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Archive for novembre 2011

Les habitués de Solidays sont a priori familiers de cette exposition, qui se veut pédagogique sur un mode ludique, puisqu’on peut l’y voir tous les ans. Pour ma part, n’ayant jamais été à Solidays, je n’en avais jamais entendu parler. L’affiche m’a sauté aux yeux un matin de la semaine dernière alors que je m’engageais sur la place de la Bastille (heureusement pour le cycliste qui traversait la place un peu à la hussarde à ce moment là qu’il s’est rendu compte que je n’étais plus tout à fait attentive à ce qui se passait sur la route…) et je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir ça.

Au niveau des informations pratiques, ça pêche un peu ! Il est bien indiqué que cette exposition, organisée par Solidarité Sida, se tient du 19 novembre au 4 décembre, et qu’elle est gratuite, mais aucune des nombreuses affiches placardées dans le quartier ne mentionne les horaires d’ouverture! J’ai enfin avisé un petit papier à l’entrée qui indiquait que ladite exposition était ouverte de 15h à 20h et, comme j’avais pu lire sur différents sites qu’il fallait compter 45 minutes de visite, j’ai quitté hier mon travail plus tôt que d’ordinaire afin d’y arriver pour 19h… et je me suis fait refouler! Un vigile m’a indiqué qu’ils fermaient en fait vers 19h-19h30… Fallait le savoir! Je comptais faire une nouvelle tentative aujourd’hui mais j’étais plongée dans des simulations de budget que je voulais terminer, si bien que j’ai laissé passer l’heure sans m’en rendre compte. Comme je vais être occupée ce week-end par mon petit monstre… et ce satané budget, je ne retenterai pas l’aventure avant la semaine prochaine.

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Ludwig II

J’avais déjà eu l’occasion d’évoquer ici il y a quelque temps You Higuri à travers l’un de ses mangas, Gakuen heaven. La mangaka, qui aime l’histoire et la culture occidentale, est également très connue pour Cantarella, série toujours en cours inspirée par César Borgia, et pour Ludwig II, librement adaptée de la vie du roi Louis II de Bavière. Cette dernière série étant actuellement épuisée en France, je me suis jetée dessus quand je l’ai repérée dans le vide-bibliothèque de Kaeru. Ce n’est d’ailleurs pas la seule série qui m’a inspirée dans son vide-bibliothèque, puisque je me suis livrée à une véritable razzia sur les mangas et livres qu’elle proposait!

You Higuri a très visiblement fait des efforts de documentation pour dessiner cette série en 3 tomes, qui a été publiée au Japon de 1996 à 1998. Elle raconte dans les pages bonus du manga les déplacements qu’elle a effectués en Europe sur les traces de son héros, s’est inspirée de plusieurs ouvrages de photographies, et elle s’est renseignée non seulement sur la biographie du roi, mais également sur les événements politiques de l’époque, et notamment la construction de l’Allemagne, sous l’égide de la Prusse, sur l’impulsion du chancelier Bismarck. Cela lui permet de sortir de la caricature qui veut que Ludwig II se soit totalement désintéressé des affaires politiques et de montrer qu’il agissait au contraire avec beaucoup de clairvoyance et de sagesse.

Cependant, il s’agit d’un yaoi et non d’une biographie. La mangaka s’en tient donc sur certains aspects aux images d’Epinal plutôt que de rendre compte de la réalité. Par exemple, il était bien plus romanesque de peindre une duchesse Sophie éperdument amoureuse de son cousin Ludwig et d’imputer la rupture de leurs fiançailles à l’homosexualité (réelle ou supposée, je ne prendrai pas parti là-dessus connaissant mal le personnage) du roi plutôt que de relater la façon dont les événements se sont réellement passés, à savoir que les fiançailles se sont conclues sous la pression des familles alors qu’il n’existait rien de plus que des liens amicaux entre Sophie et Ludwig. Quant à la rupture des fiançailles, Ludwig l’a en fait réclamée en raison de l’inclination qu’éprouvait Sophie pour un photographe, inclination qui poussa la famille de celle-ci à la marier rapidement au duc d’Alençon afin d’éviter un scandale. Il faut dire que l’histoire de ce roi atypique, mort à 41 ans, mécène de Wagner et qui a principalement laissé derrière lui des châteaux de contes de fées, est propice à inspirer des récits romanesques.

