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Archive for décembre 2011

Voilà déjà un bon moment que j’avais repéré ce magazine en kiosque. Je ne m’étais pas risquée jusque-là à aller y voir de plus près car, paradoxalement, les magazines littéraires m’ennuient profondément en règle générale. J’étais néanmoins intriguée par la petite formule qui figure sous le titre « L’actualité par les livres du monde ». Le thème du dernier numéro m’a poussée à franchir le pas et je ne le regrette pas du tout, car j’en ai trouvé la lecture passionnante et très instructive, et je compte désormais suivre la revue si elle aborde des thèmes qui m’intéressent.

Bien plus qu’à un magazine littéraire, Books m’a fait penser à Courrier International. La façon de procéder est, en effet, identique : ce numéro spécial est une compilation d’articles de différents pays. La différence, c’est que les articles ici traduits et reproduits sont exclusivement des critiques de livres. Ces articles étant très longs (3 à 6 pages), ils font largement plus que donner un avis sur un livre. Soit ils en constituent une synthèse ou une critique, soit ils débordent largement sur le sujet. Ils sont donc très riches d’un point de vue informatif.

Les sujets traités sont très variés, la sexualité étant abordée sous de nombreux aspects, mais j’ai ressenti néanmoins une certaine cohérence dans l’ordre de présentation des articles. La variété des thèmes touche aussi bien à l’aspect géographique (cela va des concubines en Chine au proxénétisme au Canada en passant par un historique de l’homosexualité et de sa perception en Iran), qu’à l’aspect temporel (on voyage de la Grèce antique et la place qu’y occupait l’homosexualité aux réflexions contemporaines sur le polyamour en passant par les méthodes de travail de Masters et Johnson dans  les années cinquante) ou qu’aux différentes pratiques – ou absences de pratique (la revue traite de l’asexualité au Japon, du rejet du coït par une féministe américaine dans les années 70s, de la masturbation, de l’érotisme dans la littérature arabe féminine contemporaine). Pour vous faire une meilleure idée du contenu du magazine, vous pouvez en consulter le sommaire et lire le début des articles sur son site, ici. Je précise que, bien que les sujets abordés soient quelquefois un peu « techniques », les articles sont d’un accès aisé et ne sont pas ennuyeux, loin de là!

 Ceux qui me lisent régulièrement se souviendront peut-être que, dans mon billet posté il y a quelques jours sur L’éloge de la masturbation de Philippe Brénot, j’avais été, une fois de plus, assez casse-pieds, lui reprochant d’être trop véhément à l’égard des détracteurs de la masturbation et pensant qu’il était possible que ça ait pu nuire à la rigueur et à l’objectivité de ses recherches. Comme je ne maîtrise pas du tout le sujet, il ne s’agissait là que d’une impression dont j’ignorais si elle était fondée ou non, si bien que, après coup, j’avais eu des remords et m’étais reprochée d’avoir été trop sévère pour son ouvrage. J’ai donc été agréablement surprise de lire dans Books les deux articles relatifs à la masturbation. L’un est une critique assez rude par un historien d’un ouvrage d’un non-historien, qui avance la même théorie que Philippe Brénot, à savoir que la condamnation de la masturbation au 19e siècle trouve ses origines dans la découverte des spermatozoïdes un siècle plus tôt. L’autre est une critique élogieuse d’un ouvrage d’un historien spécialiste du sujet. Il en ressort que la découverte des spermatozoïdes n’aurait rien à voir avec l’affaire et qu’on ne sait pas ce qui a provoqué ce phénomène. Du coup, ça m’a donné envie de creuser le sujet!

Ce n’est d’ailleurs pas le seul sujet que le magazine m’a donné envie de creuser : je retiens de sa lecture pas mal d’ouvrages qui ont l’air intéressants, tant parmi ceux qui faisaient l’objet des articles, que parmi ceux qui figuraient dans de petits cadres « pour en savoir plus » à la fin de certains d’entre eux. J’ai fait un petit diaporama de quelques-uns des livres qui me tentent. Reste plus qu’à trouver le temps de lire, ce qui n’est pas le plus aisé!

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Oh my god!

