Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for mai 2011

Happy Sex

Je pense qu’il est inutile de présenter Zep, l’auteur de Titeuf. C’est aux adultes qu’il s’adresse cette fois dans cette BD. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore lue, Zep a rassemblé en une soixantaine de pages quasiment autant de petites histoires mettant en scène, avec des personnages chaque fois différents, des déboires qui pourraient arriver à tout à chacun, ou les petites angoisses et complexes que chacun peut avoir vis-à-vis de la sexualité.

Il dresse un panorama assez large, abordant nombre de cas de figures, des adolescents aux personnes âgées, des rencontres éphémères aux couples avec enfants, différents contextes, des relations au travail à l’amour dans la nature, et diverses pratiques. Zep appelle un chat un chat, mais ne tombe pas dans l’humour graveleux, et, dans l’ensemble, ce n’est pas mal analysé. Si quelques histoires sont un peu tirées par les cheveux, la plupart sont susceptibles de faire tilt chez le lecteur et de lui évoquer son propre vécu.

J’ai eu un peu de mal au début avec le dessin qui ne me plaît pas, mais ça n’a pas grande importance, car j’ai pu en faire très vite abstraction, et me focaliser sur le fond, qui m’a beaucoup amusée.

Pour autant, cet amusement n’est pas dénué d’une certaine pointe d’amertume, car un grand nombre des petites histoires de l’album repose sur un décalage entre les deux partenaires. Ca m’a d’autant plus frappée dans les cas où un rapport sexuel est raconté du point de vue de l’un des partenaires, dont les pensées en ce moment qui devrait être intime, sont à mille lieues de ce que pourrait imaginer l’autre personnage. Je trouve ça un peu triste, parce que c’est trop souvent vrai.

En dépit de ce sentiment sans doute généré par mon esprit tordu, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette BD et j’ai énormément ri. En la relisant, alors même que j’avais son contenu encore bien en mémoire, je n’ai pas pu m’empêcher de rire à plusieurs reprises tout fort toute seule. L’histoire qui me fait le plus rire est Toys, dans laquelle un charmant bambin, qui a découvert la cachette des jouets de ses parents, demande à quoi servent ces objets étranges à sa pauvre mère bien en peine de leur trouver une utilité innocente plausible. Un cauchemar !

Zep
Happy sex
Delcourt
Réservé aux adultes

Publicités

Read Full Post »

J’ai acheté ce livre sans rien connaître de son contenu, juste parce que son titre m’amusait et m’intriguait.

J’ai eu une heureuse surprise en le recevant. En effet, l’auteur est critique de cinéma et s’est proposé de traiter de la fellation de nos jours, à travers la littérature et le cinéma. Cette perspective originale me semblait très prometteuse. Et, en effet, la lecture du premier chapitre a été pour moi assez jubilatoire, car elle m’a remis en mémoire certaines de mes lectures et m’a donné envie de voir ou de revoir pas mal de films. Puis, malheureusement, mon enthousiasme est retombé.

Dès la première page, il règle en quelques lignes son affaire au rapport Kinsey et à son retentissement, arguant que les sondages ne sont ni pertinents ni fiables en matière de sexualité. Lui, donc, s’intéresse au cinéma, à la littérature, à la presse, qui sont des miroirs de notre époque et, inversement, influencent la société. Que tire-t-il de ses sources ? La problématique suivante :

« Or, ce que tout un chacun peut constater, ici, maintenant, c’est la contradiction entre une sorte de démocratisation (ou de banalisation) de la fellation et les réticences qu’elle continue de soulever, voire la courante médiocrité de son exécution. »

Il va donc s’intéresser au pourquoi de ces réticences et de cette médiocrité en s’appuyant sur un sondage (tiens donc !) qu’il a trouvé dans l’Histoire raisonnée de la fellation de Thierry Leguay (qui figure dans ma PAL, mais c’est un hasard). Ce sondage réalisé aux Etats-Unis portait sur les 10 pratiques préférées des hommes et des femmes. La fellation arrivait en tête pour les hommes, en dernier pour les femmes. Notre auteur théorise donc sur le pourquoi de cette popularité auprès des uns et de cette impopularité auprès des autres et, pour améliorer la qualité des prestations féminines, propose quelques règles de bonne pratique.

Le problème, c’est que ses références littéraires et cinématographiques sont plus des illustrations de ses propos parsemées ça et là qu’un appui, une source réels. J’ai le sentiment désagréable que tout ce qu’il énonce n’est que sa vision des choses et le fruit de son expérience. Ce qui n’est pas problématique en soi. Mais là, ça fait vraiment discussion du Café du Commerce. Et je lui trouve une vision de la sexualité assez étriquée.

