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Archive for mars 2011

José Frèches est un auteur sur lequel j’avais beaucoup de préjugés et pourtant après avoir lu quelque passage de son dernier roman dans une librairie j’ai fait fi de mes a priori. Ce roman ne fait pas partie d’une saga. Il se présente presque sous la forme d’un conte dont l’érotisme serait le coeur. Nous sommes plongés dans la Chine du XVIème siècle : visions taoïste et confucianiste s’opposent. Nous suivons le destin de différents personnages qui sont en quête de plaisir.

Droit Devant entre  dans sa dix-huitième année, il débute tout juste sa vie sexuelle. Il est le fils de  Rocher Impérissable, un « pinceau rouge , fonctionnaire de l’empereur dont la mission consiste à relater des prouesses sexuelles du monarque vieillissant dont la vigueur décline. Lune Rousse est une des prostituées de la « « dont est issue également Yadil, jeune Mauresque qui parvient à gagner les faveurs de l’empereur. Senteur Douce est issue d’une longue lignée de prostituées, elle n’a jamais connu le plaisir suite à une première expérience ratée. Trois Marches est un jeune éphèbe qui vend son corps rêve de triolisme afin d’atteindre le plaisir suprême décrit dans un manuel trouvé chez un ermite taoïste. Fine Fleur sort tout juste d’un monastère bouddhiste, elle est la fille d’Exhaustivité du Savoir écrivain à la double plume (pièces moralisatrices d’une part, textes licencieux d’autre part). Tous ses personnages sont en quête de bonheur à travers le plaisir charnel. Ils vont tous vouloir emprunter des voies différentes pour finalement s’unir dans un destin commun.

Les scènes érotiques sont très belles et font partie intégrantes de l’intrigue. Elles ont été assez inhabituelles pour moi car elles utilisent des métaphores très imagées et poétiques en même temps. Cela confère aux scènes charnelles une dimension très onirique. Dans le livre « Tiges de Jade »,  «  Branche Fleurie » entrent dans des « Ravines enchantées », des  « Vallées des Roses » recouverte de « Rosée Désirable » ou de « Bruine Subtile » afin de réaliser un « Nuage et Pluie » parfait finissant dans un « Divin Tremblement de Terre de la Montagne Sacrée ».  Outre cette dimension poétique donnée aux scènes de sexe qui n’en demeurent pas moins explicites, il est également fait référence à la dimension spirituelle : union du Yin et du Yang au cours de laquelle l’homme peut enrichir son souffle vital : le Qi. Deux philosophies s’opposent : le taoïsme qui cherche le bonheur terrestre et l’austère confucianisme plein de contradictions. J’aurai aimé que cet aspect soit plus approfondi.

Les ressorts de l’intrigue sont assez prévisibles mais peu importe : la lecture de ce livre m’a très souvent fait sourire car l’humour n’y est pas non plus absent, les pages se lisent rapidement et procurent un moment de détente exotique agréable.  En tout cas cela m’a donné envie de regarder du côté des livres chinois érotiques et du taoïsme dont vous aurez certainement des nouvelles dans les mois à venir (et oui, ma PAL grandit à vue d’œil ces derniers temps il va falloir être patient)….

Vous pouvez lire l’introduction de ce roman ici

Les Dix Mille Désirs de l’Empereur

José Frèches

chez Pocket

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Ce billet aurait tout autant, si ce n’est plus, sa place sur l’autre blog car, en dépit de son titre, cette BD a plutôt pour thème une satire des petits villages ruraux. Jugez plutôt.

Monsieur le maire des Bombinettes, « charmante bourgade de 234 âmes » et patrie de cette célèbre boisson, le Bombinou, avait déjà fort à faire entre ses soucis ménagers, les requêtes de ses administrés et une enquête d’envergure internationale : quelqu’un a volé le « i » de l’enseigne du « Bar du coin », sûrement un coup des anglais ou des belges! Il n’avait pas besoin que l’apparition d’un « sekchop » au marché hebdomadaire du village déclenche les foudres des habitants. La responsable du scandale est Amandine qui, obligée d’arrêter ses études pour gagner sa vie, vient de reprendre l’échoppe de son père en changeant d’activité, car elle trouve plus amusant de vendre des canards vibrants que des tuyaux.