Mortimer Granville est un jeune médecin idéaliste qui se fait chasser de tous les hôpitaux de Londres parce qu’il veut bousculer les traditions pour mettre en pratique les connaissances médicales modernes, dans le but de sauver des vies. En désespoir de cause, il est recruté par un médecin spécialisé dans le traitement des femmes diagnostiquées hystériques, qui est débordé. Mortimer se met à la tâche avec tellement de zèle pour soulager ses patientes, qui sont en fait en manque de plaisir, qu’il commence rapidement à ressentir des douleurs handicapantes à la main. Une invention de son ami d’enfance lui donne l’idée de fabriquer un instrument susceptible de remplacer la main : c’est ainsi que naît le vibromasseur.

Bien que le sujet soit tout à fait scabreux, Oh my god est une comédie tout public, et même très chaste! Ce n’est pas un grand film et il est malheureusement beaucoup trop prévisible. Après les 5 premières minutes, j’aurais déjà pu dire comment ça allait se terminer et j’ai regretté que les personnages soient très archétypaux et dépourvus de nuances si bien que, s’ils sont sympathiques, ils ne sont pas très intéressants. Cependant, c’est un film de détente agréable et je me suis bien amusée.

Pour le fond, en dépit de l’indication au début du film comme quoi celui-ci est basé sur des faits réels, il est visiblement très romancé et je vous renvoie à l’excellent article d’Agnès Giard pour plus de détails.

Shame

Dans ce film infiniment plus sombre que le précédent, il est question d’addiction au sexe. Brandon mène une vie en apparence normale, mais il est en constante recherche de plaisir sexuel, qu’il prend où il le trouve : masturbation, prostituées, rencontres éphémères, pornographie. L’arrivée de sa soeur, fragile et qui cherche désespérément à être aimée, va chambouler son existence bien réglée.

Beaucoup de sexe mais pas de sensualité dans ce film très froid, très clinique. Peu de dialogues. Pas de tendresse : Brandon en semble incapable. Et pourtant, malgré toute la froideur dont fait preuve le personnage joué par Michael Fassbender (qui a eu le prix d’interprétation masculine à la Mostra de Venise pour ce rôle), son vernis craque souvent et le laisse en proie à ses émotions. De même, dans ce sexe aseptisé, j’ai trouvé certains passages émouvants, comme celui où Brandon s’emploie à séduire une de ses collègues, parce qu’on y retrouve les petites maladresses caractéristiques des débuts de relation. L’ambiance est cependant plutôt glauque et certains passages font froid dans le dos.

Bien que les deux héros soient perdus dans une solitude évidente, je n’ai pas eu l’impression que le film était porteur d’un message mais plutôt qu’il montrait. Ce sentiment est sans doute renforcé par le fait que je n’ai pas pu m’attacher au frère et à la soeur (Carey Mulligan est également très bien mais son personnage était trop larmoyant à mon goût pour que je puisse ressentir de l’empathie).

Esthétiquement, c’est un film très réussi, très beau. Tout y est soigné, tant sur le plan visuel que sur celui de la musique, l’interprétation est impeccable, beaucoup de soin est apporté aux petits détails et j’ai bien aimé le jeu ambigu sur les faux semblants qu’il y a à certains moments. Il m’a semblé cependant qu’il manquait un petit quelque chose : j’aurais aimé que, au-delà de cette ambition esthétique, le film creuse un peu plus, et en apprendre davantage sur les personnages et notamment sur leur passé.

C’est néanmoins un film qui mérite très largement le détour et dont on ressort secoué.

Céline en parle très joliment.

 

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Lorsque mon fils est rentré en CP en septembre, je me doutais bien qu’il allait passer de la phase « caca boudin » à des expressions fleuries moins bébé, mais je ne m’attendais pas à ce que la transition soit si rapide. Il faut dire qu’il est dans une toute petite école, organisée en classes multi-niveaux. Sa classe est essentiellement composée de CP et de CM1-CM2. L’avantage est que les grands incitent les petits à bien se tenir en classe et les aident, mais il prennent aussi un malin plaisir à se prendre pour des caïds et à se la jouer devant ce public conquis et admiratif. J’ai donc eu l’occasion ces derniers mois de contribuer à l’enrichissement du vocabulaire du loustic en lui expliquant le sens de certains mots qu’il répétait sans les comprendre. Au-delà des grands classiques, comme « cul » (jusque-là, c’était facile), j’ai connu quelques situations un peu surréalistes, comme lorsque j’ai dû lui faire comprendre que ça n’allait absolument pas être possible qu’il rebaptise une de ses peluches préférées « ma couille »… ce qui me fait penser qu’il faudrait que je lui enseigne que le mot approprié pour désigner la chose est testicule avant de m’attirer des ennuis avec son géniteur et les grands-parents… Et j’ai même pu tester jusqu’où s’étendait mon ouverture d’esprit : je me suis bornée à lui interdire formellement d’utiliser le mot « enculé » et à lui dire d’attendre 3-4 ans avant de me redemander ce que ça signifie concrètement… en priant lâchement pour que ça puisse attendre un peu plus longtemps que 4 ans. Mais je n’étais pas du tout préparée à ce qui m’est tombé dessus l’autre soir.