Déjà, la fellation n’est envisagée que d’une femme à un homme. La fellation pratiquée entre hommes n’est que rapidement évoquée, comme un possible fantasme d’homme hétérosexuel. Il y a un chapitre sur la circoncision qui ne se fait que l’écho de préjugés dénués de fondement. Plus gênant, il rappelle les recommandations concernant l’utilisation du préservatif pour éviter certaines maladies désagréables, mais les traite avec ironie et déclare qu’une fellation perd tout intérêt à ses yeux si elle est faite avec un préservatif. Je suis loin d’être une amatrice de plastique mais je trouve ce genre de discours assez dangereux.

Je ne résiste pas au plaisir de dire deux mots des motivations supposées des femmes pour faire une fellation. Il décompose les fellations en deux types : la fellation stratagème, visant à éviter la pénétration vaginale, et la fellation utilitaire, visant au contraire à provoquer celle-ci. Un troisième type : la fellation plaisir n’est évoqué que beaucoup plus loin et juste en passant, à croire que cela relève de l’exception !

Pour avoir des conseils techniques, mieux vaut, à mon avis, opter pour un manuel du type Osez la fellation. Gérard Lenne ne s’intéresse qu’aux « faut-il ? » et « doit-on ?». J’avais l’impression de lire un manuel de savoir-vivre. A le lire, on dirait que la fellation est régie par des règles immuables et que tous les hommes ont les mêmes goûts en la matière. Ca ne m’étonne pas qu’il se plaigne de la médiocrité des prestations avec de tels principes… 

Malgré des passages intéressants et quelques agréables moments de lecture, je suis donc globalement déçue de ce livre dont j’attendais beaucoup mieux.

De la fellation : comme idéal dans le rapport amoureux
Gérard Lenne
Editions La Musardine
Collection L’attrape-corps

Read Full Post »

Martial a lancé, l’hiver dernier, un challenge Murakami, auquel je me suis inscrite sur l’autre blog. Ce challenge, qui a pour but de nous inciter à découvrir ces deux romanciers japonais homonymes, Ryû et Haruki Murakami, prendra fin le 31 décembre 2012. L’objectif est de lire un maximum d’oeuvres de ces deux auteurs.

Martial nous propose également un petit concours : celui ou celle qui aura lu le plus de livres d’ici le 31 août gagnera un exemplaire d’1Q84, un roman d’Haruki Murakami qui fera l’objet d’une lecture commune à l’automne.

Quel rapport avec ce blog, me direz-vous? C’est très simple. Ryû Murakami est, entre autres, l’auteur d’une trilogie (Ecstasy, Melancholia et Thanatos) qui me paraît plus relever du champ de compétences de la Lubriothèque que de celui de Et puis…

 

Je vous en laisse en juger par vous-mêmes d’après le quatrième de couverture d’Ecstasy que voici :

Et toi, tu sais pourquoi Van Gogh s’est taillé une oreille ? C’est par cette énigme que Miyashita, le je fragile de l’histoire, va se laisser entraîner dans un autre jeu – qui lui sera fatal – de relations sadomasochistes. Aspiré malgré lui, comme dans un jeu vidéo, par la recherche vertigineuse du plaisir, il ira en un crescendo terrifiant jusqu’au point de non-retour.

 

 

Martial nous a également décerné un prix récompensant la créativité avec un logo joliment coloré et je le remercie d’avoir pensé à nous.

Les règles de ce tag sont les suivantes : remercier la blogueuse (le blogueur) qui vous a décerné le prix, désigner 7 autres blogueuses (blogueurs) en mettant leur lien (ne pas oublier de les prévenir) et surtout mettre le logo !!!

Comme ce tag a déjà pas mal circulé, et en particulier sur les blogs que je lis le plus régulièrement, je laisse qui voudra le reprendre.

Je sais, je suis une flemmarde et je m’en sors avec une pirouette! :-P

Read Full Post »

Cleo, journaliste, ne parvient pas à atteindre l’orgasme avec son ami, Ben. Autre problème : Ben doit partir en déplacement professionnel à l’étranger pour 6 mois. Pour Mia, la meilleure amie de Cleo, parvenir à l’orgasme est une question d’entraînement. Cleo ne peut pas espérer y parvenir avec Ben si elle n’y arrive pas toute seule. Cleo décide donc de mettre à profit le temps de l’absence de Ben pour partir à la redécouverte de son corps.

