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Archive for août 2011

A l’origine, je comptais faire un billet par manga et puis, comme je n’ai pas forcément grand chose à dire sur certains, j’ai pensé que je pouvais aussi bien faire un tir groupé. Voici donc une partie de mes lectures de ces derniers mois.

Me and you… The naughty

L’entreprise de Narushima est au bord de la faillite. Celui-ci n’a donc d’autre choix que de solliciter l’aide d’un groupe financier. Il réalise avec surprise que son interlocuteur, Soushi Isami, n’est autre que son demi-frère, qui lui a servi de souffre-douleur dans leur enfance. Soushi accepte de l’aider mais chacun des versements que sa société effectuera en faveur de celle de  devra être la contrepartie d’un règlement en nature.

Les deux premiers chapitres proposent du sexe assez pimenté et pas franchement consenti, sur fond de chantage (grosso modo, les lectrices qui ont été choquées par le viol sur lequel s’ouvre la série Viewfinder seraient avisées de faire l’impasse sur ce manga). Mais ensuite le ton change complètement. On se retrouve dans une histoire romantique excessivement sirupeuse avec des péripéties abracadabrantes et une intrigue qui repose presque uniquement sur la jalousie des deux partenaires.

Ce scénario très faible et quasi-inexistant n’est qu’un prétexte pour lier entre elles un enchaînement de scènes de sexe, qui sont très chaudes. Ce qui m’a étonnée et qui, à mes yeux, constitue la principale originalité du manga (je n’irais pas jusqu’à dire l’intérêt), c’est que la partie de l’anatomie des personnages qui est d’ordinaire floutée… l’est assez peu, ce qui fait que les images laissent peu de place à l’imagination. Je ne recommanderais donc le manga que pour qui cherche une histoire érotique entre garçons… et encore, le manga serait plus émoustillant s’il montrait moins et suggérait plus. A mon goût, tout du moins.

Me and you… The naughty
Piyoko Chitose
Tonkam
One shot
Réservé aux plus de 18 ans

I.D.

Un jeune policier est envoyé en guise de bizutage pour son premier jour porter un paquet à un scientifique de l’institut médico-légal. Ce dernier, plutôt dragueur, tombe aussitôt sous le charme du jeune homme, se lance dans un jeu du chat et de la souris avec lui et s’incruste dans les enquêtes auxquelles il participe.

On change ici totalement de registre avec une sympathique bluette très soft. Le scénario n’est cependant là encore pas excessivement palpitant. Les enquêtes policières ne servent que de décor à l’histoire amoureuse et sont plutôt bâclées. Il s’agit d’un manga plutôt humoristique dont l’humour repose essentiellement sur le personnage du scientifique. Si le premier tome m’a fait quelque fois sourire, le deuxième tome m’a paru assez plat et je me suis un peu ennuyée en le lisant. A mon avis, un one shot aurait été suffisant. C’est un manga sympathique mais pas franchement indispensable.

I.D.
Akira Kanbe
Taifu Comics
Collection yaoi
2 tomes (série finie)

Aijin incubus

Fujimaru est un lycéen ordinaire, qui fantasme sur les idoles et rêve de sortir avec une fille. Soudain un démon, un incube, Rei, débarque dans sa vie, ou plutôt dans ses rêves. Il se nourrit du plaisir des humains et a besoin de Fujimaru pour pouvoir à nouveau s’incarner. Le garçon tente de lutter mais ne fait pas le poids. Peu après, deux autres lycéens lui proposent de rejoindre leur club de l’occulte et lui proposent leur aide pour tenter un exorcisme.

 Je vais tout de même pouvoir terminer sur une note positive! Même si j’aurais préféré que le héros soit un poil plus âgé, j’ai beaucoup aimé ce manga qui est plein d’humour. Les fantasmes que Rei suscite à Fujimaru et les relations plus charnelles entre le démon et sa victime sont aussi émoustillantes qu’amusantes. Le cocktail des deux est plutôt réussi.

Le seul souci, c’est que, alors que la série comporte un troisième tome, Taifu Comics n’en a publié que deux et annonce la série comme finie. J’ai bien peur de devoir être contrainte de chercher le troisième tome en lecture sur le net…

Aijin Incubus
Rize Shinba
Taifu Comics
Collection yaoi
2 tomes (3 tomes parus au Japon)
Réservé à un public averti

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Teleny est un ouvrage qui a été publié clandestinement en 1893 en raison de son fort caractère pornographique et homosexuel. L’écriture de ce roman n’a été attribuée que tardivement à Oscar
Wilde qui l’aurait coécrit avec des amis.