Le mot qui me vient à l’esprit pour qualifier le premier tome de cette nouvelle série de Turf, l’auteur de La nef des fous, est mignon. D’un point de vue visuel, c’est très joli. J’ai beaucoup aimé les couleurs douces et acidulées. Le fond est gentiment moqueur, l’héroïne, à la fois naïve et sans complexes, toute mignonne, et le maire, misogyne et roublard, est tout de même plutôt sympathique. Le choix de l’activité commerciale d’Amandine rend le village et ses habitants encore plus désuets et anachroniques. Pas mal de passages m’ont fait sourire. J’ai notamment aimé le passage dans lequel on voit Amandine rédiger consciencieusement des fiches de visionnage de films pornos, afin de pouvoir aiguiller judicieusement ses clients. Et les villageois m’ont remis en mémoire quelques souvenirs de vacances.

Ce premier tome soulève plusieurs questions et j’avoue être curieuse de voir comment l’auteur va développer l’intrigue. Si j’ai apprécié la lecture de cette BD, ce n’est pas pour autant un coup de foudre. L’ensemble manque en effet de profondeur et d’originalité, tant dans l’intrigue que dans la psychologie des personnages ou dans les dialogues. C’est néanmoins une lecture de détente sympathique et j’aurai plaisir à connaître la suite de l’histoire.

Magasin Sexuel
Turf
Delcourt

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Histoire du viol

Georges Vigarello, ancien professeur d’éducation physique, agrégé de philosophie, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, est un spécialiste du corps qu’il a étudié sous différents aspects : hygiène (Le propre et le sale), santé (Le pur et l’impur, Histoire des pratiques de santé), apparence (Histoire de la beauté), pratiques sportives (Du jeu ancien au show sportif : la naissance d’un mythe) mais aussi violences faites au corps, avec cette histoire du viol du 16e siècle à nos jours.

Les agressions sexuelles ont connu une croissance très forte au cours des dernières décennies. Le point de départ de l’ouvrage de Georges Vigarello est l’interrogation qui découle de ce constat : faut-il y voir un accroissement réel du nombre de crimes et délits commis ou bien une évolution de la vision que notre société a des violences sexuelles ? La réponse à cette question nous est donnée dès les premières pages de l’introduction : c’est la seconde hypothèse qui est la bonne. Cette évolution des mentalités résulte de plusieurs facteurs développés dans le corps de son ouvrage, selon une approche chronologique :

– perception de la violence : La société d’ancien régime était une société violente. Si les châtiments prévus par la législation pour punir le viol ont toujours été sévères, ils ont bien longtemps été très peu appliqués. D’une part, les châtiments cruels et spectaculaires avaient valeur d’exemple et visaient à dissuader, la justice ne pouvant suffire à réprimer tous les crimes commis. Le crime le plus redouté et le plus puni était le vol. L’intérêt accordé au viol était faible. Il n’était pas rare qu’un arrangement à l’amiable soit trouvé, impliquant une compensation financière, et même signé devant notaire ! D’autre part, si un viol était accompagné de blessures ou de meurtres, que ce soit sur la victime ou d’éventuels défenseurs ou intervenants, le viol était souvent tenu pour quantité négligeable lors de l’instruction de l’affaire et à peine mentionné. Au fur et à mesure que la société est devenue plus sûre, le seuil de tolérance de la violence s’est progressivement abaissé.