Je ne m’ennuie jamais toute seule s’apparente beaucoup à un roman de chick lit. Il est léger, amusant, se lit vite, mais n’est pas vraiment excitant.

Au début, il m’a intéressée. En effet, cette femme qui court après l’orgasme pourrait être n’importe laquelle d’entre nous et les conseils de Cleo, qu’elle met en application, sont judicieux. Mais c’est dans la deuxième partie que j’ai décroché. En effet, Cleo y sombre dans une addiction à un vibromasseur qui m’a parue dérangeante dans la mesure où elle repose sur un cliché qui est faux (enfin, il me semble :-) ). Mais, plus encore, ce qui m’a gênée c’est simplement de voir l’héroïne risquer de mettre sa vie en l’air à cause d’une addiction. Peut-être que ce qui a contribué à me déranger, c’est que ce n’est pas un thème que je m’attendais à voir aborder de cette façon dans un roman léger.

J’ai passé un moment de lecture agréable avec ce roman mais, malgré tout, je le classerais dans la catégorie des « vite consommés, vite oubliés ».

Il est à noter que le titre de ce roman est inspiré d’une citation que j’aime bien tirée du Manuel de civilité pour les petites filles  à l’usage des maisons d’éducation de Pierre Louÿs, dont je vous parlerai prochainement.

Je ne m’ennuie jamais toute seule
Lucie Lux
Editions Blanche
et, en poche, chez
J’ai lu

Read Full Post »

Sexualités humaines se présente, selon ce qui est indiqué sur la couverture, comme la « revue de sexologie des professionnels de santé ». Sa lecture est toutefois accessible et très profitable aux particuliers, du fait de la richesse de son contenu et de la variété des perspectives selon lesquelles les thèmes y sont abordés.

Cette revue est disponible chez les marchands de journaux, plutôt dans les rayons santé et psychologie, ou éventuellement parmi les magazines féminins. Pour ma part, j’ai déniché le numéro 6 par hasard, un jour que je farfouillais dans les magazines de cuisine, et je suis depuis devenue une fidèle lectrice.

C’est un magazine trimestriel, dont chaque numéro propose un thème central. Pour les 4 numéros en ma possession, les dossiers ont traité des thèmes suivants :
– Pourquoi la sexualité masculine est-elle si fragile?
– Dépasser les complexités du couple?
– Sexualité et gourmandise
-Questions sur l’éjaculation de l’homme et de la femme

Les dossiers sont composés de plusieurs longs articles, rédigés par des auteurs différents, de profils différents, et qui l’abordent donc selon des aspects différents. Les perspectives les plus fréquentes cependant sont celles de la psychologie, des théories freudiennes et de la philosophie. Il existe néanmoins quelques articles qui proposent une approche plus biologique, tel celui, dans le dernier numéro, qui fait un point utile sur les connaissances – ou l’absence de connaissances – à propos de l’éjaculation féminine, du point G et de la prostate féminine, sujets sur lesquels on peut entendre ou lire tout et n’importe quoi.

Outre ces dossiers trimestriels, la revue propose des articles isolés sur des sujets variés. On y trouve des discussions pratiques de cas cliniques, ainsi que des thèmes qui concernent les professionnels dans leurs pratiques mais qui peuvent aussi intéresser les particuliers en temps que sujets de société, tels que handicap et sexualité, ou bien la vie affective des femmes en situation de précarité. Certains thèmes abordés, même s’ils sont plutôt traités d’un point de vue psychologique, flirtent avec la sociologie. On peut citer par exemple le compte-rendu d’une étude de l’image du corps chez la femme voilée, ou un article sur les femmes au travail. Au nombre des auteurs des articles figure également la conseillère principale d’éducation d’un établissement francilien, qui traite du thème délicat de la sexualité des jeunes de banlieues et aborde dans le dernier numéro le sujet des tournantes.

Chaque numéro s’achève sur plusieurs articles traitant d’oeuvres musicales, et en particulier d’opéras, de films, et de thèmes historiques, ces articles présentant un lien plus ou moins lâche avec le sujet traité dans le dossier du trimestre.

C’est donc une revue qui offre à ses lecteurs un contenu très dense et très riche. Je m »étonne d’ailleurs qu’un magazine d’une telle qualité et d’une telle tenue laisse passer autant de fautes dans les articles. Mais c’est la seule critique que je vois à émettre!