En tant qu’oeuvre de fiction, en dépit de quelques maladresses, Ludwig II ne tient pas si mal la route. La mangaka a essayé de rendre compte de ce qu’elle avait perçu de la personnalité du roi, et de ce qu’elle a ressenti, car visiblement le destin de son héros ne l’a pas laissée insensible. Elle a donc insisté sur son amour pour la beauté, sa passion pour les légendes moyenâgeuses mises en musique par Wagner, son romantisme. Malheureusement, elle y va parfois avec de gros sabots. Les autres personnages ne sont pas développés ou sont assez stéréotypés, la palme revenant au favori du roi, Richard Hornig, qui réunit toutes les caractéristiques du personnage type de yaoi : amour, naïveté, pureté, dévouement. Certains personnages, tels le comte Holnstein, sont assez ambigus. Ce n’est cependant pas parce qu’ils sont complexes mais parce qu’ils manquent de profondeur et que le lecteur ignore quelles sont leurs intentions et motivations réelles. J’ai toutefois une petite tendresse pour l’impératrice Elisabeth d’Autriche, belle et insaisissable, mais je crois que c’est parce que j’aime bien l’original. Pour ce qui est des événements, là non plus ce n’est pas parfait. Certains développements de l’intrigue paraissent invraisemblables, d’autres sont un peu confus et auraient mérités d’être mieux expliqués. Et j’ai été un peu énervée par l’adaptation française qui manque parfois de rigueur. Le nom du château de Neuschwanstein est par exemple écorché 9 fois sur 10.

Malgré ces points négatifs, le manga n’est toutefois pas mauvais, surtout pour un yaoi. Il y a du rythme, de l’humour, de l’action. Elle a su créer des personnages attachants aux aventures desquels je me suis intéressée. C’est un manga qui n’est pas creux, l’auteur a essayé d’y mettre une certaine substance. Elle s’en sort plutôt bien avec la chronologie, qu’elle arrange évidemment un peu à sa façon : elle a introduit des événements fictifs qui présentent un intérêt dramatique et accrochent le lecteur, et a réussi à les lier avec les événements politiques du temps. Et j’ai apprécié la façon dont elle introduit la folie dans l’existence de son héros, qui confère au manga un côté mystérieux et fantastique. De façon générale, je trouve qu’elle s’en est plutôt bien sortie avec les points de la vie du roi qui ont fait débat : la réalité de sa folie et les circonstances de sa mort, puisqu’elle a trouvé des solutions qui lui évitent de prendre ouvertement parti.

Mais l’atout principal de You Higuri est à mes yeux le dessin. Si j’ai été un peu déçue parce que je m’attendais à ce qu’il y ait plus de décors dans le manga, j’aime beaucoup la façon dont elle dessine les personnages, que je trouve très beaux. Si le manga n’est clairement pas à laisser entre toutes les mains, il n’est pas à proprement parler érotique. Les orgies auxquelles se livre le roi et les tourments qu’il inflige à Hornig ne sont évoqués que rapidement, par une image ou deux, elle ne s’appesantit jamais dessus.

Etant restée sur une impression franchement mitigée avec Gakkuen heaven, j’étais curieuse de lire Ludwig II pour ma culture générale (on m’a dit récemment que j’avais une conception particulière de la culture générale!) mais je n’en attendais pas grand chose. C’est donc pour moi une heureuse surprise, car la lecture en a été plutôt plaisante.

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Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler aujourd’hui d’un recueil de nouvelles qui n’a pas été traduit en français. L’auteur, Oniroku Dan, qui est décédé en mai dernier, était un maître du roman SM au Japon, et beaucoup de ses récits ont été adaptés en films. C’est d’ailleurs dans une critique du film Flower and snake que j’ai lu son nom pour la première fois. Ce film de 1974, réalisé par Masaru Konuma avec comme actrice principale Naomi Tani (il est disponible en France depuis 2008 sous le nom de Fleur secrète – une analyse du film ici) est adapté d’un roman d’Oniroku Dan et valut à celui-ci la célébrité. Flower and snake a, beaucoup plus récemment, fait l’objet d’une seconde adaptation apparemment nettement moins impérissable et a même été adapté en anime. Comme je ne suis pas du tout branchée films érotiques (il n’est pas impossible cependant que je jette un oeil, voire même les deux, à l’anime un de ces jours), j’ai voulu plutôt lire ce qu’il avait écrit. Malheureusement je n’ai absolument rien pu trouver en français et ce recueil est apparemment tout ce qu’il y a de disponible en anglais.