– perception de la victime : Avant la révolution, un nombre important de viols étaient jugés en tant que rapts ou même en temps qu’adultères. L’offense n’était pas tant faite à la femme qui avait subi le viol qu’à l’homme en puissance de qui elle était, père ou mari. Bien évidemment, c’est de l’évolution de la condition féminine qu’il est ici question, mais pas seulement. Ce qui intéressait les juges, c’était de déterminer s’il y avait eu pénétration vaginale (honneur perdu si déchirement de l’hymen, possibilité de conception d’enfants illégitimes). De ce fait, les viols commis sur des victimes de sexe masculin ont longtemps joui d’une quasi-impunité. C’est seulement depuis la réforme de 1992 que le code pénal traite de façon égale les violences sexuelles contre les deux sexes. Tout au long de la période étudiée, les viols perpétrés sur les enfants ont été plus souvent jugés que les viols sur les adultes. Sous l’ancien régime, cela s’expliquait essentiellement par l’importance de la virginité, mais aussi par le fait que les agresseurs s’attaquaient de préférence, par facilité, aux plus faibles : victimes jeunes et/ou de basse condition sociale. Au 19e siècle, la vision de l’enfant a évolué, le public est devenu progressivement beaucoup plus sensible aux violences commises contre les plus jeunes. Mais les violences ainsi stigmatisées étaient les violences physiques et mauvais traitements. Les violences sexuelles étaient relativement occultées. C’est seulement au 20e siècle que leur dénonciation a pris l’ampleur que l’on connait.

– lent glissement progressif de la perception de l’acte, d’une atteinte à la moralité vers une atteinte à l’intégrité de l’individu : sous l’ancien régime, on voyait dans le viol aussi bien le péché que l’agression. S’il y avait peu de plaintes, c’est parce que la honte de l’acte rejaillissait tout autant sur la victime que sur l’agresseur. Il suffit de rappeler l’exemple bien connu de la sodomie (au sens actuel du terme) qui était autrefois punie de mort par le feu pour les deux protagonistes, même si elle n’était pas consentie. Encore au 19e siècle, on s’inquiétait des conséquences que le viol d’un enfant pouvait avoir sur ses mœurs, pas de ses souffrances morales, qui étaient ignorées. Un premier jalon a été posé à la révolution par la déclaration des droits de l’homme qui stipule que « Tout homme est propriétaire de sa personne et cette propriété est inaliénable » mais l’évolution des mœurs n’a suivi que très lentement.

– notion de non-consentement : Pendant longtemps, le non-consentement devait être tangible et la victime devait en apporter la preuve : il fallait des cris, des traces de lutte. Paradoxalement, la médecine légale se contentait d’examiner les lésions faites aux organes sexuels et négligeait complètement les blessures périphériques. Grosso modo, pour pouvoir être puni, un viol devait avoir lieu en public, avec des témoins. Une présomption incitait à supposer des manœuvres de séduction de la part de la victime, même si celle-ci était un jeune enfant. Lors des procès, la vie de la victime était passée au crible. Si sa moralité n’était pas jugée irréprochable, l’agresseur avait toutes les chances d’être acquitté. Une croyance largement répandue a longtemps assuré l’impunité d’un grand nombre de viols : une femme qui sait ce qu’est l’acte sexuel a suffisamment de force pour se défendre contre un homme seul. Si l’homme était parvenu à ses fins, c’était forcément parce que la femme avait cédé. La notion de violence morale (contrainte, menace, position sociale dominante de l’agresseur) n’a été pressentie qu’assez tardivement. Le premier pas en ce sens a été effectué lors de la réforme du code de 1832 qui prévoyait de punir de réclusion les attentats à la pudeur commis contre les enfants avec ou sans violence. Ce n’est que plus tard que des mots ont pu être mis sur ce que recouvre ce « sans violence » et que la hiérarchie des formes d’agression a progressivement été revue.

– prise en compte des souffrances psychiques de la victime : C’est seulement à partir de 1850 que certains médecins commencent à en faire mention, sans être capables de mettre des mots dessus. Le concept de traumatisme n’apparaît qu’à la fin du 19e siècle, et n’est d’abord associé qu’aux victimes des accidents ferroviaires. Il fallut attendre le 20e siècle et l’essor de la psychiatrie pour voir un réel progrès.

