Giuseppe Bergman.

Concrètement, Giuseppe Bergman est un homme qui mène une vie à ses yeux banale jusqu’au jour où il répond à une annonce et où sa candidature est retenue. L’annonce émane d’un groupe de production qui lui demande de vivre une aventure :

« C’est vous qui choisirez ce que nous appellerons le théâtre de vos exploits et l’orientation de vos activités. N’ayez aucun frein de type économique, c’est notre problème. Tout ce que nous vous demandons… c’est que l’aventure que vous vivrez soit vraiment captivante, mirobolante. Elle doit permettre à ceux qui la suivront de s’évader complètement des problèmes quotidiens, de se détendre les nerfs, de se passionner pour quelque chose qui ne soit pas la grise réalité. C’est une véritable mission que la nôtre… »

Giuseppe Bergman quitte rapidement Venise pour aller vivre son aventure en Amérique du Sud mais, arrivé là, il passe son temps à chercher comment cette fameuse aventure pourrait commencer sans se rendre compte qu’il est en train de la vivre.

Comme le suggère la couverture, Manara a parsemé l’album de moments où l’on croise de très jolies jeunes femmes fort dévêtues qui se trouvent dans des situations scabreuses. Néanmoins, ce n’est pas son propos principal, ce qui fait que je ne qualifierais pas la BD d’érotique.

Manara s’interroge, apostrophe ses lecteurs par l’intermédiaire de son héros qui s’adresse aux spectateurs qui suivent son aventure, et aborde des thèmes sombres tels que la guerre civile.

Néanmoins, son histoire est complètement délirante, part dans tous les sens, a la consistance et l’absurdité des rêves. Le héros  lui-même, à la fin de l’album, est perdu et ne sait plus s’il rêve ou est éveillé. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, j’ai énormément de mal avec ce genre d’histoire qui perd le lecteur entre rêve et réalité. J’ai eu l’impression de ne rien comprendre à l’album et ça m’énerve. Et, ce qui m’énerve encore plus, c’est que je ne suis pas sûre qu’il y ait grand chose à comprendre au-delà de ce que Manara expose dans l’avant-propos. Je n’ai pas été attirée par l’univers qu’il met en scène et suis restée complètement en dehors de l’histoire. Je crois que Manara n’est pas un auteur qui me convient et qu’il ne sert à rien que je m’obstine.

Cette lecture me permet néanmoins d’ajouter une deuxième participation au challenge Il viaggio de Nathalie, auquel je suis inscrite sur l’autre blog.

 

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Le brouillon de ce billet traîne dans mon ordinateur depuis avant la naissance de ce blog. Alias et moi avions lu, par hasard, le roman quasiment en même temps, et nous avions rédigé un brouillon chacune, afin de déterminer lequel nous posterions ou si nous les fondrions en un avis à quatre mains. En effet, notre ressenti, comme pour la plupart de nos lectures, était similaire, ce qui m’avait rassurée, car il est quelque peu dissonnant par rapport au concert de louanges qu’on peut généralement lire à propos de Françoise Rey. Je ne me sens aucune envie de relire La femme de papier, et ce que j’avais alors couché sur le papier correspond bien au souvenir que le roman m’a laissé. Je vous le livre donc tel quel.

Une liaison banale et sexuellement insatisfaisante pour les deux partenaires est sur le point de s’achever.

« Quel bizarre sursaut – tristesse soudaine et sans doute déjà clairvoyante de te perdre sans rien tenter, ou bien orgueil de te montrer que, sur le papier au moins, je savais faire preuve d’audace ? -, quel bizarre et impudique sursaut me poussa à te proposer, puis à t’écrire cette première lettre ? »

A la demande de l’homme, d’autres lettres suivent cette première épître, allumant un désir qui avait été jusque-là bien tiède entre les deux amants. Puis, très vite, les actes prennent le relais des mots.

La femme de papier, publié en 1989, est le premier roman écrit par Françoise Rey. Professeur de français, elle s’est mise à l’écriture à la suite d’une période difficile dans sa vie privée.