Nous avions à dîner mes parents, qui sont plutôt du genre coincé. Mon père passe beaucoup de temps sur les ordinateurs en général, et sur internet en particulier, et travaille quotidiennement à rafraîchir et parfaire son anglais… qu’il prononce de façon épouvantable. Je ne me suis donc pas méfiée quand il a voulu se renseigner, en plein dîner, sur la signification d’un mot qu’il avait lu sur le net. « Qu’est-ce que ça veut dire w-h-o-r-e? Et comment ça se prononce? » Assise entre ma mère et mon fils, j’ai connu un moment de solitude… Je n’ai pas osé lui demander sur quel site, sans doute parfaitement innocent, il avait fait cette découverte.

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Eloge de la masturbation

Le titre de ce petit essai d’une centaine de pages est un peu trompeur, car seul son postlude (je ne connaissais pas le mot, mais je le trouve très joli) constitue un véritable éloge de la masturbation. Le corps de l’ouvrage peut se découper en deux parties, une historique et une littéraire.

Dans la première partie, l’auteur s’attache à expliquer pourquoi la masturbation a été si vivement condamnée au 19e siècle. Selon lui, le coupable serait Samuel Tissot, un médecin suisse devenu célèbre pour avoir publié des ouvrages de vulgarisation, donnant des conseils de santé au peuple, et qui est également l’auteur de Testamen de morbis ex manustupratione (Essai sur les maladies produites par la masturbation), publié en 1758, qui devint un best-seller réédité à de nombreuses reprises. Selon l’auteur, le terrain aurait été préparé par la découverte en 1677 des spermatozoïdes. Philippe Brénot narre de façon passionnante les réactions provoquées par l’observation au microscope de ces petits « têtards ». Certains ont voulu y voir des hommes minuscules. De là à voir un crime dans le fait de répandre la semence dans un but autre que la reproduction, il n’y avait qu’un pas à franchir! L’auteur évoque ces maladies dont on disait que les hommes et femmes qui s’adonnaient à la masturbation risquaient d’être atteints et explique comment, d’une réprobation médicale, on est passé à une condamnation morale.

Cette partie est intéressante, racontée de façon très vivante, et j’ai appris des choses en la lisant. Il y a toutefois un point qui m’a un peu gênée : il prend violemment position contre les auteurs qu’il évoque, écartant d’un revers de main leurs allégations sur la simple affirmation qu’elles sont ridicules. Je pense que son propos aurait gagné en force et en crédibilité à être plus factuel. Bien que je partage en tout son opinion, je me suis interrogée, de ce fait, sur l’objectivité et la rigueur avec lesquelles il a mené ses recherches, et je trouve ça un peu dommage. Il faut dire que je n’ai pas pu m’empêcher de faire une comparaison avec L’harmonie des plaisirs d’Alain Corbin, que je suis également en train de lire et qui, s’il est moins facile d’accès, est d’une rigueur historique irréprochable (Bah oui, je suis toujours dessus! Comme je prends beaucoup de notes, je n’avance pas vite. Ca ne va pas être simple de synthétiser tout ça après…).

Dans la deuxième partie, Philippe Brénot montre que, en dépit des condamnations médicales et morales qui ont eu cours à certaines époques, la masturbation a toujours été présentée sous un jour favorable dans la littérature. Continuant à jouer les esprits chagrins, je ne peux pas m’empêcher de me demander si l’on ne pourrait pas trouver des contre-exemples. Malheureusement ma mémoire de poisson rouge me laisse dans le brouillard… Néanmoins, j’ai apprécié qu’il illustre son propos de nombreux extraits, dont certains d’auteurs que je ne connaissais pas. Là encore, j’ai été très intéressée.