Georges Vigarello appuie constamment ses propos sur des extraits de lois, des exemples tirés de procès, des articles de gazettes juridiques. Cela rend son livre très vivant et concret, et d’un abord facile pour ceux qui n’ont pas le goût ou l’habitude des essais historiques. Il touche par ailleurs à de nombreux sujets connexes : évolution des mœurs avec la naissance de la société industrielle, progrès de la médecine, naissance de la psychiatrie, émancipation de la femme, prise en compte progressive de la violence morale (harcèlement sexuel) et nous invite plus largement à une réflexion sur notre société actuelle.

Histoire du viol
Georges Vigarello
Seuil
Collection L’univers historique
ou en poche
Collection Points histoire

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M

Masakazu Katsura est connu des amateurs de mangas pour ses séries romantiques, telles que Video Girl Ai ou I’s, ou de science fiction, comme Wingman, son premier succès, DNA², Zetman ou Shadow Lady. Avec M, court one-shot publié pour la première fois en 1996, il s’aventure dans le domaine de l’érotisme. Ce recueil n’a cependant pas de quoi dépayser démesurément les lecteurs de ce mangaka, qui flirte régulièrement avec l’érotisme dans ses séries.

M tire son nom de l’histoire principale du recueil. Une courte histoire de 4 pages le complète : A virgin, à la fois amusante et cruelle. M met en scène deux étudiants. Emi Mutsuki accepte de sortir avec Eiji Matsuda, à la condition qu’ils ne coucheront pas ensemble, ce qu’elle justifie en disant : « Une fois que j’ai été jusqu’au bout avec un garçon… mon corps se refroidit et je le quitte… ». Pendant plusieurs mois, Eiji résiste vaillamment mais il finit par craquer un soir. Il se reprend au dernier moment mais, les jours suivants, l’attitude d’Emi se fait de plus en plus aguicheuse.

Le titre de l’histoire peut s’interpréter de deux façons : comme dans I’s, le M peut se voir comme une allusion aux initiales des deux personnages. Mais c’est aussi le M de masochiste. En ce sens, le titre se fait l’écho de ces paroles de Emi à Eiji : « Toi, tu es « M », non? ».

Je ne suis pas arrivée à déterminer la signification que Katsura a voulu donner à l’histoire. Celle-ci est très courte : à peine une cinquantaine de pages, au cours desquelles les événements se succèdent. Les personnages sont simplement esquissés, on ne sait rien d’eux. Katsura y traite à la fois des relations entre sexe et sentiments, d’une part, et entre plaisir, souffrance et frustration, d’autre part.

Emi, malgré son air candide et innocent, manipule Eiji avec beaucoup de perversité. Elle semble remplie de tristesse. Eprouve-t-elle des sentiments pour Eiji? Je ne trouve pas ça évident. Les jeux dans lesquels elle l’entraîne, même s’ils leur apportent du plaisir, n’ont pas pour but final d’exacerber le désir et les sensations. En dépit de ce que l’auteur semble indiquer, je n’y ai pas vu non plus un moyen d’approfondir leur amour. J’ai eu plutôt le sentiment d’une petite nana pas très nette qui cherche à faire plonger le garçon qui l’aime dans un mal être identique à celui qui l’habite, ce qui m’a laissé une impression assez malsaine.

Au niveau du dessin, j’ai trouvé que c’était absolument superbe. J’aime beaucoup la façon de dessiner de Katsura et, dans M, on reconnaît bien sa patte. Si la plupart de ses héroïnes féminines me semblent avoir un air de famille assez prononcé, la ressemblance entre les héros de M et ceux de I’s, qui a commencé à paraître l’année suivant la publication de M, est vraiment frappante. Les corps féminins me laissent d’ordinaire relativement indifférente, mais là j’ai été soufflée par la sensualité que Katsura a insufflée dans ses dessins.