Camille des Grieux atteint de tuberculose se confie au narrateur. Il lui conte son histoire d’amour avec René Teleny, un jeune pianiste hongrois. Tout est confié sans censure aucune. Tout d’abord la rencontre lors d’un concert qui revêt une dimension presque fantastique puisque Teleny et des Grieux y communiquent de manière télépathique, puis le refus des sentiments homosexuels condamnés par l’Angleterre victorienne, ensuite l’obsession jalouse qui conduit Camille à suivre Teleny et le désespoir de ne pouvoir vivre pleinement son amour et , enfin l’épanouissement de l’amour et l’assouvissement des désirs sensuels.

Les expériences passées féminines de des Grieux sont soit tournées en ridicules soit virent au sordide  soit se finissent dans la violence. Elles sont en totale opposition  avec ce que Camille vit avec Teleny. Je trouve que cela nuit presque au propos de ce roman qui présente l’homosexualité comme
un penchant naturel étant ancré dans la nature des protagonistes et non comme étant le résultat d’expériences hétérosexuelles malheureuses. Il y a comme une contradiction. De plus ces expériences n’apportent rien d’important.

L’échelle des valeurs semble comme faussée par les interdits de la société, Camille des Grieux culpabilise de sentiments et désirs charnels qu’il nourrit pour René Teleny alors qu’il ne présente que
peu de sentiments de remords pour avoir essayé de posséder physiquement une jeune servante vierge contre son gré. L’hypocrisie de la société de l’époque apparait ici dans toute sa splendeur.

L’auteur ne nous épargne pas de légères provocations du type « la quintessence du plaisir ne peut être donné que par une personne du même sexe » qui font sourire. Le roman est très équilibré les moments purement érotiques alternent avec description des doutes et des sentiments. L’impériosité des désirs et des sentiments sont parfaitement décrits et les scènes érotiques sont très explicites même si de qualité variable car souvent alourdies par des comparaisons ou des périphrases. Oscar Wilde décrit même une partie fine homosexuelle.

Le style est parfois pompeux et les  descriptions souvent laborieuses, elles paraissent encore plus artificielles par le style de narration choisi. Je trouve que cela sied peu à la confession orale même fin XIXe. Cela donne un aspect trop précieux. Il est souvent fait référence à la mythologie et à l’antiquité, mais les références choisies sont toujours les mêmes et paraissent donc  au bout d’un moment prévisibles et ennuyeuses.  Ce roman se lit tout de même très bien. La narration est extrèmement fluide et je l’ai lu très rapidement.

L’ouvrage est intéressant à plusieurs titres  et notamment grâce à sa retranscription de ce que vivaient les homosexuels à la fin du XIXe en Angleterre et l’évocation des sentiments. J’avais déjà lu auparavant, il y a très longtemps,  le Portrait de Dorian Gray du même auteur, où l’homosexualité est latente sans jamais être clairement exprimée et De profundis, où Oscar Wilde écrit à son jeune amant depuis la prison où l’a conduit leur relation. Teleny complète assez bien les deux autres ouvrages en dévoilant encore un autre aspect du sujet. J’ai aimé lire ce livre que j’ai trouvé intéressant mais sans arriver à être totalement enthousiasmée.

Teleny
Oscar Wilde
Ed Cercle de Poche

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« Il ne se passe pas un été sans jeux et tests pour mesurer l’érotisme, sans conseils pour rompre la routine du couple s’appuyant sur les fameux clichés des lieux insolites, des dessous affriolants, des tenues provocatrices, des cours de strip-tease ou des parties fines. Déguisée en fille de joie, caricature d’elle-même, la femme a-t-elle quelque chance de se sentir tranquille et libre dans sa sexualité? Quand certaines, croyant y trouver la réponse à leur question, s’y aventurent, elles se le font payer, souvent très cher, en inhibitions accrues. La violence de l’interdit ne cesse de s’opposer à la violence du désir, et réciproquement. La pornographie ne fait pas seulement du tort aux femmes en les réduisant à des objets. Bien souvent seul outil de « l’éducation sexuelle » masculine, elle impose aux hommes, en gros plans, un rythme et des performances illusoires, un type de relation, une norme corporelle que seule une autre fiction peut égaler. […] Attendu pudique et soumis, le sexe des femmes ne les expose pas à ce genre de dérive. Mais la pression des magazines, truffés de pages de mode, d’images publicitaires totalement virtuelles, de régimes minceur, de conseils de beauté, d’invitations à la libération et l’épanouissement sexuels, ne les épargne pas davantage. On leur vante les attraits de la beauté, de l’élégance pour elles-mêmes (épanouissement personnel oblige) alors que leur objectif n’est, bien entendu, que de séduire (rassurer?) l’Homme. Arrêtons d’être dupes. Avant de correspondre à une image, il faut s’interroger sur le désir d’y correspondre et le supplément de liberté que cette image peut nous apporter ou non. »