Même s’il faut toujours que je joue les casse-pieds, j’ai trouvé la lecture de ce petit essai plaisante et instructive et je le recommande chaudement!

Philippe Brénot est psychiatre, il enseigne la sexologie à Paris Descartes et il est l’auteur de pas mal d’ouvrages sur la sexualité, parmi lesquels j’en ai repéré quelques-uns qui me tentent bien.

Eloge de la masturbation
Philippe Brénot
Zulma

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« Tu sais, le beaucoup est de trop pour une femme de plus de quarante ans! »

J’ai placé ce billet sur ce blog par souci de cohérence, étant donné que c’est déjà ici que j’avais posté mon billet sur le premier roman de Gabrielle Ciam, Le train de 5h50. Ce n’est cependant pas un récit érotique, même si le sexe y occupe une place importante. Il serait pour autant dommage de passer à côté de ce récit, dans lequel j’ai retrouvé toute la grâce et la sensibilité de l’écriture de Gabrielle Ciam… Et en plus il se lit vite : il fait moins de 100 pages!

Comme Le train de 5h50, Je t’aime beaucoup a pour personnages un homme et une femme, dont on ignore les noms.  Il a été pour elle plus qu’un amour de jeunesse : il a été le centre de sa vie et de ses pensées pendant 3 ans. L’action se passe 25 ans après leur séparation, alors qu’ils viennent de se retrouver par hasard. Bien que le récit soit à la troisième personne, c’est de son point de vue à elle que nous est racontée l’histoire. Leur amour est mort, elle s’en étonne, cherche à comprendre, fait appel à ses souvenirs. De ce fait, le ton du récit, dans lequel les souvenirs s’entremêlent avec les événements présents, est assez mélancolique.

Il faut dire également que leur passion a été ambivalente. Lorsqu’ils se sont rencontrés, elle n’avait pas encore 17 ans. Lui en avait 32 de plus et était un célèbre animateur de télévision. Elle était fascinée et très fière de son intérêt pour elle. Pendant 3 ans, elle a passé son temps à l’attendre, accourant dès qu’il l’appelait, lui servant de bouche-trou entre ses activités professionnelles et les femmes qui se succédaient dans sa vie. Avec le recul et la maturité, elle prend conscience des aspects sordides et du déséquilibre de leur relation. Elle peut enfin porter un jugement lucide sur lui et elle s’interroge sur ce qu’elle éprouvait réellement pour lui. Mais, en même temps, elle se remémore les moments forts, les instants de bonheur, et tout ce qu’elle a appris avec lui. C’est comme si elle déposait leurs souvenirs sur les plateaux d’une balance pour voir de quel côté elle pèse.

Et puis il y a le temps présent, dans lequel leurs rapports sont totalement différents. Elle est désormais une femme. On devine qu’elle est avocate et qu’elle a réussi professionnellement (on ignore, en revanche, tout de sa vie privée). Lui est désormais un vieil homme, ce qui lui confère une certaine fragilité et une vulnérabilité. Elle est certaine de ne plus rien éprouver pour lui et en est heureuse, mais en même temps semble se tester, regretter presque. Il suffirait de si peu de chose…

A travers cette histoire, Gabrielle Ciam nous invite à une réflexion sur l’amour et les relations amoureuses : comment elles se font et se défont. Personnages et situations sont finement analysés. En dépit de la force de certaines situations et des émotions, le récit est empreint d’une grande douceur. La plume est élégante, presque poétique. J’étais partagée entre la hâte de tourner les pages pour connaître la suite et le désir de prendre mon temps, pour déguster le récit sans en perdre une miette.

En cherchant la couverture du livre, je me suis aperçue qu’elle a écrit un troisième roman, Celui d’en face, et je suis tout heureuse de savoir qu »il m’en reste encore un à découvrir!