Françoise Rey manie la plume avec une aisance incroyable. Elle a un talent époustouflant pour jouer avec les mots. Elle parcourt avec facilité, fluidité, et, souvent, une bonne dose de malice, le champ lexical du fantasme ou de la métaphore autour duquel est construit chaque chapitre, jouant avec les sens propre et figuré des mots, avec les registres de langage. Si les idées de base de certains chapitres sont plutôt classiques, d’autres sont originales ou poétiques. Certains sont mêmes totalement cocasses, tel le chapitre dans lequel la narratrice rencontre un obstétricien.

Du fait de ces nombreuses qualités, ma déception n’a été que plus grande à la lecture de ce livre, qui me laisse une sensation de gâchis. Les débuts de plus d’un chapitre m’ont paru très prometteurs, mais il n’y a pas ne serait-ce qu’un seul chapitre qui m’ait plu dans sa totalité et j’étais bien souvent déçue en arrivant à la fin. Ce qui m’a dérangée, et là je suis totalement subjective, c’est le vocabulaire employé. Dans beaucoup de chapitres, il arrivait un moment où les mots utilisés me donnaient une impression de saleté, de laideur, de vulgarité même, par moments. Je ne parle pas ici des mots crus. Il ne me dérangent pas et peuvent, au contraire, dans certains contextes, apporter quelque chose. Je parle d’une connotation que je percevais. De plus, ces jeux systématiques avec les champ sémantiques m’ont paru redondants et tourner à l’exercice de style. J’en suis arrivée à avoir le sentiment qu’ils étaient plus là pour faire de l’esbrouffe et faire la démonstration des talents littéraires de l’auteur que pour apporter quelque chose au texte, que ce soit sur le plan du sens ou celui de l’esthétique.

D’autre part, j’ai trouvé qu’elle n’exploitait pas suffisamment les idées qu’elle avait : plusieurs fois, j’ai regretté qu’elle parte d’une idée originale, et finalement n’en fasse rien et retombe dans des actes sexuels d’une grande banalité. Le chapitre qui m’a le plus laissé une sensation de gâchis est celui dans lequel l’amant surprend la narratrice, la «femme de papier », en train d’écrire et entreprend de dessiner sur son corps. Ce chapitre se termine en un viol affreux. Pour ces raisons, non seulement je n’ai été émoustillée à aucun moment de la lecture du livre, mais j’ai même dû me forcer un peu pour le terminer.

Le dernier point qui m’a gênée, ce sont les relations entre les deux amants. Le dernier chapitre éclaire à cet égard toute la lecture du roman, et je me demande dans quelle mesure la situation vécue par l’auteur a influé sur cet aspect, mais, au cours de ma lecture, ça m’a laissé une drôle d’impression. La tendresse semble absente de leur relation… ou plutôt non, la narratrice fait tout ce qu’elle peut pour la refouler au plus profond d’elle. Dans la relation entre ces deux personnages, ce n’est pas le sexe mais l’amour qui est obscène. On assiste tout au long du livre à une lutte de pouvoir, à l’affrontement de deux volontés, chacun faisant, à la première occasion, payer à l’autre de lui avoir cédé. Leur relation semble être juste du sexe pour le sexe, et c’est affreusement triste. Même après avoir lu les dernières pages et avoir revisité mentalement l’ensemble du roman sous le nouvel angle apporté, je trouve tout de même cette histoire très triste.

Il faudrait sans doute que je lise d’autres ouvrages de Françoise Rey pour me faire une meilleure idée de son œuvre mais je n’en ai, pour l’instant, pas la moindre envie.

La femme de papier
Françoise Rey
Editions Pocket

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Vous avez sans doute appris que l’article de loi portant sur le harcèlement sexuel vient d’être abrogé, le conseil constitutionnel l’ayant jugé trop flou. Je voudrais simplement signaler à votre attention l’excellente et très claire (comme d’habitude!) analyse que fait Maître Eolas sur le sujet. Pour la lire, c’est ici.