Season of infidelity regroupe 4 nouvelles, publiées initialement en 1997, bien après que l’auteur, principalement actif dans les années 70s et 80s, se soit arrêté d’écrire des histoires érotiques pour se tourner vers d’autres activités. Il a cependant publié une autobiographie qui a connu un tel succès qu’il a persévéré en écrivant ces nouvelles, qui sont basées sur un fond autobiographique. Cependant, comme l’indique le sous-titre du livre (« BDSM tales »), il s’agit de contes et leur auteur semble avoir pris pas mal de libertés avec sa propre histoire, bouleversant la chronologie, arrangeant les événements ou même inventant. Ce qui est amusant, c’est qu’il se cantonne principalement dans ces nouvelles à un rôle de voyeur, de témoin, et ne se peint pas forcément sous un jour flatteur. Avant d’aller plus loin, je vais tout de même dire quelques mots de chacune des nouvelles :

Season of infidelity : L’auteur y raconte une liaison adultère de sa femme (causée à l’origine par sa propre infidélité!) qui aboutit à leur divorce mais lui fit découvrir une facette des goûts sexuels de son épouse qu’il ne connaissait pas.

Pretty boy : Revoyant un ami de jeunesse qui est sur le point de mourir, l’auteur égrène avec lui leurs souvenirs d’étudiants, et en particulier le viol perpétré par cet ami sur la personne d’un jeune homme avec qui le narrateur avait vécu une relation amoureuse.

Deer park : La nouvelle tire son nom d’un club SM que l’auteur a voulu fonder chez lui, inspiré par le 18e siècle français et le Parc aux cerfs du roi Louis XV. Il explique ses motivations en faisant preuve d’une connaissance de la biographie et de la philosophie de Sade ainsi que, plus généralement, de la société française du 18e siècle, que je qualifierais de superficielle pour rester gentille. Cependant son projet de club se heurte à un obstacle de taille : les membres sont uniquement des hommes. Autre problème : l’auteur éprouve une forte attirance pour la maîtresse d’un de ses amis.

Bewitching bloom : Dans cette dernière nouvelle, Oniroku Dan parle de ses années de collaboration avec les studios Nikkatsu Roman Porno, ainsi que des actrices qu’il a cotoyées, et en particulier de son amitié avec Naomi Tani.

L’auteur ne s’appesantit pas sur les scènes érotiques qui s’insèrent naturellement dans son récit et les pratiques mises en scènes sont assez soft. L’esprit est néanmoins assez pervers et je me suis sentie gênée par les deux premières nouvelles. Dans Season of infidelity, il raconte ce que lui a fait éprouver le compte-rendu des ébats de son épouse avec son amant (réel ou imaginaire?) et place ainsi le lecteur en position de voyeur. Quant à Pretty boy, comme je l’ai indiqué plus haut, il y est question d’un viol. Mais il ne s’agit pas ici d’une description fantasmée, où la victime finit par prendre du plaisir, comme c’est souvent le cas dans les histoires érotiques. Le viol est ici très réaliste et purement sadique, dans la mesure où il a uniquement pour but d’humilier et de blesser moralement la victime, si bien que je me suis sentie relativement mal à l’aise en lisant ces pages.

Abstraction faite de ces réserves, c’est néanmoins une lecture que j’ai beaucoup appréciée car j’ai été intéressée. La narration est fluide et agréable et pas du tout ennuyeuse ou répétitive et le recueil s’avère même assez instructif, du faut que l’auteur y évoque nombre de sujets très variés sur lesquels il m’a donné envie d’en apprendre plus, tels que, par exemple,  la danse et le théâtre traditionnels, la fabrication de poupées  ou, évidemment, le monde du porno.

Il parle aussi beaucoup de vêtements féminins et, en particulier, de kimono. On le sent fasciné par la beauté féminine, une beauté qui, à ses yeux, se doit d’être alliée à l’élégance et à la distinction. Cela le conduit à parler de l’écriture. Il explique que les histoires qu’il a écrites pour des films lui étaient souvent inspirés par la beauté d’une femme, et notamment celle de Naomi Tani, qui lui donnait envie de la mettre en scène dans des situations où elle était attachée. Il est en effet apparemment beaucoup question de femmes bondagées et torturées dans ses histoires. Il adaptait le rôle à la personnalité et au genre de beauté de l’actrice.

Je n’ai donc pas été étonnée de le voir se plaindre que l’industrie moderne du porno ne cherche à montrer que du sexe sans s’inquiéter de bâtir un scénario et de construire des personnages.