Gabrielle Ciam
Je t’aime beaucoup
Editions Arléa

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Depuis quelques temps, la collection Osez propose des recueils regroupant 20 histoires érotiques autour d’un thème. On peut ainsi trouver des « Osez… 20 histoires » autour de l’amour au bureau, du quick sex, des premières fois ou de l’infidélité… et donc de la fellation.  Je dois dire que j’ai pris celui-ci plus pour voir comment c’était que par réel enthousiasme, l’inégalité des guides Osez, qui peuvent s’avérer aussi bien excellents que franchement  mauvais, m’ayant rendue méfiante. Je m’attendais donc à ce que ce que ces recueils présentent la même hétérogénéité au niveau de la qualité des récits, et j’ai été surprise que ce ne soit pas le cas. Mis à part 2 ou 3 histoires pour lesquelles l’écriture est franchement pénible, tant la forme que le fond sont assez soignés et tout à fait corrects.

Parmi les 20 auteurs, principalement des femmes (ce qui m’a amusée, c’est que, dans pas mal de cas, j’ai trouvé que le sexe de l’auteur était assez aisé à deviner en lisant son histoire), le seul dont je connaissais le nom était Eric Mouzat. Je me disais depuis déjà un bon moment qu’il faudrait que je lise quelque chose de lui, mais je n’étais pas très pressée… et je ne le suis pas plus après avoir lu son récit!

Le sujet est traité de façons très diverses et sous des angles très différents. Le ton peut être romantique, humoristique ou même amer, l’ambiance tendre, torride, ou orientée SM (pas de quoi fouetter un chat, tout de même!). Les hommes passent parfois de sucés à suceurs. Malgré tout, il s’agit toujours du même thème, aussi le livre se prête plutôt à être lu tout doucement, une histoire à la fois, afin d’éviter la lassitude. C’est en tout cas la tactique que j’ai adoptée. Malgré cela, je n’ai pas pu totalement éviter par moments un certain sentiment d’ennui, et j’avoue qu’il y a des pages que j’ai lues en diagonale. Histoire d’aggraver mon cas, je précise que ce ne sont pas des pages de « mise en situation » que j’ai survolées, mais uniquement des scènes érotiques, qui avaient un air de déjà vu et rien qui soit susceptible de m’accrocher. Comme je l’ai dit, les différentes histoires sont d’un niveau assez homogène et dans l’ensemble elles ne sont pas mauvaises. Mais, s’il n’y a pas grand chose qui se détache du lot vers le bas, il n’y a pas grand chose qui s’en détache vers le haut non plus, et je n’ai malheureusement pas trouvé tellement matière à être captivée ou emballée dans cet ensemble qui m’a paru assez conventionnel et terne.

S’il fallait en retenir quelques-unes, je citerais Le petit havre de paix de Tobin Williams et Bukkake de Laura Garibal. Dans la première, une jeune femme qui pensait s’être installée dans un coin tranquille de la plage pour bronzer en paix est dérangée par un étudiant agaçant. Dans la seconde, une femme découvre son attirance pour le bukkake en regardant les DVDs porno de son compagnon. Les deux histoires ne sont ni très crédibles ni renversantes d’originalité, mais elles arrivent à allier humour et érotisme de façon assez réussie. J’ai également bien aimé Août sur le lac, de Marilyn Jaye Lewis. Cette nouvelle douce-amère a pour héroïne une femme qui n’arrive pas à tourner la page après son divorce et qui, dans sa maison sur le lac, se remémore les bons souvenirs qu’elle y a vécus. Quelques recherches m’ont appris que cette américaine est un auteur et éditeur de roman érotiques et ça me donne envie d’y jeter un oeil.

Mais l’histoire qui a ma préférence est Tu dors? d’Alexandra Otero. Le sujet de celle-ci est très simple : un couple a sombré dans la routine, le sexe est devenu rare et la femme en souffre. Une nuit, alors que l’homme dort, elle n’arrive pas à trouver le sommeil et tourne en rond dans l’appartement. Avec une histoire banale et dans laquelle il ne se passe presque rien, l’auteur a bâti un récit accrocheur, finement analysé et avec une pointe d’humour. Je ne sais malheureusement pas si elle a écrit autre chose.

En conclusion… si vous avez envie de lire des histoires érotiques, je serais bien tentée de vous conseiller d’aller découvrir, si ce n’est pas déjà fait, le site Revebebe, qui a le gros avantage d’être gratuit et sur lequel, pour peu qu’on cherche un peu, on peut trouver de petits bijoux.

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