J’ai été amusée par la façon dont il évite et contourne la censure : on ne voit pas dans le recueil de corps nus, excepté dans les toutes premières pages en couleurs, mais les vêtements semblent plus destinés à montrer qu’à cacher l’anatomie d’Emi. Les tissus sont – très – moulants et épousent parfaitement les formes, l’eau, qui joue un rôle dans toutes les scènes chaudes permet des effets de transparence et même le savon est utilisé pour suggérer et non pour cacher. Et j’ai été impressionnée par la sensualité qu’il a réussi à créer avec, somme toute, assez peu de moyens : abstraction faite de la tension psychologique, les scènes érotiques sont très soft et assez classiques, et pourtant le résultat est franchement torride!

On peut voir une planche sur bdnet.

M
Masakazu Katsura
Editions Tonkam
Réservé à un public averti (16 ans et plus)

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Boris Vian est un de mes premiers amours littéraires de jeunesse. A cette époque quand je m’entichais d’un auteur, j’avais la manie de lire la quasi-totalité de leur œuvre. Quand je suis tombée sur ce petit opuscule, je n’ai pu résister à l’envie de rappeler à mon souvenir un de mes premiers flirts littéraires. Grand mal m’en pris, car j’ai été plutôt déçue.

Ce livre s’ouvre sur le discours de l’utilité d’une littérature érotique que Boris Vian a prononcé en 1948. J’ai trouvé ce discours  plutôt intéressant,  teinté de l’humour tout particulier de l’auteur même si  plutôt bavard. Boris Vian essaye dans un premier temps de définir ce qu’est et ne devrait pas  être une littérature érotique. « On mesurera la qualité de cette littérature à l’action qu’elle aura sur notre imagination et sur nos sens ».  « Devrait être considérée comme littérature érotique toute œuvre d’art donnant au lecteur le désir d’aimer physiquement ». Boris Vian définit la littérature érotique par opposition aux ouvrages «  pseudo-érotiques »  surabondants de « détails peu ragoutants » ou trop médicaux ou qui détaillent « des actes érotiques  proprement dits s’accompagnent de gestes de haine ».  La littérature érotique « exige une obscénité légèrement sublimée (…) une obscénité poétique ». 

Par contre sur l’utilité d’une telle littérature, Boris Vian se montre impitoyable « Quant à prétendre qu’un livre peut nous donner le désir de faire des choses au lit, c’est aller contre la vérité ; car si l’on veut bien se porter au temps de l’invention de toutes ces coutumes plaisantes de l’érotologie, on doit reconnaître qu’il y a bien eu quelqu’un qui en a eu l’idée le premier, et sans manuel (… ) La vérité est là …il n’y a de littérature érotique que dans l’esprit de l’érotomane ».

A noter Boris Vian cite souvent Jean Paulhan (le destinataire des « Histoires d’O » que Dominique Aubry écrira et qui sera publié ben 1954).

Le livre se poursuit ensuite par quelques écrits variés, manquant de délicatesse que l’éditeur a justement qualifié de « pornographiques »  et non d’érotiques en regard au discours dans ce recueil :

  • « Liberté » court poème, parodie de celui d’Eluard.
  • « La marche du concombre », véritable chanson gauloise.
  • « Les gousses » et « Pendant le congrès »,  poèmes qui offrent ma vision d’un sexe féminin mutilant celui de l’homme.
  • « La messe en Jean Mineur », chanson très provocatrice,
  • « Drencula », très courte nouvelle parodiant le roman de Bram Stocker, texte qui est pur moi le plus réussi (hormis le discours) de ce recueil.

Je suis, au final, assez mitigée sur ce recueil. Je n’aurai peut-être pas dû essayer de réanimer la flamme de cet amour littéraire de jeunesse. Les textes restent agréables à lire même si au final leur intérêt est limité.

Ecrits pornographiques

Boris Vian

le Livre de Poche

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Une femme attend sont amant qu’elle nomme Liesse dans son appartement conjugal.  Elle se souvient des moments partagés avec lui et anticipe ce qu’elle va vivre avec lui. Son mari soupçonneux observe l’appartement depuis le café d’en bas et couche ses pensées par écrit sur son carnet.