En effet, pour quelqu’un qui est un peu curieux intellectuellement, cette revue est une véritable mine. J’apprends énormément de choses dans chaque numéro, et pas seulement sur des questions liées à la sexualité, puisque nombre d’articles touchent à la culture ou aux préoccupations de la société contemporaine. Par ailleurs, cet apprentissage est possible grâce à la façon très pédagogique dont sont rédigés ces articles. Je n’y connais rien en matière de psychologie et n’ai jamais compris quoi que ce soit en philosophie, n’ayant acquis des cours suivis au lycée qu’un blocage relatif à tout ce qui touche à cette discipline. En lisant ce magazine, cependant, j’ai l’impression de comprendre ce que les auteurs disent, sans plus d’effort qu’un peu de concentration, et ça me ravit.

Cependant, la lecture de cette revue ne permet pas seulement au lecteur de développer sa culture. Elle permet aussi de se poser des questions et de réfléchir aux gestes quotidiens en les abordant d’un point de vue différent et inhabituel. Ainsi, l’article que propose le dernier numéro sur la symbolique du sperme, par son approche que je trouve assez poétique, peut, à défaut de convaincre totalement, inciter néanmoins à la réflexion et à se poser des questions qu’on n’aurait pas imaginées sinon.

On y trouve également des informations beaucoup plus concrètes et pratiques. La lecture de ce magazine ne remplacera certes pas une consultation chez un sexologue pour qui a des problèmes de couple, mais elle peut donner des pistes, indiquer comment prévenir les problèmes, comment les aborder, fournir des clés pour communiquer. Je dirais qu’il aide à avoir une approche constructive de la sexualité dans le couple et, face à un problème, à savoir quelle attitude adopter et quelles pistes creuser.

Je me rappelle notamment d’un article paru dans le n°6, de l’été dernier, que j’avais trouvé particulièrement intéressant, et qui me semble assez bien résumer l’esprit de la revue. Cet article portait sur le thème classique de la construction de la sexualité de l’homme autour des clichés de la mère/vierge et de la putain. Une bonne partie de l’article était très théorique, mais néanmoins passionnante, et s’appuyait notamment sur Freud et Jung pour expliquer la construction de ces schémas dans l’esprit masculin, mais la fin était très concrète et incitait à la communication et au recours au sein du couple de jeux de rôles mettant en scène les fantasmes de l’un et de l’autre partenaire afin d’évacuer les schémas préconçus et les mettre à distance.

La revue présente encore un dernier atout non négligeable : on trouve, à la fin de chaque article, une bibliographie, parfois très fournie. Chaque numéro m’inspire donc de nouvelles idées de lectures, et ce, d’autant plus que les derniers proposent une page consacrée aux dernières publications d’essais et de guides pratiques.

Tous les numéros de la revue sont disponibles à l’achat sur ce site .

Read Full Post »

Parmi les derniers achats que j’ai effectués, et que je vous ai présentés il y a quelques semaines, il y avait deux livres achetés dans l’optique du challenge d’Irrégulière. Je me demandais alors si l’un des deux, Le Traité des mouches secrètes, aurait sa place ici. Après lecture, j’ai jugé que non et ai finalement posté le billet de lecture chez moi. Mais j’ai été tellement emballée que j’avais envie de dire ici aussi quelques mots sur son auteur, Patrick Wald Lasowski, universitaire spécialisé dans la littérature des 18e et 19e siècles, et notamment dans la littérature libertine. Les titres de ses ouvrages me tentaient déjà beaucoup mais, après ce premier contact avec son oeuvre, j’ai désormais hâte de lire tout le reste. Vous risquez donc d’entendre parler de lui régulièrement dans le futur (par « dans le futur », entendre : « quand ma PAL de lectures douteuses sera revenue à une hauteur moins déraisonnable et moins déprimante »). Un petit aperçu en images de sa bibliographie :

 

 

 

 

Comme je le disais à Alias il y a quelques temps, la littérature libertine est l’un des (nombreux!) thèmes que j’aurais envie d’aborder sur ce blog. J’ai notamment le projet de rapatrier chez moi cette anthologie que j’ai lue dans ma jeunesse :

Plutôt que de faire un seul article sur ce gros livre, il me semble plus intéressant d’en faire un par récit, et de poster de temps à autre un billet présentant une oeuvre, son auteur et son contexte.

 

Dans un futur beaucoup plus immédiat, afin d’honorer le challenge, puisque je ne parlerai pas du Traité des mouches secrètes ici, je vais m’attaquer ce week-end à l’Erotisme du pied et de la chaussure. Pour le moment, je me suis contentée d’un coup d’oeil au sommaire, qui m’a l’air bien alléchant! Mon billet devrait arriver dans la semaine.

