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Archive for avril 2012

L’arbre des plaisirs

Depuis l’hospitalisation de mon père, j’ai dû aller régulièrement chercher mon fils à l’école à sa place, et je me suis donc retrouvée à emprunter ma voiture à des heures inhabituelles pour moi. L’un de ces après-midis, en zappant sur la bande FM, j’ai capté le mot « sex toy » qui m’a fait m’arrêter sur une station que je n’écoute jamais. Et c’est ainsi que j’ai pu écouter l’interview que je n’aurais jamais dû entendre du gérant d’une boutique de sex toys en ligne.

L’interview en elle-même n’était pas impérissable. L’animateur, visiblement pas hyper à l’aise avec le sujet, ne cessait de glousser et de faire des blagues vaseuses. On aurait dit un collégien assistant à un cours d’éducation sexuelle, et c’était assez pénible. L’interviewé m’a un peu soufflée quand, répondant à l’animateur qui lui demandait s’il testait lui-même ses produits, il a dit qu’on pouvait trouver de nombreux tests sur internet, et en particulier ceux d’une fille très connue « Mia… euh, non… Maia »… Si j’aime bien suivre son blog, j’avoue que ce n’est pas le nom qui me serait venu spontanément à l’esprit… Néanmoins, l’esprit que ce monsieur revendiquait pour sa boutique m’a paru intéressant, si bien que j’ai soigneusement retenu le nom de celle-ci, pour voir ce qui y était proposé.

Ce qui fait l’originalité de la boutique, et qui a retenu mon attention, c’est qu’elle est tournée vers le respect de la santé des clients et de l’environnement. Cela se décline en trois points :

– Tous les jouets vendus sont sans phtalates et le site propose des informations sur ce sujet. C’est quelque chose qui ne m’avait jamais tellement perturbée. Je sais qu’on trouve des phtalates dans certains sex toys, notamment ceux en jelly, je crois, mais comme je pioche plutôt en général dans des marques qui indiquent que leurs produits sont sans phtalates, je pensais naïvement que c’était un argument de vente et que, pour peu qu’on soit un peu exigeant sur la qualité, on était plus ou moins tranquille. J’ai donc été plus sensible aux deux autres initiatives du site.

– L’arbre des plaisirs s’engage à ce qu’un arbre soit planté en Amazonie pour chaque sextoy acheté parmi une liste assez longue. J’imagine que l’impact de l’opération ne sera que purement anecdotique, mais j’aime bien l’idée.

– Et surtout, on peut leur renvoyer nos vieux sex toys pour qu’ils les donnent à recycler. Un sex toy vibrant recyclé donne doit à 50% sur l’achat d’un nouveau sex toy. L’idée me semble largement perfectible : quand j’ai fait du ménage, il y a quelques mois, ce n’est pas d’un sex toy dont je me suis débarassée, mais d’au moins 5 ou 6! Par ailleurs, le choix du jouet à 50% doit se faire dans une liste… qui n’en comporte que 3. De plus, celui parmi les 3 qui aurait été éventuellement susceptible de m’intéresser, l’Iconic rabbit de Jimmy Jane, étant proposé à un prix beaucoup moins élevé sur d’autres sites, la réduction devient tout de suite nettement moins intéressante! Néanmoins, j’aime beaucoup l’idée et j’espère qu’elle sera appelée à se développer car, lorsque j’ai fait mon ménage, je me suis trouvée bien embêtée : je me voyais très mal débarquer à la déchetterie de ma ville avec tout mon bazar. Du coup tout a fini à la poubelle, ce qui m’a fait beaucoup culpabiliser.

La présentation du site est très jolie. Le catalogue est réduit, mais les marques proposées sont des valeurs sûres : Lelo, Fun Factory, Njoy, Shunga, Maison Close… En dépit de ce positionnement plutôt haut de gamme, les prix proposés sont raisonnables et se situent plutôt dans une moyenne basse par rapport aux boutiques en ligne que je connais. Le Pure wand de Njoy était même proposé il y a quelques temps à un prix particulièrement avantageux, qui a été revu à la hausse depuis.

La répartition des produits dans les différents menus est un peu étonnante. Les boules de geishas et jouets destinés à une utilisation anale sont regroupés dans le menu « Godemichet ». Par ailleurs, on retrouve pratiquement les mêmes produits dans quasiment toutes les catégories des sous-menus. J’imagine que ça doit contribuer à donner l’impression que le catalogue est plus étoffé qu’il ne l’est mais, en fin de compte, ça fait un peu fouillis, je trouve.