L’histoire de ce court récit (moins d’une centaine de pages) est très simple. L’auteur a une belle plume, il s’amuse, se délecte des mots et cela se lit.  Références culturelles ou littéraires, jeux de mots, lyrisme se succèdent.  Les phrases nous emporte dans un tourbillon, nous essouffle. La ponctuation se fait rare, le début m’a paru alors un peu ardu à lire mais ensuite le rythme étant pris, les pages se lisent à toute vitesse.

Bertrand Leclair rend le désir de cette femme pour son amant très physique : les souvenirs érotiques transpirent de sensualité, son impatience rend l’attente  insoutenable.  Elle se sent rendue à elle-même, sûre d’elle et assume son infidélité avec plaisir et fierté. Lui, il se sent trahi, ridicule et est en proie aux doutes.

J’oublierai certainement l’existence de ce livre qui ne m’a pas marqué par son intrigue, mais force est de reconnaître que l’écriture est de qualité et l’auteur s’est livré à un bel exercice de style très réussi. 

Pour vous faire une idée, voici un lien où vous pourrez lire les premières pages de cet ouvrage en ligne ici

 Un conseil prenez une grande inspiration avant de commencer !

   

    L’amant Liesse
    Bertrand Leclair
    J’ai lu



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Sept nuits

« La première nuit, il ne faut pas se toucher…»

« C’est l’histoire vraie d’un homme et d’une femme qui longtemps se parlèrent, si longtemps se parlèrent qu’ils en devinrent dingues d’amour.»

Aline Reyes est un auteur important pour moi, puisque c’est en lisant Derrière la porte, sorte d’ « Aventure dont vous êtes le héros » version érotique, dans laquelle elle fait explorer au lecteur toutes sortes de fantasmes, que j’ai pris conscience de ce qui m’attirait et ce qui ne m’attirait pas. Tiraillée entre l’envie de découvrir ses autres romans et la peur d’être déçue, j’ai attendu près de 20 ans avant de me décider à lire une autre de ses œuvres. Et c’est donc pour Sept nuits que j’ai finalement opté.

 Une homme et une femme, la narratrice,  se sont croisés une fois, ont conversé par voie électronique pendant de nombreux mois au cours desquels leur relation a basculé, et ont enfin convenu de se rencontrer, mais de façon un peu particulière. Ils ont en effet décidé de passer ensemble 7 nuits dans un hôtel, mais ils ne consommeront que la dernière nuit. Nuit après nuit, ils vont pousser les choses de plus en plus loin, tandis que la tension devient de plus en plus insoutenable.

C’est l’homme qui a conçu ce projet. Au début j’ai un peu tiqué car les justifications de l’homme sont très légères : « il était important de se plier à une certaine discipline, pour stimuler notre imagination. » et la narratrice ne proteste que très peu. Et puis je me suis dit que la justification de cette règle était simplement de permettre l’existence du roman, et sa progression de chapitre en chapitre, et j’ai réussi à arrêter de me poser des questions.

Néanmoins, dans une certaine mesure j’ai été déçue par Sept nuits. Alors que j’ai lu et relu je ne sais combien de fois certains passages de Derrière la porte, ce court récit m’a laissé plutôt froide. Et je n’ai pas aimé la fin, qui m’a semblé trop facile et décevante, et incohérente avec le reste du récit.

Toutefois, d’un point de vue littéraire j’ai été séduite par l’écriture d’Alina Reyes, tour à tour crue ou délicate, presque poétique, mais toujours juste. J’ai aimé sa façon de jouer avec les mots, de filer des métaphores. Et c’est une histoire que je trouve, d’une façon certes atypique, très romantique. Il s’en dégage énormément de tendresse. Ce qui fait que je l’’imagine bien être lue à deux, pour partager un moment de complicité.

Alina Reyes
Sept nuits
Robert Laffont

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