« Nikkatsu Roman Porno was established in 1971 and went dark in 1986, producing films for just fifteen years before disappearing from the face of the earth. Its demise was brought about in part by the managers at Nikkatsu ignoring profitability in favor of expanding business operations, but also by the advent of VCRs and adult videos revolutionizing the pornography business. Adult videos, or AVs, tended to ignore things like « plot » and « character development » and instead focused solely on men and women getting it on. At the farewell party forRoman Porno, the directors laughed bitterly, saying that the demise of their production company was like the forces of evil porn causing the fall of good, high-quality erotic films. »

Contrairement aux clichés, il explique que les actrices de son époque ne faisaient pas du porno par vocation mais simplement parce qu’elles avaient échoué dans la « filière normale ». Aussi, elles voulaient des rôles avec beaucoup de texte et leur offrant la possibilité de déployer leurs talents d’actrices, dans l’espoir que ça leur permette d’évoluer vers des films non-érotiques. La seule exception était Naomi Tani qui ne voulait être rien d’autre qu’une star du porno.  Mais aucune de ces femmes, y compris Naomi Tani, n’avait d’inclination particulière pour le BDSM et le bondage. Elles faisaient simplement leur travail de leur mieux et Oniroku Dan voit dans leur capacité à faire croire qu’elles avaient du goût pour les sévices qu’on leur faisait subir à l’écran la démonstration de leur talent.

Même s’il faut visiblement faire pas mal le tri entre la réalité et la fiction dans ces nouvelles, j’ai été bien intéressée par ma lecture et j’aimerais pouvoir lire certaines de ses histoires. Malheureusement mes possibilités pour cela  se limitent visiblement à surveiller les libraires anglo-saxons ou à me mettre au japonais…

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Quand Cupidon s’emmêle est le dernier d’une série de trois volumes, intitulée Les cinq sens d’Eros, regroupant l’oeuvre érotique de Giuseppe Manunta. Cette série publiée récemment aux éditions Tabou regroupe des histoires qui avaient initialement paru à la fin des années 90s.

Le volume qui m’occupe aujourd’hui regroupe 7 histoires courtes :

 – Cinéma maison : Une femme rentre chez elle en retard et se fait rabrouer par son mari, affalé devant la télé à attendre son dîner. Enervé par la tenue trop suggestive qu’elle porte, il la violente  jusqu’à ce que la scène soit interrompue par un « Coupez! »

La dernière séance : Une femme retrouve tous les mercredis son amant au cinéma. Celui-ci la pousse à se livrer dans la salle à des actes de plus en plus poussés avec d’autres spectateurs.

La journée extraordinaire : Une jeune femme sur le point de se marier veut vivre une journée extraordinaire, « de celles qui changent une vie » et satisfait toutes ses envies.

La loi de Murphy : Deux femmes s’aiment. Chacune décide de l’annoncer à son copain.

Génération avenir : Cette histoire futuriste se passe dans un monde dominé par les femmes, où les hommes ne sont laissés en vie que pour servir de reproducteurs.

Par le petit bout de la lorgnette : Pour sa nuit de noce, un jeune marié veut sodomiser sa femme, qui s’y refuse. Furieux, il part chercher ailleurs de quoi satisfaire ses envies, pendant que la jeune femme réfléchit et remet ses préjugés en question. Mais ce n’est pas un bon jour pour le mari…

Un verre de trop : A une fête, l’organisateur tente de faire une déclaration à une amie mais celle-ci ne l’écoute pas et choisit un autre homme. L’amoureux éconduit fait boire son rival pour le neutraliser.

Les dessins de Giuseppe Manunta sont très doux, tant dans le trait que dans les couleurs, ce qui leur donne un côté naïf. De ce fait… euh… j’aurais envie de dire que ça dédramatise le propos, mais l’expression n’est pas très appropriée. Disons simplement que c’est un mélange très réussi d’un fond plutôt pimenté et d’une forme soft, qui fait que le fond me semble plus accessible qu’il pourrait l’être avec un style de dessin différent.

Pour rester sur le fond, les thèmes des histoires ne sont pas d’une originalité renversante et les intrigues ne sont pas très fouillées. Il faut reconnaître néanmoins qu’il n’est pas facile de faire quelque chose de fouillé en 7 pages (la durée de chacune des histoires). De plus, il y a très clairement une volonté de l’auteur de raconter quelque chose qui se tienne, ce qui est louable. Giuseppe Manunta semble notamment avoir attaché de l’attention à ses chutes, y ménageant des rebondissements souvent humoristiques. Du fait de cette bonne volonté évidente, je suis d’autant plus incline à l’indulgence que certaines histoires m’ont amusée, en particulier Cinéma maison et Par le petit bout de la lorgnette.

L’album ne repose pas uniquement sur le sexe et sur l’humour. Il y est aussi beaucoup question de sentiments. L’auteur parle d’amour et de tendresse, à travers la mise en scène de différentes configurations de rapports homme-femme, de fantasmes et d’envies.

C’est pour moi une découverte sympathique et je compte bien poursuivre ma lecture de cette trilogie.

Giuseppe Manunta
Quand Cupidon s’emmêle
Editions Tabou

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