Pour les sex toys, le choix est, comme je l’ai indiqué, restreint mais de qualité. Il y a donc matière à trouver son bonheur. Néanmoins, si on trouve, dans le menu « Godemichet », quelques produits en acier, je me serais attendu, compte tenu de la politique affichée par le site, à y trouver des jouets en matières « naturelles » : pyrex, céramique, ou même bois ou pierre.

J’ai eu une autre déception en explorant les pages des lubrifiants et produits cosmétiques. Je m’attendais, en effet, à ce que cette rubrique soit le reflet du souci de la santé du consommateur affiché par le site. Or il n’en est rien. Déjà, tout comme sur tous les autres sites en ligne que j’ai eu l’occasion de visiter, il n’y a aucune indication fournie quant à la composition des produits. Ayant une peau très sensible et étant sujette aux allergies, je suis très attentive à la composition des produits cosmétiques que j’achète et m’efforce de choisir les plus naturels possibles. Il serait totalement irrationnel de ma part de pinailler sur ce dont je me tartine la figure et de me mettre n’importe quoi sur les parties intimes. Je trouve donc totalement hallucinant de ne pas avoir d’indications sur les ingrédients des produits proposés en ligne et d’avoir dû aller dans des boutiques physiques pour tout regarder et me rendre compte que seulement très peu d’entre eux trouvent grâce à mes yeux. Je vous parlerai un jour de ma quête du Graal des produits cosmétiques naturels. Et je compte profiter de mes prochaines vacances pour trouver des recettes de peintures chocolatées et poudres comestibles, car j’imagine qu’il ne doit pas être très difficile de trouver des alternatives moins chimiques et bien moins onéreuses à celles qu’on trouve dans le commerce. Mais je digresse… Si l’Arbre des plaisirs, donc,  ne se démarque pas des autres boutiques par cette absence d’informations, j’ai été en revanche étonnée de ne pas y trouver le moindre produit bio, alors que Mix Gliss et Shunga, dont le site propose une partie de la gamme, en ont, ni même de produits à la composition naturelle, comme les huiles et bougies de massage de Bijoux indiscrets, marque également représentée sur le site.

 Le site propose aussi une rubrique « Accessoires », dans laquelle on peut trouver quelques jeux parmi les plus célèbres et les plus basiques qui, personnellement, ne m’inspirent pas particulièrement, ainsi que divers objets comme des nippies, bandeaux ou menottes. Là encore, le choix proposé mise plutôt sur la qualité. J’ai donc été surprise d’y trouver une paire de menottes en fourrure qui a plutôt mauvaise presse du fait de sa piètre qualité.

Je précise que l’ensemble du catalogue m’a paru intéressant et que mes remarques se veulent bien moins des critiques que le reflet de mes attentes et souhaits de consommatrice. La boutique semble jeune et j’ai noté des évolutions dans le catalogue depuis ma première visite. J’imagine donc que celui-ci est appelé à s’étoffer et à changer avec le temps.

Pour me faire une opinion du sérieux de la boutique, j’ai passé une commande. J’ai été très étonnée de ne pas recevoir de mail de confirmation. Et j’ai même commencé à avoir des sueurs froides quand, au bout de 3 ou 4 jours, j’étais toujours sans nouvelles : pas de mail de suivi et aucune indication sur l’état du traitement de ma commande sur le site. J’ai donc été très soulagée lorsque j’ai enfin reçu un mail m’avertissant que je serais livrée le lendemain. Au final, j’ai reçu mon paquet moins d’une semaine après le passage de ma commande.

Petite déception à l’ouverture : c’était la première fois que je recevais un colis d’un sexshop en ligne qui ne comportait pas le moindre petit cadeau, pas même un échantillon de lubrifiant. Vous me direz que, casse-pieds comme je suis, ledit échantillon n’aurait sans doute pas trouvé grâce à mes yeux et que je n’en aurais pas fait usage, et vous aurez raison… mais c’est l’attention qui compte!

Autre déception : l’un des articles que j’avais commandés m’a été livré dans une couleur autre que celle qui apparaissait à l’écran et que je pensais donc recevoir. J’ai donc eu l’occasion de tester également le service après-vente! Il est extrêmement simple de contacter les vendeurs et j’ai eu la satisfaction de recevoir très vite une réponse au message que j’avais laissé. Là encore, j’ai été étonnée, cette fois très favorablement, par le professionnalisme et l’amabilité de la réponse : j’ai pu garder le produit qui ne me convenait pas, j’ai été remboursée du prix que j’avais déboursé pour l’obtenir et, en plus, on m’a proposé une réduction pour un éventuel futur achat.