J’avais envie de commencer par citer ce long paragraphe un tantinet provocateur parce qu’il résume bien l’esprit dans lequel a été pensé cet essai et parce que, si je ne partage pas totalement ce qu’elle dit car ses propos me semblent manquer un peu de nuances, je trouve qu’elle incite le lecteur à une réflexion sur lui-même à la fois utile et intéressante, un peu comme le fait Stéphane Rose dans Défense du poil.

Catherine Blanc est sexothérapeute et c’est, à travers 8 portraits de femmes, son expérience au quotidien avec ses nombreux patients qu’elle partage dans ce livre. Il y est essentiellement question de l’absence ou de l’insuffisance du désir et de la difficile quête de l’orgasme. Dans chacun de ces portraits, d’autres cas, soit similaires, soit illustrant des réflexions connexes sont évoqués. Comme l’indique l’auteur au début de son ouvrage, il ne s’agit pas pour le lecteur ou la lectrice de se reconnaître dans l’un de ces portraits, mais de piocher des idées qui peuvent ouvrir des pistes de réflexions sur soi-même.

Il ne me paraît effectivement pas évident de se retrouver dans ces portraits car les cas cités sont plus ou moins des cas d’école : les patientes ont toute eu une enfance difficile avec des parents absents, voire morts, ou trop autoritaires, ou des beaux-parents à gérer, et qui pèse sur leur vie sexuelle et leur conception de la sexualité. Ces cas sont abordés d’une façon que je qualifierais, par ignorance, de très freudienne. C’est une approche qui m’a toujours un peu dérangée, peut-être à tort, car elle me semble très réductrice. J’ai du mal à admettre que la psychologie de l’être humain soit purement analysée à travers le prisme de la sexualité et j’ai plusieurs fois tiqué en lisant le chapitre introductif de l’essai dans lequel, afin d’expliquer la conception actuelle de la sexualité dans notre société, elle revisite mai 68 en réduisant les revendications des manifestants à une aspiration à une sexualité plus libre.

Je lui reprocherais également d’être un peu prude, ce qui se ressent par moments dans ses propos. Par exemple, si elle rappelle utilement que l’existence du point G n’est toujours pas scientifiquement prouvée,  je l’ai soupçonnée de manquer quelque peu d’objectivité en ce qui concerne la sodomie et les sensations que celle-ci peut procurer. 

Néanmoins, c’est une lecture qui m’a parue intéressante car j’y ai effectivement trouvé matière à réflexion. Elle fait par exemple un parallèle entre le temps de l’amour courtois, qui affichait le désir mais faisait de la consommation un tabou, et notre époque qui, au contraire, affiche la jouissance à travers une pornographie omniprésente mais fait du désir un tabou. Je ne sais pas trop si je suis d’accord ou pas avec cette théorie, mais j’ai eu tout du moins envie de réfléchir à ce que j’en pensais. J’ai également été intéressée par l’analyse qu’elle fait des conséquences de l’importance accordée à l’organe sexuel masculin, tant sur les femmes que sur les hommes dont on a tendance à complètement oublier qu’ils ont d’autres zones érogènes qui mériteraient d’être mieux exploitées.

Catherine Blanc soulève de nombreuses problématiques mais ne donne pas de solutions. Ne serait-ce que parce qu’il n’existe pas de solutions toutes faites. Elle se contente d’indiquer quelques pistes qu’elle a suivies avec ses patients et patientes.

Nombreux étant les passages sur lesquels j’ai eu envie de m’arrêter, parce qu’ils me parlaient ou me poussaient à la réflexion sur un sujet ou un autre, que je ne résiste pas à l’envie de citer encore quelques passages.