 

Auparavant, je vous parlerai d’un magazine que j’ai déniché par hasard l’année dernière et que j’achète depuis régulièrement, car il est très intéressant et de grande qualité. En vue de rédiger ce billet, j’ai relu les 4 numéros que j’ai en ma possession, et comme leur contenu est très riche et dense, ça prend un peu de temps. Pour en savoir plus, il faudra repasser ici en début de semaine!

Read Full Post »

Pierre Fournier vient d’être quitté par sa femme, qui l’avait abondamment trompé avec tous ses amis, dont Hugo, le patron de l’écurie du roman La jument. Le mari délaissé se console donc avec sa bonne, une jeune femme qui se prête de plus ou moins bonne grâce à ses exigences les plus diverses, moyennant une généreuse rétribution.

Après avoir, des années durant, croisé le nom d’Esparbec sur les étalages de mon libraire préféré, c’est avec ce roman que je me suis enfin décidée à assouvir ma curiosité.

Avant de vous dire ce que j’en ai pensé, je vais me permettre une de ces digressions dont j’ai parfois la fâcheuse habitude. A peu près la moitié des billets que j’ai postés ici jusqu’à présent ont été écrits à l’origine pour un forum que j’ai fréquenté assidûment durant une longue période de temps (il m’en reste encore 5 ou 6 à poster, après quoi mon rythme de publication devrait se trouver quelque peu ralenti). Pour quelques-uns d’entre eux, je me suis contentée d’un simple copier-coller, en ne changeant quasiment aucun mot. Mais la majeure partie a subi des modifications, s’échelonnant du simple toilettage au remaniement en profondeur. Je constate en effet que les lectures que j’ai pu faire depuis modifient rétrospectivement mon opinion à propos de ce que j’ai lu avant. Par ailleurs, certains ouvrages gagnent à être relus et d’autres y perdent. J’ai donc été, pour certains ouvrages, moins tendre que je n’avais eu envie de l’être au moment de leur première lecture, et plus indulgente pour d’autres.

Si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est bien évidemment parce que Monsieur est servi est concerné. La chronique que j’avais rédigée, il y a maintenant 1 an 1/2, sans être franchement négative, était tout de même assez tiède. Si je maintiens toutes les réserves que j’avais pu émettre à l’époque à son sujet, le fait que je n’ai pas lu depuis de romans ou de nouvelles qui soient réellement parvenus à m’enthousiasmer ou à m’inspirer m’incite à nuancer mes propos. Voici donc ce que j’ai envie de dire à propos de ce roman aujourd’hui.

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, je commencerai par rappeler qu’Esparbec revendique l’étiquette de pornographe. Et le fait est que c’est cru, pornographique, assez hard par moments, et que ça ne s’adresse pas à tout le monde. Ceci étant posé, même si ses romans ont visiblement pour principale destination d’être propices à la lecture d’une seule main, Esparbec écrit bien et manie la plume avec une aisance indéniable. Ce que je lui reprocherais, c’est que l’intrigue est maigre et l’ensemble sans grande originalité. Mais j’ai été agréablement surprise du soin qu’il met à créer une dimension psychologique à ses personnages, ce qui l’amène parfois à narrer des épisodes presque romantiques.

En revanche, j’ai été un peu déçue par les scènes de sexe, bien décrites mais, je me répète, pas excessivement originales et, somme toute, assez répétitives. Je me suis d’ailleurs demandé si l’auteur ne s’en était pas rendu compte lui-même, et n’avait pas essayé d’y remédier, car il propose parfois des changements de perspective, soit en introduisant un intermède pour raconter des épisodes de l’initiation à la débauche de l’ex-femme, soit en changeant de narrateur le temps d’un chapitre. A mon humble avis, le roman aurait gagné en efficacité à être plus court.

De ce fait, j’avais bien accroché avec le début qui me plaisait bien mais, au fur et à mesure que j’ai progressé dans le livre, je me suis mis à avoir la sensation de tourner en rond, et mon intérêt a diminué. J’ai fini par avaler la dernière centaine de pages d’un coup, plus ou moins  pour en être débarrassée.

Néanmoins, en dépit de ces réserves relatives aux longueurs, non seulement ce roman remplit globalement bien son office, mais ça a été une bonne surprise pour moi d’un point de vue littéraire, car je m’attendais à ce que la forme soit négligée au profit du fond. Je le recommanderais donc pour une bonne lecture de détente. Pour ma part, j’ai lu depuis un autre de ses romans et je n’exclus pas d’en lire d’autres dans le futur.

Monsieur est servi
Esparbec
La Musardine

Read Full Post »

Older Posts »