Comme je l’avais indiqué dans un précédent billet, je n’ai pas de fournisseur de sex toys attitré : je choisis la boutique où effectuer mes achats en fonction de ce que je recherche et du prix auquel je le trouve. Je me suis donc constitué un petit panel de sex shops en ligne auquel je vais ajouter L’arbre des plaisirs. Je suivrai avec intérêt l’évolution de cette boutique au fil du temps.

Pour vous faire votre propre opinion sur le site, c’est ici : http://www.arbredesplaisirs.com

(Non, je n’ai pas déserté le blog. Je croule simplement une fois de plus sous le boulot, parce que je suis trop bête pour lever le pied alors que je quitte l’entreprise dans quelques semaines… J’espère pouvoir être plus présente prochainement.)

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Mon billet cette fois ne va pas être très original : j’ai l’impression que toute la blogosphère parisienne a vu cette pièce et en a parlé!

Cette adaptation du roman de Choderlos de Laclos est mise en scène par John Malkovich, qui connaît bien l’oeuvre puisqu’il a incarné Valmont dans le film de Stephen Frears. Ce que je n’ai su qu’après, c’est que cette adaptation du roman en pièce par Christopher Hampton date des années 80s et que c’est elle qui a servi de base au scénario de la version des Liaisons dangereuses de Stephen Frears.

Pour ceux qui auraient réussi à passer au travers du roman et des films, la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont sont deux libertins, anciens amants restés amis. La marquise veut se venger de Gercourt, un autre de ses amants qui a eu l’audace de la quitter pour une femme qui était alors la maîtresse de Valmont. Gercourt, qui ne voulait épouser qu’une jeune fille pure et innocente tout juste sortie du couvent, a jeté son dévolu sur la jeune Cécile de Volanges. La marquise de Merteuil veut que Gercourt reçoive dans son lit le soir de ses noces une épouse déflorée et pervertie et réclame l’assistance de Valmont pour accomplir cette tâche. Mais ce dernier se montre assez réticent. Il trouve cette mission trop facile et, de ce fait, indigne de lui, et il a déjà une occupation. Il s’est en effet mis en tête de séduire la vertueuse présidente de Tourvel.

Si les dialogues respectent l’esprit et le langage du 18ème siècle, la mise en scène mêle le siècle des Lumières et l’époque contemporaine, tant dans les costumes que dans les moyens de communication. Les liaisons dangereuses est un roman épistolaire parce que les lettres étaient, à l’époque où il a été écrit, le moyen de communication principal. Il n’en est rien aujourd’hui. C’est pour cette raison que John Malkovich a choisi de laisser une place sur scène aux téléphones portables, tablettes… De la même façon, puisque, à notre époque, la vie privée s’affiche sur les murs des réseaux sociaux, les acteurs qui ne jouent pas dans une scène ne disparaissent pas en coulisse, mais, au contraire, restent présents et assistent aux échanges, comme les spectateurs. Ce choix offre en outre l’intérêt de rendre possible différents jeux de scènes et interactions entre les acteurs/acteurs et les acteurs/spectateurs. La pièce a également fait parler d’elle du fait de l’audace de son affiche et de sa mise en scène. Cette audace est cependant judicieusement dosée et ne fait que contribuer à rapprocher la pièce de l’esprit du roman. J’apprécie d’ordinaire assez peu les mises en scène novatrices mais j’ai beaucoup aimé celle-ci. Le mélange des deux époques est réussi. Le 18ème siècle n’est pas dénaturé. Les touches modernes se fondent bien dans l’ensemble et apportent quelque chose.

John Malkovich a fait le choix de miser sur des acteurs jeunes et, pour certains, inconnus, et c’est également une réussite. Tous sont très bons. J’ai beaucoup apprécié néanmoins Jina Djemba, qui campe une présidente de Tourvel tour à tour inaccessible et passionnée, ainsi que Yannik Landrein qui est un Valmont très convaincant, capable de jouer dans tous les registres. Le personnage que je trouve le plus fascinant dans Les liaisons dangereuses est celui de la marquise de Merteuil. Si sa noirceur la rend forcément antipathique, c’est néanmoins à mes yeux un beau portrait de femme forte, qui a su gagner par son intelligence et sa finesse sa liberté en un temps où les femmes en avaient si peu. J’étais donc inquiète de savoir comment elle serait joué et j’ai beaucoup aimé l’interprétation que Julie Moulier en fait.