« Il y a quelques dizaines d’années, il fallait embrasser un garçon ou une fille pour ne pas avoir l’air bête devant les copains ou les copines; il y a quelques années, il fallait coucher, peu importait le désir pourvu que ce soit chose faite; aujourd’hui, les jeunes gens se sentent devoir tout faire, tout essayer, tout vivre d’une sexualité guidée par le regard et les discours des autres, et non par leur désir, dans une démarche où finalement se lit la destruction du pulsionnel. »

« Alors que l’on ne cesse d’asséner aux hommes qu’ils se doivent d’offrir à la femme le temps de sa jouissance, nombre d’entre elles, exaspérées de ne rien ressentir, vivent douloureusement ces interminables minutes au terme desquelles elles n’entrevoient que l’échec. Une impatience qui signe déjà en elles l’impossibilité de la jouissance. Pendant que l’homme se répète « il faut que je tienne! », la femme pense en secret « viens! tu vas venir, oui ou non? ». Alors, afin de mettre un terme à cette épreuve de force, à ce malentendu, elles simulent, à grand renfort de respiration haletante, de cris rauques ou haut perchés. »

« Sans juger du bien-fondé de l’exhibition du corps féminin dans les publicités, la violence des réactions contre certaines d’entre elles dit aussi la crainte qu’elles inspirent à ceux qui les condamnent. De même, tous les accoutrements destinés à masquer le corps des femmes traduisent la crainte que leurs formes dévoilées inspirent. Or, la peur ne fait que renvoyer à l’animalité supposée de la sexualité. Refusant de la comprendre ou de l’admettre, nous posons des interdits qui, au lieu de nous civiliser, nous avilissent. Le respect des femmes ne passe bien évidemment pas par l’affichage de leur sexe mais par l’autorisation qu’elles ont d’en jouir selon leur désir. »

 « Voilà peut-être où se situe l’amour dans son expression mature : non plus deux êtres unis dans la douleur de l’insécurité et le besoin de l’autre pour combler le manque, mais deux êtres autonomes, unis dans la reconnaissance de leurs richesses personnelles pour les offrir à l’émerveillement et au partage de l’autre. Aimer, c’est jouir et se réjouir que l’autre soit autre que soi. Mais encore faut-il s’accorder à soi-même quelque crédit… »

J’édite pour signaler deux articles parus, l’un sur Slate, l’autre sur Sexactu que je vous encourage vivement à aller lire!

La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines
Catherine Blanc
Pocket

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Swingtown

Swingtown est une série qui a été présentée comme relatant la libération sexuelle dans les années 70 aux Etats-Unis.
Cette époque est pour moi emblématique. Je suis de cette génération à qui le sexe a d’abord été présenté comme pourvoyeur de maladies et de mort plutôt que de source de plaisir et d’épanouissement. Cette série a attisé ma curiosité car je n’ai jamais connu la pleine insouciance de cette époque.

L’action commence le 4 Juillet 1976 (bicentenaire de l’indépendance des Etats-Unis) dans la banlieue de Chicago. Bruce et Susan Miller quittent leur banlieue « middle class » avec leurs deux enfants pour emménager dans la banlieue chic. Ils laissent derrière eux leurs voisins et amis Roger et Janet Thomson. Ils font vite connaissance avec leurs voisins d’en face Tom et Trina Decker qui vont leur faire découvrir le libertinage.

Roger, sûr de lui, trader à la bourse et Susan pâle et douce femme au foyer se sont mariés très jeunes. Leur couple semble tenir par la force de l’habitude et s’être endormi. Susan semble au départ très effacée et aspirer juste à l’équilibre familial. Ils ont deux enfants : Laurie 17 ans, très mature pour son âge, un brin idéaliste et éprise de philosophie ainsi que de son professeur, Bruce un adolescent en phase avec son âge (environ 13 ans) qui connaît ses premiers émois.

Tom pilote de ligne et Trina pétillante ex-hotesse de l’air semblent en phase et avoir une excellente communication. Ils se définissent comme un couple libéré mais fidèle : il faut comprendre là qu’en libertinage, il faut les prendre à deux…. Ils semblent former un couple très solide mais le doute parfois s’immice par manque de confiance…

Roger, employé dans une compagnie d’assurance, insatisfait de sa vie et Janet dynamique et très conservatrice femme au foyer ont un fils du même âge que celui des Miller.