Cette difficulté rencontrée par les législateurs à définir ce qui constitue ce délit me fait penser à la tout aussi excellente Histoire du viol de Georges Vigarello, dans laquelle l’historien relate la même difficulté à définir ce qui constitue un viol et l’élargissement progressif au fil du temps, là encore tout comme pour le harcèlement sexuel, de ce que le terme recouvre.

Il reste simplement à espérer que ce nouveau vide législatif sera rapidement comblé!

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Liberty liberty

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire ici, Hinako Takanaga est ma mangaka préférée dans le domaine des yaoi. C’est dire si j’attendais avec impatience ce nouveau manga (enfin, tout est relatif, puisqu’il a été publié au Japon en 2005), d’autant plus qu’il s’agit d’un one shot. J’étais contente qu’un nouveau manga vienne m’aider à patienter en attendant la sortie des nouveaux volumes des séries que j’ai en cours, sans que j’aie à m’embarquer dans une série de plus.

Itaru se réveille dans des poubelles avec une affreuse gueule de bois. Kôki, cameraman pour une chaîne de télévision locale, est en train de le filmer. De colère, Itaru casse sa caméra. Lorsque le jeune homme s’éveille à nouveau, il est au domicile de Kôki, qui a pris soin de lui, mais qui lui demande de rembourser le prix de la caméra cassée. Itaru, qui a abandonné ses études à la suite d’une déception et n’ose plus se présenter chez ses parents, n’a ni logement ni travail. Il s’accroche donc à Kôki qui cache sa gentillesse sous des airs bourrus. Peu à peu, Itaru se sent de plus en plus attiré par son hôte, et s’inquiète des sentiments que celui-ci peut encore nourrir envers son ex, Kurumi, qui, sous l’apparence d’une jeune femme ravissante et à l’enthousiasme communicatif, s’avère en fait être un homme.

Comme vous l’aurez deviné à la lecture de cette présentation, on se retrouve ici avec le classique triangle amoureux. Hinako Takanaga s’efforce cependant d’apporter un peu d’originalité à l’affaire. Si Itaru est un uke assez typique (je vous renvoie, pour la définition des termes barbares,  à mon billet sur l’essai Homosexualité et manga : le yaoi) : naïf, serviable et plutôt cruche, il s’avère cependant également courageux et volontaire. De plus, il n’hésite pas à prendre des initiatives face à Kôki qui est un seme étonnamment passif. Par ailleurs, la mangaka essaie de développer le contexte autour de l’histoire d’amour qu’elle nous raconte. Il est, en effet, question dans le manga des difficultés économiques rencontrées par les personnages qui font vivre la petite chaîne de télévision locale pour laquelle travaillent Kôki et Kurumi. Quant à Itaru, il ne se contente pas de tomber amoureux mais retrouve peu à peu le courage et la motivation de remonter la pente et reprendre confiance en lui. Malgré tout, ça reste assez léger. Je pense que le manga aurait gagné à être en plusieurs tomes. Hinako Takanaga aurait eu ainsi plus de temps pour développer le contexte et donner plus de profondeur psychologique à ses personnages, alors qu’elle ne fait qu’esquisser. Le fait que j’ai lu ce manga juste après le tome 10 de Bakuman, volume qui m’a semblé particulièrement passionnant d’une série très riche, n’a pas joué en sa faveur. Néanmoins, j’ai été déçue car j’ai trouvé dans Liberty liberty moins de substance et d’originalité que dans d’autres séries du même auteur.

L’autre facteur qui a certainement joué est que l’un des points forts, à mes yeux, de Hinako Takanaga est la charge érotique qu’elle arrive à insuffler dans les scènes de sexe, même lorsque celles-ci restent relativement sages. Or, en dépit de la mention « Pour public averti » qui figure sur la couverture, Liberty liberty est une histoire purement fleur bleue, totalement dépourvue de sexe. Ceci rend,  à mon goût, le manga bien moins intéressant. Cette lecture est donc pour moi une relative déception. Heureusement, je viens d’apprendre que le huitième et avant-dernier tome de ma série favorite, The tyrant who fall in love, sortira fin juillet, ce qui m’a instantanément remonté le moral!

Liberty liberty
Hinako Takanaga
Taifu comics
Collection Yaoi

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