La pièce dure plus de 2h30 mais je ne les ai pas vues passer. Bien que je connaisse l’histoire par coeur, j’ai été captivée. La tournure tragique des événements ne se révèle vraiment que dans le deuxième acte, et j’ai surtout beaucoup ri. Je suppose que vous ne serez pas étonnés si je vous dis que la représentation m’a donné envie de relire le roman. Je l’ai lu quand j’étais au lycée et je suis sûre que mon ressenti aujourd’hui serait bien différent de ce qu’il a été alors!

Je pense que vous aurez compris que je vous recommande vivement de courir voir la pièce, si ce n’est pas déjà fait. Ne tardez pas : les représentations prendront fin le 30 juin prochain! Vous trouverez tous les renseignements sur le site dédié à la pièce.

 

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Cet anime m’a tentée dès que je suis tombée par hasard sur l’image qui orne la jaquette du DVD (je ne sais plus si j’ai déjà eu l’occasion de vous dire que j’ai un gros faible pour les histoires de tentacules!). Je ne l’aurais pas acheté à son prix normal (prohibitif!), car je ne m’attendais pas à quelque chose d’extraordinaire mais, quand je l’ai trouvé à moins de 5€ en farfouillant sur un site, je n’ai pas pu résister!

Le DVD comporte deux épisodes d’un peu moins de 30 minutes chacun et offre le choix entre une version française et une version originale sous titrée en français. Craignant un peu le doublage français, j’ai lâchement opté pour la VO. De toute façon, étant donné que l’anime comporte peu de dialogues constructifs, le choix de la langue n’est pas bien gênant!

Les auteurs ne se sont, en effet, pas beaucoup foulés pour l’intrigue, qui n’est pas originale et qui n’est qu’esquissée! L’histoire se passe dans un genre de lycée pour filles dédié à la musique, dans lequel sont gardés plusieurs instruments de musique maléfiques. Un professeur s’est emparé d’un violon qui, lorsqu’on en joue, fait apparaître un démon, sous forme de tentacules donc, et qui suscite l’excitation sexuelle chez ceux qui l’entendent. Evidemment, le professeur utilise son violon pour faire subir toutes sortes de sévices à ses élèves, de jolies jeunes filles aux seins complètement disproportionnés (forcément). Au début du second épisode, on apprend l’existence d’un violon angélique. Mais les gentilles n’ont pas le temps d’en faire usage. Il faut comprendre : c’est bien plus intéressant qu’elles tombent au pouvoir du professeur plutôt qu’elles essaient de l’empêcher de nuire. Le scénario m’a donc paru fort maigre! Là, je me dis que je dois être vraiment casse-pieds : j’avais, au contraire, trouvé en regardant Le retour de la blue girl qu’il y avait trop de scénario et pas assez de tentacules. Mais, tout de même, un minimum de scénario qui tienne deux secondes la route n’aurait pas nui à l’affaire!

Sur le fond, on voit essentiellement des jeunes filles se faire violer par tous les orifices, par des tentacules ainsi que par certaines de leurs camarades munies de divers instruments. Il faut donc aimer le genre! L’ensemble est agrémenté par diverses pratiques, du style lavements, flagellations, bondage, promenades en laisse, mais ça reste assez classique et plutôt répétitif.

La particularité, si je puis dire, de l’anime, qui m’a beaucoup gênée, c’est qu’il est très orienté scatophilie et que pratiquement toutes les scènes de sexe se terminent sur la vision de jeunes filles en train de se soulager et de tentacules soudain munis de bouches (le reste du temps, ils ont plutôt comme plein de petits doigts!) se précipitant sur leurs excréments pour les engloutir. Je trouve ça dégoûtant et je m’en serais fort bien passée! L’autre reproche que je ferais au dessin animé, par goût personnel, c’est qu’il y a beaucoup trop de filles dans cette histoire et qu’un seul homme qui, en plus, fait tout le temps la tronche, ça fait bien peu! Autre point ennuyeux : l’animation est un peu inégale. Par exemple, dans les scènes où des élèves prodiguent des caresses intimes à une de leurs condisciples, la position et le mouvement des doigts m’ont paru ratés et pas naturels. Les fellations ne sont pas non plus des plus réussies.

En dépit de tous ces défauts, l’anime s’est néanmoins révélé d’une certaine efficacité, comme quoi il faut croire que, même si je ronchonne, je suis malgré tout bon public! Les quelques euros que le DVD (qui, vous l’aurez compris, n’est pas impérissable) m’a coûtés n’ont donc pas été totalement gaspillés!

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