Ces trois couples vont vivre chacun des événements qui vont ébranler leurs petites certitudes. Ils vont devoir se remettre en question et le feront avec plus ou moins de succès.

Le libertinage est évoqué dans cette série sans voyeurisme aucun, ne vous attendez pas à voir des scènes torrides. Si le couple Miller en est à ses balbutiements en matière de libertinage, les Decker en ont fait presque un mode de vie. Janet Thomson ne conçoit pas ce type de relation …

La série m’a essentiellement intéressée par sa retranscription des années 70 aux Etats-Unis avec un trop léger rappel du contexte politique de l’époque, du design, de la musique…. A noter un passage, où le couple Trina et Tom organise une soirée de soutien à l’acteur de Gorge profonde qui est en procès. Les implications et les conséquences du libertinage sont abordées oui, mais de manière légère et superficielle. Les personnages putôt réussis manquent parfois un peu profondeur mais je pense que le format de la série ne permettait pas vraiment de plus les développer. Et, finalement les caractères les plus intéressants ne sont pas forcément ceux à qui nous pouvions nous attendre. Janet, qui semblait  prisonnière des ses certitudes, va finalement évoluer et faire le chemin d’essayer de comprendre les autres. Malheureusement, les scénaristes ont fait le choix de ne pas approfondir le personnage sombre de la série : la mère  héroïnomane d’une jeune adolescente qui vend sont corps pour quelques grammes de drogue. Ce personnage aurait pu servir de contre-poids aux autres qui demeurent assez lisses…

La série est sympathique mais assez ennuyeuse par moment. Elle présente le libertinage comme un mode de vie pouvant convenir à certains couples mais qui ne saurait en aucun cas remplacer un manque de communication : nous nous en serions douté. Elle n’a connu qu’une seule saison faute de succès….

Swingtown
Nb saison : 1
Nb épisodes : 13
Durée : 40 min

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La mécanique des femmes

La mécanique des femmes est un recueil d’anecdotes, de petites phrases, de monologues, de dialogues de petites scènes écrit par Louis Calaferte et publié en 1992 deux ans avant sa mort. Il a été adapté au cinéma en 2000. Son titre m’a tout de suite interpellée. Le quatrième de couverture précise qu’il y est question, comme le dit précisément le titre des manifestations sexuelles et érotiques spécifiquement féminines. Je suis toujours très curieuse et sceptique lorsque ce genre de livre est écrit par un homme. J’ai l’impression de plus souvent lire leurs fantasmes que la réalité…

Difficile de vous donner un compte-rendu fidèle de ce livre tant les scènes se succèdent à une vitesse vertigineuse étourdissant la lectrice que je suis. Elles sont assez diversifiées quelques unes sont d’une lumineuse poésie et d’autres sombrent dans le sordide (inceste, pédophilie). Presque toutes parlent de sexe. Certaines sont très sensuelles, d’autres pornographiques mais très peu parlent d’amour d’où une certaine vacuité et un immense sentiment de solitude. La mort est souvent mis en parallèle avec le sexe , une certaine noirceur ressort donc de ce recueil.  Toutes les scènes ne fonctionnent pas.

Louis Calaferte aime les femmes, beaucoup des descriptions le démontrent mais en lisant cette oeuvre, j’ai eu l’impression d’avoir à faire qu’à un type de personnalité féminine, pas monolithique certes, mais que l’auteur résume très bien ici :

Elle écrit :

Je suis votre petite putain
enfantine
perverse
femme
fragile
salope
jeune fille
autoritaire
pute
tendre dévergondée
ignorante
naïve et pute.

Les femmes s’y montrent souvent avides de « bites et de foutre », assouvissant leur faim de sexe au détour d’une porte cochère. Le titre « La mécanique des femmes » m’a paru alors un peu présomptueux par rapport au contenu de l’oeuvre.

Le style de l’auteur m’a paru brut, fulgurant, sans concession mais d’une grande finesse dans sa brutalité. Les phrases sont concises, chaque mot a son utilité, son importance. Les formules sont souvent très belles même dans leur crudité. Les descriptions aussi avares soient elles, sont d’une très grande puissance évocatrice, l’ambiance est établie en quelques mots. Louis Calaferte va à l’essentiel. La mécanique des femmes m’a fortement impressionnée par son écriture et m’a donné l’envie de découvrir un peu plus cet auteur dans un format de livre un peu plus classique. Si je m’attaque à Septentrion  (livre écrit en 1956 a été interdit de publication car considéré comme pornographique), je vous en livrerai mes impressions ici.

Je ne suis pas entièrement enthousiasmée par ce recueil de plus de 400 (d’après Wikipédia, je ne les ai pas comptées !!!) petites anecdotes, scènes ou lettres. Je pense l’avoir lu trop vite, un sentiment de lassitude provoqué par la répétition de ces petites scènes naît alors rapidement et j’avoue parfois avoir été écoeurée par certaines d’entre elles (mais très peu). De plus la brièveté de chacune des scènes amoindrit leur potentiel érotique. Il faudrait certainement en lire une par jour à la manière des petits almanachs de citations, de recettes ou de blagues qui sont tant à la mode aujourd’hui. Oui, je crois qu’il faudrait lire la mécanique des femmes comme un almanach érotique, irrévérencieux et pornographique et je le relirai ainsi pour essayer d’en apprécier chacune des scènes à leur juste valeur…

La mécanique des femmes
Louis Calaferte
Ed Folio

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Cette BD est composée de cinq petites histoires qui constituent en fait cinq chapitres d’un tout. Pendant qu’Alma dort, elle rêve (mais est-ce bien un rêve?) que des extra-terrestres débarquent sur Terre et échangent son esprit avec celui de son chien. Lorsque son ami se réveille au matin, il est quelque peu étonné du comportement d’Alma…

On suit ainsi les aventures d’Alma, à mi chemin entre rêve et réalité, dans cinq univers différents, qui correspondent aux cinq histoires, de longueur croissante, en lesquelles l’album est découpé : elle se transforme en femme-chienne, apprend le judo avec un professeur personnage de manga, au sexe flouté, se fait embaucher sur un chantier et s’y révèle très maladroite, part à la recherche de son chien qui, transformé en homme par les extra-terrestres (toujours eux!), s’octroie un peu de bon temps avec une femme qu’il fait chanter, et teste un fauteuil vibrant aux effets aussi imprévus qu’étonnants.

Que dire…? Je n’ai été convaincue ni par le fond ni par la forme. C’est complètement déjanté (ce qui en soit n’est pas forcément un mal – tout dépend comment c’est fait) et ça saute du coq à l’âne. Pendant toute la BD, on ne sait pas trop si Alma rêve ou si elle est éveillée et cette impression est renforcée par le fait que ses aventures semblent aussi absurdes et irréelles que les rêves. Par exemple, Alma enchaîne les maladresses et se retrouve chaque fois nue, de façon souvent totalement improbable. Le fait que l’histoire soit sans queue ni tête permet d’en faire une succession de situations scabreuses sans avoir à s’embarrasser de les justifier d’une façon quelconque. L’humour est omniprésent dans l’album. Mais ce n’est pas un humour fin et, personnellement, ce n’est pas le genre d’humour qui me fait sourire.

Je n’ai pas plus aimé le dessin. J’ai lu beaucoup de bien de Marco Nizzoli, qui a également dessiné Les délices du démon et Un bel été, pour ne citer que ses oeuvres érotiques, et j’avoue que je cherche ce qui lui vaut tant d’éloges. Il faut dire que Simbaby date de 1993 et est l’une des premières oeuvres dessinées par Nizzoli. Peut-être son trait a-t-il évolué depuis? L’impression que j’ai eue en lisant Simbaby est assez bizarre. Si les corps sont très jolis et certaines positions très alléchantes, au niveau des visages, j’ai trouvé que ce n’était pas ça. Sous certains angles, de profil notamment, l’héroïne était très jolie. Sous d’autres, le dessin était totalement différent et le résultat me semblait assez affreux. Comme je suis très loin d’être une experte en matière de BD, vous trouverez en bas de ce billet une planche pour vous permettre de vous faire votre propre opinion.

Pour ma part, je n’ai vraiment pas été emballée par cette BD. Si certaines situations m’ont paru intéressantes, je n’ai pas trouvé d’atout venant les mettre en valeur et ai été, au contraire, rebutée par l’humour lourdingue et le dessin qui ne me plaisait pas.

Simbaby
Giorgio Lavagna et Marco Nizzoli
Editions Blanche

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Voici un livre qui a manqué de rester dans les rayons de ma librairie : sa couverture hideuse et son titre racoleur ne m’engageait  que peu. Et pourtant par pure curiosité, comme il m’arrive souvent au milieu d’étagères remplies de bouquin, j’ai pris le temps d’en lire quelques pages. Le ton plaisant et tendre de l’auteur m’a plu et me voilà partie avec un livre de plus dans mon sac. Je ne prenais pas un gros risque, le livre peu épais ne pouvait pas me faire perdre beaucoup de mon temps.

Florence Ehnuel, professeur de philosophie qui avait déjà écrit l’Amour conjugué (essai sur le conjugual et l’adultère), nous fait part à travers cet essai autobiographique (est-ce que cela existe ? mais j’ai de plus en plus de mal ces temps-ci à classer les livres que je lis dans une catégorie bien définie) dans un parcours presque initiatique, du regard qu’elle porte sur les corps masculins.  Celui-ci a évolué depuis son enfance, où la pudeur émotionnelle et physique de son éducation lui renvoyait une image honteuse des corps, jusqu’à l’épanouissement de sa sexualité auprès de son amant et des partenaires rencontrés.  Après un mariage de plusieures années et l’infidélité de son mari, elle a conclu avec lui un pacte d’adultère consenti et assumé assorti d’une cohabitation amicale pour le bien-être de ses enfants.

 A travers ce livre, l’auteure nous rappelle la difficulté de poser un regard sur l’autre avec sa différence et cette part d’inconnu qui nous fait peur alors que l’acceptation de soi n’est pas toujours innée. J’ai aimé la capacité d’émerveillement de son regard qui rappelle celui des enfants.  Son regard est tendre et respectueux. Pour Florence Ehnuel, poser son regard est un don à l’autre, une reconnaissance.

Elle ne cherche pas des relations physiques uniquement. Pour elle faire l’amour est un langage, une autre forme de dialogue qu’elle ne se voit pas utiliser auprès d’une seule personne. Elle aime l’idée de la fidélité mais pas celle de l’exclusivité. Etre amoureuse exaxerbe sa réceptivité aux autres.

Les textes sont souvent très beaux sans pudeur hypocrite, sans vulgarité, sans prosélytisme, sans prétention. L’auteure ne cherche pas à convaincre. Elle nous raconte son parcours et nous livre son point de vue.

Elle décrit merveilleusement le corps non stéréotypé des hommes et leur sexe. Certains passages sont d’un bel érotisme presque poétique. J’ai été notamment touchée par la relation de « nu à nu » (sans pénétration aucune)  qu’elle entretient avec Iouri son professeur de russe.

« Cette relation de nu à nu me bouleverse. Une familiarité généreuse presque désintéressée s’y construit. Je sens une paix m’envahir quand je suis contre lui, ou une fringale gigantesque de m’adonner au regard. Lorsque je me déshabille ou que je le déshabille, je crois que nous nous révélons, je crois que nous dévoilons nos âmes. Je crois que je le délivre et je crois qu’il m’allège. »

La décription qu’elle fait  du corps et du sexe masculin dans la dernière partie  est vraiment réusssie et très érotique. Je vous livre ici un extrait chaste pour vous laisser le plaisir de découvrir les passages nettement plus sensuels encore que réserve la fin de ce livre.

« Tout en lui me semble un long programme passionnant à suivre, merveilleux, prometteur. Tout : le fin grain de sa peu, la distribution irrégulière de des poils, le dessin de ses tétons sur sa poitrine large, le tournant doux des épaules continuant en spirale dans la rondeur des muscles sur les bras, le battement chaotique de la veine du cou, la délimitation bien marquée entre dos et fesses, la constellation des grains de beauté, la densité de la nuque, la puissance des cuisses, la multitude des événements grandioses et émouvants sur le giron, la rondeur confortable du ventre. Tout. Mes pupilles veulent gober le moindre détail. Et plus que tout peut-être la liberté d’être nus ensemble sans projet défini. »

La lecture de ce livre m’a apporté du bonheur, et ce n’est pas rien…. Je le conseillerai très vivement mais pas uniquement aux femmes, aux hommes également et surtout aux jeunes qui débuteraient leur vie sexuelle.

Le beau sexe des hommes
Florence Ehnuel
Ed Points

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